‹ Manuel de l'anatomiste, ou traité méthodique et raisonné sur la manière de préparer toutes les parties de l'anatomie, suivie d'une description complète de ces mêmes partiesChapitre 194 sur 281 · DES ORGANES ENCÉPHALIQUES ET DE CEUX DES SENS · texte numérisé non relu

DES ORGANES ENCÉPHALIQUES ET DE CEUX DES SENS

Considérations générales.

Pi Tci commencé l’étude des organes de la vie animale ; extérieure ôu de relation : les fonetions qui en dépendent se trouvent plu:

ou moins sous Pempire de la volonté; et nous pouvons, jusqu’à un certain point , en augmenter ou en np a notre gré l’énergie.

Ces organes, qui appartiennent aux fonctions intellestuelles, et qui président aux sens, peuvent être considérés sous deux points de vue. Les premiers sont renfermés dans des cavités osseuses , quiles dérobent absolument à la vues; les seconds, en partie cachés, comme les premiers, sont cependant en partie faciles à aperce- “cevoir. Les organes internes sont l’encéphale ou le cerveau, qui se divise en cerveau proprement dit, en cervelet et en moelle allongée. Les organes externes sont ceux de la vue, de l’ouie, de Podorat, du goût et du toucher, auxquels on donne encore le nom de sens. On ne peut trop admirer la prévoyance de la nature dans la distribution qu’elle a faite des organes sensoriaux; en effet le plus précieux de ces organes est renfermé dans une cavité dont les parois , très-solides, le mettent à l’abri de l’action des agens extérieurs. Ne recevant que d’insensibles commotions, il peut, sans trouble et sans efforts, remplir ses merveilleuses fonctions. On prétend qu’elles sont d'autant plus étendues , que la masse du cerveau est plus considérable. Cette opinion a des partisans trèscélèbres ; cependant il y tant de faits particuliers qui semblent porter atteinte à ce principe général, qu’on ne peut l’admettre dans toute sa plénitude. Il est une vérité incontestable , c’est que le cerveau décroît dans tous les animaux , à mesure que , par leur conformation , ils s’éloignent de celle de l’homme. Mais le dégré de leur intelligence est loin d’être en rapport avec le voleme de leur masse cérébrale ; d’où on peut conclure que les brillantes considérations des physiologistes modernes, sur le développement de l’arigle facial, pourraient bien n’avoir aucun but réel , au moin$ pour ce qui regarde les animaux.

L'homme seul possède , à un haut degré de perfection , les organes des sens , dont il augmente encore l’étendue par les moyens que son intelligence lui suggère. Chez lui, l'organe de la vue est placé à la partie la plus élevée de son corps; ceux de l’odorat ct du goût en sont peu éloignés; l’audition seule se trouve sur les parties latérales de la tête ; mais cette circonstance , loin d’en &i-

minuer l'énergie ou Péteudue, semble , au contraire, remplir 2%,

d’une manière plus parfaite les vues de la nature. Le toucher seul! répandu sur toute la surface extérieure du corps, est porté a dernier degré de perfection à la partie interne de la main ,etè l'extrémité des doigts. C’est le toucher qui rectifie les erreurs dé tous les autres sens, de la vue sur-tout ) Qui, apercevant les corp: environnans à de trés-graudes distances, ne peut juger ni de leur forme exacte, ni de leur densité, ni de quelques autres attributs. dont le toucher seul nous donne la connaissance. Il est vrai que ce sens ne peut s'exercer avec succès que sur la forme extérieure des corps , dont il détermine, il est vrai, les dimensions avec la plus grande exactitude ; mais quand il s’agit de connaitre l’intime composition de ces corps , de juger de leur odeur , de leur saveur, le toucher devient ul : c'est aux sens de l’odorat et du goût, qu’on peut regarder comme des espèces de touchers particuliers, à nous révéler ces propriétés.

Le cerveau , ainsi que le cœur , donne naissance à des prolongemens qui, distribués dans toutes les parties du corps, sont comme les exécuteurs de ses ordres , et rapportent, avec la rapidité de l'éclair , vers le centre commun, les sensations que les corps enyironnans font naître à l'extérieur de l'individu. Ces prolongemens, appelés nerfs, ne sont point de deux espèces, comme céla a lieu pour les vaisseaux sanguins ; mais ils sont également susceptibles de transmettre le sentiment, et de servir aux sen sations. Leur origine est dans le cerveau, et leurs irradiations sur les organes des sens. Cependant, malgré l’ordre de cette distribution , nous ne nous occuperons ici que de l'organe encéphalique et des organes des sens , laissant l’exposition des ners après celle des vaisseaux sanguins. Ceite marche, d’uilleurs, est celle de tous Les anatomistes , et l’étude ne permet point d’en suivre une autre. Sans rejeter absolument les idées du docteur Gall , sur la distribution des nerfs, je n’ai pas cru devoir les adopter dans cet

ouvrage.

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