CHAPITRE IV
Les vêtements et la parure.
Avant la période historique, les Slaves, surtout les gens du peuple, avaient un vêtement d'une extrême simplicité. Beaucoup d'entre eux, en effet, vivaient à l'écart des grandes voies commerciales, et les autres n'étaient pas assez riches pour acheter aux marchands, qui depuis des milliers d'années traversaient l'Europe centrale, les produits de l'Orient et du Midi : perles, étoffes de prix, vêtements tout faits. Us s'habillaient donc d'étoffes tissées à la maison et, par suite, très imparfaites tant du point de vue technique que du point de vue artistique.
C'est seulement à partir de 1ère chrétienne que cet état de choses se modifia. L'Europe centrale, depuis l'époque romaine jusqu'à la fin du paganisme, avait connu de nombreux changements de mode, non seulement dans le caractère des bijoux, mais aussi dans celui du vêtement tout entier ; vers la fin de l'époque païenne, sous des influences étrangères, surtout gréco -romaines et orientales, elle admettait un certain bariolage dans le costume et la parure, bariolage qui gagnait jusqu'à l'Europe septentrionale elle-même. Les Slaves entraient ainsi dans la communauté chrétienne avec une riche garde -robe, si l'on peut dire, avec une garde-robe beaucoup plus riche en tous cas et beaucoup plus ornementée qu'au temps où ils formaient encore une unité. Il va de soi d'ailleurs que cette garde-robe, surtout dans les classes libres et aisées, contenait beaucoup d'éléments étrangers, ainsi que nous allons le constater.
Les étoffes.
La matière première essentielle du vêtement, en tout pays, était, à l'origine, une peau de bête dûment préparée. Cette matière première resta en faveur partout où a nature exigeait un vêtement à l'épreuve du froid, notamment dans les régions le plus à l'Est de l'Europe centrale ;