‹ Manuel de l'amateur d'estampesChapitre 9 sur 144 · Le Peintre-Graveur, t. I", p · texte numérisé non relu

Le Peintre-Graveur, t. I", p

INTRODUCTION «ivii

du quinzième siècle. Cet art, comme on l'a vu, était déjà pratiqué depuis des siècles, et il ne sut pourtant mettre aucun de ses adeptes sur la voie du procédé qui nous paraît aujourd'hui si simple. La gravure en creux elle-même remonte bien plus haut que l'emploi de l'émail et du nielle, puisque des peuples de l'antiquité, tels que les Egyptiens et les Étrusques, nous en ont laissé des témoignages nombreux et remarquables. On prétend même que les Egyptiens tiraient sur papyrus des épreuves de leurs gravures ; mais ce n'est pas ici le lieu de discuter cette question complexe. Toujours est-il que les modernes n'auraient en rien été redevables à cette invention primitive, qui leur fut inconnue, et l'effort de leur génie fut spontané. Tout s'enchaîne dans les inventions humaines, et l'une en engendre une autre similaire. L'art de multiplier les épreuves d'une gravure en relief, sur bois ou sur métal, qui surgit dès les premières années du quinzième siècle, devait forcément conduire, surtout le hasard aidant, à l'invention d'un moyen analogue pour tirer parti d'une gravure en creux. Sous ce rapport, il a dû en être de même que pour l'invention de l'imprimerie. Ni l'une ni l'autre n'ont apparu du coup à l'état d'un art véritable, mais elles ont débuté par des essais imparfaits, tentés presque simultanément dans des contrées diverses, sans qu'on puisse nommer un premier inventeur, attendu qu'ils étaient plusieurs, agissant chacun sous l'empire d'une inspiration personnelle. Une fois l'idée primordiale mise dans le courant commun, le génie de l'homme s'en empara et lui fit subir des évolutions successives, selon la loi du progrès, pour l'amener à la perfection.

Page 1