‹ Manuel de l'art chrétienChapitre 112 sur 157 · MOSAÏQUES DES BASILIQUES · texte numérisé non relu

MOSAÏQUES DES BASILIQUES

Planche VII. — Mosaïque de Saint-Côme et Saint-Damien} vie siècle. Fig. 1. Mosaïque absidiale. — Au milieu, le Christ triomphant entouré des

M OSAI OIT. S DE ST t'OME ET STUAMIEK.

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nuées du ciel, à sa gauche saint Pierre, à sa droite saint Paul, lui présentant saint Côme et saint Damien, qui lui offrent leurs couronnes, manière d'exprimer leur accession à la céleste béatitude ; derrière eux, à gauche, saint Théodore, à droite, Félix III le pape régnant, portant l'église qu'il a fait construire ; deux palmiers, le phénix nimbé, sur une branche de celui de droite; au-dessus du Christ, la main divine soutenait une couronne, elle n'existe plus. Au-dessous de la rangée des personnages, une bande azurée représente le Jourdain et les eaux du baptême ; au-dessous encore, l'Agneau sur la montagne d'où découlent les quatre fleures du paradis, représentant les quatre évangélistes. Douze brebis viennent à lui, elles représentent les douze tribus d'Israël et les douze apôtres ; elles partent de deux cités, Jérusalem la cité des Juifs et Bethléem la cité des Gentils (p. 112). — Fig. 2, Mosaïque de l'arc triomphal de la même église. — Aumilieu l'Agneau couché, mais la tête haute, sur l'autel du sacrifice, le livre aux sept sceaux devant lui, la croix au-dessus ; de chaque côté les sept candélabres de l'Apocalypse, les sept Anges, les quatre emblèmes évangéliques réduits à deux, par l'effet d'une réparation qui a tronqué la composition, et n'a laissé subsister, comme on le voit au-dessous, que deux bras portant une couronne de la scène des vingt-quatre vieillards. — Fig. 3. Deux des ving-quatre vieillards, dans la mosaïque de Sainte-Praxède, expliquent la disposition des deux bras dont nous venons de parler.

Aussitôt après la conversion de Constantin, les représentations en mosaïque dont furent ornées les voûtes absidiales des grandes basiliques construites par son ordre ou à son exemple, étaient devenues les œuvres capitales qui donnèrent le ton à tous les monuments des arts figurés. Il ne nous est resté aucune des mosaïques constantiniennes ; le plus ancien monument de ce genre qui subsiste encore, est la mosaïque de Sainte-Pudentienne ; c'est aussi, comme œuvre d'art, celle qui a le plus de valeur : elle est de la fin du IVe siècle et se fait remarquer par un certain pittoresque dans la composition, une aisance et un mouvement dans les attitudes qui contrastent avec C3 que l'on peut appeler l'archaïsme des œuvres subséquentes. Au VIe siècle, à Constantinople sous Justinien, les arts, profitant des prospérités de son règne, se relevèrent, et les mosaïques de Sainte- Sophie, conservées par les Turcs sous un épais badigeon et retrouvées dernièrement, sont bien supérieures à la mosaïque du même temps que nous offrons à nos lecteurs ; on jugera mieux de leur caractère et du genre de perfection que comportent ces monuments, et en général le style byzantin^

par un autre spécimen des mosaïques romaines que nous donnons dans la planche suivante.

Planche VIII. — Mosaïque de Saint- Venance, vne siècle , partie centrale. Mosaïque absidiale de l'oratoire de ce nom, attenant au baptistère de Saint- Jean de Latran. — Le Christ émergeant au milieu des nuages dans la partie supérieure est accompagné de deux anges, souvenir de l'Ascension; au-dessous de lui la sainte Vierge en Orante, saint Pierre à gauche caractérisé par la tonsure cléricale et la croix, saint Paul à droite. A côté de saint Pierre viennent ensuite saint Jean-Baptiste, saint Domnus et d'autres saints ; à côté de saint Paul, saint Jean l'Evangéliste, saint Venance, le titulaire du sanctuaire, et d'autres saints .

Le mode de composition et le caractère du style demeurent foncièrement les mêmes dans les mosaïques absidiales, pendant les siècles suivants jusqu'au XIIe et même jusqu'au xnr3 siècle : on en jugera pour le XIIe siècle par la planche suivante.

Planche IX. — Couronnement de Marie, mosaïque de Sainte-Marie-in- Transtevere, xne siècle. — Jésus sur son trône occupe le centre de la composition ; et c'est sur sa propre tête que la main du Père céleste suspend l'éternelle couronne ; mais le trône s'étend assez sur la droite pour y recevoir Marie, et pour elle le suprême honneur est d'être associée à son divin Fils qui la saisit entre ses bras ; là couronne royale d'ailleurs repose sur la tête de cette divine Mère, et les princes de la cité bienheureuse, en fermant la cour du souverain Roi, forment aussi la sienne. Saint Pierre est à gauche, parce que cette place lui est devenue ordinaire, qu'il l'a ennoblie en y recevant le dépôt de la loi nouvelle ; ici même, ce n'est plus pour faire honneur à saint Paul qu'il cède la droite , et c'est un de ses propres successeurs, saint Calixte, qui l'occupe. Deux autres papes, saint Corneille et saint Jules, le suivent lui-même, tandis que saint Calixte est suivi de saint Laurent. Aux deux extrémités, sont placés saint Caléopode, prêtre et martyr, et Innocent II le pontife régnant ; celui-ci porte la basilique qu'il a fait restaurer. Ils portent tous la tonsure au sommet de la tête, à l'exception de saint Pierre dont les cheveux sont coupés de manière à former une couronne sans être nulle part rasés, selon le second mode de tonsure décrit p. 120, et du pape régnant, sur la tête duquel cet insigne n'est pas apparent*. Nous faisons remarquer que si les figures des person-

MOSAÏQUE DE STVKNAXt'KAï/rï:

nages les plus éloignées à droite et à gauche du groupe central paraissent plus étroites, c'est un effet de perspective résultant de la concavité de la voûte, mais que, en réalité, ces figures ont autant de rondeur que les autres. Dans la partie inférieure de la mosaïque, au-dessous de l'inscription on voit l'Agneau, et les douze brebis sortant de Jérusalem et de Bethléem , comme dans la planche vu ; c'est faute d'espace qu'ils n'ont pas été représentés dans celle-ci.

Dans ces mosaïques, le caractère grave du dessin et de la composition est motivé par la solennité du sujet et la majesté du lieu, puisque ces représentations sont faites toutes pour apparaître au point le plus apparent de l'édifice sacré, au-dessus de l'autel. Cependant, en dehors de ces conditions, le style byzantin conserve toujours de la gravité, alors même qu'il s'agit de scènes historiques et qu'il y est apporté une certaine mesure de mouvement. Nous en donnerons des exemples empruntés à des miniatures, et l'on saura que les peintures murales contemporaines, quand elles représentaient de même des séries de faits, dans les parties latérales d'une église par exemple, avaient à peu près le même caractère.

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