ARMES DE FANTAISIE
Fabrication.
276. Les diverses méthodes de fabrication de fusils à piston ont été, dans ces derniers tcms,la principale occupation des armuriers, et le but de leurs études et de leurs essais : la découverte de l’application de la poudre fulminante employée comme amorce af produit cette direction donnée à leurs travaux : nous .avons donc dù nous étendre sur l’objet qui les fixe particulièrement ; maintenaqUnous allons parcourir rapidement les autres parties de cet art en recueillant de part et d’autre, comme nous l’avons déjà fait, les faits épars consignés dans. les recueils techniques, et en y joignant nos réflexions propres, lorsque nous les croirons capables d’éclairer le lecteur et de l’aider dans l’appréciation de ces«inêmes faits.
277. Nous plaçons ici le procédé suivant extrait de l’ouvrage publié par le Gouvernement , intitulé : Description des machines et procèdes ; parce que les procédés qu’il fait connaître sont applicables indistinctement à la fabrication de toute espèce d’armes : nous y joignons quelques réflexions et indications d’autres procédés propres à fixer sur ce point l’attenlion des armuriers.
MAJCUpt
i3 février 1792. — Brevet d'invention de i5 dns pour des machines propres à travailler et à polir extérieurement les canons de fusil sans le secours des meules , au sieur Jean Javelle , de St. -Etienne.
« Ces machines consistent en trois sortes de tours sur lesquels les canons sont mis successivement.
Le premier a pour objet de l’aire sur divers points du canon des bouches ou repères dont la profondeur marque la quantité de fer à enlever pour le réduire à l’épaisseur exigée par les réglemens. Cette machine étant absolument dans le genre de la seconde, la description de celle-ci fera comprendre celle-là.
Le second tour a pour objet d’enlever tout le fer excédant les épaisseurs marquées par les bouches. Un mandrin en acier, portant le calibre de l’Ame du canon de fusil et ayant une manivelle à l’une de s§s extrémités, tourne dans deux collets de poupées séparées l’une de l’autre de la longueur d’un canon de fusil de munition , qu’on enfonce et qu’on fixe dessus avec une vis y pour que le mouvement de rotation du mandrin l’entraîne. Deux poupées à lunettes, fixées solidement vis-à-vis les bouches, embrassent le canon sans le serrer pour l’empêcher de branler.
Un curseur porte-outil qu’on fait aller et venir parallèlement à l’axe du mandrin le long de deux barres de fer bien calibrées et au moyen d’une vis de rappel dont la manivelle est placée du cOté opposé à celle du mandrin , enlève successivement tout îe fer excédant et polit enfin le êanon.
La troisième machine, ou le troisième tour, sert à former les pans du tonnerre; pour cet elTct , une grande roue de tour met en mouvement un axe portefraise sous laquelle on présente successivement toutes les faces à former : un châssis, glissant à frottement sur un autre châssis à coulisse, le tient à une distance convenable de la fraise : on le fait manœuvrer au moyen d’une vis.
Explication des figures 27,28, 29 , 5o , planche 3.
„ «1 fig- 27 et 28 , banc sur lequel le tour est placé. b , supporte du tour ; ils sont enfer,.
' ■ DK L’ARMURIER. 27I
e , pièces latérales en fer, de forme carrée, servant de guides au curseur armé sur ses colés de deux burins ou coupoirs.
d , 'curseur; e, partie non achevée du canon du côté du tonnerre; e’, partie achevée du canon tlu côté de la bouche; f, mandrin sur lequel le canon est monté; il est tenu aux extrémités dans des collets ; g , manivelle adaptée sur le mandrin, avec laquelle on fait tourner le canon.
Ii , vis de rappel faisant mouvoir le curseur ; y, manivelle de la vis de rappel ; A , lunettes qui soutienntnt le canon. ,*• . •
l, bride avec une vis pour contenir les deux vis : Tri , vis de pression pour maintenir les lunettes, le curseur, etc. ; n, coussinet de cuivre.
0 , colliers ou brides des coussinets.
Figures 29 et 5o,
a , grande roue motrice , ( pous île l’avons pas dessinée , c’est une roue à bras Ordinaire) ; b , manivelle • ( id- ) , *c, support, ( id. , c’est le* bâti ordinaire ) ; , d, corde sans lin faisant mouvoir ta poulie c .montée sur l’axe de la fraise f; celte fraise forme les pans ou faces du tonnerre du canon!
g, vis de rappel mouvant une. coulisse.
Ii , table en 1er sur laquelle on assujétit le canon ou toute autre pièce qu’on veut dresser; y, coulisseaux maintenant la table dans sa position. *
A, caisse latérale en fer sur laquelle la table li se meut ; / , vis de pression assujétissant les coussinets ; tn , poupées du tour. *
« , pieds ou supports sur lesquels la machine est montée (1).
(Publication des brevets dont la durée est expirée , T. II, page j 33 , planche 5o }.
(1) Celte description est succincte , pent-ctre un peu trop; mais, telle qu’elle est, l’opération étant d’ailleurs simple , un mécanicien intelligent suppléera à ce qui manque : une seule omission, plus grave que les autres , exige de notre part, une observation. Dans le tour tel qu’il est donné, on conçoit bien le mouvement parallèle du chariot ; mais comment a-l-üle mouvement incline nécessaire poux
• manuel
278. Description et nsagcd’un instrument pour connaître et comparer la force relative à des ressorts du fusil de munition , et pour déterminer le degré de force le plus convenable à chacun d’eux , par M. Uegnieh.
