‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier, ou Traité complet et simplifié de ces arts formant une encyclopedie des sciences et des artsChapitre 23 sur 87 · J S 5" £ IS · texte numérisé non relu

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S’il nous était permis de faire nos observations sur . un sujet qui est définitivement convenu et arrêté , nous dirions que le chiffre des soies de ce tableau nous semble en général trop élevé; il devrait, à notre avis , varier entre i4o et 160, et jamais au-dessus ni au- ' dessous; quant aux épaisseurs, le chiffre en est évidemment trop élevé ; mais que pourrions-nous dire sur des états arrêtés et journellement mis en pratique : il y a sans doute dans l’exécution quelque nécessité qui nous est inconnue et qui force d’en agir ainsi.

107. Les lames de sabre affectent diverses formes relalivenfbnt au profil de leur coupe transversale ; le nombre de ces profils n’est pas aussi considérable que celui des épées, mais il serait possible cependant d’en recueillir de même une assez grande quantité. Nous ne croyons pas utile de faire connaître ces écarts de la mode : ces aberrations du goût, la plupart de ces gorges , de ces sinus, de ces doucines , ne servaient à autre chose qu’à interrompre le poli et à devenir des réceptacles à crasse, à rouille et à poussière. L 'évidage qu’on fait maintenant aux lames est assez bien entendu , il suffit pour conserver de l’épaisseur en diminuant la pesanteur ; il a encore cet avantage que l’«tguisage ou affûtage est plus facile : un sabre à lame pleine, comme celle des briquets , est très-long à émondre , parce qu’il faut atteindre toute la largeur de la lame , sinon on fait des taillons courts et ronds qui s’émoussent promptement et qu’il faut remoudre souvent ; quant à la petite cannelure qui suit le dos de chaque côté , elle n’a d’autre but que d’ôter de la pesanteur à la lame et d’ajouter au brillant du poli qui est toujours éclatant dans les cannelures. Les fig. 49» 5o, 5 1 , sont des coupes transversales de lames de sabre : la première est la plus belle et la meilleure , la dernière est peu usitée et offre peu d’avantage ;

■ celle fig. 5o est adoptée pour les sabres de fatigue qui 11e servent pas seulement comme arme ; le dos massif est moins sujet à se déformer, si I’oh frappe dessus avec un corps dur.

i38. Les lames de sabre sont forgées en acier, la soie seule et son amorce sont en fer ; quant à la nature de l’acier employé, il est bien difficile de le déter-

■'100 MANOBL

miner, puisqu’on peut se servir de tout acier; quelques personnes prétendent que les sabres d’ordonnance sont faits avec de l’acier de forge : les rcnscignemens que nous avons pris à cet égard ne nous ont rien füurtii de décisif; les sabres d’Allemagne sont . faits avec de l’acier de Styrie, qui est de l’acier de forge ;• néanmoins on fait une grande quantité de sabres avec l?acier de cémentation; à Klingentlial , près Strasbourg , on employait de l’acier de ‘Nassau - Siegcp. Je ne sais si nos fabriques ne fournissent pas maintenant celte matière à notre industrie mais cela devrait être , nous avons des aciers nerveux^t fins qui seraient très-bons pour cette fabrication.

i3g. La forge qui sert à la fabrication des lames

fut avoir un mètre et demi en carré , et est élevée sept décimètres ; on fait un trou à l’àlre , piès de tuyère , pour y passer les lames. Le soufflet est de moyenne force, et le feu est alimenté avec du chai bon de bois ou bien avec de la bouille grasse de première qualité, ne contenant point de pyrites. Son enclume peut peser de i5o à 160 kilog. , sur la table de cette enclume est pratiquée une coulisse à queue destinée à recevoir les étampes. Dans quelques forges on a des rouleaux d’acier, qui se placent dans une canelure semi-circulaire pratiquée sur la table de l’enclume ; ces rouleaux servent à évider les lames qu’on frappe alors avec chasses arrondies. Ce travail ne dispense pas de passer par les étampes ; mais c’est une préparation qui facilite beaucoup l’emploi de ces dernières. Les marteaux dont se servent les frappeurs devant pèsent, savoir : la masse 8 kilog., et le marteau 5 , les manches sont très-courts; le marteau du maître ne pèse que 2 kilog.

