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IV. Les Slaves en Grèce

JLes principales expéditions des Slaves en Grèce, accompagnées d'un mouvement de colonisation, commencèrent en 578 et prirent fin après l'avènement de l'empereur Hôraclius, car alors,'ainsi que l'indique Isidore {Chtvn., A4:): « Sclavi Graeciam Romanis tulerunt». Cette occupation de la Grèce par les Slaves était forte : ce n'étaient pas quelques milliers d'hommes dans une région qui eussent suffi à dominer de loin toute la Grèce, comme le faisaient les Bulgares à l'est et au centre des Balkans. Les Slaves se sont établis dans toute la Grèce et

' Telle était aussi l'ancienne théorie de Stojan Novakovic qui voyait dans les Macédoniens les < Slaves > {Slovëne) proprement dits, les distinguant et des Serbes venus plus tard et des Antes dont sont issus les Bulgares (HpBU ochobii . . .), pp. 89-98).

' Voir ci-dessus, p. 97,

« Voir Slov. liât-, II, p. 434.

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même jusque dans l'Archipel, et cela dans certaines régions de manière si dense que des relations historiques ultérieures en parlaient comme de pays slaves. Déjà l'abbé Jean Biclarien, à la fin du VI® siècle, écrivait: « Sclaveni partes Graeciae atque Pannoniae occupant^». Cette occupation est confirmée par Jean d'Ephèse, en 5842, par la Chronique de Monembasie et par la lettre synodale du patriarche Nicolas in^ Dans les années 723-728, l'évêque Wilibald, qui voyageait de Syracuse en Terre Sainte et s'arrêta en Monembasie, qualifiait le lieu de cette halte de pays slave*. Et, au X« siècle encore, alors que la Grèce était reconquise par l'eurpire byzantin, l'empereur Constantin lui-même écrivait à propos de la Grèce : « ècr9Xapdj6ri nacra x] x^pa Kal yéTove pdpPapoç » ; et l'épitomator de Strabon ajoutait peu après: « Kai vûv èè TTÔcrav "HîTeipov xal 'EWdba ax^bov Kai TTeXoiTÔvvrio"ov Kai MaKebovîav ZKuSai XKXdpoi véfioviai^». C'est pourquoi l'appellation d'"E\\abiK0Î était entrée dans l'usage à la place de celle d'"E\XriveÇ-

La domination des Slaves en Grèce, d'après la relation ci-dessus mentionnée du patriarche Nicolas III, aurait duré 218 années avant la victoire grecque de Patras (805-807), et cela avec une rigueur telle que pas un Eomain ne pouvait y paraître. Ce n'est qu'à la fin du YIII« siècle que la situation se modifia: tout d'abord, au Nord, par l'expédition victorieuse de Staurakis contre les Slaves en Hellas même et aux alentours de Salonique (783); puis, en 847-849, par la prise de presque toute la Morée sous Michel III et enfin, en 940, par la soumission des deux dernières tribus libres des Milingues et des lézérites^.

Nous n'avons que peu de données historiques sur l'étendue du mouvement de la colonisation slave en Grèce. La force s'en reconnaît surtout à l'abondance des noms de lieux slaves et à l'influence linguistique du slave sur le grec. On ne connaît, comme historiquement attestées, qu,e les tribus slaves suivantes: les Vaïoiinites (BaiouvfÎTai, Leg Dem.), dont l'habitat n'est pas exactement connu, mais peut être

* Joan Biclar., éd. Mommsen, 212.

* Jean d'Ephèse, VI, 25; voir aussi la Chronique de Michel le Syrien, X, 18, et celle de Barhebraeus (éd. Bruns, II, 94).

' Vasiljev, BiiaaHTiËCKiM EpeMenHiiKt, I, pp. 411, G37. •' Vtta Wilibaldi ep. {M. G., Scrijriores, XV, p. 9.-^).