à, a , planche 3 , fi g. 19, planchette sur laquelle est établi l’appareil placé sur une table.
b , support de fer coudé terminé par une fourchette pour.recevoir le fusil qui y est maintenu par une clavette en cuivré.
c, fusil posé verticalement sur la tablette pour en éprouver les ressorts. *
què le rmon affecte la forme conique, ou en cierge, qu’il doit avoir ; un mouvement d'avancée ou de recul de la poupée de droite qui porte le mandrin , ou plutôt ce même mouvemeut procuré au support «le la vis de rappel doit produire cet effet ; mais rien de cela n’és^ exprimé et c’est pourtant le point délicat , le gite de la difficulté : ce tour n’offrant rien d'ailleurs qui le distingue ‘îles tours parallèles ordinaires et ressemblant au tour de M. Smart , décrit^ dans le vqjume 8 du RcposUory a/ arts , qui a été décrit dans le n° to6 ,*pag. -q du Bulletin de la Société d'encouragement, et rapporté dans le T.- » , pa{j. ai*5 , deuxième édition du Manuel du Tourneur. Il n’est pandit non plus comment s’opère le rappel de la vis h. Quoi qu’il eu soit, nous n'avons pas cru devoir nous arrêter , à ces imperfections, pensant bien que l'adresse des mécaniciens y • remédierai U " • .
Cette manière de travailler extérieurement les canoDS de fusil paraît devoir être’préférée a l'emploi des meules ; elle est d’ailleurs ■plus économique , plus prompte , plus assuré^ , et il doit en re'sulter beaucoup moins d’inconvéniens relativement a la santé des ouvriers, telle est du mriins l’opinion d’écrivains très-distingués qûi ont écrit sur cette qiatière ; nous avons lu quelque part que le poids du fer enlevé suffit pour compenser les frais de la junrnée dç l’ouvrier, et il n’y' a plus de meules fort cheres à entretenir et n’avançaut que très-lentement le travail.
On trouve, sous le n® 3o8 , pag. 5i-5a du Bulletin de ta Société ( d'Encouragenient , pl. 4»8.» ay.e année , i83o , la description d’ua Jour exécuté en Russie , a Sestroveski , a cinq lieues de St.-Péters- , Lqurg, par M. le colonel de Laucry, qui se rapproche absolument du tour de IVL Jeaq Javelle, mais qui est beaucoup plus compliqué : nous n’avons pas cru devoir le reproduire ici, et nous renvoyons les lecteurs à l’ouvrage cité ; obligé de choisir entre les deux procédés et peu capable de faire un cbAix motivé , nous avons donné la préférence a l'antériorité de date et a la plus grande simplicité d’exécution, le prèmicr paraissant évidemment avoir lotirai l’idée
• • DE l’aRBH'RIEB. 3/3
d , socle sur lequel appuie la crosse du fusil. c , levier placé entre les mâchoires (Ju chien armé. jf, plateau de balance pesant 5 hectogrammes. g, cases en huit divisions , contenant les poids nécessaires aux expériences.
/t, levier à bascule pour faire découvrir la batterie. j , support de la bascule, .fixé sur une petite planchette à coulisse pour être rapproché ou éloigné du fusil. ' - ,
A , coin gradué à rainure fixé au bas du socle rf, et destiné à faire porter exactement l’extrémité du petit bras •du'lA'ier A au point «où frappe la pierre sur la batterie^ * ^ •
du second. Nons invitons cependant le lecteur à consulteri’ouvrage que nous venons d’indiquer, avec d’autant plus d’instance qu’il y trouvera en outre la description d’une machine a rdbaner les canons de fusils qui ,• encore bien qu’elle ne noos a pjs Mmblé remplir son objet , pourra être jugee diffcremny^P par les artistes, et, dans tous les cas, leur fournira des idées.
. Ils trouveront dans ce même volume , açj.e année , la description d’une machine a tarauder Us culasses des canons de fusils, qui, encore bien qu’elle nous semble présente» luxe de moyens relativement à l’effet obtenu, est cependant digne de remarque, quoi qu’étle n’obvie en rien aux iriconvcuietis ordinaires, cl que nous avons signalés dans notre ouvrage à l’article du Taraudage des écrous qui reçoivent Us culasses ( V oyez 1 76 , 5 ). •
Ils y trouveront aussi une machine très-compliquée servant dresser et à polir intérieurement les canons de fusils , que nous n’avons 'pas comprise dans notre recueil , parce qiî’ellc ne ijous a pas semblé être d’une utilité immédiate à l’armurier , et ne pourrait quê Satisfaire une louable , mais stérile curiosité ; la même observation s’appliquera à la machine à forer les platines et à roder les bassinets ; dans toutes ces machines , d’ailleurs fort curieuses , il y as ^ surabondance de moyens d’exécution relativement aux effets produits. Ce même volume couticnt en outre la description d’un laminoir à étirer les lames do sabres et de bayûnnetles que nous ne faisons qu’indiquer , attendu qu’il n’est pas enrore Irês-îùr que l’adoption du laminoir pour cette sorte de fabrication produise de bons, résultats : l’acier perd de sa vertu au laminoir; les essai» qu’on a faits jusqu’à présent n’ont pas été heureux ; le martelage est encorefaux yeux de tous les bons ouvriers une nécessité ; cependant, nous le répétons encore, notre avis , dans toutes ces choses, ne doit avoir , aucun poids, et nous ‘engageons les armuriers à voir eitxmèiues ces machines, que, dans tous les cas, nous n'aurions pu dessiner sans augmenter de beaucoup les planches et |>ar conséquent le prix dè cet ouvrage. 4 ’
274 MAlfüBL . .
/, position du levier à bascule, lorsqu’il estrapproché de la batterie pour la faire découvrir.
?» , extrémité du levier auquel on accroche le levier pour faire découvrir la batterie par l’etfet du poids. *
Usage. .
ire expérience. Le. chien étant armé et chaEgé de 20 hectogrammes , y compris le poids du plateau /, on appuiera le doigt sur la détente ; il s’appuiera doucement surlè rempart du dbrps de platine ; si la chute est trop forte , on ajoutera du poids , et on en ôtera si le chien ne pept pas élevej le plateau ; les grands ressorts qui soulèvent 20 à a4 hectogrammes par ce procède paraissent les meneurs. *
• ae expérience. On éprouve la résistanc# de la batterie en faisant , comme on l’a dit plus haut, porter exactement l’extrémité du petit levier li , au point où frappe la pierre : alors on aocroche le plateau à l’autre extrémité'tùi ? *2 à i5 hectogrammes , y com-
pris le poids du *ateau", doivent suffire pour faire découvrir la batterie.
Observations.
