‹ Manuel de l'amateur d'estampesChapitre 8 sur 144 · Histoire de ta gravure; Pari», 1880, gr. io · texte numérisé non relu

Histoire de ta gravure; Pari», 1880, gr. io

3. La Gravure; Pari*, «. tl. (IK82), in-12. — La Gravure en Italie avant Marc-Antoine; Paiii, 1883, in-4.

4. Notes de M. Milane*i danj son édition (je Vasari, t. V, p. 446.

INTRODUCTION xxxv

1463, ce qui se trouverait mieux d'accord avec Vasari. Or, à cette date, la gravure en creux était déjà pratiquée en Allemagne, entre autres par le maître E. S., dit de 1 1G<>, mais dont les travaux remontent à quelques années plus tôt, celui-là un véritable artiste et d'une rare fécondité. Mais, tout en ne faisant dater un art que de; l'apparition d'un chef-d'œuvre, il n'en faut pas moins témoigner de la reconnaissance et rendre hommage à l'obscur imagier allemand, qui fut le premier initiateur de l'impression en tulle-douce ; il est toujours plus aisé de perfectionner un outillage dont on connaît déjà l'emploi et les défauts, que de l'inventer de toutes pièces. En tout cas, l'auteur du Couronnement tic (a Vierge, que ce soit Finiguerra on un maître anonyme , parait être le premier Italien qui ait tiré des épreuves de ses planches, et il est même fort possible qu'il ne dut, à cet égard, rien à une initiation préalable et qu'il fut simplement servi par le hasard. En effet, malgré son talent de graveur hors ligne, il semble avoir été tout au moins un inventeur inconscient et sans action sur les artistes de son pays. Luimême, dans l'espace d'au moins quatre années (en prenant pour point de départ Tannée I IfiO donnée par Vasari), ne parait avoir imprime que deux ou trois estampes différentes, et cela exclusivement pour son usage personnel, à en juger par le fait qu'on n'en a encore trouvé que des exemplaires uniques. D'autre part, cet art nouveau demeura pendant longtemps un mystère pour l'Italie, car Vasari ne donne à Finiguerra pour successeur dans l'usage de tirer des épreuves de ses gravures, que l'orfèvre liaccio Ualdini, dont les travaux de ce genre remontent tout au plus à 1 170, et, plus sûrement à 1477, époque où la gravure, en Allemagne, était dans tout son épanouissement. Il paraîtra toujours singulier que Bcnvenuto Cellini, plus intéressé encore que Vasari à la gloire des orfèvres florentins, et bien placé |>our avoir pu recueillir une tradition de la bouche même des vieux confrères qui avaient connu personnellement Finiguerra, ne le mentionne que comme un nielleur du plus grand mérite, et nullement comme inventeur de la

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gravure, tout en le mettant en parallèle avec Martin Schongauer, qu'il loue « tant comme dessinateur que comme graveur». Il en est de Finigucrra comme de Laurent Coster et de Gutenberg, où tout est incertitude, et cela est si vrai qu'un autre historien de l'art, ayant aussi vécu au seizième siècle, Lomazzo, déclare que Mantcgna a été le premier qui ait fait des gravures au burin en Italie, ce qui est inexact.

En présence de toutes ces contradictions et omissions, Passavant avance une autre hypothèse. « Nous avons remarqué, dit-il, que l'on avait déjà, depuis I'i'iG, en Allemagne, des épreuves de gravures au burin, et cette nouvelle invention a dû être très vite connue dans les Pays-Bas et surtout par les artistes du pays. Or, l'on trouve une coïncidence assez remarquable, a ce sujet, dans la présence à Florence, précisément en i 1 50 , de Roger van de Wcydcn, le célèbre élève de Van Eyck, qui peignit à cette époque une image de la Vierge pour les Médicis. On ne peut guère douter qu'il ne fit une visite au fameux orfèvre Maso Finiguerra pour voir la belle Paix du Couronnement de la Vierge, à laquelle il travaillait alors. Ce serait donc une opinion très plausible que celle fondée sur l'idée que le peintre flamand, en voyant la manière compliquée dont l'artiste florentin se servait pour se procurer des empreintes en soufre, pour les remplir ensuite d'une teinte noire et juger ainsi de l'effet de son travail, lui ait montré la manière très simple d'obtenir le même résultat en imprimant immédiatement la planche sur du papier humide. Nous sommes confirmé dans cette opinion par quelques épreuves très anciennes de nielles d'origine néerlandaise, qui se conservaient dans la collection de Dresde et qui appartiennent à l'époque du maître Rogier'. »

11 n'y a évidemment aucune invraisemblance dans cette hypothèse, d'autant plus qu'il ne nous parait nullement obligatoire de faire dériver l'origine de la gravure au burin directement des nielles

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