répons, chacun 1s
y> Paraphé, ne varietur, ann. 1653, par moy huissier en la cour commis et soussigné.
» Signé HENRIOT, avec paraphe.
» Collationné en son original étant en papier, ce •fait rendu par les conseillers du roy, notaires au Chastelet de Paris, soussigné, ce quatorzième jour de mars mil sept cent douze. »
On sera sans doute surpris de voir une sorte de prime donnée à TaccompUssement d'un devoir. Le fait n'est cependant que trop vrai. On lit dans le manuscrit de Pierre Janvier, à Meaux : Le peu d* assiduité que font les chanoines à Véglise, contre leur serment et foy, le fait ôter le méreau. Gérard d'Haméricourt, évêque de Saint-Omer, ordonna, en 1 568, la confection d'une certaine monnaie pour être distribuée à ceux qui assisteront entièrement aux offices du chœur, en sorte que personne ne puisse être excusé sous aucun prétexte que ce soit, si ce n'est dans les cas exprimés par les statuts. Les fautes qui pouvaient empêcher de l'obtenir sont indiquées dans les statuts du synode de 1 583, revus et publiés en 1 640, sous
méhbaux. 83
Christophe de France. Odon Rigault, archevêque de Rouen au milieu du treizième siècle, note avee sain, dans ses visites pastorales, les établissements religieux de ses diocèses suffragants qui ne se servaient pas de méreaux.
Plus tard, des statuts sanctionnés par Tautorité règlent à Paris, à Montbrison et dans bien d'autres localités Tusage des méreaux.
L'inexactitude était, à une époque reculée, un mal tellement grand dans les collégiales et les abbayes, qu'on fut obligé de prendre des mesures et même de faire un règlement général.
Nous ne pouvons nous dispenser de noter que, dans l'ancienne cathédrale de Saint-Pierre à Gfenève, les chanoines avaient des subalternes coadjuteurs qui chantaient et faisaient l'office ordinaire, « Ce pendant que messieurs les chanoines sesbattoient et pourmenoient en devisant parmy la nef de l'église, jusqu'à certaines cérémonies où y avoit du gaing pour les présents et rien pour les absents, car ils vouloient bien lors faire l'office, et estoient les dicts subalternes appelez habilitez. »
On voit qu'on pourrait leur appliquer ces vers de Boileau :
Ces pieux feiDéants faisaient chanter matines, Veillant à bien dîner, et laissant en leur lieu A des chantres gagés le soin de louer Dieu.
Ce serait se tromper étrangement qu^ de comparer les ehaooines des diverses époques à ceux de ms jours. Au moyen-âge, ils n'étaient pas, comme aujo^r-
\ 84 MÉREÂUX.
d'hui, rhonneur de TEglise; cependant il ne faudrait pas les juger avec trop de sévérité, en ne tenant pas compte des mœurs et des usages du temps. Les fêtes des fous et des innocents étaient des saturnales ecclésiastiques auxquelles ils se mêlaient, mais que Ton célébrait sans arrière-pensée, sans mauvaise intention. Toutefois, on ne doit pas cacher que de graves abus eurent lieu, et c'est aux distributions qu'Eudes de Sully et Pierre Cambius eurent recours comme remède au scandale. Ces pieux évêques, qui vivaient, l'un dans les dernières années du douzième siècle, l'autre dans les premières du treizième, promirent, par lettres pastorales, une récompense à ceux qui ne prendraient pas part à ces fêtes d'origine païenne, et une rétribution pécuniaire aux chanoines, aux chantres et aux enfants de chœur qui se trouveraient en état d'assister aux matines le jour de la Saint-Etienne et celui de la Circoncision.
Plus tard, les canonicats furent considérés comme des bénéfices transmissibles entre les membres d'une famille, en admettant même, par arrangement, la cession à une personne étrangère, pourvu qu'elle fût dans les ordres. D'autres fois, le titre de chanoine était un titre honorifique concédé, sous certaines conditions, à des souverains et à des princes ; on en fit une récompense pour de hauts personnages, y La couronne de France apportait avec elle l'hérédité d'un canonicat honoraire dans les églises de Saint-Hilaire de Poitiers, de Saint-Julien du Mans, de Saint-Martin de Tours, ainsi que dans les cathédrales
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d'Angers, d'Orléans, de Lyon et de Chalon. A l'entrée / des souverains dans Tune de ces villes, on lui présentait Taumusse et le surplis.
