Monumenti de San Ambragio, pi. i, p
anciennes images ; dans celles qui le sont le plus, le type qu'on lai attribue est ce qu'il devait être : tout à fait romain.
Le fouet est l'attribut caractéristique de saint Ambroise qui a prévalu, le plus ordinairement, dans les temps modernes ; on n'en trouve pas d'exemples avant le milieu du xive siècle, et nous partageons l'opinion de Ferrario/qui en voit uniquement l'origine dans la victoire de Parabiago en 1338, remportée par Luchieso Yisconti à la tête des Milanais, contre Lodrisio Yisconti, son cousin, et une troupe d'aventuriers. On prétendit qu'au fort de la bataille, saint Ambroise était apparu à cheval, tenant un fouet à la main, et avait mis en fuite les agresseurs. On a voulu dans la suite interpréter cet emblème dans le sens de la vigueur du saint évêque pour repousser Terreur et le vice ; mais il ne nous semble pas que ce soit là le principal caractère de sa polémique : ce caractère est mieux rendu à notre gré par la ruche et les abeilles ; on sait qu'elles lui sont attribuées comme allusion à l'essaim d'abeilles que l'on dit être venu dans son enfance se reposer dans sa bouche, et y déposer un rayon de miel pendant son sommeil. Cependant le fouet comme emblème étant passé en usage, nous ne voyons pas qu'il y ait des motifs suffisants pour l'exclure.
Il n'est à notre connaissance aucune image de saint Augustin qui remonte à l'antiquité chrétienne ou qui en paraisse dérivée. Saint Ambroise et saint Augustin ayant été contemporains, il semblerait que le type adopté pour le premier, quant à l'attitude, à la coupe de la barbe et des cheveux, ne devrait pas beaucoup s'éloigner du type applicable au second. Il peut cependant y avoir eu des différences à raison des lieux, et l'on se demande surtout s'il ne faut pas se souvenir que saint Augustin avait fait profession de l'état monastique. Là se pose la grande querelle des chanoines réguliers de Saint-Augustin et des ermites de Saint-Augustin, prétendant, les uns et les autres, avoir conservé l'habit même qui avait été porté par le grand évêque d'Hippone, auquel ils font remonter leurs fondations. En conséquence, les uns et les autres lui ont attribué l'habit de leur Ordre ; mais ce mode de désignation, particulier à chacune de ces familles religieuses, n'a jamais été universel. On remarquera même que, généralement, jusqu'au xvii6 siècle, saint Augustin ne porte aucun attribut qui lui soit spécial, si ce n'est que, dans quelques circonstances où il est représenté assis, on lui met sous les pieds des hérétiques vaincus. Il est cependant un des saints de prédilection que l'on voit le plus souvent représentés en Italie, au XVe siècle tout particulièrement. H en résulte que si l'on voit dans un
tableau un saint évêque avec un livre, s'il n'est pas autrement désigné, il y a aussitôt de grandes présomptions en faveur du saint docteur, surtout s'il lit dans ce livre, s'il le montre ouvert. À partir du xvne, siècle on lui a mis assez souvent un cœur à la main. Quelquefois ce cœur est percé de flèches.