Comme il' est impossible de faire des ressorts parfaitement égaux et d’avoir des frottemens uniformes , il peut être accordé, une tolérance de quatre degrés, ^comniede 20 à 24 hectogrammes pour le grand ressort, et de 12 à i5 pour celui de la batterie,
Le degré de force sera bientôt senti par la main du plâtifteur ; l’habitude lui donnera le tact, et il 11e s’en éloignera pas.
Les platines en blanc peuvent être éprouvées par le même moyen. Pour cet effet, on a construit une «Spèce de fût destiné à recevoir facilement chaque platine l’une après l’autre : ce fût, qui a un encastrement et un levier de détente, se place dans la fourchette du support de fer de la même manière que le? fusil.
Comme la main du contrôleur sera le premier vérificateur de la. platine , l’emploi de l’instrument ne paraît nécessaire qne lorsqu’on aperçoit une trop grande différerice clans l’actiofi des ressorts, afin de connaître
la valeur de cette différence, et la faire remarquer à l’ouvrier, qui verra bien alors qu’on ne juge pas sou ouvrage arbitrairement.
Enfin, cet instrument peut être considéré comme un type qui doit amener un principe sur la force des ressorts et (éloigner les erreurs dans lesquelles on est tomj)é, faute de moyens convenables.
Grôirail-on que des fusils de choix recommandés ont donné.une différence, sur la même espèce de ressorts, de 10 à 27 ? - ’ . .
Ainsi , il est important qu’un inspecteur de manufactures d’armes ait à sa disposition un instrument comparatif pour s’assure*, d’une manière certaine, de cette action de l’arme si essentielle aubien du service.; car. l’expérience de plus- de vingt mille coups de fusil nous a démontré que les platines à grands ressorts vifs et ressorts de batterie lians ratent bien moins., toutes circonstances égales d’ailleurs , que les platines qui s’éloignent du terme indiqué.
On voit, par ce que nous venons d’exposer, que le» ressorts n’ont pas été éprouvés séparétmyit de la platine; il faut aussi avoir égard à la confeption des autres pièces qui agissent conjointement avec eux..
En effet, un pied de batterie peut se tronver plus ou moins long ou plus ou moins avancé sur le ressort; une griffe de noix peut être plus ou moins, pleine , et donner par conséquent des résultats différons.
Ainsi, nous ne devons avoir égard qu’aux résultats des différentes causes qui impriment l’action au chien et qui opposent de la résistance à la batterie, afin de faire coïncider convenablement le choc de la pierre et la résistance que lui lait éprouver la batterie pour pi'odÜrt des étincelles.
Les principaux. arquebusiers de Paris, après différons essais faits en leur pré^nce, ont certifié que, sans cet instrument , il est impossible d'obtenir un accord satisfaisant entre les ressorts des platines. L’Institut de Fiance a approuvé ce même instrument, et en a parlé
876 MAIîCKr,
avec éloge ; enfin , plusieurs officiers dû corps d’artÿlerie pensent qu’il remplit bien son objet (i).
(1) Nos lecteurs ne perdront pas de vue que , dans tous ces rapports., nous ne faisons que transcrire littéralement et pour porter à leur connaissance une infinité de choses très-intéressantes pour les armuriers, sans avoir la témérité d’y joindre notre avis, qui n'auèail aucun poids après les autorités .respectables qui ont prononcé sur le mérite dç ces inventions utiles. Peu versé dans ces matières , nous ne disons qu'avec hésitation ce que nous empensons : il nous semble qif il y a luxe d'éloges et emploi de moyens trop compliqués relatifement a l’effet obtenu; s’il s'agissait de peser la force d’un grai>d ressort, nous le monterions simplement sur une barre de fer sur laquelle nous l’assujettirions a l’aide de la vis et de l’étoquiau et même d’un buttoir tenant lieu dujrerapart du corps de platine ; nous prendrions cette barre de fer, qui pourrait servir pour tous les ressorts,’ dans l’étau, le ressort sortant en dehors dans une position renversée ; nous placerions un fort anneau dans l’arcade renversée de la griffe , et à cet anneau nous suspendrions un plateau dans lequel seraient déposés les poids destinés à faire fléchir ce ressort ; nous aurions alors le poids de la force du ressort , tandis qu’avec le moyen proposé on ne peut obtenir que des évaluations approximatives , puisque la longueur du chien et celle de la griffe de la noix, qui font levier sur le pivot de la nOix , doivent , suivant leur plus ou moins d’étendue , influer sur le résultat des épreuves ; qu’un ressort paraîtra plus fort, si les vis d'assemblage sont peu serrées , si les frotterriens sont lubrifiés , si les pivots sont bien rodés,» si enfin le mécanisme marche librement ; qu'il paraîtra plus faible, si les mêmes circonstances se rencontrent en sens inverse. Tout le monde sait que de l’écartement du clou du chien h la vis-pivot de la batterie dépend la force du choc , qui sera plus violent si le cbïcn a plus de course , -etc. , ele. L'épreuve des ressorts ne nous paraîtra donc concluante que lorsqu’elle sera dirigée sur les ressorts eux-mêmes. Mais , nous le répétons, nous ne sommes point juges compétens en cette matière , et nous nous soumettons à l’avauce et avec toùte confiance au jugement des armuriers. •
MÀM.T.L
Observations generales.
On voit, par cette table, i° que lçs huit fusils ^grands ressoits vifs et ressorts de batterie lians ont rare cinquaote-sept fois sur huit cent soixante-dix amorces brûlées; ce qui donne un coup raté sur quinze coups tirés ; 1
a° Que les huit fusils à grands ressorts faibles et r.essorts de batterie forts ont raté cent vingt-cinq fuis sur huit cent soixantle-dix coups; par conséquent un coup raté sur huit coups tjrés.
Ainsi , ces expériences démontrent que nos fusils de munition donneraient moitjé moins de faux feux , si on déterminait le -degré de force des ressorts dans la proportion indiquée. - * *
( Bulletin de lu Soci^c d’ Encouragement , 7' année, 1808. — Mars. — Page )
Éprouvettes.
