‹ Manuel de l'amateur de jetonsChapitre 5 sur 102 · DÉFINITION DES JETONS ET DE LEURS TBOIS GRANDES CLASSES · texte numérisé non relu

DÉFINITION DES JETONS ET DE LEURS TBOIS GRANDES CLASSES

Les jetons sont des pièces le plus souvent rondes, v^ taillées quelquefois à huit pans, particulièrement dans la seconde moitié du dix-huitième siècle; leur dianiètre est à peu près celui de nos sous actuels, mais ils sont généralement plus minces. . '

On ne doit pas considérer les pièces qui nous oc- y

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cupent comme médailles, quoiqu'elles portent souvent la tête du souverain, ni comme monnaies proprement dites, bien que quelques-unes d'entre elles aient servi à en tenir lieu et que parfois elles en affectent la dénomination. Dans ce cas, il n'est pas rare de voir la légende exprimer la matière afm de prévenir la confusion.

IB SVl UB LAI- TON ■BRliV.

AQIE.

Le type des gros anglais de Londres ou de Calais a été employé pour les jeloirs de quelque bureau, mais le revers avertit le publie pour qu'il ne fasse pas erreur.

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(•) L'iignel éUit MJnl Louis sur 1m MpècOT.

u type de l'agnniu, introduit par

Un remarquera en outre ici une confusiort de coins, car les deux légendes ne font pas suite, et il est évident que le revers n'a pas été fait pour l'avers.

La légende ave mari Stella dei mater entoure une pièce au type de Louis XU.

Le privilège donné aux chanoines de Saint-Fiour, / en 1 3*75, enjoignait expressément de ne pas imiter les monnaies dans la fabrication des méreaux et recommandait de leur donner pour signe distinctif un animal. Nous ne connaissons pas les méreaux du Chapitre auvergnat, mais il est à croire que les clauses de ce privilège furent observées ailleurs.

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8suïage.) ^iibViS^

Les types des monnaies ayant été souvent reproduits par les jetons, de là vint le proverbe : Fam comme jeton.

Par contre, il est de véritables monnaies qui ont l'apparence d'un jeton, telles: —une monnaie de l'île de Man. — sans changer. 1 733. Un aigle posé sur un

enfant au berceau, placé sur un chapeau ou couvrechef de forme antique.

Revers. — ouocuhque jecerts stabit. — Trois houssettes jointes en cœur, forme de l'île de Man, et cantonnées de I. i. d (H deniers, ou bien Jacques Derby 1 penny).

El une monnaie irlandaise de 1641, dite farthing, frappée après le massacre d'Irlande. Elle offre d'un côté le roi David chantant sur la harpe et représen-

tant le monarqtfe anglais, — floreat rex ; — au revers, saint Patrick tenant la double croix; derrière lui une église, et devant, des animaux malfaisants qu'il met en fuite. — QviEsc.iT plebs.

/] Pour juger de l'âge d'un jeton, il est nécessaire I d'avoir des connaissances en paléographie ou d'être I versé dans l'étude des monnaies, c'est-à-dire, qu'on j aura recours à la forme des lettres ou aux types nio-

nélaires. Ceux-ci indiquent des époques à peu près v certaines, tandis que celles-là laissent encore du vague, car Tinvention de l'imprimerie ne conduisit pas tout-à-coup vers un mode d'écriture clair et régulier. Depuis longtemps la simplicité des caractères grecs et latins, commandée par le bon goût, avait disparu, entraînée par la décadence des lettres et des sciences dans un mélange bizarre des lettres capitales et onciales, de minuscules et de cursives. On ne leur laissa même pas leur forme, on les défigura, on les contourna de mille manières en les surchargeant d'ornements superflus.

