‹ Manuel de l'armurier, du fourbisseur et de l'arquebusier, ou Traité complet et simplifié de ces arts formant une encyclopedie des sciences et des artsChapitre 7 sur 87 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

trop de précision , trop de force; la peau d’un animal tué fournit une fronde qui quintupla les forces ; l’arc .vint ensuite , informe d’abord , puis léger et perfectionné ; l’arc fut chargé de porter au loin le coup de la

Jûque qui, plus légère , devint la flèche. Telles furent es premières armes offensives, la peau écailleuse cf’nn serpent, le cuir d’un taureau, furent les premières cuirasses : toutes ces armes purent précéder la découverte de l’emploi des métaux qui se perd elle-même dans la nuit des tems. ,

Après un long tems , les armes devinrent plus parfaites à mesure que les peuplades, les nations , se formèrent par l’agglomération des familles, des tribus ; les camps , entourés de fossés et de palissades, devinrent des villes ; les arcs de bois furent remplacés par des arcs d’acier ; la llèche eut aussi un fer pointu ; on forgea des casques , des cuirasses , etc. ; on recouvrit le bras gauche d’un bouclier: c’est dans cet état que nous voyons les hommes des tems héroïques, les Grecs d’Homère se jettent encore par fois des pierres à la main ; mais les frondes , les flèches et les javelots , sont leurs principaux projectiles ; ils combattent avec la lance et l’épée, Les armes reçurent ensuite d’autres perfectionnemens , et l’industrie meurtrière (Jes hommes paraît avoir atteint sa plus vaste étendue vers le tems des premiers Empereurs romains, le bélier, la baliste , les tours roulantes compliquent l’art de la guerre : c’est vers ces tems qu’elle est la plus opiniâtre, la plus terrible, la plus meurtrière, La fabrication des armes se tint à un haut point de perfection pendante longue nuit du moyen âge , et les chevaliers peuvent, dans leur armement complet, servir de type original offrant un exemple de cette perfection.

Plus tard , une révolution complète s’opère , la poudre est inventée ou apportée d’Asie ; toutes les armes vont changer ; tout va se plier à l’emploi de cette nouvelle découverte ; la force physique cessera d’occuper le premier rang ; les batailles ne seront plus si meurtrières , elles se décideront plus encore par les grandes manœuvres que par le courage individnel des combattans ; les armes perdront la diversité qui les approprie à la force tle chaque individu, pour devenir

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uniformes. Le sabre ne se brisera plus sur le casque ou sur la massue , il se croisera avec le sabre ; on ne lancera plus une pierre en retour d’une flèche , mais on donnera une balle pour une balle. Le faible pourra abattre le fort s’il frappe le premier , parce que la mort viendra aussi sûrement d’un côté que de l’autre ; l’adresse elle-même ne sera plus condition nécessaire du succès; mais par cela même qu’elles seront plus uniformes , les armes seront plus perfectionnées , elles- • seront fabriquées par entrepris^ , et chacun ne se fera plus son arme, comme cela eut lieu sans doute dans le principe. Dès-lors il ÿ aura moins d’armuriers , mais ils seront plus parfaits ; c’est ce que nous voyons dis nos jours.

Il serait donc impossible de faire une histoire exacte et circonstanciée de l’art de l’armurier, ou du moins de placer cette histoire en tête d’un ouvrage destiné à donner la description des nombreux procédés dont il se compose ; ce travail nécessiterait un classement , une disposition générale , un ensemble de parties qiii ne pourraient être déployés que dans un livre particulier. Ne pouvant donc entreprendre cette volumineuse histoire , nous nous efforcerons de donner l’hjstorique de chaque arme dott^ nous parlerons à nos lecteurs ; par ce moyen, les faits viendront naturellement 6e ranger à leur place. *

Si nous ne considérions comme armurier que celui qui vend ou raccommode les armes, notre tâche serait bornée ; car l’industrie a compris que le travail partagé se faisait plus aisément et avec plus de perfection ; la fabrique en grand fournit à l’armurier les parties

fmincipales des armes toutes fabriquées, les canons ,. es lames, les fûts , les batteries , tout cela se trouve tout fait séparément sur des modèles déterminés , et il ne reste plus à celui qui vend qu’à rassembler, polir, ajuster ces diverses parties. Il en est même beaucoup qui achètent les armes toutes confectionnées et ne font que leur donner un nouvel apprêt. Nous n’aurions donc qne peu de choses à constater dans ce cas, et notre travail se bornerait à dire : Dans telle fabrique se fout les meilleurs canons, dans telle autre, les meilleures iamf s , etc. ; mais ce n’est pas ^ûnsi que

ta iirrRODOCTtOîr.

nous envisagerons l’art de l’armurier; nous nous figurerons'que toutes les diverses fabrications dont il se compose ont lieu dans une seule et même boutique, et nous rassemblerons dans un seul et même cadre tous les renseignemens que nous pourrons nous procurer sur ces fabrications diverses.

Afin d’éviter la confusion qui pourrait s’établir dans un aussi grand nombre de matières , nous classerons ainsi nos divers chapitres : i,e partie. Disposition du laboratoire. — Outils dont il est garni ; a* Partie. Armes de guerre ; 3* Partie". Armes de chasse ; 4e Partie. Armes de fantaisie. — Outils et ustensiles propres à l’entretien et au nettoiement des armes. Voyons d’abord la disposition du laboratoire et les outils dont il est garni.

ET

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