279. La poudre à tirer est de plusieurs qualités : il import<*de pouvoir reconnaître la meilleure; car, une arme offre des résultats bien dilTérens , selon qu’on emploie de bonne ou de mauvaise poudre pour son service; il y a plusieurs signes extérieurs auxquels on peut d’abord préjuger delà bonté de la poudre, les voici: Qn met une pincée de pûudre sur une feuille de pa-
fûer blanc, on y met le feu; si la poudre est bonne, toute a masse s’enflamme à-la-fois sans laisser de tiacc sur le papier , ce qui est bien rare cependant. Si la poudre est mauvaise, ou elle laisse sur le papier des traces' de brûlure ce qui annonce qu’il y a excès de soufre -et que le mélange est mal fait, ou bien , des espèces de piqûres et grain6 grisâtres qui s’enflammen t lorsqu’on y met le feu , lorsqu’il y a trop de salpêtre ; enfin', elle noircit le papier lorsqu’il y a trop de charbon. La poudre doit être d’un grain égal, dur et bien dépouillé de poussier. Pour en vérifier ta dUrelé, on en prend plusieurs pincées dans les échantillons choisis pour les épreuves, et on les frotte fortement avec le doigt dans le creux de la main : ils ne doivent s’écraser qu’avec difficulté ; enfin, on s’assure que le grain est bien épousseté lorsqu’eu en faisant couler
DE l’aRMURIF.R. 27g
sur le dos de la main , elle ne laisse aucune trace sur la peau. Ce n’est que lorsqu’elle réunit ces qualités diverses que la poudre peut être jugée propre à être éprouvée.
La portée de la poudre fine doit êtrte de 225 mètres ( 1 15 toises 3 pieds) , avec une charge de 92 grammes ( 3 onces 5 gros 3/8 ). Nous ne parlerons pas des éprouvettes des poudres de guerre, l’armurier n’est pas communément fppelé à en confectionner, celle qui a été inventé# pour la poudre de chasse et qui est faite en forme de pistolet conviendra mieux. La plus anciennement connue est celle à roue dentée : suivant MM. Bottée et RifTault, anciens membres de l’Administration des poudres et salpêtres, elle est la plus commode et la plus durable des petites éprouvettes; mais, a^ant une chambre dont la capacité est constante pour éprouver des poudres à grains et à densités variables, les effets ne sont pas toujours exactement comparatifs, soit qu’on cMIrge au poids, soit qu’on charge au volume. D’un autre côté , une arme courte est peu propre à constater le degré de force d’une poudre qui , en raison de la finesse et de la densité de son grain, a besoin, pour l’entier développement de son effet, d 'accompagne/, pendant un certain tems, le projectile ou l’obturateur de l’éprouvette ; enfin , ces éprouvettes n’ont entr'elles qu’une graduation arbitraire , et leurs frottemens varient sùivant la force du ressort et l’état de propreté ou d’oxidation de leur mécanisme. Pour parer à ces inconvéhiens , M. Rcgnier a imaginé d’adapter un petit canon en cuivro au ressort des pesons ordinaires, afin de peser l’effet de l’inflammation de la poudre, et d’avoir un moyen comparable d’estimer son action en supprimant autant que possible les frottemens. Quoique cette éprouvette dite à pcson ait, quant à la chambre, les inconvéniens de celle dentée, qu’elle ne donne point des résultats rigoureux et que généralement le nombre des degrés augmente avec le nombre des coups tirés de suite; cependant, elle est encore la meilleure de tontes les éprouvettes inventées jusqu’à ce jour pour les foudres de chasse, et, pour ainsi dire, la seule qui soit maintenant en usage.
Elle est composée d’un petit canon de cuivre devant contenir un gramme de pondre fine, d’un ressort ployé et bridé par une traverse, en arc de cercle dont une des extrémités est fixée à une branche du ressort, et l’autre, passant par une ouverture pratiquée à la branche opposée et terminée par un obturateur qui va s’appliquer sur la bouche du petit canon où elle exerce une pression de trais kilogrammes. A la culasse du canon est adaptée une seconde traverse, auspi en. arc, et parallèle à la première; elle a son jmssage libre dans une ouverture pratiquée au bas de la branche du ressort opposée au canon , sur une de scs laces est tracée une division de trente parties représentant autant de kilogrammes au moyen desquels s’est laite la graduation , en ajustant un crochet et un anneau, l’un à l’œil de l’obturateur , I’#utre a l’extrémilq de l’arc de division. Un fil de laiton écroyi , pris d’un bout dans une(^is et traversant librement de l’autre la branche du ressort opposée au canon, traverse en même tems une petite pièce ronde en maroquin huilé qui est un index destiné à marquer les différens degrés de pression du ressort.
Pour charger cette éprouvette, on presse le ressort par les deux extrémités pour qué l’obturateur puisse découvrir la bouche du canon : on les maintient dans cette position par une petite branche en 1er à rosette que l’on place dans un trou pratiqué sur l’axe de l’obturateur; alors, au moyen d’un petit instrument en fer-blanc, on verse la poudre dans le canon qu’on remplit exactement, et, après avoir égalisé la poudre à l’embouchure avec une petite réglette, on y laisse retomber avec précaution l’obturateur. On replace l’index contre la branche du ressort opposée au canon, on met une amorce dans le bassinet et on y met le feu avec une étoupette ou une languette d’amadou.
L 'éprouvette doit être suspendue librement par un fort ruban passé dans le coude du ressort.
La poudre, en s'enflammant dans le canon de l’éprouvette, repousse l’obturateur, la branche opposée au canon se rapproche de l’autre, branche et pousse devant elle l’index qui indique sur l’avant du diviseur la quantité de mouvement imprimé à l’obturateur et • •
• ' DK ï/AnSIEBlER. 2§l
par conséquent l’effort de la charge de poudre. ( v uycz cette éprouvette représentée fig. 5 et 6 , planche 3.).
Autre du môme auteur. ..
280. « L’éproTivctte la plus généralement employée en France est celle à mortier construite sur des dimensions déterminées par une ordonnance de 1686.
Depuis cette époque , on en a imaginé beaucoup d’autres ; mais l’éprouvette de l’ordonnance est restée en usage pour la réception des poudres de guerre, parce que ses effets sont simples et naturels. Cependant, on pourrait lui objecter des variations causées par les différons états de ] 'atmosphère ; d’ailleurs, cette éprouvette ne peut guère convenir à un particulier, d’abord , parce qu’elle coûte 3,ooo francs avec . ses accessoires, ensuite, parce qu’elle exige pour les épreuves un emplacement qui ne se trouve que, dans les giands établissemens cousacrés au service de l’artillenf.