i4o. A proximité de la forge et de l’enclume doit être placé l’étau à chaud dont nous avons parlé plus haut (58, § dernier) , cet étau à chaud est quelquefois attaché après le billot même de l’enclume, d'autre*fpis il tiçnt après un billot particulier scellé en terre; au milieù des mâchoires se- trouvent deux échancrures verticales et semi-circulairés dont la réunion, lorsque l’étau est fermé , forme un trou circulaire dans lequel on peut saisir les fers ronds qu’il s’agit de refouler uas un bo«JSb

DE l/AHMUIHEIt. iOI

Le . forgeur de lames doit aussi avoir un tas (n , § 8) du poids de 2S à 3o kilog. ; il a de plus besoin de divers accessoires de la forge, tels que pinces, calibres, etc. (10 et suivans), et en outre, de deux marteaux à main dont un à panne tranchante pour refouler à froid la matière du dos de la lame, et l’autre en forme d’arc à deux têtes pour refouler l’arête au talon. La consommation de charbon d’un forgeur de sabres est, par jour, d’environ 56 kilog. , l’usage est que ce soit toujours le compagnon qui gouverne le feu et qui porte les pièces au maître sur l’enclume. Il met toujours deux lames au feu, dont l’une près et au-dessus du vent et l’autre prête à remplacer la première. On se sert ordinairement d’acier trois marques ; l’affinerie le fournit sous l’échantillon de trois centimètres et demi sur deux environ (i5 à 16 lig. sur 8 ou 9 ), le martincur l’étire et forme la maquette aux dimensions que le forgeur indique, suivant le genre de sabre qu’il veut fabriquer. On donne pour règle générale que la longueur et la largeur de la maquette doivent être des deux tiers de celle de la lame, et qu’au contraire leur épaisseur doit être une fois et demie plus grande*

L’échantillon du fer pour les soies est de n à a3 millimètres. sur i3 à i4 : c’est avec ce fer qu’on formé ce qu’on appelle le' pilon. Le bout nécessaire à une soie étant détaché de la barre, on le plie er^deux sous la forme d’un V, entre les branches duquel on soude le gros bout de la maquette. Le nombre de fois qu’il faut chauffer chaque espèce de lame pour terminer sa fabrication diffère beaucoup de l’une à l’autre; mais on ne met jamais au feu deux fois de suite la même lame. En général voici comment on peut classer les opérations successives : is étirer la maquette;. 20 souder la maquette au plion ; 3° distribuer la matière de part et d’autre de la ligne du milieu de la lame ; 4° former entre des étampes les pans creux ;■ 5° former le tranchant et donner la cambrure ^ 6° en fin, forger la soie. Chacune de ces opérations se fait par des procédés méthodiques dont le résultat est certain , mais dont il serait peut-être inutile de gros-. $ir cet ouvrage, . • •

loi MANCE!,*

41. La trempe des lames de sabre est une opération qui ne se fait vite et convenablement que dans les fabriques et par des hommes spécialement occupés de cette besogne. Le trem'peur doit avoir un fourneau alimenté de charbon de bois de hêtre avec un soulllet de moyenne force et dont la tuyère, est proportionnellement plus grande que celle employée pour la forge, parce qu’ici il s’agit moins de produire un feu vif qu’un feu volumineux et embrassant une plus grande surface. Nous disons du charbon de hêtre, parce qu’il est plus ordinairement employé ; mais celui, de chêne, d’orme et de tout autre bois, pourvu qu’il soit sec, sonore , léger , non pulvérulent, et qu’il ait en un mot tous les caractères auxquels on reconnaît le boncharbon , peut lui être substitué sans inconvénient. £e charbon de terre chauffe trop vivement et est sujet à brûler les pièces dans les laillans et autres endroits minces. 11 faut au trempeur, à côté de son feu, entre la fenêtre et lui, une auge dont les dimensions doivent être proportionnées an grand nombre de pièces qu’il e à tremper ; on doit faire attention que l’eau s’échauffe considérablement pendant cette opération et que la trempe reçoit alors des modilications importantes. Quand l’eau est très-froide , on peut moins chauffer l’acier, et c’est un avantage ; quand l’eau est échauffée, il faut que le fer soit plus chaud lors de l’immersion, sans toutefois que ce degré de chaleur passe jamais le rouge clair, nuance qui donne ordinairement trop d’aigreür à l’acier , surtout s’il est de bonne qualité.

