MARCEL
i°. Les pièces en fer et en cuivre n'auront ni soufflures, ni gerçures, ni travers, nuisibles à leur solicité;
2°. Les montures et garnitures seront limées et polies convenablement , ainsi que les fourreaux en tôle;
3°. Les battes des cuvettes des sabres de cavalerie feront bien ressort pour qu'elles retiennent convenablement les lames dans les fourreaux sans endommager ces lames ; •
4°. Les rivets de la poignée du sabre d'artillerie seront bien ajustés , et ils entreront exactement et même de force dans les trous de la soie : les logemens de ces rivets dans la poignée seront légèrement fraisés à l'intérieur, afin que le métal ne soit pas endommagé. La rïvure de la soie ne sera faite qu'après celle des rivets ; la lame du sabre sera bien retenue dans son fourreau au moyen de la pièce en buffle qui est adaptée intérieurement dans la chape.
5°. Les fourreaux en cuir seront solidement cousus, I les bouts et. les chapes bien ajustés , collés et épingles ;.
6 e . La distance entre les bracelets dés, sabres d# . cavalerie sera exactement déterminée pour que la po- i sitjoa de ces sabres ne suit point gênante ; • 7 . Les coquilles porteront bien sur les épaulemens, les talons des lames, et les cuvettes s'ajusteront bien sur les fourreaux.
8°. Le trou carré de la soie sur la coquille aura les mêmes dimensions que la soie près du talon : s'il était plus large ou plus long, on serait obligé <Je mettre des è clisses pour que rien ne puisse balotter dans la monture , il en résulterait moins de solidité*
9°. Les soies seront rivées sur les boutons des pommeaux, ou calottes, de façon que leurs extrémités soient rabattues en forme 'de goutte de suif pour retenir solidement sur elles toutes les pièces qu elles enfilent.
io e . Enfin toutes les pièces auront la solidité et les proportions des m odèles.
11 ne nous reste plus à parler que dés changements survenus dans les dimensions données dans le table an ci-dessus (i36) en y ajoutant quelques mots sur les
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poignée* , les fourreaux , les baudriers et ceinturons. Les armuriers doivent avoir une connaissance générale de cette matière, encore bien qu'elle soit plus directement l'objet de l'étude du cçinturonnier et du gainier.
Sabres des officiers- d'infanterie*
Lames dites à la Montmorency , mais n'ayant que o met. 7580 ( a8 pouces de longueur ) et o met. oao5 ( 9 lignes } de flèche : fourreau en cuir garni d'une chape et d'un bout en cuivre doré , garde et calotte en cuivre doré et ciselé. Cette garde est Formée d'une* petite coquille , * d'une branche principale et d'une autre branche s'ajustant sur la première vers le milieu de la longueur de celle-ci. Poignée en bois recouverte de peau de veau chagrinée et garnie d'un filigrane d'argent doré. Le poids total du sabre est un kHogr. ( 2 liv. 6 gros ) et son prix .d'environ 3i fr. ..
Sabres des officiers de cavalerie»
Les lapes sont les mêmes, que celles des sabres de troupes : elles sont seulement plus légères et d'un poli plus brillant. Les montures sont en cuivre ciselé et doré ; leur forme est la même que pour les soldats, sauf les ornemens qui les embellissent : les poignées sont en bois , recouvertes comme celles des sabres des officiers d'infanterie ; les fourreaux sont en tôle d'acier, leur garniture en fer, à l'exception des battes de cuvettes qui sont en acier. Le sabre de cavalerie deligne coûte 5o fr. : il pèse 4 livres 7 onces , sa longueur totale est de 1 met. i865 (43 pouces 10 lignes).
Le sabre d'officier de cavalerie légère coûte 60 fr.*^ pèse 1 kilog. 5idi ( 5 livres 11 onces 7 gros ) : sa Ion* gueur est de 1 met. io53 (4o pouces 10 lignes ).
Sabres de troupes* Infanterie de ligne, 9 infanterie * . légère , vétérans*
Infanterie —modèle 1816. — Lame cintrée de 9 ligl de flèche, nonévidée, longueur 2a pouces, fourreau en cuir garni en cuivre laminé, garde et poijri wulées d une seule pièce : il coûtait en 1820 8 '
partit l ki). !4o ( s livres 1 1 onces 6 gros ) ; longuetr
Iniale avec leîourreau mesuré en ligne droiteomètp
-ij<i (a8 pouces 5 lignes ).
Il se
mile qui pas:
in té, au moyen d'une coulure,. le contant du sabre fi.iroe d'un morceau del>uffle-ployé,cbair contre chair. I.L-ilrémité inférieure du coulant est taillée en sifflet, l.i partie la plut lungue est opposée a la couture.
A la partie supérieure du dessus du passant est pratiquée une enchapure pour retenir une grande boucle . <l" cuivre à deui ardillons mobiles destinée a fixer le bout de la bande qui passe devant le corps. Sur le '- Dulsat, a |5 lignes et demi du bord de est placée ur — * ' ' , elle est fixé en l.uOle : cette enebap ut
cette boucle et ce passant sodl ueaunes a recevoir te i. .ulie-sanglon de la chape du fourreau de sabre. Sahret d'artillerie , du génie el du train.