'' Constantin, De thematibus, II, 6; Epit. Strab., Miilhr, Geogr. gr. min., II, p. 674

* Theophanes, éd. Boor, 456; Constantin Porphyrogénète, De adm imp., -id,."/'

localisé le plus vraisemblablement en Épire, au nord de la baie d'Arta, dans la Vagénétie ultérieure des XI^-XIYe siècles ^ ; puis les Yélégézites (BeXe-feZifiTai, Leg Dem.\ établis en Thessalie, sur le golfe de Yolo, près des villes anciennes de Thèbes et de Démétrias ^ ; enfin, en Morée, sur les deux versants du Tavgète, les Milingues et les lézérites (MiXriYTOî, 'ElepÎTai)^, les premiers étant établis sur le versant ouest, les seconds sur le versant est, dans une région appelée Helos (oii il y a encore un village à^Ezeron). C'est là que les signale aussi la Yie de Saint- Nikon, composée vers 1142. L'histoire ne connaît pas d'autres tribus slaves en Grèce ^; mais nous savons qu'il y avait des éléments slaves ailleurs encore (en Arcadie dans les régions de Skorta, de Gardilivos, entre Sparte et le Taygète, de Zarnata, au sud de Kalamata, de Yatika, près du cap Malé). On trouve en outre par toute la Grèce quantité de vestiges slaves conservés dans les noms de lieux, et la langue grecque elle-même témoigne assez des influences slaves qu'elle a subies -^ Dans l'Archipel la présence des Slaves est attestée surtout en Crète, dans la presqu'île d'Eubée, à Samothrace et à Thasos, mais elle est vraisemblable

' Sur les autres localisations possibles, voir Slov. star., Il, p. 438. La force de l'élément slave en Épire est surtout mise en lumière par P. Aravantino (Xpovofpctqjîa Tfiç 'Hireîpou, Athènes, 1857, II, p. 313), qui a trouvé 717 noms slaves, sur 1539 noms de lieux, en particulier dans le district d'Avlona (sur 619 noms, 334 slaves). Voir l'ouvrage précité de Makusev (p. 107).

- Les sources des Xlle et XlIIe siècles appellent cette contrée Belegezitia, et c'est à elle aussi que doit probablement se rapporter l'appellation de Belzitia, attestée au Ville siècle (voir p. 107).

•'' Constantin Porphyrogénète, De adm. imp.. 50.

* Nous n'avons pas d'arguments suffisants pour considérer les Maïnotes, Maniâtes (MavidTai) voisins, non plus que les Tsakones (TMKUJveç), établis entre le Parnon et le golfe d'Argos, comme d'anciennes tribus slaves. Mais il eat vrai que des Slaves ont habité autrefois dans ces régions. On lit encore dans le traité de Venise de 1485 : < ad partes Zachonie sive Sclavonie > (\''asiljev, op. cit., 438).

^ La nomenclature topographique n'a malheureusement pas encore été suffisamment étudiée à ce point de vue. On peut consulter du moins les travaux d'A. Hilferding (articles de la PyccKafi Bect^a, 1859, IV, et l'ouvrage intitulé IlcTopia CepôOBt n Bo-irap-L, Coôp. cow.. I, 281), d'Arn. Cervesato (dans le Pensiero ital , 1896, fasc. 47-48) et de J. Vareka (sur «les noms slaves dans la topographie de la Grèce moderne > (Programme du gymnase de Bndëjovice, 1902). Pour ce qui concerne les éléments slaves dans la langue grecque, voir surtout le travail ancien de Miklosich {Denkschriften de l'Académie de Vienne, Phil. hist. Classe, 1870, LXIII) et les études récentes de M. Vasmer (rpeKo-c.7aB. 3Tio;i,bi, I-II, dans les HsB. ot;i,. pyccK. as. m cnoB., 1906-1907). Voir aussi Slov. star., II, p. 441.

