‹ Manuel de l'art chrétienChapitre 102 sur 157 · DES PRINCIPAUX PÈRES DE L'ÉGLISE EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES PRINCIPAUX PÈRES DE L'ÉGLISE EN PARTICULIER

IL nous est venu des notions très-circonstanciées sur les traits de saint Grégoire. Jean Diacre, son historien, qui vivait deux cent soixante et quelques années après lui, les décrit d'après un portrait qui existait de son temps, et il décrit aussi les traits de Gordien et de Sylvie, le père et la mère de ce grand pape, dont il existait aussi alors des portraits. Ces portraits depuis longtemps n'existent plus ; mais au commencement du XVIIe siècle on en conservait encore de mauvaises copies, qui, combinées avec les descriptions de l'historien, ont servi à dessiner les images publiées

alors par Ange Rocca, et reproduites par Papebroch !. H est à regretter que les artistes ne s'en soient pas plus aidés qu'ils ne l'ont fait. Ils ont attribué à saint Grégoire des traits de pure fantaisie, tandis qu'ils pouvaient lui en appliquer d'approximativement vrais. Cette observation s'applique aussi au costume. L'usage, d'ailleurs, d'attribuer à saint Grégoire la tiare et les autres insignes de la papauté, sans égard à la question de savoir ce qu'ils étaient effectivement de son temps, fait que, parmi les autres Pères, il est toujours facilement reconnaissable. La colombe, qui ordinairement est suspendue à son oreille, offre un moyen également facile de le distinguer.

La représentation dite de la Messe de saint Grégoire, où le saint Pape dit la messe en présence de Notre-Seigneur, qui lui apparaît entouré des instruments de la Passion, paraît avoir son fondement dans les œuvres liturgiques de saint Grégoire. Quoiqu'il en soit, on en a fait pendant longtemps son acte le plus caractéristique. André Sacchi semble avoir confondu ce sujet avec celui des Brandea, dans le tableau très-connu et à grand effet de la galerie du Vatican, quand il en fait un tableau d'autel, où le saint Pape interrompt la célébration des saints mystères, pour montrer que les voiles ou Brandea, qui étaient donnés comme reliques , après avoir touché les ossements des martyrs, étaient tout imprégnés de leur vertu, et que, à cet effet, il en fait sortir du sang.

Le caractère de saint Âmbroise est un caractère d'élévation et de fermeté : d'une fermeté basée sur le sentiment du devoir, modérée par la pratique d'une douceur habituelle. Ce serait se méprendre singulièrement que de le représenter, par exemple, lorsqu'il arrête Théodose à la porte du temple, avec quelque chose de hautain et de fougueux. L'évoque fit comprendre à l'empereur qu'il parlait au nom de Dieu, et qu'il en avait le droit. Théodose le savait ; lui-môme, il se compara à David, et il l'imita dans sa pénitence. Il n'en fut que plus grand ; Âmbroise n'en fut que plus doux et plus humble, et si sa noble tête s'élève, il faut que ce soit dans le sentiment de l'action de grâce.

On n'a point sur les traits du saint évêque de Milan des renseignements aussi approximatifs que pour saint Grégoire ; mais on n'est pas tout à fait sans données de ce genre. Ferrario* a réuni un certain nombre de ses

1. Rocca, Thésaurus pont et sacr. ant., T. II, p. 368; Papebroch. ActaSanct. Poopyl. MaU, p. 89.

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