‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier, ou Traité complet et simplifié de ces arts formant une encyclopedie des sciences et des artsChapitre 6 sur 87 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

T\vart d’être agriculteur, l’homme fut guerrier et chasseur; et il ne put être l’un ou l’autre qu’après , avoir été armurier. Car la nature ne lui a donné, pour attaquer ou pour se défendre , qu’une intelligence étcnaue et une main faible, mais apte à devenir habile. Elle a donné aux autres animaux des armes offensive» et défensives plus ou moins sûres , plus ou moins re- * doutables ; mais l’homme , elle l’a recouvert d’un«

f>eau mince, nue, très-facile à lacérer, sujette à toutes es impressions du froid ou de la chaleur ; elle lui a refusé les dents longues et tranchantes , les ongles robustes ; sa course n’est point rapide ; sa force musculaire est bornée : elle l’a placé dans des circonstances telles, que la conservation de son espèce est tout entière attachée à l’emploi de moyens étrangers à sa conformation , et c’est pour qu’il pût faire cet emploi qu’elle lui a donné l’intelligence qui le rend incessamment perfectible ; tandisque la brute, plus favorisée à l’extérfeur, est restée et restera sans cesse dotée des seules facultés qu’elle eut dès le principe. L’historique des armes de l’homme serait l’histoire de l’homme lui-même , et la nuit des tems recouvre ces premiers commencemens ; nous ne ferons donc que jeter un coup d’œil rapide sur les phases diverses de ce premier des arts. g

Les premières armes furent de lourdes massues pour frapper, de longs bâtons pointus pour percer; mais , les pointes de ces derniers s’émoussant , on les arma d’os plus durs , de cailloux tranchans et pointus. Telles furent les premières piques , telles elles sont encore chez les peuples sauvages, privés, parla séparation des mers , de la communication avec leurs semblables., qui est la source de tout perfectionnement. Mais bientôt le besoin des projectiles se fit senti ç; les animaux plus rapides , les oiseaux , habitans d’un autre élément , échappaient aux attaques. Le jet d’un caillou exigeait

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