Les Goths venaient de renverser l'empire romain, \/ et le nom de ce peuple fut donné aux nouveaux caractères dont l'altération alla croissant jusqu'au quatorzième siècle. Enfin, le caprice se soumit à un retour vers les formes régulières et réglées. Le gothique eut un beau temps : il était devenu, dès le treizième siècle, d'un usage général chez les peuples qui, précédemment, employaient l'écriture latine. Il progressa pour décliner au quinzième siècle et disparaître au seizième. Il ne fut aboli que sous Henri II, /^v/-^' j? quoique les lettres romaines eussent reparu sous Charles VIIL ///^^~f,.^

Les jetons suivent à peu près les monnaies, pour le millésime, la lettre et la marque. Comme elles, ils ont leurs points secrets.

Le millésime est la date mise sur une pièce pour v' indiquer l'année de sa fabrication. On doit cet usage à Anne de Bretagne, femme de Louis XII (1478), mais

i2 JETONS.

il ne fut régulier qu'à partir du règne de Henri II, C'est ce même roi qui, en 1548, ordonna que sa powrtraitwe serait gravée à la place de la croix qui servait plus souvent de type que l'effigie du roi. Avant lui, François I", en 1539, avait voulu que les produits de chaque atelier monétaire fussent distingués par une lettre de l'alphabet. Enfin, la marque des directeurs et graveurs des monnaies complète la série des précautions prises relativement à la contrefaçon.

li ne faut pas se fier toujours à la date que portent les jetons, car il arrive que cette date se trouve fausse, comme dans l'exergue : traiect. capt. 167i.

La prise d'Utrecht, figurée par un hras mouvant d'un nuage et frappant l'hydre d'une massue, est rapportée ici à l'année <67i, bien qu'elle eût eu réellement lieu en 1672.

Deux exemplaires de cette pièce portent des revers différents. Sur le premier, un jeune tambour accompagnant un suisse armé de sa hallebarde et faisant signe à un homme placé sur la porte d'une boutique de barbier auquel il adresse ces paroles : marche a MOT L.4V10LETTE; sur le second, une femme, tenant une fleur dans la main gauche et, de la droite, se-

couaDl aa tioinme endormi sous lui arbre. Elle lui

dit : 0. THOMA. RÉVEILLE. TOÏ.

Nous laissons à d'autres plus habiles que dous, ou à «ne découverte fortuite, le soin d'expliquer le sens de ces deux sioguliers sujets.

Dans d'autres cas, on trouve des dates différentes > sur chacun des côtés du même jeton. Le traité de l'île des Faisans, dans lequel le mariage du roi fut une des conditions de paix, est caractérisé par le vol de la colombe, oiseau de Cypris, la branche d'olivier, le rameau de la paix

rEST. PjlCEIf. ClPRIDia. ALBS. 1669.

Au revers, une grue au moyen de laquelle est soulevée une énorme pierre destinée à une construction.

On ne peut expliquer ces différences de dates que / par l'empressement que l'on mit à frapper une pièce cxtmraémorative du grand événement du jour. Il fallut alors se contenter d'un revers déjà connu, qui, du reste, s'adaptait parfaitement au sujet, en faisant voir que l'art de la diplomatie avait triomphé des difficultés et que l'union royale aurait poor résultat de fonder quelque chose de solide.

L'art du graveur de jetons n'a pas eu, comme pour les monnaies, une physionomie particulière aux diverses époques; il s'est montré en apparence capricieux, parce qu'il n'était pas soumis au monopole. Oq frappait en tous lieux, tant en France qu'à l'étranger; et à part certains Ordres, certaines corporations qui avaient leurs coins spéciaux, l'industrie et la concurrence se chargeaient de fournir aux besoins du commerce, de satisfaire les goûts et les fantaisies des personnes qui employaient ces sortes de pièces. Cependant, si chacun était libre, il n'en existait pas moins un atelier royal où l'art eût pu s'inspirer si la gravure des jetons eût été réglementée.

DE PACON 9Via HOTAL iSalnmaoïlre de Prsii{aiii I").

H. ». TESTE. CSBILLIBR. ET COKRECTR. DK9 QPTES (Comptes).

Armoiries de la famille Teste que nous ne pouvons blasonner, et cela nous arrivera souvent, car on sait que les signes conventionnels pour représenter les couleurs ou émaux ne commencèrent à être employés qu'au dix-septième siècle.