Les savans qui ont fait des expériences sur la força relative des différentes poudres unt employé d’autren moyens plus à leur portée ; les meilleurs sont les éprouvettes à pendule de Benjamin Robins, et mieux encore celles du chevalier d’Arey. Mais l’usage de ces sortes d’instrumens exige des soins particuliers, et ils paraissent encore trop dispendieux pour beaucoup dfe* personnes capables de faire des expériences utiles.
On connaît aussi d’autres éprouvettes en petit pour les amateurs de la chasse aux fusils, parmi lesquelles on poiurait citer l’éprouvette à ressort en formé dt; peson que j’ai exécutée il y a plus de trente ans ; mais* toutes ces petites éprouvettes ne donnent pas de-> effets assez étendus pour celui qui veut voir .et comparer avec précision.
D’après toutes ces considérations, j’ai composp j’éprouvette hydrostatique que j’ai d’honneur de présenter à la Société d’Ëi^ouragement. Je dois cependant dire que je ne suis pas le premier qui ait employé le mécanisme du pèse-liqueur pour en faire une éprouvette. lff. Botté, Administrateur des poudrés et salpêtres, essaya ce procédé en 1802 , sur l’éléclomètic de MM, Darcy et Leroy, Uéçrit dans l’Kncy-
28a MANUEL . ■ * #
cl» pédie, et, quoique cette espèce d’aréomètre soit bien 'éloignée de remplir son objet, toujours est-11 certain qu’il en eut l’intention ; et c’est ainsi qùe nagent les inventions qui sont reçues sous dillerens rapports. * ^
Voici le moyen que j’ai employé , et qui m’a réussi.
. Description.
a , planche 3 , fig. 8 , seau en fer-blanc de 65 cenj tim êtres (a2j pouces) de haut, et 22 centimètres
• (8 pouces) de diamètre; ce seau est peint et verni en-dehors et en-dedans pour le préserver de la rouille et pour qu’il puisse être placé dans un laboratoire de chimie ou dans un cabinet de physique.
b b , quatrç supports en fil de laiton , fixés à écroux sur un cercle en fer-blanc ajusté au bord supérieur du seau ; ces quatre supports maintiennent une rdi.delle de même métal percée d’une ouverture circulaire. •
c, tube en laitou poli de 4o centimètres (18 pouces )^ de long, sur 45 millimètres (20 lignes) de diamètre; ce tube gradué passe librement dans l’ouverture de la. rondelle.
■d , plongeur en fer-blanc verni, ajusté au tube c, et lesté à la partie inférieure e.
/', petit mortier en fer formé d’un bout de canon de munition placé 2» la partie supérieure du tube pour recevoir la poudre que l’on veut éprouver.
Fig. 11, 12, i5, le même mortier vu séparément en coupe, de profil et en place. . '
• Fig. to, ind*rx en fil de laiton très-délié tel qu’il est disposé dans l’intérieur du tube pour marquer le degre d’enfoncement du 'plongeur dans l’eau lorsque la poudre s’enflamme.
• Fig. 9, racloir pour nettoyer au 3e coup l’intérieur
et l*brifice du mortier.
\ < • U sa g*. ‘
i° On remplit aux trois quai’ts le seau avec de l’eau de p iuie ou de rivière. , , .
2® On place le plongeur garni de son tube et de son mortier.
DE l’armühieh. 283
3° On ajoute encore de la même eau dans le seau
{‘nsqu’à ce que le tube s’élève à zéro au bord de la unette qui maintient le tube gradué perpendiculairement au milieu du seau.
4° On vérifie si le tube se tient bien verticalement dans l’eau sans les supports, et, dans le cas contraire, on repousse avec la main la boule inférieure e qui contient le lest, afin que ce lest soit bien au centre du tube pour qu’il se maintienne naturellement d’aplomb. * •
Le cran marqué stir le bord du mortier doit se rapporter au-dessus de l’échelle de division.
Lorsque tout est bien accordé, on verse à l’aide d’une carte pliée ou d'une petite puisette en ferblanc, trois grammes de poudre dans le mortier; cette quantité est la plus conveuable à cette éprouvette et elle ne remplit qu’environ la moitié de la capacité du canon.
On laisse ainsi cette#charge sans la lîourrer, on ne fait qu’y ajouter une petite étfcupille qui sort de l’ern* bouctuire pour y mettre le feu; cette étoupille est composée d’un gros fil de coton imbibé dans de la poudre pulvérisée, et délayée ou bouillie dans de l’alcool.
Enfin , on fait descendre l’index à zéro et on met le feu à l’étoupille avec un petit bout de bougie filée que l’on’tient dans un porte-crayon ou dans une plume à écrire pour servir de boute feu.
Effets. .
La poudre, en s’enflammant dans cette^&prourette, ne fait pas plus de bruit qu’une porte que l’on 'fermerait brusquement ; cependant , l’action du recul est très-sensible , et il est estimé par l’index qui restcsur l’échelle graduée, et indique par conséquent la force de la poudre.
Une poudre de munition est bonne lorsqu’elle conduit l’index à trente degrés ; ce terme a été pris aveq de la poudre quj a lancé le gros globe de l’éprouvette à mortier à 5oo mètres de distance.
Or, il résulte de cette division qu’on peut juger par aperçu la distance à laquelle le globe^deVéproùvette
de l’ordonnance aurait été lancé ; avantage précieux surtout pour un officier d’artillerie qui n’aurait pas à sa disposition l’éprouvette à mortier.
Plusieurs expériences répétées sur différentes poudres, tant à Essonne qu’à Vincennes , bnt donné constamment un rapport assez exact.
, On a également comparé cette éprouvette hydrostatique avec celle à pei^d^le du chevalier d’Arcy , et celte dernière a produit plus de variation dans ses effets , quoiqu’on ait pris tous les soins nécessaires pour que les charges et les bourres fussent les mêmes; ensuite, on a remarqué qu’une bonne poudre de guerre donnait douze degrés et les poudres superfines de chasse a4° ; or , il est faux quelles meilleures poudres doublent la portée des bonnes poudres de guerre.