aussi à Corfou, à Samos, à Tenos, à Aegine, à Métana, à Zante et à Leucas^

Malgré l'iDstallation de ces éléments slaves en Grèce, dans certaines régions du nord et du sud^ il ne serait pas exact d'en conclure que les Grecs modernes sont des Slaves grécisés. Cette vieille théorie .de Fallmeraver, résumée dans la phrase connue : « Das Geschlecht der alten Griechen ist ausgerottet in Europa», est évidemment injustifiée ou, tout au moins, plus qu'exagérée 2. Il suffit pour la réfuter de constater que, aussitôt que la domination byzantine a été restaurée en Grèce, le pouvoir étant rendu à l'élément autochtone, il s'est produit une rapide dénationalisation des Slaves qui a abouti à leur complète disparition. Il est instructif de comparer à cet égard la situation en Macédoine et en Grèce. En Macédoine aussi, par la suite, la suprématie de la langue et de la civilisation grecques a tendu à s'affirmer à nouveau, mais sans que le pays, à l'encontre de la Grèce, cessât d'être slave. C'est qu'en Grèce apparemment les anciens habitants autochtones étaient demeurés établis dans une mesure suffisante pour pouvoir prendre le dessus sur les Slaves, comme ils l'ont fait précisément. On ne saurait donc parler, dans ces conditions, de la disparition de l'élément grec ancien.

Que les Slaves qui ont occupé la Grèce fussent, dans leur grand majorité, de ceux qui s'étaient établis au centre et dans la partie orientale des Balkans, les procédés d'occupation, les routes suivies, les noms de lieux enfin le démontrent assez 2.

Les Slaves du nord-ouest des Balkans n'ont participé à cette occupation que dans une mesure moindre; mais on trouve dans diverses régions de la Grèce des vestiges évidents d'anciennes résidences serbes et même croates"^.

Au nord même du Danube moyen et inférieur, dans la Hongrie, la Transylvanie et la Yalachie actuelles, il était resté une portion im-

' Voir Iv. SiSmanov, C.iaB. ce.iuma bt. KpiiTb . . ., Co(|)Iih, 1897.

'■^ J. Fallmerayer, Geschichte der Halbinsel Morea (Stuttgart, 1830), Die Entstehung der heutigen Griechen (Stuttgart, 1835), Das slavische Elément in Griechenland {Fragnx. aus dem Orient, 1845, II). • ^ Voir Slov. star., II, p. 446.

■* Voir ci-dessus, pp. 93, 97, et Sîov. star., II, p. 445 : Lavrov a découvert une série de serbismes parmi les noms de lieux.

portante des Slaves du Sud qui y avait élu domicile. Nous ne savons d'eux que fort peu de choses, mais assez cependant pour les rattacher aux Slaves établis dans la partie orientale de la péninsule. On leur donne le nom de Slaves de Dacie parce qu'ils occupaient l'ancienne Dacie de Trajan. Miklosich et Kopitar voyaient jadis en eux une branche particulière des Slaves du Sud, plus voisine des Slovènes que des Bulgares ^ Mais nous savons aujourd'hui que cette vue n'est pas justifiée. Les Slaves installés en Dacie étaient, du point de vue linguistique et ethnographique, tout proches de ceux qui devinrent plus tard les Bulgares slaves, et ils avaient même avec ceux-ci des liens politiques.

Dès 631, les Bulgares turco-tatars s'efforcent de dominer les Awars en Hongrie 2, et l'on sait par diverses relations qu'à partir de la fin du VHP siècle leur empire atteignait jusqu'à la Hongrie du sud et même, à partir de 829, jusqu'à la Pannonie^ Aussi le Géographe bavarois indique les Bulgares [Vulgariï) comme voisins de l'empire bavarois, et Alfred situe le Pulgaraland dans le voisinage de la Carinthie^. La Vie de Saint-Naoum et la Conversio Bagoariorum, vers 836^, témoignent de même du voisinage des Bulgares avec la Pannonie. En 892, Arnulf demande aux Bulgares de ne pas donner aux Slaves de Moravie du sel des salines hongroises ^ On conçoit, dans ces conditions, que la Valachie, jusqu'au Prut, ait été bulgare et au pouvoir des Bulgares : c'est à elle que se rapporte, au IX^ siècle, l'appellation « BouXtapia ÈKeîGev toO "lo'Tpou Troiaiioû », c'est-à-dire «la Bulgarie de l'autre côté de l'Ister», par opposition à «la Bulgarie de rister> (« èvTÔç toû "iorpou » '').

La parenté des Slaves de ces régions avec les Slaves devenus plus tard les Bulgares ressort notamment des traits phonétiques distinctifs, à savoir st, zd et les nasales, qu'offrent certains noms de lieux.

