‹ Manuel de l'amateur d'estampesChapitre 13 sur 144 · Avaul |.rop<*, page xv · texte numérisé non relu

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rienne orfèvrerie qui existaient encore, et à démontrer l'impossibilité qu'il ait été prévenu pur la fraude, et qu'il se soit glissé dans son cabinet aucune pièce contrefaite; quand même l'origine de chaque nielle de sa collection ne fût pas parfaitement connue, et que Ton pût douter de la solidité île son jugement et de la diligence de ses recherches. » Plus loin, en tète de l'appendice consacré à la description de ces nielles, /anelli revient sur ce sujet. « Nous bornerons, dit-il. à celle tâche notre travail, destiné seulement à retracer ce que cette singulière collection renferme de plus intéressant et de plus curieux, sans entrer pour rien dans le dédale que la mauvaise foi et l'intérêt personnel de quelques spéculateurs ont créé plus lard dans un champ qui semblait offrir de très bonnes chances à leurs vues, en raison de l'obscurité du sujet et du vif intérêt qu'il venait d'exciter parmi les amateurs. Au surplus, il est parfaitement inutile de rappeler que toutes les discussions qu'on a élevées depuis, sur l'originalité de quelques pièces de ce genre uni parurent ((ans le commerce pendant ces dernières ann<es, ne sauraient guère atteindre les nielles dont nous allons parler, dont la collection était déjà formée presque en entier longtemps auparavant, par un homme dont personne n'a jamais songé a révoquer Ja probité la plus solidement reconnue ; et qui d'ailleurs est presque entièrement composée de pièces dont on connaît parfaitement la dérivation et pour la plupart même l'origine. »

11 est bon, à cet égard, de rappeler brièvement ce qu'était l'homme ainsi vilipendé. Né à Ferra re en I7(>7, il s'adonna dès l'adolescence aux lettres et aux arts et fit un long séjour à Home. Pendant l'expédition de Bonaparte en Italie, il joua un grand rôle politique, malgré son jeune âge. Fixé à Venise en 1807, il se mit à former une vaste bibliothèque de livres d'art, dont il publia en 1821 un excellent catalogue raisonné, qui constitue un essai de bibliographie des beaux arts ; cette bibliothèque est aujourd'hui au Vatican. Président de l'Académie des beaux-art*

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de Venise, créée en 1808, il contribua puissamment à l'éclat rapide de cet établissement et ne quitta ses fonctions qu'en 1827. « Les artistes vénitiens, dit Zanctti, regardaient Cicognara, quoiqu'élranger, comme leur père et ami, et le crédit dont il jouissait le mettait à même d'être souvent leur bienfaiteur. Sa maison, sa bibliothèque, leur étaient toujours ouvertes, et ils venaient y puiser à tout moment des conseils, des exemples, des encouragements et des secours. » Ses nombreux et estimables travaux sur les beaux-arts, et surtout son Histoire de lu sculpture et ses Monuments de Venise, lui valurent l'honneur d'être élu membre de l'Institut de France, des académies de Londres, de New-York, de Saint-Pétersbourg, de Copenhague, de Vienne, d'Anvers, etc. Supposer qu'un savant aussi éminent et aussi estimé, qui en maintes occasions fit preuve du désintéressement le plus pur, ait consenti à tremper dans la fraude pour tromper ensuite le public; supposer un semblable forfait chez un vieillard qui toute sa vie eut le plus grand souci de son honneur, est tout aussi odieux que ridicule. De même, son instruction artistique, en théorie et en pratique, écarte l'idée de son incompétence à discerner un nielle faux, et ne permet pas de se ranger à l'opinion de ceux qui prétendent que si Cicognara n'a pas été le complice, il fut tout au moins la victime des supercheries de ses concitoyens. Passe encore à la rigueur pour quelques pièces, mais s'en être laissé fourrer cent vingt-quatre sans y avoir vu clair; mais étaler à la face du monde une immense bévue par la publication d'un catalogue illustré, et s'exposer ainsi à ternir l'éclat de sa renommée, c'est absolument inadmissible.

On aurait pu croire que les déclarations d'un homme comme Zanetti, que M. le vicomte H. Dclaborde, en parlant du catalogue de la collection Cicognara, proclame « l'auteur d'un des ouvrages les plus judicieux sur la gravure qui aient paru depuis un demisiècle ». eut du faire taire ces calomnies. Zanetti a longuement étudié tous ces nielles, et certes, non seulement il était apte à

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reconnaître la fraude, mais il pouvait encore reeueillir des renseignements complémentaires sur la provenance de ces objets. Mais la vérité de l'adage consacré par Beaumarchais se vérifia une fois de plus en cette circonstance, et la race des moutons de Panurge est immortelle.