i4î. L’atelier du trempeur doit être situé au nord : les rayons du soleil l’empêcheraient de saisir la nuance favorable à la trempe. Son jour ne doit être ni brillant, ni trop sombre, mais égal et modéré. Cet atelier doit en outre être garni d’une enclume bien dressée , de marteaux à panne et autres ustensiles ,' tels que

Ï onces , tisonniers, etc. ; l’enelume sert à redresser es pièces qui ont voilé à la trempe ; c’est un défaut que le plus habile trempeur ne peut entièrement éviter. Il peut bien le^gévenir dans un grand nombre de cas, en chauffant bien également son fer ; mais il pe peut faire que l’acier ne soit point plus resserré ,

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plus compacte dans certains endroits que dans d’au- , très : ce qui est encore une raison pour que les pièces . , £ prennent du gauche ; or, on sait que l’acier peut ep- K core , pendant une ou deux minutes après la trempe , ; ^

être travaillé, si toutefois on agit avec habileté et précaution. On redresse alors les pièces, soit en les prenant entre les mâchoires d’un étau, lorsque le gauche est peu sensible , soit en les frappant à petits coups répétés du côté concave avec la panne d’un marteau. Dans le premier cas, il ne faut tourner la vis de l’étau qu’avec beaucoup de précaution et petit à petit; dans le second, il faut frapper doucement et avec persévérance et discernement; cette opération , qu on fait toujours mal les premières fois , s’apprend promptement.

i43. Pour parer aux inconvéniens que présente l’immersion immédiate, le trempeur se sert des écailles d’acier brûlé qui se détachent de toute pièce bien trempée et qui tombent au fond de Peau. Tous les ouvriers savent que l’acier trempé dépouille ou découvre, c’est-à-dire que la partie oxidée par le fen quitte l’acier lors de la trempe qui prend alors une couleur gris blauc : plus la dépouille est blanche plus l’acier est dur. Les paillettes tombent d’elles-mêmes, lors d’une bonne trempe et lorsque l’acier est de bonne qualité : elles se détachent plus taid et partiellement , lorsque la trempe est moins forte ; enfin . la coqplie bleuâtre reste quelquefois adhérente , ce qui est d’un mauvais présage relativement à la qualité de l’acieret dénote toujours une trempe faible. Les écailles qui se détachent de l’acier lors de la trempe servent , . ' ainsi que nous le disions tout-à-l’heuie. à modérer la trop giande vivacité de la trempe ; tout autre corps divisé et humide produirait le même ollèt , le fraisil , le mâchefer pilé , etc. ; mais , comme le trempeur a l’écaille d’acier en abondance , il s’en sert pour cette opération , et beaucoup d’ouvriers prétendent que. celte matière doit être employée do préférence à toute autre. Voici comment le trempeur en fait usage.

Avant de mettre la lame au feu , il prend , au fond de l’auge , trois ou quatre poignées d’écailles d’acier qu’il entasse sur un coin Uc la forge, à proximité du

ï(>4 MANÜKC

fca , mais pas assez proche pour que la chaleur puiss« faire évaporer l’eau qu’elle entraîne après elle. 11 met alors le fer au feu et le promène sur l’endroit animé jusqu’à ce qu’il soit également, chaud partout où il doit être trempé , ce qui se reconnaît à l’égalité de la couleur. Lorsque la lame du sabre est dans cet état , il la retire du feu etla passe sous les écailles d’acier, d’abord une première fois en commençant par la pointe et continuant jusqu’à quatre ou cinq pouces de la base et la retirant ensuite à lui dans la môme position. Comme le chanfrein et Le biseau du bout de la lame sont forts sujets à se déjeter à la trempe , s’ils sont plongés très-chauds, il les fait passer une ou deux fois de plus dans les tas d’écailles , mais trés-

Î promptement pour ne pas laisser refroidir le cœur de a lame : il la plonge alors par le dos, en commençant par la hase. Les lames à deux tranchans sont maintenues dans une position verticale. Le mouvement de l’immersion ne doit être ni lent, ni accéléré ; l’un et l’autre produirait une trempe molle par des motifs analogues , mais qu’il serait trop long de reproduire

On reconnaît que la Lame est bien trempée, si la; dépouille ou découverte est bien faite , si le olanc est égal.

