‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier, ou Traité complet et simplifié de ces arts formant une encyclopedie des sciences et des artsChapitre 20 sur 87 · MAsroKt · texte numérisé non relu

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riers les construisent promptement avec une poignée de bois dur, longue de huit pouces environ, dans laquelle ilsenfonccnt deux lames d’épée plates (c.fig, 1 5). La corde qui tend l’arc est bien supérieure si elle est faite en boyau, dont l’élasticité concourt au jet de la flèche. Nous fie donnerons pas la figure des anciens arcs, non plus que des flèches ; ces objets sont connus de tout le inonde.

116. L 'arbalète était un arc muni d’un conducteur qni rendait son atteinte plus sûre. Elle se composait d’un arc d’acier long de cinq à six décimètres, ou même davantage, d’une corde et d’un fût ou chevalet de bois. Cette dernière pièce , qui a une crosse, et qui est tellement semblable à un fût de fusil, que souvent on en emploie pour faire l’arbalète, se nomme arér/er., et est ajustée sur l’arc de manière qu’elle soit perpendiculaire sur le milieu de la corde ; elle est percée vers le milieu de sa longueur d’une fente où ouverture longitudinale, qui reçoit une petite roue d’acier solide et mobile qu’on appelle noix de l’arbalète. .

Cette noix est traversée par une vis qui lui sert d’essieu et sort en partie au-dessus du fût ; elle porte une coche ou entaille dans laquelle s’arrête la corde de l’arbalète, lorsque celle-ci est bandée. Une autre coche plus petite dans la partie opposée de la circonférence est destinée à recevoir le bout du ressort de la détente qui tient la noix ferme et immobile. Sous le fût, en approchant de (a poignée, se trouve la clef de la détente, qu’il suffit de presser avec la main lorsqu’il s’agit de lancer le trait. Le ressort se dégage *à l’instant de la coclie inférieure de la noix, celle-ci tourne et laisse échapper la corde , qui, se débandant avec force, chasse au loin le projectile.

L’arbalète est garnie ordinairement d’un fronteau de mire ; c’est une petite laine de cuivre percée de deux ou plusieurs trous l’un sur l’autre, et attachée par ses deux jambes, avec des vis de chaque côté du lut, un peu en arrière de la noix. C’est par l’un de ces trous que le tireur vise son but en regardant un petit globule suspendu par un mince fil de fer, tout-à-fait en avant de l’arbrier,,La corde porte à sou milieu, un

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anneau de corde qui sert à la fixer sur la noix quand on veut la bander.

C’est avec la main qu’011 bande les petites arbalètes; niais, pour les grandes, on s’aide du pied droit et même des deux pieds. Les arbalètes dont on faisait usage à la guerre se bandaient à l’aide d’un moulinet ou petit treuil fixé sur l’instrument.

11 y avait jadis dans les armées des compagnies d’arbalétriers. Les flèches dont ils se servaient étaient empennées de même qne celles qui étaient lancées par les arcs, mais elles étaienl plus courtes. L’arbalète porte moins loin que l’arc , mais son atteinte est plus sûre.

117. Le javelot , dard ou Irait , était , dans le principe, un bâton pointu qu’on lançait à la main ; on arma ensuite ces bâtons d’airain durci, de 1er, d’acier. Les

filus gros étaient nommés javelinôs. L’art de lancer e javelot est absolument perdu : les anciens le lançaient avec beaucoup de justesse et à de grandes distances. Les javelots des Romains avaient trois pieds de longueur avec un fer de neuf travers de doigts. Celte pointe était très-fine et allongée, afin que , le dard une fois tombé à terre, le fer se recourbât et ne pût être renvoyé à celui qui l’avait lancé. C’étaient les traits légers , les autres étaient ronds et d’une grosseur à remplir la main, ou bien étaient carrés, ayant quatre doigts de tour et quatre coudées de longueur. Au bout était un fer à crochets qui rendait très-difficile l’extraction de l’arme lorsqu’elle avait pénétré les chairs. Ce fer était très-long et était terminé par le bout opposé à la pointe , soit en douille fermée allongée, soit par une douille ouverte, telle que celle qui fixe encore maintenant le fer de la lance de nos lanciers. L’épaisseur du fer était d’un doigt et demi , ce qui rendait ces javelots très-pesans et leur rencontre plus dangereuse.

La tance, pique , sagaie, pcrtuisanc , hallebarde, sont encore en usage ; nous en parlerons plus bas.

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