ARMES BLANCHES OFFENSIVES
128. On appelle armes blanches celles autres que les armes ù feu. L’épée , le sabre , le poignard , la lance et la pique j sont des armes blanches; il en est de même de la bavonnette, qui se met au bout du fusil , qui devient alors une lance avec laquelle on attaque l’ennemi corps à corps.
- . §• Ier-
129. Jj’èpèc ou le glaive était l’arme principale des anciens et des guerriers du moyen âge, on ne la porte
dk l’ahmurikr. g5
plus à la guerre ; les officiers la portent encore en tems de paix ; mais, en campagne , ils ont le sabre d’ordonnance. Elle est souvent l’arme de cette guerre individuelle que nous nommons duel. Sa forme actuelle est à-peu-près fixée , c’est un trois-pans cannelé , ou un méplat ; mais , avant d’arriver à ce degré de simplicité, cette arme a subi bien des changeraens de forme.
i5o. La figure 16 représente l’épée antique à deux tranchans. Quelques auteurs prétendent que les vélites romains en prirent l’usage des Espagnols ; cette prétention n’est guère admissible, on retrouve cette forme dans les nionuinens grecs antérieurs aux Romains , et il n’est pas certain que les Romains l’adoptèrent dès le principe. Cette épée avait une pointeexcellente , mais nous pensons qu’elle devait porter des coups de taillant bien moins assurés que ceux de nos sabres. Nous n 'entrerons daus aucuns détails sur cette arme qui n’est plus en usage que sur le théâtre. Nous nous contenterons de donner plusieurs modèles d’anciennes poignées, les lames étant toutes, à peu de différence près , semblables à celle représentée fig. 17, si ce n 'est qu’elles sont plus longues et beaucoup moins larges et moins épaisses.
i3i. La fig. 17, dont nous venons de parler, représente l’épée à l’espagnole. La ligure 20, la poignée d’une estocade , c’est la longueur de la lame qui détermine le genre. Fig. 21 , épée de rencontre. Fig. 22* épée à la suisse. Fig. aô , poignée d’ espadon. Fig. 2 } , poignée de braquemart , épée cour4e et de poignard. JLa figure 01 fait voir en détail comment se monte une poignée d’épée. La ligne ponctuée indique la position de la soie ; le crochet a fait ressort et est arrêté sous le pommeau b ; la soie est rivée par-dessus.
i3a. Les lames d’épées se forgent dans l’étampe ( V. ce mot à la table et les fig. 12 et x 3 , pl. 11e); on les composait jadis de fer écroui mêlé avec des lames d’acier, mélange qui prenait le nom d ‘étoffe ; maintenant elles sont plutôt tout en acier. Les épées d’étoffe sont parfois excellentes, elles sont dures, flexibles et très-difficiles à rompre. Cette fabrication n’a plus la même extension qu’autrelois , lorsque tout
g6 ' MANUEL
le monde portait l’épée ; les formes de la coupe des lames étaient variées à l’infini, et nous aurions pu donner plus de soixante profils diflerens. Nous avons
{iréféré en choisir une douzaine parmi les plus usités ; es fig. 3y — 48, pl. a, les feront connaître, dans les plus usuels sont ceux représentés par les fig. 08,39, 43 , pour les épées , 4 7 ■> 48 , pour les fleurets, qui sont des sortes d’épées dont nous parlerons dans la 4e partie, armes de [imiaisic. La fig 48 1 cannelée angulairement sur le dos , est plutôt une lame de sabre qu’une lame d’épée.
j33. La trempe des lames d’épée est faible ; on fait revenir bleu et bleu clair si on emploie l’acier pur , afin d’obtenir la flexibilité qui est une des conditions de la bonté d’une lame , le dur de la pièce doit être le résultat de la bonté de la matière et de l’écrouissage.