Nous ne connaissons que le roi Robert qui ait pris ^ personnellement part aux cérémonies de l'Eglise.
Les Dauphins se faisaient honneur autrefois d'être v reçus chanoines de la métropolitaine de Vienne et y siégeaient en cette qualité lorsqu'ils venaient la visiter. Le Chapitre avait soin de protester que c'était sans préjudice de la qualité de feudataires de l'Eglise comme comtes d'Albon, et par suite, les Dauphins rendaient hommage, tous les ans, la veille de la Saint- Maurice, soit en personne, soit par quelqu'un de leurs officiers, et offraient un cierge de cire jaune du poids de douze livres. Çei usage se pratiquait encore dans le siècle dernier. Le juge de Vienne, en présentant ce cierge au nom du roi, protestait que c'était par dévotion ; le Chapitre faisait répondre par celui qui le recevait : « C'est par hommage. »
Nombre de rois de France ont été chanoines de ^ Saint-Jean-de-Latran, à charge d'une redevance annuelle.
Les papes et les rois d'Espagne ont été chanoines v de Séville. Ils étaient condamnés à une amende pour chaque absence, c'est-à-dire toutes les fois que l'on faisait l'appel général; il est à croire que c'était seulement dans les grandes solennités.
Au mois de mai 1 395, la dignité de chanoine de V l'église de Lyon fut conférée aux ducs de Bourgogne et de Berry, grands protecteurs du Chapitre.
V En 4 403, le duc d'Orléans assiste à la procession de saint Àignan en habit de chanoine.
Y En 1 471 , Charles, comte du Maine, fit son entrée au Mans le lundi d'avant la Saint-Martin ; il fut reçu à la collégiale comme patron collateur, chef supérieur, en surplis et en chape, et accepta le pain et le vin avec les distributions du chœur.
|/ En 1472, le pape institue Louis XI chanoine de Notre-Dame-de-Cléry, ainsi que tous les rois ses successeurs, en lui permettant de siéger en cette église, à la première stalle du chœur, revêtu du surplis, de la chape et de Taumusse.
y Le duc Raoul de Lorraine, après avoir fondé a Nancy, en 1 339, la chapelle ducale de Saint-Georges, se réserva les nominations au Chapitre et spécifia que le souverain en serait toujours premier chanoine.
y Une chose qui paraîtra plus singulière encore, c'est que Jésus-Christ était regardé comme premier chanoine de Téglise d'Orléans et était mis à la tète de toutes les distributions pour une double portion que Ton portait à THôtel-Dieu.
/ La sainte Vierge comptait au nombre des bénédictines de Marcigny, et chaque jour sa prébende était distribuée aux pauvres.
^/ Que dirait-on aujourd'hui si Ton voyait une dignité ecclésiastique conférée à un capitaine pour un brillant fait» de guerre? Cependant, après la valeureuse défense de Cravant (1 423) et la défaite de Charles VII qui cherchait à arracher son trône aux mains des Anglais, le Chapitre d'Auxerre, pour consacrer à jamais
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ce mémorable fait d'armes, institua que l'ainé de la \/ maison de Chastellux, dont un membre avait soutenu avec tant de courage un siège de cinq semaines, serait chanoine honoraire et pourrait assister aux offices, armé de toutes pièces, avec un surplis par-dessus et tenant son faucon sur le poing.
C'est à Viviers que nous devons aller chercher le / plus frappant exemple de ce singulier mélange d'éléments ecclésiastiques et d'éléments séculiers. Le Chapitre de cette ville se composait de 20 ecclésiastiques et de 20 seigneurs laïques. Non-seulement ces derniers pouvaient entrer au choeur armés de pied en cap, mais encore ils avaient le droit d'y amener leurs femmes. Indépendamment des chanoines, il y avait de nombreux bénéficiers. On a vu, jusque dans le quinzième siècle, à plusieurs fêtes solennelles telles que ceile de saint Vincent, des barons et des dames de qualité conserver le privilège d'occuper les stalles du chœur et d'y porter, les uns et les autres, des mitres et des chapes.
Ceci n'était pas nouveau, car, au treizième siècle, \f Alix de Vergy fut reçue chanoine de la Sainte-Chapelle de Dijon. Là, après avoir donné le baiser de paix à chaque chanoine, elle s'engagea solennellement à protéger les privilèges de cette collégiale et ceux de ses membres.