Cette action ne peut être évaluée qu’au tiers, l’expérience le pfouve journellement, et c’est positivement le terme ‘que l’éprouvêtte hydrostatique a indiqué dans le cours des expériences comparatives qui ont été faites.
Les bonnes poudres de guerre ont donné sué cette éprouvette 3o degrés, et les poudres superfines de chasse 45 à 46 degrés.
Cette éprouvette a paru plus exacte; i° parce que l’embouchure du mortier donne à la flamme uue issue assez large pour ne pas agrandir son diamètre. L 'expérience de plus de douze cents essais n’a pas altéré cet orifice.1* .
20 Parce qu’il n’y a pas de bourres qui puissent augmenter ou dimiuuer l’action de la poudre.
*3° Parce que le déplacement de l’eau forme une résistance toujours égale.
f 4° Enfin, par la construction de cet instrument, qui peut être réglé sur des dimensions fixes et dont la division peut être déterminée par la force d’une poudre çorftiue , il en résulte que cette éprouvette jjeut servir aux expériences comparatives sur 1a
DK l/AiiMURIEJ!*. 205
poudre et qu’elle est d’un usage facile , puisqu’on l’emploie dans une chambre.
Nota « Cet instrument a été présenté au Conseil, dans sa séance du 4 novenib, 1807. M. Régnier l’a soumis en présence des membres , de la Société d’encouragement à plusieurs épreuves qui ont parfaitement réussi et qui prouvent la précision cl la bonne construction de celle éprouvette hydrostatique. Le prisident a létnoignc de vive voix à I\1. Régnier la satisfaction qu’éprouvait la Société en voyant celte nouvelle production de son génie industrieux ; plie ne peut qu’augmenter la réputation que cet habile artiste s’est déjà acquise par scs nombreuses et ingénieuses découvertes. »
( Bulletin de la Société d'encourhgement pour l'industrie nationale , 6.e année , octobre 1807 , page o5. ) •
§. 4« Pistolets.
281. Nous avons déjà parle des pistolets d’arçon et de cavalerie (208); ce qui nous reste à examiner, ce sont les pistolets de fantaisie que les armuriers fabriquent pour contenter tous les goûts. 11 serait trèsdilKcile de s’eu faire une idée précise , le modèle variant à l’infini : les uns sont à bascule, les autres ont le cafton brisé , quelques-uns sont faits à canons de cuivre avec renflement à la bouche , d’autres sont faits en espingole ( Voir ce mol au Vocabulaire). L’intérieur du tube dans les canons brisés est quelquefois pentagonal , d’autres fois à six à huit pans. La platine de ces pistolets est ordinairement posée comme celle des fusils, dont elle ne diffère que par les dimensions ; mais, assez souvent, dans lespistolets dits u l'an glaise, le mécanisme est tout-à-fait difré'rènt: le chien forme noix, 1e grand ressort forme gâchette, la dùtente le soulève immédiatement , le bassinet est en-dessus, le ressort de batterie est replié sur le couvre-feu. Je ne suis pas armurier et j’ai vu plus de douze mécanismes difTérens , suivant les pays d’où venaient les armes. Il est donc impossible de rien tenter relativement à la description de ces platines. La même observation peut s’appliquer aux nombreux moyens de fixer irrévocablement le chien au repos ? tantôt c’est un tiroir placé derrière le chien,1 mie autre fois la sous-garde qui glisse et forme arrêt, ou bien encore c’est la déleutc qui se reploye, ou c’est le chien
a86 sufrcKt
qui se retourne à volonté» etc. J’ai vu des secret» de toute espèce^; it en est même que je n’ai pu jamais deviner ; d’où il résulte c[ue chaque, armurier peut avoir le sien et qu’il est encore impossible de rien donner de bien certain à cet égard , et que d’ailleurs l’annonced’un secret serait une dérision , puisque, par le fait même de la publication, iltï’ÿ aurait plus secret ; si l’on considère seulement ces secrets sous le rapport de la sûreté personnelle et comme moyens de s’opposer à ce que l’arme ne parte au repos dans la poche de celui qui la porte, mille moyens sont offerts ; nos lecteurs se contenteront de données générales.
382. Entre ces pistolets il en est qui sont d’assez forte dimension et particulièrement soignés sous le rapport de l’exécution, ce sont ceux qui servent au lir et dans les duels : nous ‘devons en dire deux pnots. *
Pistolet do combat.
/ Le pistolet de combat est composé d’un canon flui porté un tenon ou guidon et une visière ; d’dtie platine qui est à roulette et à chaînette, d’une calotte, d’une sous-garde, d’une baguette eu baleine, (on n’en met pas toujours à ces pistolets), et d’une monture qui ne * s’étend que vers la moitié de la longueur du canon : elle est quadrillée , pour que l’arme soit mieux retenue en main. Ce canon est fixé sur le bois , au moyen d’un tiroir et de sa goupille , comme dans le fusil de chasse, et les deux- grandes vis portent sur deux rosettes , comme dans le l'usil de chasse à un coup.
Le calibre est ordinairement de 3a à la livre, la charge de poudre est 56 grains pesant.
• Le pistolet de combat est toujours rayé en spirales , dites à cheveux; il est aussi à double détente, (206).
Lefc détentes ordinaires ont, comme on sait, pour objet d’exercer sur la gâchette une pression, qui, dégageant le bec de cette pièce du cran du boudin de la noix, fait partir l’arme; cette pression, queU quelois assez considérable , est communiquée par l’index de la main , qui tient l’arme ; il arrive fré-
DE l'a^^IUER. 287
qurimnent qu’elle huit à là "justesse du tir. Pour remédier à cet inconvénient , on a inventé la double détepte, dont l’effet est assuré, {V. ci-dessus) ; on sait que l’usage de cette double détente exige les plus grandes précautions , et que l’on ne peut s’en servir pour les pistolets d’arçon , ni pour les fusils de cfaasse*
La- paire de pistolets de combat est ordinairement renfermée , comme les fusils de prix, dans un necessaire de bois d’acajou, de noyer, etc., qui contient en outre une poire à poudre, à ressort ou à genouillère, un moule ù balles, des balles et des calpins, des pierres à feu, une baguette portant une mesure graduée pour les charges de poudre, une seconde baguette servant à enfoncer la poudre, un ftidillet en bois, un lire-balle, un lavoir en fer disposé de manière à ^jpcevôir#le tire-balle, un maitcau d’acier destiné latraîchir les pierres, un monte-ressort, un tourne-vis, •une épinglette et un huilier.
