‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier, ou Traité complet et simplifié de ces arts formant une encyclopedie des sciences et des artsChapitre 26 sur 87 · AHMES DÉFENSIVES ENCORE EN USAGE · texte numérisé non relu

AHMES DÉFENSIVES ENCORE EN USAGE

166. Le casque est enpore porté par les dragons , les cuirassiers, lés carabiniers, les pompiers; mais ce K est plus i armurier qui est chargé de sa fabrication.

' DE l’aHMCRIKR. I 2<J

ies anciens, les chevaliers, attachaient avec raison ne haute importance à cette noble partie de l’armure : liez les premiers, c’était un dieu qui avait fabriqué i s casques d’Achille, d’Enée et des héros demi-dieux ; hez les modernes, c’était l’œuvre d’un enchanteur; as uns et les.autres n’accordaient qu’avec peine à la nain d’un mortel l’honneur de cette illustre fabricaion. De nos jours les choses ont bien changé , et, il aut bien se résoudre à le dire , c’est un chaudronnier 'ui emboutit la calotte qui est faite en tôle, d’acier, le fer, de cuivre ou de plaqué, suivant le grade. ')u’eût dit Lancelot qui faillit mourir de honte pour .voir été en charrette ! La visière n’ést point mobile , 't’est assez souvent un avancement en cuir bouilli, jordé quelquefois de cuivre, comme cela se pratique •jour les schakos, d’autres fois c’est une peau tigrée fui enveloppe tout le casque et forme une zône d’un lécim. environ de hauteur. Les orneinens, les écailles les jugulaires sont faites en fer-blanc mince ou en cuivre laminé et enlevé sur les feuilles par un décôupoir ou emporte-pièce pressé par le balancier. Le • chapelier garnit ensuite l’intérieur d’une coëfTe, double les jugulaires, place les crinières et les aigrettes. On appelle jugulaires ces brides qui retiennent le casque et qui garantissent les joues et les oreilles des coups da sabre. Les écailles dont elles sont composées , représentées Og. 62 et 65, pl. 2, sont placées alternativement et cousues avec de petites bandes de fer-blanc qui sont recourbées en dessous du Cuir sur lequel elles sont assemblées et qui est lui-même doublé d’une étoffe ou d’une peau plus fine. Elles se recouvrent l’une sur l’autre de manière à cacher le lien transversal qui les attache.

On fait maintenant de très-beaux casques qui sont d’un poli brillant.

167. La cuirasse qui fait l’armure de nos cuirassiers, n’est point non plus semblable à la cuirasse antique ; il s’en faut de beaucoup qu’elle soit aussi arlistement travaillée et qu’elle se dessine aussi bien sur le corps, mais elles sont plus sûres. Elles sont composées de deux parties façon nées ^n coquilles dont l'une enveloppe le devant et l’autre le derrière du corps en lais-

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gant le mouvement de la tête , des bra^et .des cuis» parfaitement libre. Chacune de ces coquilles faits d’acier ou de fer battu est polie en dehors et double d’éioffe en dedans : elles* se réunissent en se croisât sur les épaules et sous les bras au moyen d’agraff*. L a coquille de devant .présente un angle saillant * curviligne correspondant au milieu de l’estomac , qi lui donne tout -à-la-fois de la force et une dispositia telle que tous les coups directs sont réfléchis a droie et à gauche : elle est d’ailleurs à l’épreuve des balLs de fusil. On la fait ordinairement d’acier,. afin quV tant plus mince et plus légère elle conserve néanmoiis toute la force rfécessaire- La coquille de derrière, qu’on- regarde comme moins importante, est faite avec de la tôle de fer.

Leur fabrication se fait par estampage , soit sous le mouton , soit sous un très-fort balancier. Les feuilles de métal destinées à cette fabrication doivent être sans défauts et d’une dimension donnée ; chauffées près qu’au blanc dans un four à réverbère , elles sont portées .l’une après l’autre dans cet état sous le mou* ton ou sous le balancier où quelques coups suffisent pour leur faire prendre la forme des matrices. Le reste du travail regarde le polisseur d’acier.

Les matrices dans lesquelles on fait prendre aux coquilles la forme nécessaire sont en fer et d’un travail très-difficile en ce point qu’il ne souffre aucune imperfection. Gomme ces matrices sont composées de deux parties , l’une en creux, l’autre en relief, il faut que les pleins se rapportent exactement aux creux à peine de voir s'éclater la majeure partie des feuilles métalliques qui seront soumises à leur pression. La moindre déviation dans les courbes entraîne la perte du travail. *

r68. Les troupes allemandes n’étaient plastronnées .que par-devant, et l’on a Iong-tems agité la question ,

Ïii n’est pas encore résolue , de savoir si cette méode n’est pas préférable en ce qu’elle charge moins le cavalier ; car, telle minée que soit la cuirasse, son poids varie entre onze et quinze livres. Je crois qu’on pourrait résoudre la question^» l’avantage de la méthode française. Un cuirassier me raconta que, dans

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u! combat nocturne qui eut lieu la veille ou la surville delà bataille de Ratisbonne, un régiment de cdrassiers français se trouva mêlé pendant la nuit avec uj régiment de cuirassiers autrichiens i on se battit loig temps dans les ténèbres ; mais enfin, chacun risquant de tuer ses camarades et la moindre interpellaion attirant sur-le-champ sur celui qui la faisait une grle de coups, on garda d’un consentement tacite unnime le silence le plus absolu ; chacun attendant qiun rayon du jour vînt lui montrer si son voisin était ani ou ennemi, et si, dans cette horrible mêlée , la mrt avait plutôt moisonné d’un côté que de l’autre. Au premiers rayons du jour, tous remarquèrent que le ombre des Autrichiens morts ou blessés était plus C08idérable, et il l’était tellement que les survivans furnt obligés de mettre bas les armes. Les Français s’acordèrent tous pour attribuer leur avantage à leur cuiasse du dos qui les avaient garantis de ce côté , tanis que l’ennemi avait eu beaucoup des sieus de tuépar des coups de pointe qui avaient pénétré dans le (is et entre les côtes. Nous consignons ce fait dont on rera d’ailleurs telle conclusion qu’on jugera convenble, mais qui nous semble établir que l’avantage poula conservation de l’homme résultant delà cuirass devant et derrière est plus grand que ne l’est le désçréinent causé par l’augmentation du poids de l’ane.

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