Si l'on remonte à l'origine du bizarre usage de l'é- V glise de Viviers, on trouvera qu'elle doit être commune à la plupart des bénéfices ecclésiastiques. N'oublions pas, en effet, que Charles Martel, en expulsant
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/ les Maures, acquit des droits à la reconnaissance de la chrétienté et, pour ainsi dire, un pouvoir spirituel. La crosse et la mitre devinrent la récompense des guerriers qui avaient écrasé les infidèles. Les chefs, une fois assis sur leurs sièges pontificaux, durent songer à pourvoir les hommes d'armes de charges et d'emplois. A leur tour, ils distribuèrent canonicats et prébendes, sous les faibles successeurs de Charlemagne. Ces abus, quelque temps comprimés, reparurent et finirent par prévaloir. Plus tard, les papes furent obligés d'intervenir, et Clément VI supprima les membres laïques du siège de Viviers.
/ Si, maintenant, nous voulons chercher l'origine des distributions dont le maintien eut ensuite pour but d'exciter l'exactitude aux offices, nous la trouverons dans l'antique usage de manger à l'église. Les chanoines, à l'imitation des moines, s'assemblaient pour tenir, en certains temps, des conférences spirituelles qu'on appelait collations, terme qui a passé dans la langue pour exprimer le rafraîchissement qu'ils prenaient.
^ Le règlement fait sous Louis le Débonnaire, en 81 7, par les abbés assemblés, autorise les moines à boire, s'ils en ont besoin, à cause de la fatigue de leur travail et de la longueur de l'ofiBce : bibanl, est-il dit. On se crut bientôt autorisé à boire du vin, et de là vinrent les collations ou buvettes qui s'observèrent entre autres dans l'église d'Autun, après la lecture des dialogues de saint Grégoire, de quelques honftélies ou d'une vie de saint.
MÉREÀUX. 89
Depuis le premier vendredi de l'Avent jusqu*à la veille de Noël inclusivement, la collation se faisait au chœur après complies; celle de Noël, avec le meilleur vin des caves.
Depuis le mercredi des Cendres jusqu'au jeudi-saint inclusivement, la collation se faisait après Tanniversaire. Le mercredi, le jeudi, le vendredi avant les Bordes et le jeudi-saint, on se servait de vin blanc. Les dimanches, on donnait à chacun un gâteau. Les collations recommençaient le lendemain de Pâques jusqu'au dimanche de Quasimodo, dans le Chapitre. Elles continuaient de même tous les dimanches, depuis Quasimodo jusqu'après le dimanche de la Pentecôte; elles se faisaient alors avant les vêpres. Pendant le cours du repas, quelques chapelains chantaient des psaumes. La collation finie, le vicaire du chœur récitait le De profundis avec les oraisons pour les fondateurs. Pendant tout le temps, le grand cierge restait allumé pour donner à cette pratique Tair d'un pieux exercice. La veille de l'Epiphanie, le vicaire du chœur et les chapelains récitaient les six psautiers faisant les cent cinquante psaumes, et à la fin de chacun on sonnait la cloche. Après le tout, on faisait une seconde collation qui se terminait par les litanies des saints.
Il y avait encore des collations extraordinaires à certaines fêtes, notamment à celles de sainte Magdeleine et de sainte Marthe.
Le trésorier de l'église était obligé de fournir des poires; après Pâques il fournissait des gâteaux.
Les collations ne manquèrent pas de dégénérer en
90 MÉREiUX.
grands abus, surtout depiiis que les laïques eurent trouvé la racilité de s'y introduire. Les excès, les cbaasons et autres indécences qui s'y commirent, obligèrent de les supprimer en 1 552. Les psaumes qui s'y chantaient furent convertis en d'autres prières, et les buvettes, en pain et en vin que l'on distribuait aux chapelains.
Mais revenons à nos pièces d'église. Si te plus souvent elles étaient un stimulant, un appât, il arrivait aussi qu'on en faisait un noble et généreux emploi. C'est ainsi que les chanoines de la collégiale de Saint- Aîné de Douai qui avaient droit, ayant assisté aux offices, à une portion de pain et de vin dont ils pouvaient disposer en faveur de qui il leur plaisait, distribuaient ordinairement aux pauvres, dès le sortir de l'église, le méreau qu'ils avaient reçu et qui servait de bon pour toucher la portion.
ilSTRIBUliu.
nlNtm CANO-
Buats milfë de St \mé. — Irmoirie de la collégiale.