i34* Le sabre. L’épée ne sert plus maintenant qu’à porter des coups de pointe. Le sabre doit aussi servir à cet usage , mgis il doit en outre porter des coups de • son tranchant ; c’est là, même , sa principale fonction. Le sabre est l’arme actuelle de la cavalerie. Les sabres qu’on laisse mal adroitement aux fantassins les em- - barrassent plus qu’ils ne leur servent , c’est une parure du soldat désarmé. L’entêtement de l’administration à cet égard est inconcevable. Si le soldat a besoin d’une arme courte pour se défendre lorsqu’il est pris au corps après que l’ennemi a évité l’atteinte de sa bayonnette , ce ne devrait être qu’une espèce de poignard ou de braquemart pendu à sa ceinture , ou collé le long de la cuisse droite. Le sabre pendant s’embarrasse dans les jambes; eu ligne, il gêne les conversions , et, pour peu que l’homme marche vite, il lui faut mettre une main sur la poignée, afin que «on arme pe le fasse pas tomber. C’est un poids de plus ajouté au poids de l’équipement , et , au moment du danger, il arrive rarement qu’il spit dégainé assez tôt pour pouvoir être utile à la défense. Le sabre du fantassin ne lui sert qu’au cabaret et dans les mauvais lieux, là où justement il ne devrait point lui servir. Ce que nous disons ne fera pas ouvrir les yeux au
de l’ahmdhieh. 97
Pouvoir ; d’illustres généraux , des écrivains recommandables , qui ont traité de l’armement des troupes , les journalistes, enfin, lorsqu’ils racontent les catastrophes produites par l’emploi du sabre , et les duels dont il facilite. la multiplicité, l’ont dit avant, et plus haut que nous ; mais, nous devons le dire aussi , pour l’acquit de notre conscience, advienne que pourra.
i35. Le sabre a reçu des noms divers suivant sa forme : le cimeterre ou coutelas était un sabre lourd et très-tranchant ; les fig. 3o , 5a, pl. a , offrent les formes de deux cimeterres choisis entre beaucoup d’autres ; ces armes ne servent plus à la guerre , si ce n’est peut-être en Turquie. Nous parlerons de ces sortes ^ '
d’armes dans l’article Damas , 5e partie ; nous devons maintenant nous contenter de parler des armes de guerre. La fig. 53 est un modèle d’une poignée de cimeterre dont la garde est formée par un serpent. • i56. Les sabres de cavalerie affectent des noms divers, selonles corps auxquels ils sont destinés : le sabre
des hussards et chasseurs, dit bancal , est recourbé ; celui des cuirassiers , des grenadiers à cheval , des dragons, des gendarmes, dit latte, est tout droit.
Nous reproduirons ici un tableau des dimensions des sabres qu’on a déjà donné dans plusieurs ouvrages , parce qu’il est encore en majeure partie suivi dans les fabriques.
Vf?.*
TABLEAU des dimensions cl du poids des différentes lames de sabres d'ordonnance adoptées poirr
le service des Troupes françaises.
ïb s I •• -3 !
.GJ O ci - | £ - o O* j
C io mJ* t^S?
Ci ^ IO fi JO
co 'o m 0 ci 0 ci a
.• CfO O ^ QOlfl ,0, <© - CI #- ** e ^
cmo n o^
nrflfO ci o
C»rt fl o «*o
CO
0 10 ô 30 Cl O ci -
artillerie
cheval.
• Offl o h o*^o
E oV ©~
o r-oo «>*
^ ^ fi ro
o io co c co -oo-o
CO
J Cl
- ^0 ro
Cl 0 ci -
artillerie
pied.
• O s ro *• O <1
S cT o
3 C ts fl CO *2 MfPO cO O o O O o
ce « n tv> o o o c o o o o o o
— 00 ol
Cl 3 ci -
gendarmes, a cheval, j
o 13 vrMi* O
cO fl fl “ O
C lO CO O CO .-00-3
ro 0 00
d 0 Cl -
U* 1 8»*s Ie - = =
f o co oo o CO
n « fi fi o
00 O ci flirt -30-0 o c c o o
C es,
C^,rJfO
Cl O Ci <1
wi
• t- o o i fo evo
'2 “ £ o o cT
MO 13 t-^co
nfOrt - o o o o o o
o *o CO O iO -00-0 o^ o o c
£ cl — ►>.
in irt ^5
CJ
fl
u ^Chl C - ÎP
c in « OO -^■<■■5 (v) « O O o C 0 O
ci o CO « io
00 t^OO CO Ci 0 Cl Ci
- 4> fcO
ï i o no