1 44- !Les pièces ainsi trempées seraient trop dures , l’acier n’aurait aucune ténacité, il se briserait comme un verre ; pour lui donner du liant, de l'élasticité, on est obligé de lui ôter de sa dureté , ce à quoi on parvient en le chauffant de nouveau , mais moins que la. première fois : cette seconde opération se nomme communément recuit , expression qui s’applique également à la remise au feu des fers forgés qui seraient trop durs poür être limés; c’est ce qui fait qu’un grand nombre d’ouvriers ont adopté l’expression de revenir, qui est plus juste, et que nous avons également adoptée dans nos ouvrages. On fait revenir les lames longues en deux fois ou à deux feux , en laissant entre eux un intervale qui ne touche pas au charbon ; dans ce cas „ le recuit se fait par communication de la chaleur.

On distingue plusieurs degrés de recuit qui sont déterminés par les couleurs que l’acier , trempé et en?

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suite avivé avec un grès, .prend au feu. L’acier revenu couleur d’eau est encore trop cassant; revenu couleur

f>aiile, il commence à être propre à plusieurs usages : es outils destinés à couper lé fer sont ramenés à cette couleur; revenus rouge* d’or, ils sont encore assez durs pour couper le 1er , s’ils sont d’acier fondu , mais n’ont encore aucune flexibilité ; revenus gorge de pigeon , c'est l’instant où le bleu envahit le rouge, ils sont flexibles, si l’acier est de basse qualité ; revenus bleu foncé, ils sont flexibles, quelle que soit la qualité de l’acier ; revenus bleu clair, c’est le recuit des ressorts passé lequel l’acier est tout-à-fait détrempé et n’a plus ni dureté, ni élasticité autre que celle qu’il doit à son état naturel auquel il est revenu ; tout effet de la trempe ayant cessé, on fait revenir les sabres au recuit bleu : lorsque la lame est parvenue à celte couleur, on la plonge promptement dans l’eau pour l’y fixer, Les personnes peu familiarisées avec celte opération y parviendront sûrement en faisant Chauffer rouge-brun un barreau de 1er sur lequel elles mettront la lame à faire revenir, en la changeant de côté jusqu’à ce qu’elle ait pris une couleur uniforme : elles n’auront alors qu’à tourner le barreau, et la lame tombera dans l’auge au-dessus de laquelle l’une et l’autre seront tenues.

i45. Après la trempe des lames, et lorsqu’elles sont revenues à leur couleur, il ne s’agit plus que de leur donner un affût préparatoire , de les polir et enfin de les brunir. Nous disons un affût préparatoire, parce que le fil ne se donne pas en fabrique , on piépare seulement les taillans en inclinant les biseaux et les tirant de longueur : ces diverses opérations se font à l’aide de meules. Nous devons entrer dans quelques détails sur ces trois dernières opérations de. la fabrication des lames de sabre, parce qu’elles sont communes à toutes les autres fabrications de cotte espèce, £pées , poignards , baïonnettes, fers de lance , etc.

Les fig. 52 — 61 de la planche 2 sont consacrées à l’explication des procédés employés à cet égard ; soit a, fig. 5a, représentant l’élévation d’un appareil d’aiguiserie,avec ses polissoirset ses brunissoirs , la grande çoue motrice intérieure correspondant par son arbre £