Un a cherché à faire remonter bien haut l'origine des jetons, et nous avons nous-mème eu le tort de nous livrer ailleurs a plusieurs de ces investigations

JETONS. t5

qui ne prouvent rien. Laissons là les Romains et soyons Français ou Allemands, Par les jetons le sont essen- \ tiellemeet. On en trouve, il est vrai, en Angleterre, en Russie, dans les Pays-Bas, en Espagne, en Navarre,

en Savoie, etc., etc., mais en bien moins grande quantité que dans le centre de l'Europe. On peut même dire que ceux de Flandre, de Belgique et de Hollande ne naquirent que sous l'influence des provinces voisines. Leur faire et leurs types en offrent la preuve.

Paris et Nuremberg sont les deux terres réellement classiques. La première pourvoyait le luxe ; la seconde donnait à bon marché. Généralement nos produits ne sont pas signés dans les premiers temps. C'est une rareté que de trouver le nom du graveur on du fondeur et celui du lieu où il fabriquait au quinzième

siècle. L'orthographe du suivant est un curieux spécimen.

■iHicu POLBT. LAtrt. (Michel Polet !'« fïit.)

EST FET A TOVRHjII. (Est laHh Tounlay.)

A celte époque, le travail du cuivre formait une des principales industries de la ville de Tournay; la marque de ses produits était trois cercles, tout aussi bien que des tours dans les ornements secondaires.

Dans les derniers siècles, les jetons français portent les noms ou, plus souvent encore, les initiales de nos plus célèbres graveurs de médailles. Dollin sous Louis XIV, 1 643 ; — Varin ; — Mavelol, 1 71 5 ; — Du Vivier, 1739; — Dernier, sous Louis XVI (Rouen).

Jusqu'au commencement du dix-septième siècle, on ne connaissait, en fait de graveurs français, que ceux qui étaient employés dans l'hôtel des monnaies à graver les matrices et quarrés d'acier pour la fabrique des espèces, médailles et jetons; la gravure sur l'or et sur l'argent dépendait de l'art de l'orfèvrerie. Au mois de mai 1 631 , le roi érigea en maîtrise et jurande l'art et métier de graveur tailleur, limitant le nombre des maîtrises à vingt seulement pour la ville et les faubourgs de Paris.

Le nom de tailleur se donnait plus particulièrement

aux graveurs sur acier. Les tailleurs pouvaient graver des médailles et des jetons, chose défendue aux graveurs, s*ils n'étaient en même temps tailleurs. Toute infraction à cette règle était réputée crime de faux monnayage. Un usage constant était de donner beaucoup de relief aux médailles, un moindre aux monnaies et un plus petit encore aux jetons. Cependant, si quelques-uns de ces derniers offrent un beau dessin et un relief très satisfaisant, cela tient à ce que, quand Henri IH défendit, en 1 585, de se servir de la fabrication au moulin, il se réserva ce moyen pour les pièces de plaisir et les jetons. Rien ne limitait le nombre de coups pour les obtenir. En outre, les graveurs pouvaient surveiller la préparation des flans et les enfermer dans une virole. Ajoutons à cela que deux arrêts de la cour des monnaies, en date des 18 février et 10 mars de Tannée 1672, portent défense de fabriquer des jetons ailleurs qu'au balancier du Louvre. Ils contiennent des dispositions sévères et défendent l'entrée dans le royaume des jetons de fabrique étrangère.

Un édit du mois de juin porte création d'un directeur du balancier du Louvre et d'un contrôleur et garde de la fabrication des jetons.

Il est vrai que les fabriques de jetons étrangers se sont peu inquiétées du dernier article de l'arrêt de 1672, et la France continua à se trouver inondée de contrefaçons de jetoirs, de grotesques imitations de jetons historiques et de nombre d'autres pièces. Nuremberg tenait à son commerce; ses ouvriers, produi-

sant beaucoup, voulaient un écoulement et, pour cela, comme nous l'avons dit plus haut, il fallait du bon marché. Dès-lors le graveur laissait errer son burin et surchargeait la légende de lettres inutiles quand le cercle n'était pas rempli.