Quelques confréries avaient leurs méreaux, comme tendent à l'établir deux passages des statuts [an. 1468) de la grande confrérie Notre-Dame de Paris, composée de laïques et d'ecclésiastiques. Le but de l'association était de se soutenir mutuellement tes uns les autres, c'est-à-dire que les laïques aidaient les ecclésiastiques
MÉRËÀUX. 91
daDS leurs affaires temporelles, et ces derniers aidaient les premiers dans les affaires spirituelles.
On lit au chap. ir, § 15 : « Après est ung frère prebstre esleu que on appelle greffier, lequel est présenté au prévost comme bon preudhomme et soufB- * sant, qui baille argent et délivre au prenent quittance pour paier aux frères prebstres leurs distributions mjs> services qui chacun jour se font par lesdits frères prebstres, selon ce que déservi l'ont. Et des deniers que pour ce reçoit ledit greffier du prévost ou son commis, iceluy greffier est tenu de rendre compte chacun an, ainsi et par la manière et quand ledit prévost rend compte de la revenue de ladite confrairie.»
§ 47. « Et quant on fait service des trespassés, ceux qui ne sont au respont Qui Lazarwn, chanté pendant vigilles, et qui ne sont a l'espitre de la messe dite Jusqu'à la fin, perdent leur distribution. Et ne doit point payer le greffier à personne, jusque Agnus Dei soit chanté, et se il n'a excusation raisonnable et cogneue. »
Il serait fort intéressant de recueillir tous les textes relatifs à ces sortes d'associations et de faire une bonne histoire des confréries (pii ne furent pas sans importance, comme le prouve le passage suivant :
« En Tan 1 1 68, fut établie dans l'église de la Madelaine, la plus considérable et la phis ancienne confrérie de Paris appelée la Grande Confrérie Notre- Dame, au>x seigneurs prêtres et bourgeois de Paris. D'abord elle fut composée de trente-six prêtres et d'autant de laïques, seigneurs et bourgeois notables
9â MÉREiUX.
de la ville. Les Temmes n'y furent admises qu'en 1 324, au nombre de cinquante. La reine et plusieurs dames de piété du premier rang désirèrent y être reçues. Depuis ce temps-là, le roi et la reine en furent toujours confrères. Dans les trois ordres de cette compagnie, on ne recevait que les personnes les plus qualifiées. Aucun confrère n'était admis qu'après avoir été élu par quatre confrères, deux prêtres et deux laïques.
■» La confrérie avait deux principaux officiers soumis à l'élection : l'un qualifié d'abbé, qui était ordinairement l'archevêque de Paris, et l'autre avait le titre de doyen. Celte place s'offrait toujours à quelque magis-' tral du premier rang. La principale fête de la confrérie se célébrait le jour de l'Assomption de la Vierge; et le lundi dans l'octave de cette fête, tous les confrères assemblés à la Madeleine allaient en procession dans quelque autre église à leur cboix. »
Nous citerons le peu de pièces parvenues k notre connaissance et relatives à ce sujet.
Nous sommes dans la nécessité d'en omettre plusieurs dont l'attribution ne nous parait pas assez certaine, et, d'ailleurs, nous n'avons malbeureusement aucun texte à citer à l'appui.
MÉHEAUX. 93
Il en existe plusieurs variétés, soit avec légende
entière, soit seulement avec les lettres S. E. D. G., initiales de Saint-Etienne-des-Grès. 1629.
IS. SVia A. LOEVVRB.
OPPOHTÏNE. 1621.
Hever». — Une fleur-de-lis couronnée.
Enfin un cuivre jaune de grand module, portant :
rOHDBB. A. PARIS. BH. L'BGUSB. ST. SEVERIN.
Deux saints sous un porche. flanqué de tours accompagnées de petites fleurs; le tout surmonta de deux étoiles.
Ôi HÉHBAUX.
Saint Séverin, dont saint Cioud fut le disciple, serait, selon les uns, le patron de l'église dont il est ici question; selon les autres, le véritable patron est l'abbé d'igaune, mort à Chàteau-Landon en Gâtinais.
La confrérie Notre-Dame, à Saint-Sérerin, remonte à l'an 1 31 1 . C'est la première qui fut établie en France en l'honneur de la très sainte Vierge, sous le titre de la Conception Immaculée. Son institution primitive eut lieu à Londres en 1278.