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avec une roue à augetsou tout autre moteur extérieur. Cette roue , dont le diamètre est indéterminé , pourra être placée en haut , en bas, à volonté : nous l’avons dessinée de manière à occuper le moins de place possible sur notre planche. Assez souvent elle est en bas et ne communique qu’avec un seul rayon de poulie situé au-dessus d’elle ; c’est de ce premier rayon que parleift les autres par des embranchemens analogues à ceux dont nous allons parler : cette roue a peut être * à rainure angulaire comme les poulies de tour; elle peut être plate , si un emploie une courroie en cuir plat , ainsi que nous l’avons indiquée en c faisant mouvoir la poulie d chef de rayon. Si on la fait à gorge angulaire , on mettra dessus la corde croisée c faisant ïnouvoir les poulies chefs de rayon f g : il est de principe , et cela est très-commode, de mettre une poulie folle à cûté de chacune des poulies chefs de rayon ; lorsqu’on veut faire cesser le mouvement d’un rayon , on fait tomber la corde sur la poulie folle. Si l’on voulait que le mouvement de rotation des rayons rf, f \ g et autres qui pourraient être ajjutés, fussent tous uans le même sens que le mouvement de la roue motrice a, circonstance que la situation des localités pourrait rendre nécessaire , on ne croiserait pas la corde aux points ec, ou se contenterait de former dans cet endroit deux étranglemens au moyeu de petites poulies, et alors on pourrait employer la lanière en cuir qui est toujours préférable aux cordes, eu ce qu’elle dure plus long-tems, qu’elle serre davantage et tombe plus aisément sur les poulies folles. On conçoit, d’après ce qui vient d’étre dit, que la disposition donnée dans la fig. 5a peut avoir lieu, mais n’est nullement obligatoire.

Les fig. 55—57 sont le plan de l’ensemble de Pap-

Î>areil; la poulie g , fig. 55 , fait tourner l’arbre /» sur equel sont montées les meules en bois î , a , 5, 4 » 5 : le nombre de ces meules est illimité. Leur rapprochement l’une de l’autre dépend de la longueur des pièces à aiguiser ou à polir eu travers : il doit se trouver entre chaque meule un espace an moins aussi grand que la longueur de la plus grande de ces pièces. On remarquera que la rapidité des roues ou meules moq-

SB I.’aHMURIKH. I07

tées sur le rayon g est en rapport avec la grandeur du diamètre de la poulie g relativement à la grande roue a; que ees meules sont entre elles plus rapides, selon que leur diamètre est plus grand , la meule 4 tournant moins vite que celle 5 qui est plus grande, et que la vitesse de la révolution de leur arbre li est d’autant plus grande que la poulie g est plus petite que les poulies chefs-rayons ^et d. On pourra donc , d’après ces données , accélérer ou retarder à volonté sa rotation. On l’accélérera, si oh fait la poulie chef-rayon g plus petite qu’elle ne l’est et si l’on fait la meule n° 5 plus grande encore. Nous dirons, dans un instant» comment il serait possible de décupler, de centupler celle vitesse au moyen d’un ou plusieurs embranchemens*. La meule n° Ier , rayon g , est faite en noyer : ou répand de l’huile sur la tranche , et on y met de l’émeri plus ou moins fin, selon le poli qu’il s’agit d’obtenir : celte poulie est représentée ronde sur son champ, c’est celle qu’on emploie pour polir les cannelures. La courbure de ce champ u’est pas toujours arbitraire, elle est d’abord déterminée parla largeur des cannelures et le polisseur doit en avoir de toutes les grandeurs : quand il s’agit de polir des coquilles ou autres pailies des poignées qui présentent des pointions de sphère creuse, il faut que la courbe du champ soit la même que celle du périmètre de la meule , c'està-dire que, pour avoir ces sortes de meules régulières», il faut les prendre dans des sphères pleiucs tournées

Îrarfaitement rondes, en les sciant de chaque côté do 'équateur et à égale distance : une sphère ne pouvant fournir qu’une meule , les deux calottes qui en sortent étant parfaitement égales, ces sortes de meules donnent un résultat bien supérieur à celui des meules dont la courbe du champ est arbitraire ; le n° 2 est une m eule à gorge ou en poulie, elle sert à polir les parties rondes et les parties saillantes demi-rond ; le n° ô est nu listel, il sert à atteindre dans les plats enfoncés dits plates- bandas ; le n° 4 sert aux mêmes usages sur des plates-bandes plus larges ; le n" 5 va foiftller dans des angles rentrant; il en est de même des profils des meules montées sur les arbres, fig. 54 et 5y.

