INTRODUCTION. XXIX
la curabilité de certaines affections graves (i)(héiDorrhagies cérébrales, peul-être phthîsies, etc.), découverte d'affections nouvelles, jusque-là inaperçues : tels furent les résultats des recherches persévérantes d'anatomie pathologique entreprises depuis trente ans.
Nous n'en citerons pour exemple que celui de l'illustre professeur à qui nous dédions notre travail. Pendant dix-huit ans que l'auteur de la Nosologie philosophique prit lui-même les observations au lit de ses malades de la Charité^ les dictant à ses auditeurs, et pratiquant en personne l'ouverture des cadavres, que de précieuses découvertes n'eut-il pas occasion d'enregistrer pour la science? ne fût-ce que l'endocardite, affection jusque-là passée inconnue, et dont il apprit enfin à arrêter les ravages. C'est en agissant ainsi, mais en s'aidant en outre du microscope, que Virchow a composé tous ces travaux qui l'ont rendu le premier anatomo-pathologiste actuel.
Les sources de la médecine de l'avenir sont, si je résume la pensée développée dans les pages précédentes, la physiologie ,1a pathologie expérimentale, l'anatomie normale et patho- Ir^gique.
— C'est en se pénétrant ainsi de l'utilité des recherches de l'anatomie pathologique, aidées par une saine interprétation des données physiologiques, qu'on parviendra à se débarrasser du fatras des névroses et des maladies sine matetna, contre lesquelles nous aurons encore occasion de protester (pages 277- 279; p. U21, note 1, etc.). « Il n'existe pas de maladies sans siège ou sans lésion d'un organe ou d'un élément organique. » (Bouillaud.) (2)
Méfions-nous d'ailleurs toujours de ces relations d'après lesquelles, à l'autopsie cadavérique, les organes auraient été
(1) « Il existe une relation, un lien logique, rationnel, forcé, entre le traitement et la connaissance de la nature des maladies.» (Bouillaud, Doctrines médicales, Académie de médecine, 9 août 1859. )
« Il me semble évident que, dans la plupart des questions médicales, c'est la distinction anatomo-pathologique qui commande la distinction clinique, qui elle-même entraine les médications thérapeutiques. » (Foucber, Bull, de la Soc. anat., 1855, p. 487.)
(2) Maintenons, toutefois, la restriction admise page 277, note 2, pour les phénomènes nerveux par action réflexe, par exemple les vertiges par dyspepsie {vertigo à stomacho lœso) de Bretonneau et Trousseau, ou par maladies du rocher ( vei^tigo ah aure lœsa), etc. « On peut faire mourir en chatouillant longtemps la plante des pieds. Il y a quelques années^ un misérable fut condamné aux travaux forcés