La couche de ces pistolets est plus courbe que celles des pistolets de guerre, pour être mieux en main et viser plus facilement , les canons sont à pans dans toute leur longueur , en-dessus et en-dessous, le bois est entaillé en conséquence.
Une paire de pistolets de combat, bien établis, coûte, avec son nécessaire, environ 5<»o fr.
283. Le pislolcl de ppche , dit à l’ccossaisc , diffère des autres pistolets, principalement en ce que la platine est disposée symétriquement , par rapport à l’axe du canon, dans une espèce de coffre formé parle prolongement de ce canon, derrière le logement de la charge. Cette platine a trois ressorts, comme la platine ordinaire; mais ils sont disposés en sens inverse: La noix et sa bride sont supprimées, la partie inférieure du chien en tient lieu , étant conformée comme une noix ayant ses crans et sa griffe. La gâchette a une queue qui remplace la détente ; le bassinet étant placé immédiatement au-dessus du tonnerre , la lumière qui est au fond se trouve dans une direction verticale. Le canon est brisé, ou le démonte au moyen d’une clé, pour y mettre la poudré et la balle , qui en sort forcée ; la poignée seule, est en bois
et est fixée au reste d^rarme au irioyen de Ueux
“vis. * *' ,
La disposition de la platine s’oppose à ce que Pon puisse viser avec cette arme, aussi est-elle réservée à la défense , et on ne s’en sert guère qu’à bout
portant.
Cette platine est ordinairement à secret , et le mouvement du chien se trouve arrêté par un verrou placé derrière cette pièce, ou adapté immédiatement an pontet de la sous-garde. Quelquefois, cette sous-garde elle-même est mobile, et forme l’arrêt, ou bien elle est entièrement supprimée, et la queue de la gâchette, qui est à charnière, se loge dan? un encastrement pratiqué à cet effet spus la platine , et ne se remet à la position nér^saire pour faire partir l’arme que quand on porte le chien au cran du bandé.
• Le calibre est ordinairement de 4o à lu li\^^, et 1^ charge de huit grains pesant de poudre; en général, * cette arme est de très-petite dimension ; il yen a même* dont la longueur n’excède pas quatre pouces, et qu’on •nomme coups (le poing, '
' Une paire de pistolets de poche, bien établis, coûte jusqu’à i5o fr.
. • Couteaux de chasse. ’ .
284. On nomme ainsi des sabres que les chasseurs portent avec eux , lorsqu’ils doivent attaquer le sanglier ou autres animaux qui reviennent sur le coup et répondent à ^attaque: le couteau de chasse peut encore servir à coupfcr des branches et à se frayer un passage : c’est, en général, une arme de peu d’utilité, mais dont cependant on fait encore usage. Le lecteur comprendra de suite que nous n’avons rien de particulier à dire sur ce qui le concerne : aucune forme particulière n’est arrêtée , aucùne dimension de rigueur. La poignée recevra tel enjolivement que le goût ou la mode prescrirdnt ; quant à la lame , elle doit être de bon acier, une lame de fer ou de mauvais acier serait une surcharge inutile potir le chasseur : ce que nous avons dit desdames d’épée et de sabre,
DE l’ ARMORIEE. jgg
est appliquable aux lames des couteaux de chasse. Celle arme, considérée dans son ensemble, doit être simple, sans ornemens superflus, sans saillies ou gardes, qui pourraient s’accrocher dans les broussailles; sa longueur doit être restreinte , afin quelle ne gêne point la marche.
Cannes à épée et à dards.
2S5.^Ces sortes d’armes sont prohibées par des rêglemens, qui, nous le pensons sans en être cependant bien certains, sont encore en vigueur. Quoi qu’il en soit, on en vend, continuellement, soit aux personnes munies d’autorisation, soit à toutes autres; nous n’avons aucune connaissance de ce qui a lieu à cet égard : nous savons seulement qu’on en vend, et par conséquent qu’on en fabrique.
28G. La canne à épée est creusée intérieurement , et forme, le fourreau d’une épée dont la poignée est la pomme de la canne. Les lames qu’on veut monter en cannes sont ordinairement étroites relativement à leur longueur : elles sont à trois ou quatre cannelures ; ces dernières sont beaucoup plus rares, et avec raison plus estimées, mais on n’en voit presque plus ; les lames les plus communes sont carrées dans leur coupe : ce sont des laines de fleurets appointies et évidées. Les Anglais font de ces cannes à épées très-légères, et qui se vendent à bas prix dans les rues de Londres ; ce sont des bambous creusés dans lesquels sont enfermées des lames assez bien ajustées. Nous n’avons rien de particulier à dire concernant celte fabrication , ci ce n’est en ce qui concerne le percement des caunes, et le moyen de consolidation de la chape pour. prévenir la fente de la canne. . ,
287. Percement. Les cannes destinées à être forées -sont de deux sortes, ou de bois creux naturellement, ou de bois plein. Pour viderles canues dont le bois est creux, mais dont la moëie ou les nœuds s’opposent à l’introduction de l’épée, on a une broche en fer, dont on fait rougir le bout; on introduit ce bout dans la canne, on plonge un peu , on retire, on entretient le
a.go MANCF.T,
fer chaud et oh laisse refroidir le hois, on plonge de nouveau et un peu plus avant , ou retire promptement le fer et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on ait fait le creux. Pour certains bois , il faut nourrir d’huile ou de graisse, sans quoi le bois, devenu trop sec, se fendrait; pour tou9, il faut plonger et retirer promptement la broche, afin que la brûlure soit locale et ne s’étende pas au-delà de3 cloisons qu’il s’agit de percer pour frayer le passage; si l’on laisse séjourner la broche chaude dans la canne, le bois s’échauffe et se fend. Après que la broche a passé , lorsqu’on veut que la lame soit parfaitement ajustée aux creux, on a une 1. me pareille qui est dentée sur ses quarres comme une râpe , et l’on finit le creux avpc cette lame-mandrin. A l’endroit de la chape et intérieurement ou colle un peu de drap ou de cuir qui,j>ar son élasticité , retient l’épée dans le fourreau.
