Traité de la Typographie, par IIexhi Foirnikr
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(1<> rares exceptions à cette règle générale de l’atelier. Le sacrifice de quatre années peut sembler dur aux familles qui en supportent les conséquences; mais, d'une part, ce laps de temps n’a rien d’exagéré, en raison des nombreux détails qui doivent .se fixer dans la mémoire de l'apprenti; d’un autre côté, ce temps n’est pas entièrement improductif pour lui : son travail commence à être rémunéré au bout d'une certaine période, alors qu’il devient profitable à l’établissement pour lequel la formation' de l’apprenti a été primitivement une charge très-réelle.
« L’apprenti est tenu de faire, en même temps que toute chose relative à la connaissance de l’état ([u’il apprend, le service, tant intérieur qu’extérieur, de l’atelier auquel il appartient. 11 ne relève que des personnes qui ont mission de le diriger et de lui donner des ordres ; mais il n’en doit pas moins aux autres ouvriers tous les égards et tous les bons offices que son âge et sa condition leur permettent d’attendre de lui.
(( 11 ne doit rechigner à aucune des occupations ni des corvées qui incombent à son noviciat. Le balayage de l’atelier, le triage des ordures parmi lesquelles se retrouvent des caractères et d’autres fragmenis de matériel, enfin tous les soins de propreté, sont des charges inhérentes à son contrat. Il
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devra les accepter et s’en acquitter consciencieusement; il en ressortira chez lui le sentiment du bon ordre, celui de la nécessité, pour chacune des personnes de l’atelier, de concourir à sa bonne tenue; et, avec un peu de réflexion, il sera amené h ambitionner pour son compte cette réputation d’homme soigneux qui contribue si puissamment à l’avancement et au bien-être de l'ouvrier.
« Quant aux petits travaux qui lui sont dévolus, si minutieux, si fastidieux, si monotones qu’ils puissent lui paraître, il n’en est aucun qui ne porte fruit dans l'éducation de l'apprenti, aucun auquel il ne serait regrettable qu'il voulût se soustraire.
« Ainsi la composition des pâtés, objet d’une répugnance qu’il faut souvent combattre avec énergie chez l’apprenti, lui enseigne, à la longue, à reconnaître à première vue la force de corps des lettres qu'il s’agit de démêler; c’est par là aussi qu’il sait distinguer entre eux les caractères de même corps, mais d’œils différents.
« La tenue de la copie et la lecture qu’il en fait à haute voix pour le correcteur le familiarisent avec le manuscrit, que plus tard il sera appelé à composer. Supposez-le, à cette seconde époque, dépourvu de toute habitude de déchiffrer récriture, de la ponctuer, de l’orthographier, et livré sur ce point aux seules ressources d’une instruction primaire;
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évidommont l’apprenti, devenu ouvrier, hésitant devant sa copie, regrettera amèrement d’avoir perdu l’occasion de s’exercer à la lecture du manuscrit, et de l’approprier aux règles de l’imprimerie, qui sont sous ce l'apport la reproduction rigoureuse des règles de la langue.
« 11 importe à l'apprenti de se rompre successivement è tous les genres de travaux, en commençant par la composition la plus simple et la plus élémentaire, pour arriver par degrés jusqu’aux difficultés et aux questions de gortl qui se rencontrent dans la confection des tableaux. C’est ainsi qu’il pourra s’élever au-dessus de cette sphère de médiocrité dans laquelle l’homme reste délaissé, et voué à un salaire modique et incertain.
« Pour parvenir à ce but, auquel il est nécessaire d’aspirer, l’apprenti ne devra négliger aucune des bonnes directions qui lui seront données. 11 ne faudra pas que, parmi les enseignements de ses instructeurs, il ne prenne que ceux qui lui sembleront faciles et laisse de côté ceux qui demanderont plus de soins et d’elTorts. 11 devra se soumettre à toutes les exigences et à toutes les rigueui’s du métier; c’est à ce prix seulement qu’il pourra plus tard recueillir les avantages et la considération assurés à tout homme qui se place au premier rang parmi ses égaux.
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« .Nous ne terminerons pas cet e\pos(i <le la condition de Tapprenti, lelle que rex[)éri(mce nous Ta démonti'ée, sans insister sur les points essentiels à observei’ de sa |)art, pour (|ue rensei<?nenient (jui lui est donné produise d’heureux résultats.
« On se plaint aujourd'hui, non sans raison, de ce (pie le niveau de capacité des ouvriers typographes suhit un ahaissenieiit sensible et progressif. Ce fait, regrettable dans le pn'sent et menaçant pour ravenir, tient h cette cause, (jue l’apprenti ne possède malbeurcu.sement pas toujours binstruction classique nécessaire pour aborder nu état qui n’est pas purement manuel, et qu’il n’y peut suppléer par son intelligence et sa facilité à .s’instruire par la pratiipie.
i( l/apprcMitissage est une (ouvre capitale, irrémédiable si elle n’a pas été bien accomplie; elle mérite donc l’attention très-sérieuse de tous ceux qui y prennent part. Il faut (pie le jeune homme qui débute dans l'atelier se [lénètre de la pensée qu’il va décider lui-nuMiie de son sort à venir. S’il reconnaît que son instruction grammaticale est insuffisante , il devra la compléter pendant ses heures de loisir, et réserver (Exclusivement pour son instruction professionnel le son temps de présence. Ce n'est que par cet ensemble d’ellorts et de bonne volonté (pie l’imprimerie peut recruter
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(les ouvriers dignes d’une profession où l’espril a un rôle considérable. »
Nous ne saurions rien ajouter à ces excellents conseils, sinon la recommandation de s'en pénétrer et de les suivre.