‹ Manuel de l'antiquité slave (volume 2)Chapitre 23 sur 90 · LA COIFFURE · texte numérisé non relu

LA COIFFURE

tions de la Sainte Ecriture et chez le Bulgare Jean l'Exarque ' ; le second, skprnja, dont la diffusion chez tous les Slaves atteste l'antiquité. Nous voyons ces bottes figurer dans les plus anciens portraits des princes russes des XIe et XIIe siècles, et l'on en rencontre aussi dans les trouvailles archéologiques de la même époque 2. Ce genre de chaussure me paraît avoir été emprunté aux nomades orientaux, notamment les bottes de cuir vert ou rouge.

Le soulier ne protégeait que le pied ; il se complétait par des bandes ou des courroies qui s'enroulaient autour du mollet. Saint Venceslas en est muni dans le manuscrit de Wolfenbiïttel, où il est représenté en guerrier à cheval avec des éperons 3. Les bas de laine sont attestés par les découvertes des tombes du XIIe siècle, et le kppytce (KonbiTBiie) des sources russes du XIe siècle est vraisemblablement un bas qui montait jusqu au dessous du genou .

La coiffure.

C'était certainement une très ancienne habitude chez les Slaves de condition libre de porter les cheveux longs, rabattus sur les tempes, comme nous les voyons chez les personnages du manuscrit de Wolfenbùttel ou sur les fresques de la chapelle de Znojmo. Si, vers la fin de l'époque païenne, des précisions différentes nous sont données sur les Slaves de l'île de Rujana et sur les Moraves, c'est que des influences étrangères avaient agi sur ces derniers. Les habitants de Rujana avaient la figure rasée et les cheveux tondus ; les Moraves se rasaient complètement selon la coutume des Magyars ; un document l'affirme explicitement5. Par ailleurs, les cheveux tondus furent longtemps chez les Slaves le signe de la servitude, et le fait de couper à quelqu'un les cheveux ou la barbe était puni comme un crime ".

1 Ziv. star. Slov., I, p. 489 (pour traduire le grec ôitoSïjfia).

2 Dans les comptes rendus archéologiques il est souvent fait mention de restes de chaussures trouvés dans les sépultures, mais il est souvent difficile d'identifier de quel genre de chaussures il s'agit. A Sargorod on a trouvé des escarpins de cuir et des souliers rendus, ailleurs des bottines ou bottes entières, cousues, avec bout relevé en haut et une couture sur la semelle ou sur le côté (Ziv. star. Slov., I, pp. 491-492).

3 Voir la planche I, en tête du livre. * Voir Ziv. star. Slov., I, p. 493.

° Saxo Gramm., éd. Holder, p. 565 ; lettre de l'archevêque Theotmar de l'an 900 (Friedrich, Cod. dipl. Bohem., I, p. 32). Pour la Hongrie, voir aussi Luitprand, M. G., Script.,*M, p. 351.

6 Voir Ziv. star. Slov., I, p. 495.

Le prince russe Svjatoslav, cependant, fait exception à la coutume, car, d'après la description que donne de lui Léon le Diacre (IX, 11), il avait la figure et la tête rasées, sauf une seule mèche qui lui tombait sur la tempe et d'épaisses moustaches. Le port de nattes tressées, si fréquent chez les peuples ouralo-altaïques (par exemple chez les Awars, les Mongols, les Magyars), n'est pas attesté chez les Slaves ; si ce type de coiffure masculine se constate aujourd'hui chez quelques-uns d'entre eux, il faut l'attribuer, à n'en pas douter, à des influences étrangères 1 ; il n'est d'usage

ancien et normal que chez les jeunes filles, ainsi qu'on le verra plus loin.

La barbe, pour autant que nous pouvons en suivre l'histoire, n'avait pas une coupe uniforme. Ainsi nous lisons que les Slaves de Russie se rasaient la ^barbe ou bien la tressaient en nattes. Svjatoslav portait des moustaches, comme en ont aussi certains princes sur les monnaies les plus anciennes, alors que les auties princes des miniatures russes apparaissent avec toute leur barbe. Les Tchèques, suivant les plus vieilles légendes, portaient également la barbe, mais les miniatures du manuscrit de Wolfenbuttel nous présentent des personnages à moustache à côté de Venceslas qui a toute la barbe. Il en est de même pour les fresques de Znojmo (scène de Premysl). Les Slaves baltiques de Rujana se rasaient, et, seul, le grand-prêtre de Svantovit portait de longs cheveux et une longue barbe2. Il n'y avait donc pas une règle unique en cette matière, mais le port de la barbe, que l'on appelait brada, ou tout au moins de la moustache, était sans nul doute le plus communément répandu avant le XIe siècle. Les hommes portaient différentes sortes de bonnets dont, chez les Slaves de l'Ouest, nous pouvons classer les échantillons à partir du XIIIe siècle ;

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Fig. 20. — Slovaque de Detva aux nattes tressées.

1 Ce type de coiffure masculine est attesté pour les Awars et les Magyars ; les personnages figurant sur les pierres tombales d'origine turco-tatare nous montrent aussi les guerriers avec trois nattes flottantes. Voir Ziv. star. SIoo., I, p. 406.

2 2iv. star. Slov., I, p. 497.

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