‹ Manuel de l'amateur de jetonsChapitre 17 sur 102 · TRÉSOR ROYAL · texte numérisé non relu

TRÉSOR ROYAL

ATTBRiT OBVIA (foudre).

OaDINAïai Dl^ GUIRRB8. 1746.

Extraordinaire des guerres; — Ponts-et-chansséeSy etc., Artillerie, etc.

L'usage des jetoirs était si généralement établi, que nos rois en faisaient fabriquer des bourses qui étaient distribuées aux officiers de leur maison chargés des états des comptes, et aux personnes qui avaient le maniement des deniers publics. Le plus ancien de ceux-ci, qui nous sont parvenus, appartient au service de récurie du roi, comme l'indiquent le cheval de

JETOIRS, 129

l'avers et le râteau du revers, l'un et l'autre accostés de fleurs-de-lis. La légende est :

C0VTK8 ; povH

Les caractères aceuseut le treizième siècle.

On remarquera la forme circulaire de l'O, rare sur v ces sortes de pièces.

A la fin du quinzième siècle, on trouve :

CALCVLI AD NVHEflAnDVH HBG. JVSgV LVD. III

Le bureau du Dauphin était particulier :

«ECTURnS: DE : LA r CHAMBRE —DIS: COIPTBS : DAIifUINAL.

Les reines de France avaient des jetoirs distincts de ceux du roi, et elles en profitaient pour y faire graver leurs armoiries exclues des monnaies.

CE SONT LES GETOIES — DES : OTES ; L* ROINNE.

l:W JKTOIHS.

Vécu parti du France el de Hongrie indique qu'il appartient à Clémence de Hongrie, femme de Louis X.

Un autre jetoir porte d'un côté la clef en pal et de l'autre un écusson parti, à dextre semé de France et à sénestre d'Auvergne, qui est d'or au gonfanon de gueutei frangé de sinople. Nous le donnerons à Jeanne, fille de Guillaume XII, comte de Boulogne et d'Auvergne, seconde femme du roi Jean.

La clef ferait supposer qu'd a été fabriqué pour les comptes du domaine d'Anjou, alors que Jean était duc de Normandie, comte d'Anjou et du Haine, c'està-dire à l'époque de son mariage, 1 349.

H. Hucher donne à la même princesse la pièce suivante que nous avions attribuée à Jeanne de Naples. femme d'André de Hongrie.

lETBS : BIEN : SBURE : ■BNT.

Il n'est pas rare de trouver indiqué l'objet particulier auquel un jetoir était destiné.

JE'IOlHii.

. uktovbaS, —

Celui-ei esl encore plus ancien que tous ceux que nous avons cités comme devant être attribués à des reines, à cause de l'écu parti, puisqu'il est de Jeanne (ie Jiavarre, femme de Philippe le Bel (1283-1304].

L'usage de Trapper des jetons destinés aux calculs ou a l'administration des domaines dévolus aux princesses, s'est conservé très longtemps. Ce n'étaient plus leurs armoiries qu'on y faisait figurer en dernier lieu, mais bien leurs effigies!

Quoique le produit des domaines fût versé au trésor, ceux-ci ne cessaient pas d'être désignés comme appartenant personnellement aux différents membres de la famille royale. Nous trouvons entre autres, vers la quinzième année du régne de Louis XIV, les indications suivantes qui nous donnent le rapport des diverses fractions désignées :

Le domaine de Languedoc, 67,500 livres:

L'ancien domaine de Navarre. 83,000 livres;

Le nouveau domaine de Navarre, 205,265 livres;

Le domaine de la reine Marguerite. 64,003 livres;

Le domaine de Château-Itenault, 1 42,000 livres:

Le domaine de la reine-mère, 253,168 livres;

Les bois et forêts de l'Ile de France, 911,310 livres quinze sols.

JETOTRS.

SARIA lOSRPHA II

Dans le champ, un rocher battu par les flots et I3 tempête, qui reste ferme et immobile.

Les jetoirs nous rappellent les noms des officiers sous la direction desquels on s'en servait, tels ; Raoul du Refuge, maître des comptes de Charles VII; — Thomas Boyer, général des inances sous Charles VIII; — Jean de Saint - Amadour . maître d'hôtel de Louis XII.

Porc-épic entouré de fieurs-de-lis (emblème du roi).

Au revers, les armes de la, Tamille Le Gendre, qui sont d'or à lafasce d'argent, accompagnée de troix télex de jeune* fille» échevelées d'or. Ces armoiries

JETUIHS. 133

sont iadirectemenl parlantes et correspondent à cetlt> devise : Qui a des filles aura des gendres.

- DV : nOT : PHANf OIS

Ecu de France accosté de deux F, initiale de François. — Au revers, les armoiries de la famille Testu, accompagnées de deuxmonogrammesauxlettresI.H. T. — Antoine de Corhie, contrôleur sous Henri II. — Loys de Lavalette d. des pairs de France, colonel général de l'infanterie (1597). — A. Potier, seigneur de Blanmettil. second président auparlement. chancelier de la rogne (1602). — M. t. Hesselin, c-onseiller du roi et maître de la chambre aux deniers (1630). — M" Pierre Maissat, conseiller d'état, secrétaire du conseil (1665). — Paparel, trésorier de l'ordinaire des guerres sous Louis XIV, etc., etc.

Les villes, les compagnies, les seigneurs et les sociétés firent aussi fabriquer des jetoirs à leurs noms et pour leurs besoins ou leur plaisir. Ils se multiplièrent tellement et on les employa si bien, qu'il n'y a guère plus d'un sïècJe et demi, on faisait encore valoir, dans la dot d'une fille à marier, la scieur* qu'elle avait dans ce genre de calcul.

Les uns, comme nous l'avons dit, étaient de fahri-

que royale; les autres, le fruit d'entreprises seigneuriales ou particulières.

Les Etats voisins de la France goûtèrent bientôt la Tabrication des jetoirs de métal. Il en parut en Allemagne, dans les Pays-Bas, dans la Lorraine, etc., avec des légendes Françaises.

LOIllt. BT BA.

Ecussou

e Lorraine et Bar [couronne ducale) . 1 61 i.

DIR1G1T ATQVB TVETVH.

Vaisseau voguant à la lueur d'un phare; au-dessous, un écusson avec couronne de comte.

Page 1