Entre les Pères de l'Eglise, si l'on attribue à saint Augustin le vol de l'aigle, il semblerait que saint Jérôme devrait être comparé au bœuf pour la profondeur et l'opiniâtreté de ses utiles travaux ; mais le lion ayant prévalu comme son attribut, quoique ce soit originairement par des motifs tout à fait fortuits, il vaut mieux rechercher les convenances de cette association, que de tenter de lui en substituer une autre à laquelle l'œil ne serait pas accoutumé. En fait, il n'y a pas de saint plus facile à caractériser en prenant le terme dans le sens d'une désignation passée en usage. Vous voyez un vieillard, ou à demi-nu ou portant un costume monastique indéterminé, tenant à la main une pierre ou un livre, ou même ne tenant rien ; si un lion ou un chapeau de cardinal sont placés à côté de lui, aussitôt vous avez reconnu le savant et laborieux solitaire de Bethléem. Tous ces attributs ne sont pas également justifiés; l'on sait ce qu'il en est du lion. Il n'est dit nulle part que saint Jérôme se soit jamais réduit à un état de nudité plus ou moins complète. Dans le désert de Chalcis, il était vêtu d'un sac, et il s'y frappait parfois la poitrine de coups répétés, mais rien n'indique que ce fut avec des pierres. D'ailleurs il était jeune alors, et c'était le temps de l'épreuve. Quand il se retira, bien plus tard, dans le monastère construit par sainte Paule, on ne rapporte rien d'extraordinaire de ses pénitences et de son genre de vie, et assurément il n'avait aucune singularité de costume. Pour être dans le vrai , il faudrait représenter l'austère pénitent jeune encore, et montrer le vieillard exclusivement livré à l'étude. Quant au chapeau de cardinal, c'est un moyen moderne de rappeler les hautes fonctions que remplit saint Jérôme comme secrétaire du pape saint Damase. II est convenable de placer ce chapeau à côté du saint ; il l'est beaucoup moins de le lui placer sur la tête. Quoi qu'il en soit, l'usage fait loi jusqu'à un certain point, et notre pensée est de l'expliquer, non d'obliger à renoncer, relativement à saint Jérôme, aux modes de représentations usités. Nous recommanderons seulement de ne pas le faire si austère qu'on ne se rappelle les consolations qui venaient l'inonder quand, en définitive, il avait vaincu la tentation, dans ce désert même, où l'assiégeaient les souvenirs des délices à Borne ;
qu'on ne rappelle en lai l'ami de sainte Panle et le maître de sainte Eustochium.
Les tableaux où on le représente réveillé par la trompette du jugement, reposant sur une confusion, nous ne voyons d'utilité ni à lui attribuer ce sujet comme action caractéristique, ni à lui assigner la trompette comme attribut. La dernière communion de saint Jérôme mérite, au contraire, que nous en recommandions la représentation, et si l'on ne peut, comme peinture, rivaliser avec le chef-d'œuvre du Dominiquin, on pourra du moins le surpasser en entrant plus profondément qu'il ne le fait dans le vrai de la situation,
H est d'autres Pères de l'Eglise qui peuvent, par l'élévation de leur génie et l'importance de leurs écrits, disputer à saint Grégoire, à saint Ambroise, à saint Augustin et à saint Jérôme, le rang privilégié qui leur est accordé. Néanmoins, dans l'art, le fait de cette préférence venant se joindre aux motifs qui l'ont déterminée, les Pères dont nous aurions maintenant à nous occuper ont été tellement distancés, qu'ayant été obligé de beaucoup nous restreindre, comparativement à tout ce que nous aurions pu dire des premiers, nous serions forcé d'être court pour le second, alors même que nous ne serions pas commandé par la question d'espace.
Le trait le plus caractéristique de saint Léon, c'est d'avoir arrêté Attila aux portes de Borne ; comme attribut, nous ne pouvons en signaler aucun qui lui soit absolument propre. Pour rendre avec succès le caractère de saint Hilaire, on ne pourrait mieux faire que de se rappeler le mot de saint Jérôme, l'appelant le Rhône de l'éloquence chrétienne. L'enfant qu'il ressuscita, les serpents qu'il détruisit dans l'île de Galinaria, lui peuvent servir très-convenablement d'attributs ; on peut y joindre la trompe gauloise, conformément à la comparaison de Fortunat, qui l'appelle Buccina terribilis.
Tandis qu'en France nous nous glorifions de saint Hilaire, saint Isidore de Séville est l'honneur de l'Espagne. Nous ne voyons pas, cependant, qu'on ait signalé aucune manière bien caractéristique de le représenter, si ce n'est qu'on place quelquefois un jeune roi à ses pieds, pour indiquer sa coopération à la conversion des Goths ariens au catholicisme. Cette attribution convient mieux à son frère saint Léandre, qui prépara cet heureux événement par l'éducation de Récarède.