Près d'un quart de sièc le après la publication du volume tle Zanctti, nous trouvons sous la plume de Passavant la déclaration suivante : « Il est aussi à remarquer que le négociant Alvise Albrizzi, de Venise, a vendu à la bibliothèque de Vienne plusieurs impressions tle nielles dont les planches originales se trouvaient en la possession du comte Cicognara et qu'il a même décrites sans ajouter qu'il y eût des épreuves sur papier. Le soupçon d'une supercherie devient d'autant plus grand qu'il serait absolument en dehors de toute probabilité que de ces nielles, appartenant à différentes époques et à des régions diverses de l'Italie, les plaques fussent toutes parvenues dans le cabinet Cieognara et les épreuves sur papier entre le mains du négociant Albrizzi. » Ainsi ce dernier, au dire île Passavant, aurait possédé des épreuves de toutes les plaques niellées ayant appartenu à Cicognara, et cette insinuation a fait son chemin. Pour dénonc er la légèreté avec laquelle Passavant a agi en cette circonstance, il suffit de constater qu'il ne signale lui-même que vingt-huit épreuves correspondant aux plaques de Cicognara qui étaient cependant au nombre de cent vingt-quatre, et qu'ensuite il n'a vu aucune de ces dernières, de sorte qu'il lui était impossible de faire l'identification des unes avec les autres autrement qu'à l'aide de l'album de reproductions de Cicognara, ce qui n'est pas suffisant.

Mais après tout, Passavant ne fit qu'exhumer un vieux soupçon, sans se porter garant de l'authenticité du fait. M. Richard Fisher, dans son Introduction au Catalogue des estampes de l'Ecole primitive italienne du Musée britannique, publiée en 188(5, affirme cette fois nettement que tous les nielles du cabinet Cicognara

lit INTRODUCTION

étaient faux. Les a-t-il vus? Aucun. Seulement, à la vente de la collection de M. Kdward Cheney (1884), qui avait longtemps séjourne à Venise, le Musée britannique a acquis un portefeuille d'environ deux cent trente épreuves de faux nielles, parmi lesquelles se trouvent les vingt-huit pièces déjà connues par les exemplaires de la Bibliothèque impériale de Vienne et dont les compositions paraissent identiques avec celles des plaques respectives du cabinet de Cicognara. Pour d'autres pièces, on y voit des épreuves des différents états et même des dessins originaux. Voilà ce qu'on appelle les pièces justificatives du procès! Qu'on ait fabriqué dans ce siècle-ci en Italie un grand nombre de nielles, personne ne le conteste, et la preuve n'en est plus à faire. A la longue, les Italiens n'en faisaient plus mystère, car, déjà en 1813, Vallardi, dans son Manuel du collectionneur et du marchand d'estampes1, donne l'avis suivant : a A défaut d'originaux, celui qui désirerait avoir des copies ou même des plaques niellées gravées par les nommés Pirona, Zanelti*, Comanirato, pourra s'adresser à la fabrique d'armes antiques à Venise, sous la raison des frères San Quirieo, éditeurs. » Mais où est jusqu'à présent la preuve de la non-authenticité des nielles de Cicognara ? Les vieux cancans ne sauraient ici entrer en ligne décompte et les simples apparences ne suffisent pas. Pour pouvoir se prononcer sérieusement là-dessus, il faudrait avoir sous les yeux les plaques elles-mêmes et les épreuves qu'on affirme avoir été obtenues d'elles avant la niellure. Or, personne encore n'a fait cette confrontation. Puis, si toutes ces plaques n'offrent que des supercheries, pourquoi n'en trouve-t-on pas des épreuves de toutes? De ce qu'on en rencontre une trentaine dont les compositions concordent à peu près avec des reproductions respectives tic l'album de Cicognara, il n'est pas permis de conclure forcément à la fraude pour ce qui concerne les originaux, lit à cet

