‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier: ou Traité complet et simplifié de ces arts (volume 2)Chapitre 11 sur 58 · Les scies dont l'armurier fait usage n'ont rien · texte numérisé non relu

Les scies dont l'armurier fait usage n'ont rien

2ui les distingue absolument de celles employées ans les autres professions , nous renvoyons à cet égard au Manuel du Menuisier et à celui du Tourneur. L'armurier doit avoir une scie à débiter, une

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scie à tenons, une feuillet ou scie à chantourner, enfin plusieurs *c*w à main et 4 dossière.

Pierres à aiguiser*

92. L'attirail nécessaire à l'affûtage de* outils est le même que pour les autres états, une meule équi-

{>ée y une pierre à l'huile. La meule sert à redresser es trancbans dont le biseau s'est aiTondi par l'usage, la pierre, a l'huile sert à leur donner U fil.

95. La meule ne doit être ni trop tendre ni trop dure , son grain sera fin et le plus égal possible, il y a des meules de tous les diamètres; celle dont l'armurier fait usage est d'une grandeur moyenne, elle peut avoir environs un demi-mètre de diamètre sur quatre à cinq centimètres d'épaisseur. L'arbre est fait d'un barreau dé fer carré dans la partie qui doit être placée dans Y œil <fe la meule (on appelle ainsi le trou qui la traverse dans son centre), et tourné ensuite en. cylindre vers chaque extrémité à l'epdroit où il porte sur lés coussinets , à l'une de ses extrémités est une manivelle. On trouve maintenant à acheter de ces arbre* de meules tout prêts à servir; on veud même des • meules tout équipées, c'est-à-dire montées sur leur auge avec marche et support , le plus intéressant est de savoir la choisir. Il faut bien prendre garde à ce qu'elle n'ait ni fente^, ni cavités, ni crevasses, les défauts de ce genre, sont /communs et les marchands les cachent en les recouvrant avec du plâtre et du grès pilé. On les démasque en sondant ça et là aveu une pointe d'acier lorsque l'aspect du grès ou l'interruption du grain peut les faire soupçonner; quant aux fentes, on s'assure qu'il n'en existe pas en faisant sonner la meule, qui doit rendre un son plein. L'auge doit tenir l'eau. L'emploi de la meule à sec donne de mauvais résultats, les petits outils s'échauffent trop par le frottement et perdent leur trempe. Quant à la manière d'affûter , l'usage l'enseignera.

94. Après que les outils ont été passés sur la meule, il faut les adoucir sur une. pierre à t'huile» Il y a de ces pierres de plusieurs espèces, quelques-unes indigènes, d'autres venant des pays étrangers. Parmi celles qu« nous fournit notre soi, la pierre dite dej^rrame est

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certainement celle qu'il faut préférer; elle a le grain fin et serré, est de couleur brune un peu rougeâtre : il est difficile d'en trouver de parfaitement bonnes , elles sont pour la plupart dures et siliceuses : elles polissent l'acier plutôt qu'elles ne le mangent. Cependant, quand on peut rencontrer une bonne pierre de Lorraine .sans défaut et tendre, elle rend un bon service, surtout pour l'affûtage des outils plats.

95. La pierre d'Amérique est yn grès très-fin : elîe est supérieure à la pierre de Lorrarneet coûte davantage ; niais elle a cet avantage que l'on n'en trouve que peu ou point de défectueuses. Ces pierres , débitées dans de gros blocs, sont toutes régulières et bien taillées, et, comme on doit en tirer un grand nombre du même bloc , on a soin d'essayer les blocs avant de les faire refendre , d'où il suit qu'elles sont toutes de la même qualité. On les emploie indiféremment avec l'huile ou avec l'eau ; elles ont le défaut d'être un peu tendres , ce qui lès rend peu propres à l'affûtage des burins, poinçons, Crochet* et autres outils pointus ou anguleux; mais. elles sont excellentes pour les ciseaux, fermoirs, fers de rabot et autres outils plats. Cette pierre, couleur gris blanc, est pulvérulente au toucher ; .elle mord plus ftprement que toute pierre douce de France : nous ne parlerons pas des grès qui usent encore plus vite, mais dont le^rain est si gros qu'il ne peut suffire seul à donner un bon tranchant. La pierre d'Amérique est encore peu connue, cependant elle commence à se répandre dans le commerce; quelques jours elle sera dans tous les ateliers.