On distinguera les Pères de l'Église grecque par les costumes en usage dans les rites orientaux. Ils se présentent tous, d'ailleurs, comme des
hommes de grand caractère, et, pour ainsi dire, de même famille. Cependant on se rappellera que saint Basile était de hante taille, se tenant droit, qu'il était sec, mince, de teint brun ; on se rappellera aussi que ce qu'il avait d'austère dans le visage et le maintien était adouci par certaines rides qui lui donnaient, au contraire, quelque chose de riant. On sait de plus, par saint Grégoire de Nazianze, qu'il avait le teint pâle, qu'il portait une longue barbe, et avait un air réfléchi. Saint Grégoire de Nazianze lui-même, accompli en toutes choses, dit son biographe, excellait par la douceur. Vieux et cassé, lorsqu'il fut arraché malgré lui de la Cappadoce pour monter sur le siège de Constantineple , il céda à l'orage qui vint bientôt l'y assaillir, et il rentra dans une retraite plus profonde que jamais. Chauve, d'une tenue pauvre et négligée, il laissera cependant apercevoir dans son maintien et sa physionomie, la distinction de son esprit, l'élégance répandue dans ses poésies, et cette puissance de doctrine qui lui a valu le nom de Theologos. On représente quelquefois saint Jean Chrysostome accompagné de saint Paul, qui lui dicte ou se montre prêt à lui dicter ses admirables écrits, et lui communique le souffle de son éloquence. Il y avait aussi entre eux, sous le rapport physique, plus d'un trait de ressemblance : comme l'Apôtre des Gentils, saint Jean Chrysostome était petit de taille ; ses austérités et ses souffrances l'avaient fort amaigri. H sied plutôt de le représenter comme vieilli de bonne heure qu'avec les apparences d'une vigoureuse vieillesse ; c'est par l'inspiration du regard, en exprimant l'ascendant d'une àme qui prend le dessus sur le corps, que l'on doit chercher à le grandir à proportion de l'idée qu'on se fait de son éloquence et de son génie.
On se figurerait facilement saint Athanase avec un caractère de fermeté un peu hautaine ; mais il n'en fut pas ainsi : sa fermeté était accompagnée de beaucoup de douceur ; d'ailleurs, esprit lucide et plein d'élévation, caractère à ne tergiverser jamais, son affirmation sera ferme et précise, fondée sur sa confiance en Dieu. Saint Grégoire de Nazianze a tracé dans ce sens, au moral, un admirable portrait de ce grand adversaire d'Arius,mais sans nous rien dire de ses traits. Saint Athanase fut le vaillant champion de la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; ce fut un autre patriarche d'Alexandrie, saint Cyrille, qui fut à son tour le champion de la plus haute prérogative de la très-sainte Vierge, lorsque, à Éphèse, elle fut proclamée Mère de Dieu, et que Nestorius fat condamné. Saint Cyrille présida ce concile, et de là vient, on le pense, une certaine coiffure sur-
montée d'une croix que loi attribuent communément les Grecs, et qui est devenue chez eux sa caractéristique, tandis que, par suite de leur peu de disposition à adopter d'ailleurs des signes distinctifs, nous n'avons pu en signaler aucun qui soit véritablement particulier à saint Basile, à saint Grégoire de Nazianzo, à saint Jean Chrysostome et à saint Athanase.
LES divisions que nous sommes obligé de nous imposer pour répondre à un besoin de clarté, n'ont rien d'absolu : les grands pontifes qui vont nous occuper sont de la même famille que ceux dont nous venons de nous entretenir. S'ils n'ont pas laissé d'écrits, ils n'en ont pas moins enseigné la même doctrine ; tous ensemble ils ont été les continuateurs des apôtres ; tous ils étaient de la race des martyrs, et en nous rapprochant un peu plus des temps modernes, nous rencontrerons des saints pontifes que nous aurions rangés eux-mêmes dans la catégorie des Pères de l'Église , s'ils avaient vécu dans un temps plus voisin des sources sacrées dont ils ont continué de nous dispenser les eaux toujours pures et bienfaisantes.