1. Mmuale ilel rawylitw <? iM nrgozùmte di starii/,? ; Milaiio, 1813, in 8, p. 93.

2. Il ne faut pa* !<• coiilbtulre av.-i: «tu li.imcmvme, l'auteur du ratalojfue «lu cabinet Cicopiara.

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égard nous allons apporter quelques observations, qu'on s'est bien gardé de relever. Ainsi, à propos «le deux sujets $ Est/ter (nos n" (i et 6 bis) du cabinet Cicognara, Passavant dit que le médaillon qui les offre est niellé, tandis que Zanetti nous informe qu'il ne l'a jamais été, et dès lors il n'y » pas de quoi gloser qu'il en existe des épreuves. Passavant constate qu'il y avait chez Colnaghi, à Londres, en 1850, une épreuve de la composition du Couronnement de la Vierge du fronton de la belle Paix de Cicognara aux armes de Ludovic Sforza (nos n°* î(M2), mais qu'on a reconnu que c'était une copie moderne en sens inverse provenant de chez San Ouirico. Or, du moment qu'il est avéré, et Vallardi le dit aussi, qu'on faisait des copies de nielles anciens, pourquoi ne pas admettre cette explication si simple que les épreuves sur lesquelles porte la discussion ne doivent provenir que des copies d'un certain nombre des nielles de Cicognara ?

Les connaisseurs et les critiques d'art contemporains en Italie sont absolument convaincus de la fausseté de ces accusations. Mais nous allons ajouter à tout ce qui précède des arguments autrement importants.

Dans la collection Cicognara il y avait un autel portatif orné de plaques niellées et décrit comme une œuvre byzantine, rapportée en Italie au quinzième siècle par le cardinal Bessarion. Cet objet fut acquis par un savant archéologue anglais, le chanoine Daniel Rock, qui l'a décrit dans un de ses ouvrages (voir notre Appendice). Plusieurs savants des plus autorisés, qui en ont parlé ensuite, ont reconnu cet autel pour un travail authentique de la fin du douzième siècle, et d'un intérêt capital.

D'autre part, il se trouve dans la collection de M. Fr. Spitzer une petite Paix aux armes des Sforza de Cotignola, représentant l' Homme de douleurs (nos n" i 22-127!, Paix identique sur tous les points avec le n° 119 de l'album de Cicognara, et pourtant d'une authenticité défiant tout soupçon. Une réplique contemporaine de la même Paix (et ce n'est point un fait unique dans le domaine de

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l'art) a figuré à la vente Castellani en 188'», où elle a atteint le prix de cinq cent dix francs, ce qui serait de trop pour une contrefaçon moderne. Comme dans le portefeuille d'épreuves de faux nielles recueillies par Chency, il y en a une de trois sujets de ces Paix mêmes, qu'on veuille bien les confronter avec les originaux, et sans doute il en jaillira une lumière suffisante pour clore ce débat fastidieux. Nous sommes convaincu que si l'on avait sous les yeux tous les nielles ayant appartenu à Cicognara, on reconnaîtrait qu'ils sont tous aussi autbentiques que les deux dont nous venons de parler.

Nous avons vu un bon nombre d'épreuves des contrefaçons «le nielles, et toujours on y reconnaît aisément une main moderne. M. Drugulin, de Leipzig, chargé de la vente de la belle collection d'estampes du professeur Santarelli , de Florence, y en a joint environ deux cents, dans un appendice, précédé de ce préambule : o Les épreuves de nielles que nous allons énumérer ici paraissent avoir été tirées à Venise entre les années I82.> et 1840, tant sur d'anciennes planches dont on avait enlevé le nielle, que sur d'autres nouvellement gravées par des artistes habiles, et niellées ensuite. Des noms de ces artistes nous connaissons ceux de MM. Pirona, Zanctti, Comaniralo, sans toutefois pouvoir démêler la part qui en revient a chacun d'eux, parce que, nécessairement, c'était de l'intérêt de ceux qui faisaient ce commerce clandestin, les négociants San Quirico, Alv. Albrizzi et Ant. Zen, de n'en laisser percer aucune intelligence. C'est bien dommage, car beaucoup de ces stampine sont vraiment très belles et assez désirables comme objets d'art, tandis que la nature des planches même ne peut pas avoir permis d'en tirer un grand nombre d'épreuves. Le commerce de cette classe de nielles a longtemps dormi, probablement faute d'épreuves, mais il parait qu'on en a récemment déniché une partie, puisqu'un négociant de Venise, M. Colbacchini, a publié en 1870 un catalogue de sa « superbe a collection, fruit de longues et soigneuses recherches », dont

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il en offre 280 à des prix variant de H à 000 francs la pièce. Comme M. Colbacchini promet de publier de temps en temps de nouveaux catalogues pour annoncer de « petites mais intéressantes parties « de ses nombreuses collections », nous pouvons nous attendre à d'autres révélations. C'est une partie de ces épreuves Colbacchini qu'on nous a chargé de mettre à l'enchère ». Parmi ces épreuves il y en avait un bon nombre provenant des plaques décrites par Passavant comme ayant appartenu à Ant. Zen, à Albrizzi et à San Quirico; d'autres correspondent aux compositions des Cicognara'; enfin, plus d'un cent n'avaient pas été signalées antérieurement.

