Les vis de plaque de couche
1 9° La plaque de couche.
(Voyez, pour la platine et les précautions à prendre , ce qui vient d’être dit pour le fusil. )
On suivra l’ordre inverse pour remonter ce mousqueton.
On doit , autant qu’il est possible , s’abstenir de démonter la vis de la tringle et les vis de la plaque de couche. La culasse et la vis de détente ne doivent jamais être démontées que par un armurier.
Le mousqueton, modèle de l’an 9, se démonte et se remonte comme le fusil , sau£ la tringle qui se déplace et se replace d’une manière analogue à celle du mousqueton modèle de 1816. On ne démonte le battant d’en bas que quand la vis est rouillée.
(1) On live la tringle pour ôter la vil de devant.
* ' ' DE l’aBMOHIER. 1()7
aa4» Ordre suivant lequel on doit démonter te pistolet
. ■ de cavalerie , modèle de Fan i3.
ï° La baguette ; io° La culasse ;
30 Les deux grandes vis 110 La vis de l’écusson ;
de.la platine (1) ; 120 La goupille de la dé-
3° La platine ; ' 1 tente ;
4° L’embouchoir ; 1-3° La détente ;
5° Le porte-vis ; i4° L’écusson ;
6° La vis du pontet ; i5° La vis de calotte ;
70 Le pontet ; 160 La calotte ;
8° La vis de culasse ; 17° La bride de poignée.
90 Le canon ; • s . •
( Voyez, pour la platine et les précautions à prendre» le démontage du fusil. )
On suivra l’ordre inverse pour remonter le pistolet. Graisser les armes.
aa5. Les armes ne peuvent être long-tems préservées de la rouille si elles ne sont enduites d’un corps gras ; on graisse toutes les pièces en fer de ces armes avec une composition de quatre parties de suif et d’une d’huile d’olive fondues ensemble ; l’expérience a fait connaître qu’il ne faut pas employer la graissé toute fraîche , et qu’il convient de la garder environ huit jours avant de s’en servir : on niét aux articulations des pièces, et particulièrement de celles de la platine, de l’huile d’olive purifiée. Si, par inadvertance , on graissait, les pièces en cuivre , elles seraient promptement couvertes de verdet.
L’huile d’olive pour graisser les platines étant rarement assez pure , voici le procédé en usage dans les manufactures d’armes pour le purifier. On verse du plomb liquéfié dans l’huile froide, à-peu-près dans la proportion de 8 onces de plomb pour 2 livres d’huile, on fait évaporer les parties aqueuses qu’elle peut Contenir, et les parties grossières ou les autres substances étrangères qui y sont mêlées s'attachent*» ce plomb, en sorte qu’en répétant deux ou trois fois cette opé-
(») On ôte celle de devant la première.
H# , MANDKT,
ration , on obtient de l’huile bien purifiée *qui cambouise beaucoup moins que les autres corps gras de cette nature , et qui ést très-conservatrice du fer.
Il faut avoir la précaution de mettre l’huile dans un vase -de métal pour qu’il ne se casse pas lorsqu’on y verse le plomb', et de la laisser déposer après l’opération, en l’exposant à cet effet au soleil ou à une chaleur
artificielle pendant quelques jours.
Gravure des fusils et des sabres.
22 6. On grave au burin sur la queue de culasse des fusils et deà pistolets la désignation de l’année, du modèle, et sur le corps de platine le nom de la manufacture ; mais, celte opération se fait plus promp- - tement et plus économiquement au moyen de poinçons portant plusieurs lettres. La gravure sur les lames de sabre se fait au moyen d’un procédé dont les ouvriers ont long-tems fait un mystère , voici en quoi consiste ce procédé :
Les lames étant essuyées après l’aiguisage , le graveur les expose sur un gril à la chaleur d’un brasier de bois de hêtre pour enlever leur humidité. 11 les fait chaufFer de nouveau, afin d’étendre facilement un vernis qu’il y applique avec du coton : il enduit chaque lame de quatre cofiches, ayant soin de les faire sécher successivement avant d’en étendre une nouvelle. Ces couches donnent au vernis une épaisseur suffisante
f»ôur que l’empreinte des caractères soit assez forte orsqu’on se sert du style , ou pointe sèche , ce vernis ne s’écaille point. Sa composition est 2 litres d’huile de lin, o k. 24 (8 onces) de copal, o kil. 10 (4 onces) de térébenthine, 0 kil. 24 ( 8 onces) de poix de Bourgogne. Il l’étend sur la lame suivant la longueur convenable , selon ce qu’il a à graver et, à la' place où il veut graver.1 En fabrique, on l’étend suivant une longueur de 02 centimètres (1 pied) environ à partir du talon. Les lames à graver sont plongées dans un mordant dont la composition esfc:
o kilogr. 12 (4 onces ) de vert-de-gris.
