‹ Manuel de l'apprenti compositeurChapitre 53 sur 57 · LA COUVERTURE · texte numérisé non relu

LA COUVERTURE

En parlant du texte d’un ouvrage, c’est-à-dire de la partie la plus étendue et qui en forme le fond, on dit que c’est le corps du livre. On a vu que le titre en était la télé. La couverture peut en être considérée comme le vélcmeni. Aussi, selon l’expression moderne, doit-elle être faite sur mesure.

En effet, le moyen le plus certain d’établir une couverture dans leî justes proportions qu’elle doit avoir pour couvrir exactement un volume, c’est, préalablement, de faire plier et coudre un nombre de feuilles égal à celui que doit contenir le volume. A l’aide de cette espèce de maquette, on opère à coup sûr; on peut se rendre un compte exact des dimensions à donner au cadre et surtout au dos, partie fort essentielle, et à laquelle il faut bien sc

U6 LA COLVERTUllE.

défendre de donner trop de largeur. Un dos dont les proportions manquent de rapport avec l’épaisseur du volume, et dont les filets et le texte débordent sur les marges, est du plus disgracieux effet. Il est préférable de le tenir plus étroit que trop large, si les blancs qui le séparent des deux pages sont bien observés.

La couverture est ordinairement la reproduction exacte du titre, à laquelle on ajoute un encadrement; la page occupe le centre du cadre; toutefois le blanc intérieur du pied doit être légèrement moins fort que celui de tête; cet encadrement se compose soit d’un simple filet, soit de plusieurs de genres variés, soit de combinaisons de vignettes : c’est le goût du compositeur qui préside à son établissement; il y a des couvertures très-riches d’ornements, accompagnées de bois gravés, et tirées même à plusieurs couleurs ; de même il en existe d’une grande simplicité, car on est arrivé aujourd’hui jusqu’à la suppression du cadre, et l’on se borne à reproduire uniquement le titre; dans ce cas, la même composition sert pour le tirage de l’un et de l’autre.

Une couverture ne se compose ordinairement que de deux pages; cependant il est des cas où l’on utilise les deux pages d’intérieur, comme, par exemple, dans les couvertures de livraisons ou

LA GOL’VERTUUE. 1 i7

(le revues périodiques, pour les tables, sommaires ou annonces de librairie ; alors elle forme un quart.

Il ne suffit pas d'une parfaite exactitude dans les [U’oportions du dos pour que le volume soit convenablement recouvert, les marges aussi doivent être bien ménagées; il faut que celle de l’extérieur soit plus large que celle de fond, et celle de pied plus large que celle de la tète.

En élévation, la composition du dos ne doit pas excéder celle du cadre ; elle se divise ordinairement en plusieurs compartiments séparés par des filets; assez volontiers le premier compartiment reçoit le nom de Fauteur; le deuxième, le titre complet ou abrégé du livre, et le dernier, le nom du libraire et le millésime. Les compartiments intermédiaires restent blancs ou sont occupés par de petites vignettes.

Malgré ce que nous venons de dire, on n’est pas sans quelque liberté alors qu’il s’agit d’établir une couverture. A ce moment, le compositeur devient en quelque sorte le relieur du volume ; dans ce cas, et beaucoup d’autres, il peut èdre assuré que tes fantaisies de son imagination seront admises si elles sont de bon goût et appropriées au sujet.

DERNIERS CONSEILS

Nous ne savons jamais trop Lien le métier qui doit nous faire vivre.

Cet axiome, chers enfants, sera le dernier mot de ce petit livre, écrit spécialement pour vous. Lisez-le avec soin ; je veux espérer qu’il fera naître en vous le désir de recourir à ceux qui vous conduiront plus loin en vous instruisant davantage. Appliquez-vous à connaître et à utiliser toutes les ressources de votre métier; appliquez-vous, par tous les moyens en votre pouvoir, à former votre goût et votre intelligence, et vous reconnaîtrez un jour que rien n’est plus solide ni plus agréable que l’instruction acquise volontairement.

Si à vos connaissances vous joignez une bonne conduite, soyez assurés que les meilleures maisons

DKRMERS CONSEILS.

NOUS seront ouvertes, et que jamais le travail ne vous fera défaut; car, je l’ai toujours constaté à regret, les bons ouvriers sont rares dans toutes les professions, et lors(|ii’ils apparaissent, ils sont immédiatement recliercliés. Efforcez-vous donc d’appartenir à cette catégorie 11 n’est rien de plus respectable que riiomme qui doit tout à luimême.

Avant de vous quiltei’, j’ai voulu vous adresser ces conseils, et surtout vous faire profiter encore de ceux d’un excellent livre que j’ai eu l’occasion de citer plus d’une fois Les considérations suivantes sur l’apprentissage, que j’y rencontre, trouvent ici leur place naturelle, et je suis heureux de voir mes avis confirmés par une voix plus autorisée que la mienne.

« La durée ordinaire de l’apprentissage est de quatre ans; elle ne doit être abrégée que par des considérations d’ùge ou d’instruction qui justifient

1. Mentionnons ici avec plaisir que le travail de composition et de mise en pages de ce petit livre, qui a présentii parfois certaines difficultés, a été exécuté, dans toutes ses parties, par le jeune Paul Bourges, apprenti de notre maison; et nous nous plaisons à reconnaître que, dans cette circonstance, il a montré l’intelligence et les qualités qui constituent le bon ouvrier,

Page 1