L'église de Saint-Séverin se montra toujours recoU' naissante de l'honneur insigne qu'elle avait reçu. Les c^iii<Ai^*"ï' f marguilliers gardent précieusement toutes les tradi- ;tM/i,t«/'flrt»i./ tions qui s'y rapportent. Ils ont fait placer une ins-
cription qui conserve la mémoire de la confrérie de l'Immaculée Conception.
La confrérie du bas-chœur de la cathédrale du Mans, dite de Saint-Michel, a laissé un méreau de j Iplomb. Son dessin barbare, quoique ne remontant I qu'à la fin du seizième siècle, offre d'un côté la Vierge, patronne de SaintrJulien-du-Mans, et de l'autre, l'Archange terrassant le dragon.
Les lépreux réunis dans une maladrerie imitèrent les chanoines et les confrères. Tout ce qui intéressait l'établissement devait être traité par eux capilulairement et coUégialement. La cloche rassemblait la com-
MÉREÀUX. 95
munauté pour délibérer dans la chapelle, en présence du curé et de Téconome. Le jour de la fête du patron de la chapelle, les lépreux faisaient choix parmi eux d'un prieur qui jurait, entre autres choses, de noter, sans y manquer, toutes les fois que le curé aurait négligé son devoir dans Toffice divin et que les malades auraient enfreint les ordonnances. Ceux-ci étaient soumis à des devoirs religieux; ils devaient, par exemple, réciter vingt-sept pater et vingt-sept Ave, sous peine d'une retenue d'un gros lors de la distribution des portions.
Les diverses dénominations des méreaux sont nombreuses :
Moneta Capitidi, à Bayeux et à Cambrai. — Moneta mncti Ciriei^ à Issoudun.
Libra ecclesiœ sancti Pétri. — Libra canonicomm, — Libra presbyteroruniy à Vienne.
Chanoynes, à Saint-Jacques de Paris.
Simbolum, à Saint-Méry de Paris.
Mandata, à Saint-Lambert de Liège.
Insignia, à Dijon, à Savigny et à Valence, parce que ces méreaux portent les armoiries ou insignes des églises auxquelles ils appartiennent.
Les Chapitres sont souvent indiqués : Capitulum Cameracence. — Capitulum Lmgonense, — Capi-
tulum ecclesiœ Avinion. — Capitulum Bnrci. — Capitulum Trevolcii. — Chapitre du Pant-de-Vaiix.
La ville et Téglise : Ecclesia Belicensis, — Ecclesia patriarcale sancti Stephani Bituris. — Romanevr cis ecclesia. — In sacra ecclesia Valencie. — Carpella sancti Salvatoris palacii Bituris. — Capella regalis palacii Parisiensis. —
Le nom de la ville et celui du saint : — Amati Duorcensis. — S. Stephanus Meldensis. — Le Saint-Esprit en Grève à Paris. — S. Meloni de Pontisara: — S. M. à Ponthoise. — 5. Julianus de Turnone. — Philiberti Threnochiensis. -7- Sanctus Mauricius Vienne.
Le nom de la ville seul : Saint-Claude.
Le nom du saint seul : S. Ferreols^S. Ferratius evls Burgundie (Besançon). — Saint-Genes (Clermont). — Sancte Valériane. — S. Philiberte. — S. Maria (Tournus) .
Souvent il n*y a que des initiales, comme à Beaune, à Bourges, à Paris (St-Eustache. — St-Etienne-d es-Grès).
D'autres pièces sont complètement muettes, comme Saint-Lazare d*Autun, Saint-Julien du Mans, etc., etc.
La série des méreaux de Notre-Dame-des-Mares de Villefranche présente un très notable exemple des diversités de légendes.
Enfin, le mot mériav^ que nous avions vu au quatorzième siècle, se retrouve à la Sainte-Chapelle de Dijon : Merellus capelle ducum Burgundie Divione; puis à la même époque avec un revers plus récent : Les mereaulx de Vesglise de Nostre-Dame de Poissi.
MÉREAllX. 97
Il reparait sur une pièce de 1639, aux armes de La Tour (Maurice de La Tour, duc de Bouillon, était alors gouverneur de Sedan).
Mais cette pièce est-elle réellement capitulaire? Nous en doutons Quel est son objet?