96. La pierre du levant ou grés de Turquie est supérieure aux deux autres. L'analyse démontrera sans doute quelque jour qne les parties constituantes de cette pierre sont les mêmes que celle de la pierre d'Amérique; mais le sable fin dont elles sont formées paraît être combiné dans cette dernière avec la chaux ou le carbonate de chaux, tandis que dans la pierre du levant il serait combiné avec la silice. Nous n'avons pas fait, et nous n'avons pas connaissance qu'on ait fait, l'analyse de ces deux pierres , si intéressantes pouries ouvriers : ce que nous avançons n'est qu'une idée , qn'uae supposition , que nous croyons cepcn-

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dant fondée. Notre grande habitude de voir, de toucher, de couper toutes sortes de pierres de ces deux espèces nous a confirmé dans cette pensée. On distingue facilement la pierre du levant de' la pierre d'Amérique, en ce que la première a presque toujours sur ses angles, lorsqu'elle est de bonne qualité, une semi-transparence 'qui ne se fait jamais remarquer dans la seconde. La pierre du levant est communément plus brune; cependant la couleur seule qe pourrait être un indice assuré ; car la bonne pierre du levant, celle de première qualité, est parfaitement semblable,

J»our la couleur, à la pierre 4' Amérique, qui est <r*aileurs plus compacte, plus homogène, et n'a pas ces picotis ou trous capillaires qui se rencontrent communément dans les pierres du levant' de première qualité. Toutes deux sdnt pulvérulentes au toucher; mais cette qualité qui ne se rencontre que dans les pierres du levant de première qualité et qui est presque insensible, domine bien, davantage dans celles d'Amérique, dont elle forme un des caractères distinctifs. Les fissures, chus, et dragons, qu'il est si difficile de ne jpas rencontrer dans une pierre du levant de quelque grandeur, n'existent jamais dans l'autre espèce de pierre ^ dont le grain est uniforme, et se rapproche pour la compacité de celui des pierres lithographiques. Nous conseillons aux armuriers d'avoir une pierre d'Américjue pour affûter. les outils plats ; comme cette pierre est 'd'un* prix, moins élevé que celui de la pierre du levant, il» pourront se la procurer plus grande, et enfin- d'avoir une petite pierre du levant pour les outils pointus et anguleux.

97. On appeHe pièrrier un appareil dont' les menuisiers ibnt usage pour affûter les outils canélés et ceux dont le biseau est profilé , tels que les gouges et les fers des rabots à moulures * c'est un morceau de . bois , épais de six à huit centimètres , 'large de neuf à dix, d'une longueur déterminée. par le nombre des pierres qu'on, veut placer dessus dans lequel sont pratiquées des* entailles* angulaires dans lesquelles' on ajuste des coins OU clefs en bois ; on serre entré ces coins et le corps. du pferrier aine pierre plate posée sur champ , dépassant de quinze millimètres en 1

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le dessus de l'appareil et de la clef. Cette partie de I* pierre est arrondie ou forme un angle quelconque, et sert à affûter les outils dont nous venons de parler : les pivrrwrs montés en pierres du levant, moyenne qualité, la 'première serait trop tendre, sont trèsestimes.

Quant à la manière de se servir de ces pierres pour affûter, nous renvoyons aux Manuels du Tourneur et du Menuisier. s

Cisailles.

98. On 'donne ce nom à des ciseaux forts et robustes qui servent à couper la t0le, le*fer-blanc, le cuivre laminé et en- général les métaux en planches ; il y en a de plusieurs sortes et la démonstration de ee feeul outil, si nous la voulions faire complète, nous entraînerait très-loin ; car, les cisailles étant un instrument utile dans toutes les professions où l'on travaille les métaux, et les marchands quincaillers et autres étant eux-mêmes obligés d'en avoir pour débiter le» tôles diverses , cet outil varie -à l'infini dans ses formes : les cisailles à couteaux circulaires ont été une des inventions remarquables des derniers tems; niais s nous étant; ainsi qu'on l'a pu voir, considérablement restreint pour tout ce qui concerne l'outillage, nous ne pourrions, sans inconséquence, dpnner beaucoup d'extension à cet article , qui n'es l pas spécialement intéressant pour l'armurier; nous ne ferons dont que rappeler les deux cisailles les plus connues , celle à main , celle à demeure sur l'établi.

99. Les cisailles à main "servent a couper les tôles de peu d'épaisseur, la fig* 5, planche a, les fera reconnaître de suite; leurs qualités. essentielles sont la force des branches qui doivent résister à de fortes pressions et la bonté de i'acier-et de la trempé des couteaux. Dans les cisailles bien conditionnées, le bouton quj passe par l'œil du nœud est taraudé et garni d'un écrou qui donne la. facilité de resserrer les couteaux lorsque l'usage les a fait se disjoindre» et aussi de séparer les couteaux poUr les affûter plus commodément lorsqu'ils ne coupent plus.

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