Nous avoua parlé dos ombraucliçmeus au moyen

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desquels on augmente à volonté la vitesse de la rolàtion, nous en donnons un exemple, fig. 5| et 57 ; l’arbre de ce dernierrayon de meules en bois n’est pas mrt immédiatement par la roue motrice a , il reçoit son mouvement d’une grande poulie t qu’on place momentanément sur l’arbre du rayon 54 — f , et fjui 'met en mouvement, au moyen d’une corde sans fin, unepetite poulie j montée sur l’arbre du rayon, fig. 07, qui tourne sur un bâtis qui lui est propre. On conçoit que les meules qui seront montées sur ce dernier arbre tourneront très-rapidement et que leur rapidité sera encore augmentée suivant la grandeur de leur diamètre ; nous indiquons encore en k , fig. 56 — d, un autre embranchement qui pourrait servir à mettre en mouvement . d’autres rayons placés à droite. Autant pourrait-on en faire à gauche sur l’arbre 53 — g, et ainsi de suite sans - une autre limite que celle des forces du moteur.

La figure 56 — d représente l’arbre sur lequel sont montées les meules en grès servant à aiguiser les lames. Nous avons représenté à part vue sur une plus grande échelle, fig. 58, une de ces meules en grès avec le bâtis , fig. 59, qu’on établit à sa portée et sur lequel se place l’aiguiseur : il est couché à plat ventre sur la

fdanche a, ses deux bras sont pendans , il promène a lame de sabre en long sur la meule , qui , quelquefois , plonge dans l’eau par le bas , et d’autres fois est arrosée par une gouttière b suspendue au-dessus ; quant aux polisseurs, ils sont assis devant ces meules.

Le polisseur est souvent obligé de changer ses meules à émeri : pour que cette opération puisse se faire promptement , il ne faut pas que les arbres h , fig. 55, 54, 56, soient d’une seule pièce, ils ont une brisure à l’endroit de chaque meule. La fig. 61 représente une de ces brisurës. Lorsqu’il veut changer de meule , il fait passer la courroie sans fin sur la poulie folle , il dévissé le tourillons, fig. 61, ôte sa mettle dessus le carré b «t la remplace par une autre et fait rentrer la . vis a dans son écrou ; les deux embases c d servent à maintenir la meule, et, comme la vis a est longue et que le carré b est très-court, les meules, quoique d’épaisseur différente, s’y trouvent assujetties; les collets fdç l’arbre ayant de la longueur, cette opération est

bE l’.ARMÜBIRE. j0q

promptement faite : on tourne seulement le premier filet de la vis a , et, lorsque la lanière engrène sur lu poulie, elle- visse et serre en même tems. La fi<r. Go représente une autre manière de mettre les meules : chaque meule a son bout d’arbre sur lequel elle est fixée au moyen d’un contre-écrou a ; le carré b s’engage d’un côté dans l’arbre principal, tandis que la vis c entre de l’autre côté dans un écrou pratiqué dans l’arbre même.

Les meules servant à polir sont garnies d’émeri de grains divers et de pierre du levant broyée ; les meules à brunir sont enduites de charbon de bois blanc , de rouge d’Angleterre ; il y a aussi des brunissoirs d’acier trempé, d agate et de pierre sanguine ; le poli noir s’obtient en croisant les traits et en finissant le poli suivant la longueur des lames : celles qui sont polies en travers sont moins belles.

t Quant à la fabrication des poignées , nous n entrerons pas dans de grands détails sur ce qui la concerne. Pour les sabres d’ordonnance, tontes les poignées, si elles sont en cuivre , sont fondues sur le même modèle : l’armurier les achète toutes préparées, et le travail de cette préparation , qui est tout de lime et de ciselet , se fait hors de elles lui. Les poignées en fer sont forgées, trempées et limées dans des ateliers spécialement destinés à cette fabrication : l’armurier les trouve toujours toutes faites , il ne s’occupe qye de 1 ajustage et de la pose de la soie dans ces poignées : c’est une opération très-simple sur laquelle il n’y a rien d’important à consigner, ce qui suit devant éclairer suffisamment la pratique.

147. Nous 11e parlerons pas également, et par la même raison , de la confection des fourreaux d’épées, de sabres et de bayonnettes; uous donnons, fig. 54, la forme des bouts en cuivre qui terminent les fourreaux de sabre , fig. 55, la garniture eu cuivre qui forme l’entrée de ce même fourreau , et enfin, fig. 56, la forme du bout d’un fourreau en fer : ce bout-est garni d’uue arrête en fer nommé dard, qui garantit le fourreau lorsque le sabre traîne .à terre. Voici d’ailleurs les qualités qip constituent un sabre bien monté et qu'ou doit exiger scrupuleusement : ‘ •

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