‹ Manuel de l'amateur d'estampesChapitre 3 sur 144 · I.i esli-ier valent un uaalul I>'«>r fin »ont ovré à tioiel · texte numérisé non relu

I.i esli-ier valent un uaalul I>'«>r fin »ont ovré à tioiel

[Ibidem.)

Toute est la tombe néelèe.

De l'or d'Arabe bien letrée.

i Ibidem.]

For» qu'eu le [la coupe] al danoise!

N'a or, ne argent, ne noel.

(Partono/teus de Mot».)

Sor un faudestucf d'or à boutons noelé.

{Chanson d.inliorhe ]

Les travaux niellés ont aussi été en usage en Allemagne de 1res bonne heure. Au trésor de l'église du château de Oucdlinhourg. on conserve un reliquaire de l'empereur Othon (9'M»-Î)7'1). où, suides plaques d'argent niellées, on voit le buste du Christ et ceux de dix-huit saints. Dans le trésor de l'église du château à Hanovre, se trouve une patène en argent niellé, représentant au milieu le Sauveur assis sur l'arc-en-riel, les bras étendus, entouré des symboles des quatre évangélistes et des quatre vertus cardinales. Cette patène est l'œuvre de saint Bcrnward, évêque de Hildeshcim. mort eu 10*2*2. à qui on doit encore une seconde patène, un calice

xvi INTRODUCTION

d'urgent doré et d'autres objets niellés, fort beaux, <juo possède le trésor de la cathédrale de Hildcsheim.

Cet art devait être très florissant à eette époque en Italie, puisque le moine Théophile, qui a vécu probablement au douzième siècle, en parle longuement dans son précieux traité : Diiersarum artium schedula, ouvrage technique où tous les procédés alors en usage sont minutieusement décrits. Voici comment il s'exprime dans le prologue de son ouvrage : « Saisis avec des regards avides cet Essai sur divers arts ; lis-le avec une mémoire fidèle ; embrasse-le avec un amour ardent. Si tu l'approfondis attentivement, tu trouveras là tout ce que possède la Grèce sur les espèces et les mélanges des diverses couleurs; toute la science des Toscans dans les incrustations et dans la variété du mklle ; toutes les sortes d'ornements que l'Arabie emploie dans les ouvrages faits au moyen de la malléabilité, de la fusion ou de la ciselure ; tout l'art de la glorieuse Italie dans l'application de l'or cl de l'argent à la décoration des différentes espèces de vases, ou au travail des pierreries ou de l'ivoire ; ce que la France recherche dans l'agencement, des précieux vitraux ; les ouvrages délicats d'or, d'argent, de cuivre, de fer, de bois et de pierre, qu'honore l'industrieuse Germanie'. » Cependant nous ne connaissons aucun travail italien niellé remontant sûrement au onzième ou au douzième siècle, bien qu'il en existe sans doute dans les vieux sanctuaires de ce pavs.

On a conserve un bon nombre de travaux niellés exécutés dans les divers pays de l'Occident à la fin du douzième ou au treizième siècle. Duchcsne (n°* a signalé, comme appartenant à la

famille Buckingham, un manuscrit de l'évangile de saint Jean et du rituel de l'Irlande avant l'arrivée des Normands, dont la couverture en métal offre quatre sujets niellés et des inscriptions

I . Cet oiwap-, déjà cité par quelques auteur» du «iiit-me sit-cle, n't été mi» en lumi.'rr que par I.mmp, dans ?» Diexrlalion sur l'origine de la peinture à l'huile (1714). La publication de l'œuvre entière qu'il avait préparée ne (ut faite qu'après ta mort, ci» 1781, par les soius de Ch. Initie. Enlln,

la meilleure édition de V Estai du moine Théophile a été donnée par le comte Charles de l'&calopier,

ayee une traduction français* (l»»ri«, IS*.'l, in-**;.

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gravées en irlandais, œuvre dont l'exécution remonte peut-être même au onzième siècle. M. Gcrmeau possédait un reliquaire orné de nielles représentant des scènes de la vie de saint Thomas de Cantorbéry , œuvre attribuée à la fin du douzième siècle, et offrant un caractère allemand croisé de byzantin1.