' Voir plus haut, p. 75.

* Fredegar, IV, 72; Paulus, Rist. Lang., V, 29; Theophanes, éd. Boor, I,, 357; Nikephoros, 35.

^ Ann. regni Franc, années 827-829, et dénombrement des évèchés dans les bulles d'or de Basile (Gelzer, Byzantin. Zeitsclirift, II, p. 53).

* Racki, Doc, 382.

* Éd. Lavrov, p. 5; Conv. Bag., 10.

^ Ann. Fuld., année 892. Sur les anciennes salines de Hongrie voir Kocubinskîj, Tpy;TM iX-ro apxeo.ior. c'h'hsrs^a,, I, p. 14.

' Voir la série d'autres témoignages indiqués dans les Sloo. star., Il, p. 450.

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Ainsi les trois Pest, dont celle du comitat de Zvolen, en Slovaquie^, montrent assez, de par la forme même de leur nom (avec M), combien ces Slaves s'étaient étendus loin vers le nord, avant que les Slaves de l'Ouest (les Slovaques) et de l'Est (les Russes) n'eussent occupé cette partie de la Hongrie septentrionale, les uns et les autres arrivant de deux directions opposées. Certains mots magyars empruntés au slave gortent de même la marque ^"leur origine bulgare 2, Parmi les Slaves originellement établis en Transylvanie il y avait aussi des Bulgares^; mais les éléments bulgares qui se trouvaient encore là à la fin du XVin* siècle, à Gerged, à Bongârd et à Roszcsûr, n'étaient pas des restes des Slaves de Jordanis, mais des colonies ultérieures installées dans cette région au XIII^ siècle ^^ comme d'ailleurs les colonies bulgares actuelles du Banat (Vinga, près d'Arad, Besenov, près de Szeged, Brestë, près de Yrsac), qui sont postérieures. L'histoire ne nomme pas en Dacie d'anciennes tribus particulières. Le nom du comitat de Severin (à partir du XIII® siècle : terra Zemra, Zevrino, Sevrin, Zeverino) indique qu'il a pu y avoir là une tribu des Sêvériens, peut-être une partie de celle qui apparaît au VIII® siècle dans le Deli-Orman ; mais rien ne nous autorise même à supposer la présence de quelque autre tribu.

Les Slaves établis en Transylvanie et en Valachie se sont plus tard^~romanisés. Quand et dans quelles conditions, nous ne le savons pas. Je ne tiens pas pour juste l'opinion de certains historiens roumains, qui supposent l'abandon complet de ces territoires par les Slaves (ainsi Xenopol, Hasdeu, Jorga). Je crois qu'il y est resté bon nombre de Slaves qui se sont romanisés; ils devaient être, de toute évidence, en minorité par rapport aux Daco-Roumains ; sans quoi ils auraient slavisé la vieille population et dominé la contrée comme ils l'ont fait dans les Balkans. Quant à l'élément turco-tatar, il n'a pas dû

'■ Les trois Peët sont: Pe§t sur le Danube moyen, Peit près de Murân et PeSt sur le Bas-Danube, près d'IIok (cette dernière actuellement disparue). De l'autre côté du Danube, les formes de ce même nom sont slovéno-serbes, Kis-Pécz (Rab), Pécz (Szilagy), Pécs (dans la Baranya).

* Voir Slov. star., II, p. 452. Sur l'abondance des nasales dans les noms de lieux de la Hongrie septentrionale^ voir ibid., II, p. 454; ces nasales se sont

"aussi conservées, partiellement, chez les Slaves voisins, jusqu'au X® siècle. ^ Slov. star., Il, p. 454.

* Ibid., II, p. 453.

être important en Moldavie ni en Yalachie, bien que cependant il n'y soit pas resté sans influence^.

YI. Les Slaves en Asie^.