Lame a deux tranchant , soie plate , longueur 18 pi.uees, fourreau en cuir fort, garni en enivre laminé ; monture composée d'une croisée el d'une poignée en < oivie coulées ensemble ; pommeau symétrique des • rfeui côtés de manière à pouvoir s'en servir avec une iL'ili: commodité dans le sens des deux tranAans. l'rn lofr. 65 cent. ; il pèse a livres u onces i gros; 1 ngueur totale o,G5o ( a pieds ).
Baudrier de même quecelui ci-dessus; mais le sabre du train se porte au moyen d'un ceinturon de buffle composé de cinq pièces : i" la grande bande , a- le
Ktttot du sabre , 3° la bande if entre-deux , \° la ode d'assemblage , 5° la petite bande.
'• bi-ei de cavalerie de ligne , carabtniirt , cuira iiiers, dragons.
uosiLs 1816. — Lame droite, à den* gouttières , de 5fi uouces 1 1 lignes 3 points de longueur ,Wourreau en sans lui en bois ; la cuvette faisant ressort *"i la laine ; garde et calotte en enivre , poignée en ficelée el recouverte de peau de veau noircie et
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recouverte de filigrane en laiton : coûtait, en 1821, a5 fr. 57 cent. ; pèse 5 liv. , longueur totale 43 pouces 10 lignes.
Ceinturon en baffle coipposé de trois bandes , une longue et deux courtes.
Sabres de cavalerie légère, chasseurs, artillerie à cheval.
modèlç 1816.'— Lame courbe » flèche a5 mètres (11 lignes), point «févidement, le dos en baguette arrondie, longueur 54 pouces 4 lignes 3 points ; fourreau en tôle d acier, sans fût, avec cuvette faisant ressort ; garde et calotte en cuivre avec poignée comme celle des modèles précédens : coûte environ ao fr. 84 cent. ; pèse 4 livres 7 onces a gros , longueur totale 1 met. io5 (4o pouces 10 lignes).
Ceinturon en buffle de trois bandes dont une longue et deux courtes, réunies par deux anneaux qui portent deux bélières , l'anneau de gauche portant le crochet de trousse-sabre. #
v Sabres des Hussards, •
modèle db i/àjt il — Lame cambrée de 26 lignes de flèche , longueur 3o pouces , pesant 1 livre 3 onces , fourreau en bois recouvert en cuir noir, chape et bout très-grand en cuivre laminé ; sur la chape et sur le bout sont b rasés deux pitons dans lesquels passent deux anneaux mobiles. Poids du sabre Complet 3 liv. 10 onces. .
Le ceinturon diffère de celui, des chasseurs en ce que la bande intérieure est. divisée en deux morceaux égaux réunis au milieu par un grand anne.au. Le ceinturon du hussajd a trois grands anneaux destinés à soutenir ehaoun une des courroies de sa sabretache.
i48. Bayonnetie. On* appelle ainsi une lame courte à trois arrêtes qui se place au bout du fusil an moyen d'une douille et d'un étoquiau sou dé sur le canon même. Les premières furent inventées à Bayonne, d'où leur vient leur nom : elles n'eurept pas dans le principe } forme qu'elles ont aujourd'hui, c'était tout simp
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méat un morceau de fer pointu {Voyez pi. 2 , fig. 18) ayant par le bas un tenon arrondi et ajusté dans le canon du fusil. Depuis , cette arme a reçu des perfecttonnemens successifs,; les Anglais ont eu long-teras de longues bayon nettes dont le fer rond était applati
Sar lé bout et terminé en fer dé lance : ils ont abanonné cette méthode , et maintenant les bayonnettes de presque toutes les troupes son t. faites sur le modèle français : nous allons rapporter ce que nous trouvons de consigné sur sa fabrication, sans y joindre aucune observation.
149» La bayon nette est composée de fer et d'acier t la douille et la virole sont enfer ainsi que le coude/ la lame est en acier. Dans la fabrication on reconnaît deux états distincts de l'arme : on la. dit noire lorsqu'elle sort des mains du forgeur, on la dit blanc] ic lorsque le limeur, le trempeuc, l'aiguiseur et le polisseur l'ont terminée.
La douille sert à fixer la bayonnette sur le canon du fusil, elle en embrasse l'extrémité et elle y est retenue par un tenon brasé sur le canon même. La virole porte une échancrure intérieure qui , lorsqu'elle correspond avec l'entaille de la douille , permet au tenon de parcourir cette entaille jusqu'à ce que la virole se trouve au-dessous de lui,: si alors on tourne la virole, le tenon se trouve pris et par conséquent la bayonnette fixée. Pour la retirer, en ha poussant vers le bout dp canon , , on doit d'abord remettre la virole dans sa première position. Le forgeur de douilles n'a pas besoin d'un grand nombre d'outils : sa forge , son soufflet , son enclume , etc. , sont ^-peu-près semblables- à ceux du forgeur de lamés de sabres , mais tous dans une proportion moindre. Le manteau de la cheminée est a six décimètres de Pâtre ; c'est avec le. pied que le com-
Îtagnon et quelquefois le maître forgeur font mouvoir e soufflet. On emploie la houille grasse de première qualité, la consommation est de 100 kilog. pour cent douilles. Son tas* du poids de 3o kilog. est traversé par un mandrin arrondi et légèrement conique qui y est fixé et qui sert à souder la douille ; il doit en outre avoir toujours sous la main un calibre pour vérifiera mesure les dimensions des différentes partie? de son
BB L'AHMCRinU llS
ouvrage,, et un tranchoir emmanché qu'il pose dan» l'occasion sur la pièce et sur lequel frappe le compagnon pour en retrancher le superflu.