Les attributs des saints pontifes, papes ou évêques, pris dans leur généralité, ne doivent être autres en principe que ceux de leur dignité même : les insignes de la papauté et do l'épiscopat. Comme l'on parle pour être compris, il faut se servir d'une langue entendue de ceux à qui l'on s'adresse : on attribuera donc aux saints pontifes des insignes bien connus ; il y aurait souvent plus de pédanterie que de vérité, dans la prétention de leur donner le costume et les insignes que l'on supposerait avoir été effectivement à leur usage de leur vivant. H y a une mesure cependant à garder ; et si, à d'autres époques, on a pu vêtir, absolument comme ses contemporains, les personnages historiques mis en scène , il semblerait trop naïf aujourd'hui de n'établir aucune différence entre un évêque de l'antiquité chrétienne, un évêque du moyen âge et un évêque moderne. Nous croyons que, communément, ces trois catégories peuvent suffire. En fait, saint Clément et saint Grégoire, séparés entre eux par autant d'intervalle que nous le sommes du xmc siècle, n'étaient certainement pas vêtus iden-
tiquement de la même manière, soit dans l'habitude de la vie, soit dans la célébration des saints mystères; le pallium épiscopal ne fat guère en usage sons sa forme de bande étroite qu'à dater du Y* on VIe siècle ; mais alors on ne l'omet guère dans la représentation des saints pontifes, et nous proposons d'en faire, d'une manière plus générale, leur insigne caractéristique, depuis l'antiquité primitive jusqu'au IXe ou Xe siècles ; alors ils auront en même temps la tête nue. On continuera, comme on le fait depuis quelque temps, pour tous les pontifes antérieurs à l'ère moderne, d'attribuer à ceux qui ont vécu dans le moyen âge, selon que ce sont de saints papes ou seulement des évêques, la tiare ou la mitre basses, la première sans couronne ou avec une seule couronne, et la chape ou la chasuble ample, souple, point ou peu échancrée et drapante, en y joignant soit la férule ou sceptre papal surmonté de la croix, soit la crosse assorties.
Il faut d'ailleurs savoir faire une différence entre un insigne porté par le saint personnage représenté, et un symbole placé seulement à côté de lui, la tiare, par exemple, à côté d'un saint pape, pour dire qu'il était revêtu du souverain pontificat.
Le premier des saints pontifes invoqués dans les litanies est saint Sylvestre. Le grand honneur de ce grand pape, c'est d'avoir attaché son nom au triomphe de l'Église. Pour le bien rendre, nous voudrions en lui, avec une noble simplicité, le sentiment de ce prodigieux triomphe qui amena le maître du monde à se courber devant le vicaire de Jésus-Christ : sentiment qui ne pourrait mieux se traduire que par des yeux levés au ciel pour rendre à Dieu de vives actions de grâces. Cette attitude convient spécialement à saint Sylvestre, quand on le représente baptisant Constantin ; ce qui peut être considéré comme son action la plus caractéristique en s'autorisant de l'usage, nonobstant les doutes qui peuvent rester relativement au fait lui-même. Pour attribut, on lui donne un dragon dont la gueule est fermée par trois fils entortillés, par. allusion à un passage de sa légende, mais mieux encore comme une image du démon et de l'idolâtrie vaincus. Il convient aussi de lui mettre à la main les portraits de saint Pierre et saint Paul.
Saint Martin, dirons-nous avec Àyala, n'est pas seulement un grand évêque, c'est un des types par excellence de l'épiscopat : quelle que soit cependant sa grandeur comme évêque, ce n'est pas à ce titre qu'il joue son principal rôle dans l'art chrétien, et qu'il est devenu le plus populaire. A ce point de vue, chez lui le catéchumène prime le pontife, et c'est le jeune
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légionnaire des armées romaines, conpant son manteau pour en donner la moitié à un pauvre, qui est resté le plus célèbre et qui a été si souvent représenté. Nous disons à dessein que le catéchumène est resté le plus célèbre, car, à l'époque où la chape de saint Martin était devenue notre étendard national, c'était bien en lui le saint évêque que nos pères entendaient prendre pour protecteur. En étudiant son caractère, on comprendra que, autant on s'éloignerait du vrai en lui attribuant quoi que ce soit de dur, de hautain ou d'inculte, autant on pourra s'en rapprocher si, avec la sérénité et la paix qui est commune à tous les saints, avec la gravité qui convient à un évêque, on sait imprimer à sa physionomie quelque chose de particulièrement simple, pratique et résolu. Comme attribut propre, nous n'en voyons aucun qui lui ait été très-convenablement approprié. S'il en avait été autrement, on n'aurait pas trouvé utile de placer une oie à côté de lui dans beaucoup de ses images ; cet emblème en effet n'a pas grande valeur, car il paraît se rapporter seulement à la fête du saint évêque et aux festins rustiques qui, en beaucoup de contrées, se faisaient à cette époque de l'année. Les actions propres à caractériser saint Martin sont au contraire très-bien déterminées. L'on peut s'en tenir à deux : le don de la moitié du manteau, et la messe pendant laquelle un globe de flamme apparut sur sa tête, parce qu'il avait donné sa tunique à un pauvre et lui avait substitué un misérable vêtement qui suffisait à peine à la stricte décence, quand sa chasuble était relevée.