Ce serait évidemment une exagération de soutenir que tous les nielles sortis des cabinets de ces marchands vénitiens n'étaient que des falsifications. Cicognara a regardé comme authentiques un certain nombre de ceux qu'il a vus chez Albrizzi et chez San Quirico, et en effet on n'en a pas encore rencontré d'épreuves modernes. Il en est de même d'autres plaques vues par Duchesnc en 1833 et en 1834 chez Ant. Zen. On est même porté à croire, et cela concorde avec la déc laration de Zanetti à cet égard, que les falsifications ne commencent sérieusement que vers celte date, attendu que dans les premières collections françaises de nielles, celle de Durand (vendue en 1821) et celle de Rossi (vendue en 1822), il n'y en a point eu de suspects, et qu'ils n'apparaissent qu'à la seconde vente du cabinet Durand, en 1830, et à celle de ilévil en 1838.

Passavant met aussi en suspicion les nielles du cabinet Santini, sans en avoir vu aucun. Or, nous avons pu constater qu'un certain nombre de pièces parfaitement authentiques, des plus belles et des plus rares, provenaient précisément de cette collection (voir, entre autres, nos n°* 407, 483, 486\ 487, Ô73, ,">80 et 013.)

Ce que nous venons de dire prouve (pie, tout en se mettant en

I. M. Drugulin se trumpe lorsqu'il atfirroc que le* reproduction* île» nielle.» de l'album de Cicogmar* oui èlè faite» «n contre partie det origiuauj.

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garde contre les faux nielles, qui sont nombreux, il ne faut point pousser le scepticisme jusqu'à l'exagération, et ne voir partout que des falsifications, comme l a fait M. Fislicr devant lequel les pièces telles (pie la célèbre Adoration des mages (notre n° 30), et la He'surrevtion avec le nom tic Pcregrini, n'ont pas trouvé grâce.

Vif. - QUIÎLQUKS MOTS SUR LK PRÉSENT CATALOGUE

Notre ouvrage n'est point une compilation, mais une élude approfondie et aussi complète qu'elle a pu l'être.

Nous avons cru plus rationnel de ne pas imiter l'exemple de Dueliesne et de Possavant, mais de séparer en sections spéciales les plaques niellées ou destinées à la nicllure, les empreintes en soufre et les épreuves sur papier. Les deux premières ne se rattachent qu'indirectement à l'objet de notre travail, consacré avant tout aux nielles-estampes, et nos trois divisions auront pour effet de faciliter les recherches. Dans ce dernier but aussi, nous avons dressé des tables de concordance et autres, d'autant plus que avons dû rectifier les dénominations de certaines pièces dont nos devanciers n'avaient pas reconnu les sujets réels. Nous avons aussi cru devoir perfectionner la classification donnée par Duchesne et créer de nouveaux groupes.

Parmi les objets niellés on remarquera les deux superbes plaques de reliure aux armes du fameux cardinal Balue, appartenant à M. le baron NathanicI de Rothschild, de Vienne, plaques qu'on verra pour la première fois grâce à nos reproductions, autorisées gracieusement par leur possesseur; qu'il daigne en recevoir notre hommage de gratitude. Il en est de même de plusieurs objets niellés d'un grand intérêt, faisant partie de l'immense collection de M. Fr. Spitzer, et dont nous sommes heureux de donner des fac-similés, parmi lesquels se trouve une superbe Paix italienne du quinzième siècle, offrant l'exemple unique de la représentation

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de M rbre de Jesse, Paix acquise par M. Spitzer postérieurement à la rédaction de notre catalogue. Nous tenons à lui témoigner publiquement notre reconnaissant e de l'accueil bienveillant que nous avons trouvé auprès de lui. Nous nous empressons aussi de remercier M. Emile Molinier, attaché au Musée du Louvre, de plusieurs communications qu'il a bien voulu nous faire.

A l'exemple de Passavant, nous avons pensé qu'il était utile de donner le catalogue d'un certain nombre d'épreuves modernes tirées sur des objets gravés en creux au moyen âge, attendu que ces épreuves ne saurait être placées ailleurs qu'a côté des nielles.