Il doit avoir aussi trois mandrins d'acier de 3 déciuu de long qu'il puisse tenir à la main par une des extrémités qui est taillée à huit pans ; l'autre extrémité est ronde, un peu conique et trempée : ils servent à façonner l'intérieur de la douille, ils se suivent de diamètre : le plus petit porte au petit bout près d'un centimètre sur 18 millimètres (5 lignés sur 8) au plus gros du cône; le second 17 millim. sur 3 a (/lig. »/* su* 9 lig. 1/2 ) , et le troisième 18 millim. sur a* ( 8 lig.. sur 9 1/3) ; il lui faut aussi une petite balance. pour peser les pièces, bien otoe la grande habitude apprenne à s'en passer ; de plus ,%ri poinçon à sa marque, quelques limes et un étau de, limeur pour son compagnon.
Le forgeùr de douilles a sept, étampes de dessous
3ui se placent successivement et à coups de marteau ans les rainures de l'enclume. Il n*y en a que quatre . de dessus que le maître tient d'une main parle manche en bois qui les- traverse ; il donne à la pièce- qu'il tient de l'autre maîn un mouvement de rotation en la maintenant entre les deux étampes , tandis que le compagnon frappe vivement sur celle de dessus avec son marteau à deux- têtes. La première paire d'étampes sert à arrondir, avant qu'elle soit courbée, la partie qui deviendra le coude de la bayonnette. La seconde est simple ; elle sert à chanfreiner les deux bords de la partie qui doit, en se repliant et en se soudant, former fa douille, La troisième est également simple , elle est creusée en gouttière et sert à roulerja douille. La quatrième sert à former l'orifice supérieur de la douille. Pour cela, le* maître y introduit un mandrin qu'il engage en même tems dans l'étainpe en plaçant le coude de la douille dans Téchancrure du bout de Yenclumc. Lès trois autres étampes qui ont toutes des. dessus servent à former le bourrelet dé la douille , à <*n arrondir la surface extérieure , tandis que le mandrin l'arrondit à l'intérieur, ,.
i5o. Le travail qui se r fait à l'aide de ces outils se divisç en quatre époques distinctes dont la premier n'exige qu'une chaude i chacune des trots autres
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exige plusieurs. L'échantillon de fer, qui doit être de la première qualité, est de 4 centim. de large sur 17 à 19 raillim. d'épaisseur. Un forgeur aidé de son compagnon forge ordinairement 36 douilles dans sa journée ; il lui -faut, pour cela, de 12 à i3 kilog. de fer, à trois douilles environ par kilog. Il place a la fois trois larres au l'eu par l'une de leurs extrémités; celle qui est près du vent de la tuyère étant toujours chaude la
Ï>remière est ausssi la première travaillée : quand on a tire du feu on la remplace par sa voisine et ainsi de suite. '
Première époque du travail. L'extrémité de la barre étant chauffée au {ilanc , le maître la porte sur l'enclume où il la forge avec son compagnon sur environ trois centimètres (un pouce er quelque chose), pour porter cette longueur, au double en l'équarrissant et la réduisant à i5 millimètres (7 lignes) sur chaque face ( c'est ce qu'on nommé étirage ) , ensuite , et pendant que le fer est chaud , cette même partie est arrondie entré deux étampes, n° i er , en réservant un bout d'environ 18 millim. ( 8 lignes ) qui doit servir de masse et «l'amorce pour souder la laine. On coupe avec le tranchoir la quantité de fer qu'il faut pour former la douille et le maître s'assure , en la pesant-, que le poids s'y tcouve. Mais , avant de la détacher de la taire , il porte la partie qui vient d'être étampée dans l'écbancrure de l'étau à chaud dont nous avons parlé ( i3a ) où elle est saisie , la masse dirigée en dessous ; alors , finissant, de séparer les deux pièces par des mouveznens en sens contraire , il égalise avec le marteau les deux épaulemensjdu côté de la douille en les faisant porter sur 1& mâchoires de l'étau. Ge premier travail se trouve ainsi terminé. La pièce est retirée de l'étau et jetée à terre pour refroidir. On continue à faire des pièces semblables.
.Deuxième époque du travail. La pièce précédente étant saisie avec une tenaille à boucle par la masselotte est chauffée à liane dans toute retendue de ta plaque qui doit former la douille, et le maître, aidé de ton compagnon, la forge sur l'enclume; forme le coude et donne un commencement de courbure à la plaque elle-même; alors- le coude étant de nouveau