‹ Manuel de l'amateur d'estampesChapitre 114 sur 144 · Histoire de ta gravure; Pari.', 1880, p · texte numérisé non relu

Histoire de ta gravure; Pari.', 1880, p

2. La Gravure en Italie avant Mare-Antoine; Pari*, 1883, p. HR.

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recherche tic l'agrément, le pur amusement des yeux substitué comme objet de l'art à l'émotion du cœur ou de l'esprit, la fantaisie en un mot. mais, il est vrai, la fantaisie régie et disciplinée par le goût. — voilà ce qu'expriment, à l'exclusion du reste, toutes les petites pièces gravées par Peregrino da Cesena. Qu'elles représentent Saint Jean-Baptiste ou Psyché, la liésurrection ou des Arabesques, il ne paraît pas que celui qui les a faites se soit proposé rien de plus que d'agencer adroitement des lignes décoratives et que, même comme éléments pittoresques, les personnages de l'Kvangile ou de la Fable aient eu à ses yeux une signification différente de celle que pouvaient avoir des guirlandes ou des rinceaux. »

Il est surprenant, en raison du nombre et du mérite des travaux de cet artiste, qu'on ne le trouve même pas cité dans aucun ouvrage ancien, notamment dans le poème d'Achillini, qui parle de plusieurs nicllcurs bolonais, notamment de Fr. Francia, dont Peregrini fut certainement un des élèves. Les caractères de l'École bolonaise sont évidents dans les œuvres tic ce dernier, comme l'avaient remarqué Ottley, Cicognara, Passavant et d'autres ; mais il y a mieux encore. Il existe un nielle incontestable, représentant Orphée jouant de la guitare (voir p. 199, n° 353), d'une beauté exceptionnelle, qu'on ne saurait à qui attribuer, sinon à Fr. Francia, dont il révèle d'ailleurs le style de dessin et de composition. Or ce nielle a été copié en contre-partie par Peregrini, et il est signé de sa marque complète (voir p. 320, n° 681>). Son Hercule vainqueur de. C hydre (p. 318, n* (>83) est évidemment une imitation libre d'un sujet semblable (voir p. 19'i, n° 338», exécuté en nielle par la même main (^vCOrp/u'e, et l'on peut en dire autant de son Hercule et Déjanire (p. 319, n° ()84), par rapport à un sujet analogue attribué avec raison à Fr. Francia (v. p. 1%, n° 344). C'est donc dans l'entourage de l'éminent artiste bolonais qu'il faut chercher à dévoiler la personnalité énigmatique de Peregrini.

Dan» la précieuse collection ayant appartenu à Wicar, cl faisant actuellement partie du Musée de Lille, se trouvent quatorze grandes feuilles de dessins à la plume sur parchemin, qui ont été étudiés et en partie reproduits par M. L. Gonsc filazette des Ilemix-Arts, 1877, t. 1", pp. .'W2-:W8|. La plupart sont des dessins de nielles ou des projets de gravures pour l'illustration des livres. On y trouve vingt-quatre portraits en buste, quelques-uns sur fond noir; six petites frises avec «les jeux d'enfants, des monstres marins jouant avec des nymphes, des tritons luttant avec des sirènes, etc. Sous ces derniers, on lit, d'une écriture contemporaine : Qucsti sono inx'enlioni de mostri mariai de manno min Jar" pirtor de. . . liollogna poivra pe/egrino dû la /nia in/ë/ice adolessentia facto nef a no I ."»!<>. .. in Salmone... Oui est ce Jacotx) de Bollogna ? Une main de la fin du dix-huitième siècle a inscrit en tète de ees'dessins : Di (jiaeo/no Francia di liotogna.

M. Gonse éprouve un grand embarras pour contester ou pour approuver cette attribution au fds de Franeeseo Francia. Il y voit d'abord une « main d'ouvrier et point de maître, habile dans le maniement de la plume, mais naïve et peu inventive». «Ce sont, dit-il, des copies ou des inspirations des maîtres très différents, depuis Léonard et Mantcgna, jusqu'aux maîtres de Venise, de Ferra re et de Bologne... Toutefois c'est le style padouan qui y domine... Huit de ces petites tètes se retrouvent identiques, mais d'une autre main, dans le volume de Léonard, dit de Vallardi, conservé au Louvre (n° 2642, fol. \\h. Ce sont quatre tètes de guerriers à casque compliqué, et quatre tètes de personnages coiffés à l'orientale. Nos dessins et « eux du lxuivrc sont du goût léonardesque le plus indiscutable ».

Ce n'est que faute «le pouvoir ideutilier le signataire de ces dessins avec un autre artiste bolonais du prénom de Jacopo ou Ciacomo, que M. Gonse se résigne, non sans réserve, à adopter l'attribution consacrée par la note «le leur possesseur au siècle dernier. « Tenons-nous-en, dit-il. à Jacopo Francia. fils de Fran-

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ceseo... quoique U's gravures que nous connaissons de sa main soient d'un caractère absolument différent. »

Un jeune et laborieux investigateur tic l'histoire «le Tari, M. Emile Molinier, attaché au Musée de la Renaissance et professeur à l'Ecole du Louvre, a émis à l'égard de Peregrini une hypothèse ingénieuse et séduisante en apparence. On connaît plusieurs exemplaires (chez M. Duplessis, chez M. G. Dreyfus et au Musée de Berlin) d'une plaquette en bronze, du quinzième siècle, dont le sujet est exactement semblable à la Résurrection signée de Peregrini, et de mêmes dimensions. Sur un bouclier, à gauche, on y lit les initiales : I. F. P., qui offrent évidemment la signature de l'artiste à qui l'on doit cette plaquette, dont nous donnons une reproduction. Se basant sur l'identité du sujet de ces deux œuvres contemporaines, et estimant que l'inscription des dessins du Musée de Lille ne saurait désigner pour leur auteur que Giacomo Krancia. M. E. Molinier a essayé de démontrer ■ que ce dernier doit être identifié avec notre Peregrini. Voici la partie essentielle de son argumentation : « l'ne fois en possession d'un artiste contemporain du pseudo Pclegrino de Cesena, qui signe lui aussi Pellegrino (sur les dessins de Lille), je crois que le problème est facile à résoudre. En premier lieu, on a un nielle signé Ih; Oias Pkhkukim ; en deuxième, un bronze exactement semblable à ce nielle, signé I. E. P.; en troisième, enfin, une série de dessins signés Giacomo Pellegrino de Bologne, tout à fait conformes par h'ur style au nielle et à la plaquette. De là à conclure que le nielle, la plaquette et les dessins sont de la même main, il n'y a qu'un pas, et je crois qu'il faut le franchir, car, dans les trois œuvres d'art en présence, il y a des éléments communs, et elles s'éclairent l'une et l'autre. Du moment que l'on admet, ce qui est indiscutable, que la plaquette est la même chose que le nielle, on est obligé de lire le P de la signature que porte le bronze Pellegrinus; l'I de la même inscription est facilement expliqué par le

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