En Allemagne, peu de produits sont anonymes.

Ainsi, on trouve communément les noms de Schultes et de Kravwinckel (|ui semblent avoir appartenu à de Téconds artistes ou à de puissants fondeurs. La signature du premier se lit sur de vieux jetoirs, au revers semé de fleurs-de-lis sans nombre; celle du second se voit sur d'anciens pfenings de Nuremberg. Il n'est pas étonnant que l'orthographe n'ait pas été toujours correcte sur les nombreuses pièces qui forment la série du seizième siècle, car bien des mots faciles à écrire et qu'ils connaissaient parfaitement ont été défigurés par les graveurs étrangers, au point d'en rendre le sens très diflicile à saisir. Sur un jetoir de 1553, fteorge Scbultes est écrit : iogr shlltes.

Le revers est le même que le suivant de Er.iniv.s

kravwinckel; on remarquera que le différent de la

légende est une paire de lunettes, ce qui porte à croire 'Wciiin.v )!«-=/,.;,

que le fabricant était en même temps opticien.

Les prénoms de cette vieille famille nurembergeoise sont Hans et Egidius; ses initiales se retrouvent sur -

des jetons de Charles-Quint. '• ' •■"" )'■'■

Sckulles reparaît sous Henri II; Lazarm Gothlieb. Matheus, Ulrich Horavex. Johann. Jacob. Dietzel. rivalisent à la même époque.

Chilianm ou Kilianus Cocum ou Kochym frappe sous Henri III. h^T

Hatis Laufer. dont nous avons vu un ancêtre sous * fh»^" yr..y,'i. Chartes-Quint, est le grand fabricant sous Louis XIII.

C;ti>iTAS. SPRS. FIDBB. — H. L. (Hans Laufer.

Chrétien Maler, graveur privilégié par l'empereur, commença à être célèbre en <648.

Lazarus Gothlieb Laufer fut monnayeur à Nuremberg et du Cercle de Franconie à partir de 1670.

Volf, Cornélius, Conrad et Hoger suffisent à peine à la reproduction des événements mémorables du siècle de Louis XIV. Sa renommée s'étend partout

jniftg. f,W,iiJ<v*rtv

Joh. Fried. Weidinger. qui avait paru sous le règne [irécédent, brille du temps de Louis XV.

Lauer ei Beich retracent les tristes événements du régne de Louis XVL

Le premier nous a encore donné le jeton du coiilonneinentde l'empereur.

Le dernier [Jean Chrétien), né en 1730, se fixa à Fiirt prés Nuremberg, en < 758, et y établit une fabrique d'ouvrages divers en cuivre. Il frappa un grand nombre de jetons et mérita, par ses connaissances et sa fortune justement acquise, une haute considération. Il fut nommé graveur de la cour de Prusse et mourut en 181i. C'était un de ces hommes comme il s'en rencontre dans les circonstances difficiles; son art était en décadence, l'usage des jeloirs allait en s' affaiblissant pour cesser bientôt; on ne voyait plus sur Vabaque se dessiner les traits historiques : Reich sut continuer à les populariser en les reproduisant sur L\fS pièces destinées à d'autres usagep.. .

Au temps où les corporations de monnoyers étaient \/ fortement constituées, on les distinguait en monnoyers du serment de l'Empire et en monnoyers du serment de France, Elles possédaient de nombreux privilèges et, entre autres, celui de Texemption de péages. Leurs membres, pour se faire reconnaître, portaient une médaille où se lisaient ces mots : Péagers, pontonniers, laissez passer les monnoyers.

Cet usage fut adopté dans le cours du seizième v siècle par plusieurs corporations de monnoyers du serment de l'Empire, notamment par celle des monnoyers de Trévoux (1576).

Nous connaissons un jeton de Rouen portant les ^ instruments de l'état, surmontés d'une étoile et d'une conronne royale, avec la Tégende :

BAHRIES. PEA6..

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