‹ Manuel de l'antiquité slave (volume 2)Chapitre 14 sur 90 · LA MALADIE ET LA MORT · texte numérisé non relu

LA MALADIE ET LA MORT

Il faut dire d'ailleurs que la plupart du temps les soins étaient donnés par de vieilles sorcières appelées volchvy, dont nous parlerons en détail plus loin, au chapitre VI.

Les Slaves païens tuaient les vieillards incapables de travailler. Ils ne faisaient en cela qu'observer là une coutume indo-européenne répandue chez leurs voisins, Prussiens, Germains, Iraniens (Scythes et Massagètes) ' ; cette coutume a laissé parmi eux des survivances tenaces : ainsi nous avons une ordonnance du duc Otton qui, en 1328, défendait aux Drévanes polabes le meurtre de leurs vieux parents 2 ; en Serbie l'on tuait les vieillards à une époque qui n'est pas encore bien éloignée, et cet usage y portait le nom de jiailOT 3.

Par ailleurs le Slave allait tranquillement au devant de la mort, surtout à la guerre. Lorsque, en 593, le général grec Priskos attaqua les Slaves, ceux-ci manifestèrent, comme dans une sorte d'extase, leur impatience de la mort 4. Il n'en faudrait pas conclure, cela va de soi, que le guerrier slave ne s'efforçât pas, tout comme un autre, de revenir sain et sauf. Nous savons au contraire, par le témoignage de Prokopios, que c'est à cette fin qu'on sacrifiait aux dieux avant le combat 5.

1 Ziv. star. Slov., I, p. 221 .

2 Texte chez A. Meitzen, Siedelung, II, p. 484.

3 Voir là-dessus l'étude de S. Trojanovic, Jlanot h npoKJieTije y Cp6a, Beorpaa, 1898. Voir aussi la tradition russe dans Ziv. star. Slov., I, p. 222, et un article de Zen. Kuzelja dans ETHorp. 36ipHiiK, 1912, pp. 31-32.

4 Theophylaktos, VI, 8. Voir aussi Rosteh (éd. Chwolson, p. 31) et Kardîzî (éd. Bartold, p. 123).

5 Prokopios, III, 14.

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