r. o 18 (6 onces ) d’«lun.
o 42 (14 onces) de couperose,
o 24 ( 8 onces ) rouge d’Angleterre,
b litres d’uau claire.
• DR l’armurier. igg
Cette composition se fait dans des vases.en cuivre
rqxette^qui coqtiennent cinquante à cent lames. On
se sert de ce métal parce qu’il n’est pas attaquable par la çomposition ci-dessus. Ce n’est que lorsque ce suidant est en ébullition qu’on y met les lames, on y laisse pendant une heure , elles se trouvent attaquées dans l’endroft gravé, le vernis n’éprouvant aucune altération. Ilfaut,potft que les lames plongées ne soient point endommagées , que le. vernis qui leur est appliqué dépasse le niveau du mordant de 54 mil- 'limètres (2 pouces) environ. Ce vernis est ensuite enlevé au polissage.
Cette méthode, dont on faisait mystère, est comme on le voit , fort peu de chose , c’est bien à-peu-près celle employée par tous les graveurs de la capitale.
# Grain de lumière pour les canons de fusil.
327. Lorsqu’un long usage a trop agrandi la lumière* du canon de fusil, on répare ce défaut au moyen d’un grain. Ou nomme ainsi un cylindre en fer pour les armes de guerre , en or, en argent ou en platine pour les armes de luxe, qu’on fixe à l’endroit où était la lumière et qu’on fore ensuite : voici le procédé suivi pour mettre un grain en fer, il est le meme pour les autres métaux.
On grandit la lumière avec un foret dont la plus forte épaisseur doit être un peu moindre que le diamètre de la tige de la vis du chien , on taraude le trou qui en résulte avec deux tarauds, dont le premier doit être à trois pans sur le bout et un peu conique, et le second du même diamètre que celui de cette tige. Après avoir fileté le grain dans une filière aussi de même diamètre, on lé fait entrer dans son écrou à l’aide d’un étau à main , et on l’y enfonce jusqu’à la paroi intérieure du canon. Ayant coupé la partie supérieure qu’on laisse un peu déborder, on la inatte, refoule, rive, etc. , et on repasse dans l’écrou du, tonnerre le taraud qui a terminé cet écrou (177), on perce ensuite la lumière au milieu de cette pièce rapportée.
Si le canon auquel il est nécessaire de mettre un grain en avait déjà eu un , on ferait partir celui-ci au moyen d’un foret, si la lumière est encore au milieu
200 MAHCEL ,
du graip.’Dans le cas contraire, on se servirait d’un oiselet et d'une broche carrée, et on emploierait eu suite des tarauds ou des filières d’un diamètre plus fort que ceux dont on aurait déjà fait usage. Les lumières qui ne sont pas évasées de plus de 0,0008 (4 poiuA) ^ mais qui conservent leur form^circulaire, sont susceptibles d’un bon servie^ On lit dans Y aide mémoire page 589, 5* édition, que ce n’est qu’après avoir tiré 180,44* coups à balles avec un fusil dp 1777, qu’on a été obligé de mettre un grain à la lumière du canon de cette arme.
Les grains en platine sont les meilleurs, mais on n’en met qu’aux armes de luxe , parce que ce métal est cher (i5 à 18 francs l’once) ; cependant, il y a boit nombre de fusils de chasse qui en sont pourvus, on double aussi la cuvette des bassinets en platine^ une double garniture semblable augmente de 12 francs le prix d’un fusil de chasse à deux coups^.
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f TROISIÈME FARTIE.