‹ Manuel de l'amateur de jetonsChapitre 54 sur 102 · PREMIÈRE PÉRIODE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PÉRIODE

placé au-dessus du symbole de l'uDion. deux mains jointes sur l'arche d'alliance. La foi traditionnelle sera viclorieuse : victrici»fidei. — 1591.

Les royalistes, du haut du rocher de Semur, dans le but de faire croire à leur puissance, voulurent se donner un jeton d'Etats. Le 5 septembre 1 592, MM. de Cypierre, Fiot, Filzjean, Brocard et Humbert, étant réunis à Semur, dans la maison et sous la présidence de M. de Crespy, décidèrent qu'on ferait 800 jetons d'argent et 1,200 de cuivre. Nul ne pourrait dire si cette décision reçut son exécution, mais le dessin de la pièce est resté dans te registre de leurs délibérations.

IVHATA. HANVS. PHO. REGB. DKOQVE. — 1593.

Trois mains jointes placées sur un autel jurent de servir Dieu, le roi et la patrie. A droite, le roi couronné, couvert du mantean fleurdelisé et tenant le sceptre; à gauche, la patrie avec couronne murale et une palme à la main; au-dessus brille le tétragrammaton hébreu.

La guerre civile était finie, mais les excès avaient été terribles, les temps bien durs. L'espérance semblait renaître, on du moins le premier jeton du dixseptième siècle l'annonce.

aSCLI. «BUORIS. OHino. — 1600.

Le roi de France et de Navarre, assis les pieds sur des trophées, tient le sceptre et des branches d'olivier de la main droite ; de la gauche il soutient une borloge, et le Temps armé de sa faulx, placé en face, indique l'heure sur le cadran.

Le jeton de f600, tiré à mille exemplaires, fut mis en dix bourses de velours destinées aux trois Elus des Etats, au vicomte Maieur de Dijon, aux députés de la chambre des comptes, à l'Elu du roi et aux deux greffiers. Celle qui restait fut partagée entre les procureurs-syndics qui eurent chacun cinquante jetons.

Marie de Valois était stérile, et la couronne avait besoin d'un héritier pour assurer le repos public. Il fallut en venir à une dissolution de mariage «n <599, et le 27 septembre 1601, Henri IV eut de Marie de Médicis On fils qui devint Louis XIII. Les Etats ne pouvaient mieux faire que de consacrer sur leur jeton cet heureux événement.

PREMrÈRE PÉRIODE.

La ftoQi^ogne est représentée par un vaisseau sur une mer encore agitée, mais son grand mât s'élève entre deux étoiles (le roi et la reine), tandis qu'un dauphin couronné s'appuie sur l'ancre de sécurité.

L'assemblée fut ouverte par le duc de Biron qui conspirait en secret, et lorsqu'il eut été décapité, le Dauphin devint gouverneur. L'enthousiasme ne connut plus de bornes. Henri IV, sous les traits de Jupiter Olympien, trônait dajis un ciel fleurdelisé.

ET- 31. QVID. VLTBA. — 1605.

L'aigle qui soutenait le monarque aspirait à l'élever pius haut s'il était possible.

Au-dessous de lui, an cœur enflammé posé sur la table de la Chambre provinciale, recouverte d'un taftis semé de fleurs-de-lis et de dauphios, pour rappeler

que le gouverneur de Bourgogne, est Mgr le fUs du Roi,

Gaston d'Orléans naquit après; les espérances se consolidaient.

GALLIARVM SECVRItAS. •— 1609.

Ce jeton, frappé la deuxième année de la triennalité, offre un personnage tenant par la main les detix enfantH de France.

La réunion suivante se fit au mois d'août 1611, et la même année parut cette pièce :

HIC. TOTVM. HVNC. TOTVS. RESPICIT. ORBIS. — 1611.

Il regarde le monde tout entier et tout le monde a les regards fixés sur lui (le jeune roi). Les trois personnages que Ton remarque debout dans la ville aux clochers sont les trois représentants des Ordres qui

PAËHIËRE PÉRIODE. ill

avaient coutume, à chaque triennalité, d'aller en cour contempler le soleil.

Louis XIII est déclaré majeur, et la Bourgogne, qui venait de tenir ses Etats triennaux, reprend la devise de 1580.

B9IT. ARTS. RBGBNTIS.'— 1614.

Mais cette fois ta province n'est pas. représentée sous la ligure d'un homme qui tient la bourse et suit Mercure ; c'est un vaisseau aux voiles carguées reconnaissant gracieusement qu'il lui faut un pilote.

A la suite des discordes de la Régence, Marie de Médicis avait été reléguée à Blois; un an après l'ouverture des Etats de 1 61 8, la reine-mère sortit de prison et se réconcilia avec la cour par la médiation de Richelieu.

Les rayons du soleil acquièrent une intensité plus grande en traversant une glace; leur action combinée produit un effet qu'ils n'auraient pu obtenir isolément.

Par suite de nouveaux embarras, il y eut une convocation extraordinaire, puis la session ordinaire, et ce n'est qu'un an plus tard que parut le jeton rappelant l'union intime qui doit exister entre l'autorité et les provinces.

EDVCiT. IHBBH. — 1633.

Le lis est la couronne de France qui ne peut se soutenir sans le concours simultané du soleil, c'est-à-dire du roi, et de la rosée, autrement dit de l'appui généreux des provinces.

Le type de la première période disparaît sur le jeton Trappe l'année qui suivit la réunion de 1636. Plusieurs raisons se présentent, mais c'est à la misère du temps qu'il faut s'arrêter. La guerre à l'extérieur, des menées à l'intérieur portaient la dépense à un chiffre double de celui de la recette. Les ravages des troupes en Bourgogne étaient immenses, et les Etats furent spécialement convoqués « afin que, par l'advis commun des trois Ordres, on proposât les moyens d'empêcher les violences des gens de guerre et autres foules dont le peuple avoit été jusqu'alors affligé. »

L'établissement de la Cour dcx aides augmentait

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