Les miracles les plus merveilleux dans la vie des saints ne sont nullement un motif pour affaiblir l'autorité de leur histoire, quand elle repose sur de solides fondements, et le doute, où il est permis, ne doit alors porter que sur des circonstances accessoires. Or, nous sommes autorisé à croire que la vie de saint Nicolas fat plus merveilleuse encore que celle de saint Martin, d'après ces paroles de l'Église : Deus qtti beatum Nicolaum innumeris decorasti miraculis : a Dieu qui avez rendu le bienheureux Nicolas « célèbre par des miracles innombrables j>. Pour nous, nous ne prétendons qu'une seule chose, c'est qu'on peut continuer à représenter auprèsde saint Nicolas, pour le caractériser, un ou plusieurs enfants, sans avoir à déterminer la valeur des différentes légendes sur lesquelles repose cette attribution ; lui mettre à la main trois bourses, afin de rappeler les jeunes filles qu'il aurait dotées pour les préserver du déshonneur. Saint Nicolas a eu évidemment pour mission spéciale de protéger, de défendre, de délivrer tous ceux qui sont en danger, ceux surtout que l'on fait souffrir in-
justement : cela suffit pour expliquer l'extrême vénération dont il a été l'objet simultanément en Orient et en Occident, ce qui n'a peut-être eu lieu pour aucun autre saint, au même degré, pour justifier ensuite les attributions caractéristiques dont nous venons de parler.
Après avoir épuisé la série des pontifes invoqués nommément dans les litanies des Saints, nous dirons quelques mots d'un saint pape et de deux grands évêques modernes.
Saint Fie V, le dernier, par la date, des papes qui ont obtenu les honneurs de la canonisation, est très-facile à caractériser par ses propres traits, bien connus et fort accentués : traits austères, mais de cette austérité
Saint Pie V.
particulière aux saints, qui s'adoucit par une céleste sérénité. Quoique le besoin ne s'en fasse pas sentir comme moyen de distinction , il sera bon d'attribuer un rosaire à ce saint pape, pour rappeler qu'il était de la famille spirituelle de saint Dominique.
Nous prenons comme types des saints évêques dans les temps modernes : saint Charles Borromée et saint François de Sales. L'un et l'autre, comme nous l'avons dit de saint Pie Y, se font facilement reconnaître par ce que l'on a conservé des souvenirs de leurs traits mêmes : non pas que Ton ait de saint Charles aucun portrait d'une rigoureuse ressemblance, il n'avait point voulu qu'il en fût fait de son vivant ; mais l'on en
DBS CONFESSEURS. BU
a fait d'approximatifs peu après sa mort, et c'en est assez pour que les artistes soient pen excusables de ne pas se conformer à ce qu'ils doivent en savoir. La figure que nous empruntons à Le Sueur en donnera, une suffisante idée.
Le peintre a adouci les traits généralement attribués nu saint archevêque ; en cela, on peut dire qu'il a été vrai encore; ce qu'il parait avoir eu de trop anguleux comme beauté de lignes dans ces traits devait singulièrement s1 adoucir, en effet, par l'expression, surtout dans la prière.
Saint Charles (d'après Le Soeur).
Saint Charles, d'ailleurs, était à la fois très-doux et très-ferme. Quand on a voulu chercher dans sa vie an trait pins spécialement caractéristique, on s'est attaché de préférence à sa conduite pendant la peste qui ravagea la ville de Milan, en 1576.
Saint François de Sales est surtout connu pour son ineffable douceur. Cette douceur n'était pas chez lui une disposition à*e tempérament ; il disait qu'il avait été trois ans à l'étudier h l'école de Jésus-Christ, et, s'il ne répondait jamais avec vivacité, s'il ne reprenait jamais avec amertume, c'est qu'il savait se contenir. Ce n'est donc pas la douceur seulement qni doit dominer dans un portrait de saint François de Sales, mais la douceur établie sur la fermeté de la foi, avec une grande droiture et une grande
simplicité. On le représente convenablement, soulevant des denx mains on petit édifice, qui représente la fondation de la Visitation , et aussi tout l'édifice de la doctrine chrétienne qu'il a si bien soutenu ; puis au-dessus on fait figurer son cœur, pour dire combien il l'a mis dans toutes ses œuvres.