L'étude des jetons n'est pas assez avancée et assez certaine pour qu'on puisse dire au juste ce que c'est que cette petite pièce au châtelet et sans légende, ni
cette autre au van d'élection, au globe crucifère. Sa 1/ fabrique nous semble très ancienne et l'emploi des symboles qu'elle porte n'est pas moins ancien. D'après Glaber, liv. I" de ses Histoires, l'an 1015 environ, le pape Benoît VIII fit faire un globe d'or avec des cintres ornés de pierreries, et une croix élevée au-dessus pour représenter le monde qui ne pouvait être bien
^H MflHEAI'X.
/ j^ouveroé qu'en le soumettant à Jésus-Christ et à la
religion chrétienne.
/ L'empereur Henri 11 étant allé à Rome, le p£^e se présenta à sa rencontre et lui offrit ce globe, voulant qu'il fût dorénavant la principale marque de l'empire. Ce n'était qu'une consécration du globe que nous voyons tenir par Chariemagne et la plupart des empereurs. Henri, en le recevant des mains du pape, lui dit que c'était une leçon muette qu'il lui faisait, de la manière dont il devait régir le monde ; mais qu'on ne pouvait mettre ce présent en de meilleures mains que celles des personnes qui avaient méprisé le monde et ses pompes. Aussitôt après, il l'envoya à l'abbaye de Cluny.
Donnerons-nous à Saint-Etienne de Dijon, ou plutôt de Bourges, à cause de l'encadrement multilobé, le méreau suivant?
VIDBO CILOS APBIITUS. -
Palme posée «i
Saint Etienne, un des soixante-ilouze disciples du Sauveur, élu diacre pour la distribution des aumônes, fit nombre de miracles qui remplirent de Tureur les Juifs. Ceux-ci snhornrrent dp faux témoins pourl'ac-
ciiser de blasphème contre Moïsf et contre Dieu même. Traduit devant le Sanhédrin, le grand-prêtre Caïphe lui dit de se défendre, ce qu'il fit en homme rempli du Saint-Esprit. Des grincements de dents furent la seule réponse des Juifs, et leur haine ne connut plus de bornes lorsque le saint diacre s'écria : Je mit les cievx ouverts et le. Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. Ils se jetèrent sur lui et l'entraînèrent hors dp la ville pour le lapider. Il n'y avait, lors du supplice dti bienheureux diacre Etienne, pas encore un an que Jésus-Christ avait été crucifié.
La légende du droit ne permet aucun doute sur le / nom du personnage agenouillé, et les emblèmes du revers indiquent clairement le genre de supplice immortalisé par la palme du martyre.
Le même saint, dans une seconde pièce, est suffisamment indiqué par les initiales S — E et la couronne qu'il tient, la cnuromie étant l'emblème parlant d'Etienne. De plus, la palme se voit en avant; mais ici, nul caractère ne pput justifier une attribution à telle 0)1 telle église.
Rien n'est plus commun qu'une légende pieuse sur les monnaies. Quand même on la trouverait aux deux
iflO MÉREAUX.
Taces d'une pièce, sans autre indication parliculière, cela ne suffirait pas pour constituer un méreau, bien que le revers portât comme sur la plupart un chiffre accosté de deux initiales; ainsi les mots
CATA : MVNVI :
«GHTS : DBI ^
(Agnus Dei qui lollis peccili munili, i
forment la devise d'une monnaie espagnole au type de l'agneau à la bannière contourné. Elle appartiendrait à Jean II de Castille et serait frappée à Btirgos; ou bien le chiifre V ne serait autre chose que la lettre Y dans laquelle il faudrait voir Isabelle de Castille ou 'Yacobas de Majorque.
La représentation d'un saint ou d'un martyr, sans légende ou sans initiales indiquant son nom, est un cas très embarrassant. S'il y a une légende, elle peut, plus encore que le personnage, autoriser une classification.
Il ne faut pas trop se fier aux initiales, car rien ne ressemble à un vieux méreau comme la pièce portant S.M. — F.VII, et cependant c'est une monnaie de la colonie espagnole de Sainte-Marthe frappée sous Ferdinand VII.
xMÉRËALX. 101
Faute de légende, on ne doit pas trop se hâter d'attribuer un méreau à une église; ainsi, une hure de sanglier fait de suite songer à Saint-Cyr de Nevers ou dlssoudun, mais la grosse fleur-de-lis du revers porte à présumer que la pièce appartient aux chasses royales.