Il existe enfin un gronpe de Slaves du Sud, territorialement isolé de leur masse, hors d'Europe, en Asie Mineure. Ce groupe comprend les colonies, d'une part, de Bithynie, sur la mer de Marmara, et, d'autre part, de Cappadoce et de Syrie. Les colons en sont venus des Balkans, probablement de la partie orientale et byzantine, de la région de Salonique surtout; seul le nom de Gordoserha semble indiquer une origine serbe 3. La première relation de l'établissement des Slaves en Bithynie nous est donnée par le sceau des fédérés slaves de la région d'Opsikion, aux environs de 650. Ce sceau offre, autour de la tête de l'empereur, l'inscription (détériorée): «tuuv avèparcobov tujv ZKXaPoujv xriç BiGuvuuv eirapyjaç*». A ce témoignage s'ajoute celui des relations grecques concernant la colonisation des Slaves en Syrie, en 664 aux environs d'Apamée^, en 688 près de ISTicomédie, où il était arrivé quantité de Slaves venus de Salonique ^, en 762 sur la rivière Artana, en Bithynie, non loin du Bosphore l On trouve en outre une série de mentions relatives à cette colonisation dans les sources orientales, en particulier chez Michel le Syrien, à propos des villages d'Andak et de Guris {Antiochia, Cyrrhus, Chorus), près d'Antioche^.

C'est par ces sources grecques et orientales, et par quelques

* J. Peisker, Die Abkunft der Rumànen, Graz 1917 (extrait de la Zeitschrift des hist. Ver., XV).

* Voir surtout les travaux de VI. Lamanskij, 0 C.iaBaHax-b bt. Majiofl Asin (3an. II OTA- II.Mnep. AKa;],eMiii naynt, V, 1859), de B. Pancenko, naMHTHiiKt C.iaBHHt Bt BiieHHiii VII BtKa (IIsb. apxeoji. ITnCTiiTyTa KoHCTaHT., VIII, 1902) et de L. Niederle, « K slovanské kolonisaci Malé Asie a Syrie VIII-X stoleti » (CSopHiiKi. no CJiaBHHOB'fe/],., II, Gnd., 1907) et Slov. star., II, p. 458.

^ Voir plus haut, p. 97.

* Voir Pancenko, op. cit., 25.

^ Theophanes, éd. Boor, I, 348; Ana&tasius, Hist., éd. Boor, 219.

•^ Theophanes, éd. Boor, 364,365; Nikephoros, Brev., 41 B; Léo Gram. Chron., 163 (Bonn), etc. Voir Slov. star., II, p. 460.

' Theophanes, op. cit., 432, Nikephoros, op. cit., 68-69.

s Michel le Syrien, XI, 15, éd. Chabot, et Barhebreeus, éd. Bruns, II, 118. Voir en outre, pour les données plus récentes, les articles précités de Lamanskij et de Pancenko.

autres d'importance moindre ^, que Ton constate qu'il v avait un centre de Slaves en Bithynie (ce pays était divisé au X'^ siècle en deux « thèmes », V Optimaton et VOpsikion), et surtout aux environs de Xicomédie et de Xicée. On trouve aussi mentionnée au YIP siècle Gordoserba sur la route de Malagina à Dorylaïou^ et certaine ville des Sagoudaeus {kuj,uôttoXiç ZaTouèctoi), lesquels ne sont autres sans doute que les Sagudafi de Salonique^. Les Slaves installés en Bithynie étaient appelés 2!6Xapr|cridvoi*. Il y avait un autre centre slave en Syrie et dans la partie de la Cappadoce l'avoisinant : c'est là qu'étaient les colonies d'Apamée (Seleukobulos. SakalabTje), d'Antioche, de Chorus, la forteresse de Loulon, à la frontière de la Syrie et de la Cappadoce ((ppoûpiov AoOXov. AouXoO), sur la route qui traversait le Taurus, puis les petites forteresses de Hîsn-as-Sakâliba, au sud de celle-ci, et de Hîsn-Sâlman, quelque part près d'Alep, et enfin, suivant toute vraisemblance, le village de IBXapoTÎXiv, qui était situé en un endroit mal déterminé de la Syrie occidentales

* D'après Theophanes, Cont., II, 10, la migration des Slaves en Asie Mineure était importante dès avant 821.

* Voir ci-dessus, p. 97.

^ Anna Komnena, Alex., XV, 2.

* Constantin Porphyrogénète, De cerem., II, 44, 45. ^ Pour les détails, voir Slov. star. y II, p. 464.

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