A la vente de la collection d'objets d'art de Dcbruge-Duménil (1850) a figuré (n9 952) une plaque de cuivre gravée en intaillc, niellée d'émail et dorée, ayant dû servir à l'ornementation de la couverture d'un livre ou déporte à un reliquaire. I.cs compositions principales ont trait au sacrifice du Christ et à son triomphe par la mort. Autour d'elles sont rangés, au milieu de rinceaux élégants, seize personnages de l'Ancien Testament qui ont annoncé ou symbolisé par avance la venue du Christ et sa passion. L'encadrement de tous ces sujets se compose d une large bande de feuillages, burinée en creux et niellée, aux angles de laquelle sont placés les symboles des evangélistes. Cette œuvre était attribuée à la lin du douzième ou au commencement du treizième siècle.

Dans le trésor de l'église du château de Qucdlinbourg, est un reliquaire d'ivoire décoré d'une plaque niellée sur acier, et l'inscription porte que cet objet fut fait au temps de Tabbesse Agnès, morte en 1203. Deux reliquaires du trésor de l'église Saint-Géron à Cologne, exécutés dans le premier quart du treizième siècle par Arnold de Burne, prévôt de Saint-Géron, sont aussi ornés de nielles *.

C'est probablement des contrées rhénanes, si célèbres dans l'histoire de l'émaillerie, que l'art de la niellure avait pénétré en Belgique où il fut pratiqué d'une façon marquante. Parmi les nicllcurs de ce pays, le plus éminent était le frère Hugo, moine augustin du prieuré d'Oignies, sur les bords de la Sambrc-

I. Sur cea deux o-uvres et quelque! aulne nielle t du moyen âge, ou trouvera de plu* amples àè- Utils dans l'Appendice q'ii suit celte introduction.

if. Ce» reliquaires de ("t.'.nguc >unl lepreiluiU doit» l'ouvrage de Fr. Bock, l>as hcthge kôln; Leipji?, 1858.

.NIRU.t-.

Jtnn INTRODUCTION

Il vécut à la fin du douzième et dans le premier quart du treizième siècle, et plusieurs de ses remarquables travaux niellés sont gardés précieusement dans le trésor des .Sœurs de Notre- Dame à Namur. On y remarque un petit gobelet -reliquaire, où les bandes niellées alternent avec des bandes dorées, rampant en spirale autour de l'objet. Un de ses chefs-d'œuvre est une couverture d'évangéliaire. dont un des ais contient, dans la bordure, six plaques niellées, dont quatre de ligures et deux d'ornements. Sur deux de ees plaques le frère Hugo se représente lui-même olïrant son évangéliaire à saint Nicolas, patron de l'abbaye d'Oignies.

Dans le trésor du chapitre de l'église collégiale à Cividale. dans le Frioul, on admire la reliure en ivoire ornée de nielles, exécutée en 120.">. recouvrant un manuscrit donné à ce chapitre en 1231 par sainte Elisabeth, landgravine de Thuringe, fille d'André 11, roi de Hongrie. On y voit aussi un autel portatif orné de nielles

Le bienheureux frère Kacio, de Vérone, mort en 1271, était un éminent orfèvre et nielleur, selon le témoignage des écrits du temps; mais on ne possède de ses travaux authentiques qu'une croix processionnelle en relief, de l'an 1260, conservée dans la cathédrale de Crémone.

Le moine Théophile nous renseigne très exactement sur les procédés de niellurc au moyen âge. Voici les règles qu'il donne d'abord pour la préparation du nielle : « Prenez de l'argent pur et divisez-le en deux à poids égal, y ajoutant un tiers de cuivre pur. Quand vous aurez mis le tout dans un creuset à fondre, pesez autant de plomb que pèse la moitié du cuivre mêlé à l'argent; prenant du soufre jaune, cassez-le menu, jetez le plomb et une partie de ce soufre sur un petit vase de cuivre et le reste du soufre dans l'autre creuset à fondre.

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