On a reproché à Duehesnc et à Passavant d'avoir, dans leurs catalogues, grossi démesurément le nombre des nielles; la même critique va évidemment atteindre notre travail où la liste de nielles-estampes est encore plus longue. S'il fallait s'en rapporter à l'opinion des iconographes sceptiques, tels que M. Kollofi'1, il n'existerait qu'une trentaine de pièces tirées sur des planches non destinées à fournir des estampes. Cependant, si l'on veut être de bonne foi, il faut bien admettre comme nielles d'abord les épreuves portant l'empreinte des trous faits dans les planches pour les fixer; ensuite, les pièces avec des inscriptions à rebours et ayant d'autre part tous les caractères propres aux nielles. Or, notre catalogue en enregistre plus de soixante des premières, et près de quatre-vingts des secondes. Kn outre de cela, des centaines d'autres pièces offrent des particularités qui obligent de les exclure de la catégorie des gravures ordinaires. Cependant nous sommes loin de prétendre que toutes les pièces décrites par nous soient des nielles. Nous avons distrait de notre catalogue les estampes exécutées par Percgrini, pour en former un chapitre à part, et il en est de même pour Nicolctto de Modène; nous avons, parmi les pièces anonymes, signalé celles qui ne sont visiblement que des modèles pour orfèvres; nous avons placé

1. Mcyer's AUyemeines Kûnitkr-lrxikoit,\.. Il (1878), tri. BaLDIKi, p. 570.

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hors cadre plus <lc soixante-dix pièces qui avaient été à tort présentées comme nielles ou bien sur lesquelles il y a des doutes sérieux. Ce travail d'épuration pourrait assurément être plus étendu, si Ton avait sous les yeux toutes les estampes mêmes qu'on fait entrer dans celte classe, car les reproductions ne sauraient pour cet examen suppléer aux originaux. Pour relies qui ne se trouvent qu'à l'étranger, nous n'avons pu faire mieux que de nous en rapporter à l'opinion des autorités compétentes, cl à cet égard nous devons remercier particulièrement M. Sidney Colvin, directeur du Cabinet des estampes du Musée britannique, d'avoir bien voulu nous communiquer les épreuves de la majeure partie du Catalogue des nielles italiens de ce grand dépôt, et M. le I)r Max Lehrs, conservateur-adjoint du Cabinet des estampes de Dresde, auquel nous sommes redevable de tous les renseignements circonstanciés sur les pièces de ce cabinet regardées comme nielles. Nous avons aussi de grandes obligations à M. A. Berlolotti, directeur des Archives d'Etat à Manloue et écrivain d'art très connu, qui a eu la bonté de faire en notre faveur une enquête spéciale sur certains nielles conservés en Italie.

Pour ceux qui se trouvent à Paris, nous les avons étudiés scrupuleusement, ce qui nous a permis souvent de compléter ou de rectifier les descriptions et les opinions de nos devanciers. Nous sommes pénétré des sentiments de la plus vive gratitude pour le plus éminenl des iconophilcs de ce temps, M. le baron Edmond de Rothschild. Protecteur zélé des études iconographiques, il a daigné non seulement nous accorder la permission d'examiner à l'aise son extraordinaire collection de nielles, mais encore nous autoriser à en faire reproduire quelques-uns des plus précieux. Sans cette libéralité, notre travail eût perdu une part de l'intérêt qu'il peut offrir, et M. le baron Edm. de Rothschild n'a pas voulu en priver les studieux de cette branche de la gravure. Nous nous permettrons de les associer tous à l'expression de notre reconnaissance, et nous ne devons pas oublier d'adresser nos remer-

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déments à M. Silvy, le conservateur «le c elte rie lie collection, qui nous a obligeamment fî»it part de ses notes et de ses observations.

En ee qui eoneerne le Cabinet des estâmes de la Bibliothèque nationale, nous avons à remercier plus particulièrement son êminent directeur, M. Georges Duplessis. dont la liante compétence ne fera jamais défaut à qui y aura reeours; il a bien voulu aussi nous prêter l'appui de son autorité dans la polémique que nous avons dû engager au sujet des deux pièces dont l'authenticité, a été contestée.

IVous avons aussi l'agréable devoir de constater que nous avons été utilement aidé dans nos investigations par M. Jules Bouillon, marcha ml d'estampes de la Bibliothèque nationale, dont on ne peut jamais lasser la patience ni décourager l'amabilité.

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