288. L’épée doit être emmanchée bien droit, la soie ne doit point paraître sur la pomme, cette dernière doit être entée par-dessus la rivurfe; les deux morceaux celuiplus long formant le fourreau, etxelui plus court •formant la poignée, doivent être coupés bien carrément et s’ajuster le mieux possible; on choisit ordinairement un nœud pour l’endroit du raccord et afin qu’il soit moins apparent. On doit surtout veiller à ce que la canlie ne paraisse point courbe à l’endroit de la poignée ; cet effet désagréable a lieu quand la soie n’est point emmanchée bien droit dans la poignée; si l’on veut passer un cordon dans la poignée et mettre des rosettes ou yeux sur les orifices du trou transversal par lequel pqsse le cordon, on y parvient en creusant avec attention un trou incliné qui tourne «utour de la soie, mais on ne fait aisément cette opération, qui demande d’ailleurs du soin, qu’avant la rivure de la soie qu’on ôte alors de dedans la poignée : ces tçous, ainsi percés, ont cela d’agréable, qu’ils détournent l’attention , et qu’on s’imagine difficilement qu’une canne percée transversalement et traversée par un cordon puisse contenir une épée : il y a d’autres moyens de produire cet effet ; mais celui que nous indiquons réussit très-bien.
aS'jp L’autre manière de percêr les cannes, qui est
la seule employée lorsqu’il s'agit de les faire en bois plein, c’est le percement sur le toorà lunette. C’estassez ordinairement le noisettier qui fournit le bois qu’on emploie, parce que son bois est léger, résistant et flexiblç. On emploie aussi le cornouiller, le ocllier , le micocoulier , mais ils sont moins propres à cet usage que le noisettier : le micocoulier ou bois de Perpignan l’égale peut-être en bonté, mais il est plus cher; quant au houx, au troène, ils sont bons aussi, mais moins faciles a forer , moins de fil , plus lourds et plus sujets à casser. Nous n’entrerons dans aucuns' détails sur ce qui concerne le percement sur le tour; parce que cela nécessiterait la description du tour et des outils accessoires; nous renvoyons à cette égard au Manuel du tourneur. Nous ferons observer seulement que, lorsqu’on est juste de matière et qu’il s’agit de percer par les deux bouts , alin de moins s’écarter du centre, on fait ce percement avec une très-petite mèche, et par les deux bouts, sauf à égaliser le point de rencontre avec un mandrin de la nature de celui dont nous venons de parler, (087) : on met ensuite par le bas une petite cheville collée qui bouche le tube de ce côté , et on élargit le haut selon la force de la lame.
290. Un défaut capital des lames à épée c’est dû se fendre par le haut, comme il y a peu de bois k l’endroit des angles intérieurs, le bois s’éclate pour peu qu’on n’enfonce pas droit oubien qu’on se trompe de côté, ou bien encore que le bois se gonfle par son exposition à l’humidité; et, comme il n’ést pas possible de mettre à l’extérieur une virole ou collier, de métal pour le contenir, attendu que cela serait d’un effet desagréable, il est difficile de remédier à cet inconvénient. Les garnitures en tôle de fer ou en cuivre que l’on met à l’intérieur du creux ne sont pas un moyen de consolidation bien efficace puis-, qu’alors cette garniture représente la lame et agit sur le bois comme elle agirait elle même. Je me suis servi, dans un cas semblable, d’un moyen qui m’a parfaitement réussi et qui est facile à mettre en usage* J’ai roulé sur la tige d’une forte mèche cassée , préalablement arrondie à la* lime, un morceau de tôifc.
3Q2 MAITUBL
d’acier que j’ai fait tenir avec des goupilles croisées. Le tube que formait alors la tôle dépassait la tige de la mèche de 10 à 12 millimètres, largeur de la virole que je voulais insérer dans le bois. Le bord de ce tube étant taillé en scie avec une lime et formant alors un trépan, j’ai pratiqué dans l’épaisseur du bois une rainure circulaire, profonde de dix à doùze millimètres, d’un calibre assorti avec une virole de cuivre que j’ai placée dans cette rainure ; cette virole a par- ' faitement maintenu la canne qui était antérieurement fendue et a fait même en partie disparaître la fente. Employé dès l’abord, ce moyeu de consolidation serait, je pense, très-bon pour prévenir tout accident.
291. La canne à dard varie encore davantage dans ses formes : tantôt le dard est placé dans la poignée , tantôt dans le bout , quelquefois des deux bouts. Lorsque le dard ou lame est caché dans la poignée, ce qui est le plus ordinaire , il est caché par un clapet à ressort qui boubhe l’endroit de sa sortie. On donne une forte secousse, la lame se projette en dehors, et un ressort à cliquet s’engage dans un cran pratiqué dans le talon de la lame et la retient hors du fourreau. Chaque armurier a sa méthode pour mieux déguiser le secret de cettedame ; assez souvent il rie s’agit que de peser sur une goupille cachée qui comprime le ressort pour que la lame rentre d’elle-même dans la canne et que» le clapet se referme. Lorsque le dard sort pâr le bout opposé, il n’y a pas de clapet , mais un faux bout qui se visse sur le bout à demeure ; l’action de dévisser un bout suppose qu’on se sera méfié à l’avance et qu'on aura prévu l’attaque. Aussi cette méthode est-* lie moins suivie que celle de la lame placée dans la pomme qui peut être mise dehors par le seul fait du premier coup lancé contre l’adversaire. La saillie des dards hors de la canne est facultative, mais elle nè s'éloigne guère (fuc de deux décimètres. Une canne à dard bien exécutée est une arme de prix
et de bonne défense.
§. A II. Poignards , Sillets.