BEATE PETR.E DONA
• VITA LEON! PPE BlCTO •
RIACARVLO REOIDONA
Saint Pierre, Saint Léon III et Charlemagne. (Mosaïque de Triclinium de Léon III.)
Charlemagne, parce qu'ils étaient encore vivants lors de l'exécution de cette mosaïque.
Dans une composition correspondante, sur le même monument, Constantin le porte également.
Le nimbe triangulaire, appliqué aux Egares divines, est d'an usage tout moderne. Cest à tort qu'on l'a employé pour désigner Dieu le Père, car il tombe sous le sens que le triangle exprimant l'idée de la Trinité, il ne peut légitimement être appliqué à aucune personne divine prise isolément. Le nimbe bi triangulaire, dont nous donnons un exemple, n'appartient qu'aux Grecs modernes ; l'application qui en est faite à Dieu le Père ne peut pas mieux se justifier que celle du simple triangle.
Trinité. (Fresque du mont Athoe.)
On remarquera dans ce nimbe et dans celui du Christ, comme on a pu le Toir déjà (vig. n° 7), ces mots o o>v, l'Être, que les Grecs modernes ont pour habitude d'inscrire dans les nimbe3 des figures divines. Chez nous , on voit quelques exemples analogues où Notre-Seigneur est désigné par des initiales, par un de ses titres , les Saints par leurs noms ; mais cet usage n'a jamais pris un cours suivi et régulier.
Il semblerait à désirer que, en peinture, le nimbe fût diversement et régulièrement coloré pour chaque ordre de Saints ; des tentatives ont été faites pour établir une classification de ce genre, mais aucune d'elles n'a prévalu , et aucune règle rigoureuse ne pourrait, en effet, s'établir en cette matière, par la raison que c'est un besoin pour le peintre de distribuer ses couleurs selon leurs rapports physiques. Nous verrions cependant un moyen de tout arranger en s'attachant aux données fournies par l'arc-enciel. Adoptez pour chaque ordre de Saints une série de couleurs princi-
pales diversement irisées, vous vous procurez un nombre suffisant de variétés pour distinguer tous les groupes liturgiques ; et selon que vous disposez en dehors ou en dedans du disque la zone principale ou les zones secondaires, vous pouvez l'harmoniser, dans tous les cas, avec les couleurs ambiantes.
Comme point de départ, quelque système que l'on adopte, il convient toujours de prendre les couleurs liturgiques ; mais, réduit à ces seules indications, on n'irait pas bien loin : le rouge est propre aux Apôtres et aux Martyrs, comment les distinguer ? Le blanc, d'une application plus large encore, est commun à toutes les séries de Confesseurs, aux Vierges et aux saintes Femmes. Réservant le blanc plein- timbré de la croix, pour les figures divines , le blanc irisé d'azur serait attribué à la sainte Vierge, avec une bordure d'étoiles ; sans cette bordure pour les simples Vierges, avec une zone intermédiaire de vert pour les saintes Femmes. Le blanc irisé de rose serait propre aux Vierges et Martyres, avec une zone intermédiaire orange pour les saintes Femmes martyres. La zone rouge pourrait être accompagnée de blanc pour les Apôtres, de vert pour les Martyrs pontifes, en ménageant la gradation par de légers filets intermédiaires jaunes et oranges ; d'orange ou de violet pour les Martyrs non pontifes. Le blanc, devenu la couleur principale pour les Confesseurs, serait irisé de vert pour les Pontifes, d'orange ou de violet pour les Confesseurs non pontifes. Là zone principale d azur diversement irisée serait réservée pour les Anges.
Les nimbes, tout en variant de couleur relativement aux personnages et aux conditions du coloris, peuvent aussi varier de consistance, être plus ou moins chargés d'ornements, d'inscriptions : les variétés de cette nature doivent être en rapport avec les différents genres de peintures, selon qu'ils ont un caractère plus directement imitatif , plus décoratif, plus monumental.
Dans la peinture la plus imitative , c'est-à-dire dans les tableaux de chevalet, d'où généralement, depuis le xviô siècle, le nimbe avait été proscrit, il est juste, tout en plaidant pour que les Saints n'y soient plus privés d'un honneur ou d'un signe distinctif qui leur est dû, de ne pas l'exiger dans des conditions qui en feraient une entrave. H est rationnel au contraire que le nimbe alors soit léger, diaphane comme un disque formé par la réflexion d'un miroir circulaire. On en exclura tout ornement, toute inscription : employé de la sorte, il ne chargera pas, il ne cachera
rien. D'un autre côté, il ne sera pas utile de le réduire à un simple filet peu apparent, encore moins de le poser horizontalement autour de la tête, et de loi en faire suivre les mouvements ; nous croyons préférable en effet de lui laisser 'toujours la position perpendiculaire, comme plus caractéristique.
Dans une peinture murale d'un caractère décoratif, à plus forte raison dans une verrière, où il n'y a pas lieu de prétendre à désillusion* d'optique, et où l'on aspire plutôt à la fermeté des lignes qu'au fondu des couleurs, au relief des formes, les nimbes ornés peuvent devenir une partie de la décoration elle-même, et nous ne voudrions pas interdire de les orner de rinceaux, de perles, de pierreries; nous accordons au contraire que c'est là un moyen spécial de répartir les couleurs par lesquelles nous avons admis qu'il était à propos de les distinguer. Les inscriptions nous semblent devoir être mises dans la même catégorie, non plus en raison de leur effet décoratif, mais autant que, par leur moyen, on croira pouvoir mieux fixer la pensée.
L'auréole, dans son acception actuelle, est un encadrement lumineux qui entoure un ou plusieurs corps, comme le nimbe entoure la tête. L'auréole est plus spécialement propre aux figures divines, et à ces figures, autant qu'elles sont censées habiter les hauteurs célestes où en descendre ; il ne convient pas de l'attribuer à Notre-Seigneur représenté dans le cours de sa vie mortelle; on l'attribue au contraire par extension à Marie, en tant qu'elle partage la gloire de son divin Fils, et accidentellement aux Saints, quand on veut directement exprimer leur accession à la gloire. L'auréole peut affecter la forme circulaire ou s'allonger diversement en ellipse; elle peut, comme le nimbe, selon les genres de peinture, prendre divers degrés de consistance, sans cesser d'exprimer une idée de lumière ; elle peut être soutenue par des anges, elle peut être formée par les anges eux-mêmes.
A l'auréole on peut, dans les tableaux où l'on veut approcher déplus près de l'imitation naturelle, substituer la gloire proprement dite, c'est-àdire un rayonnement lumineux. Nous ne l'avons pas admis pour le nimbe, et nous l'admettons pour l'auréole, parce que la signification du nimbe étant plus précise, il importe que cette signification soit toujours nettement exprimée, et qu'il apparaisse comme un cachet apposé à toute œuvre d'art qui veut franchement s'afficher comme une œuvre d'art chrétien.