‹ Manuel de l'antiquité slave (volume 2)Chapitre 67 sur 90 · SCULPTURE · texte numérisé non relu

SCULPTURE

Fig. 129. — Baby en pierre turco-tatares : 1, 2, 5. District de Semirëqe ; 3. Turkestan ; 4, Kobdo ; 6, Strozevaja au Caucase ; 7. Vërnyj ; 8. Ba chmut ; 9. baba trouvé à la frontière des gouvernements de Cherson et d'Ekaterinoslav.

L ART, L ECRITURE ET AUTRES CONNAISSANCES

ont émis l'opinion que toutes ces prétendues statues slaves n'étaient que des monuments dus aux nomades turco-tatars qui auraient pénétré profondément à l'intérieur des pays slaves jusqu'à la mer Baltique. On sait que certains nomades de la Russie du Sud ont laissé après eux, dans ce pays, puis dans le Turkestan et en Sibérie, une longue série de pierres tombales appelées autrefois en Sibérie balbal, terme qui a probablement chez les Russes donné naissance à la dénomination populaire de KaMenHaa 6a6a 1. C'est à ces statues de pierre que Demetrykiewicz et Briïckner croient pouvoir ramener toute la sculpture « slave » ancienne.

Je ne méconnais nullement le sérieux de l'hypothèse de Demetrykiewicz, mais ne puis m'y rallier. Les monuments en litige sont les suivants : une colonne trouvée dans la rivière Zbruc et qui portait auparavant le nom de Svantovit (à présent dans les collections de l'Académie de Cracovie), la colonne de Holzgerlingen, les stèles de Bamberg, celle d'Aïtenkirchen à Rujana et quelques figures de petite taille et grossièrement taillées dans la pierre provenant de Prusse occidentale, des environs de Gdansk (Dant-

zig) 2. Le piédestal de la croix de Lopusna, près de Rohatyn, paraît être un restant d'idole païenne brisée et transformée en croix, car la statue originale avait quatre pieds et était par conséquent double 3. Il existe encore

Fig. 130. — Relief d'Altenkirchen à Rujana (d'après Weigel).

ner, Kwartalnik histor., XIII, 85; Encyclopedya pohka, IV, 2, 166. V.-J. Mansikka leur a fait écho (Religion der Oslslaven, Helsingfors, 1922, I, p. 9).

1 La bibliographie concernant ces monuments est considérable, mais elle n'a été réunie qu en 1871 par le comte Al. Uvarov dans son travail Ciita'1'.niii o i;a.M. baGaxi. (Tpy u>i I apx. ri.l.3,ui, II, p. 501), reproduit dans le Recueil des travaux du comte Uvarov (Moscou, 1910, II, p. 200). Les articles parus ensuite se trouvent éparpillés dans de nombreux recueils et revues, et je ne sache pas qu'on les ait réunis récemment. Voir la bibliographie dans Ziv. star. Slov., III, p. 654, et un résumé détaillé des conclusions.

2 Là-dessus, voir plus haut, pp. 1 53, 1 57, et Ziv. star. Slov., II, p. 199, III, p. 659.

3 Wiadomoéci archeologiczne, VI (1921), p. 98.

Page 1