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préalablement cet élément à toutes les phases de son évolution normale. G*est pour n'avoir pas fait cette sorte d*études préliminaires embryogéuiques, c'est pour avoir voulu étudier le dérangement des éléments avant d'en connaître l'arrangement, qu'on a émis tant d'hypothèses sans valeur sur la nature des produits morbides. » (Voyez nos pages 257-259, note 1, et, plus loin, p. XLVI.)
Ce n'est pas seulement l'anatomie normale qu'il faut pos* séder, mais aussi la physiologie, car toutes deux ne constituent plus avec la pathologie qu'une même science, la biologie. Il ne suffira pas en eiïet, dans une relation nécropsique, de nous relater quel instrument s'est montré altéré ; il faudra dire en quoi et comment cette altération a pu nuire aux fonctions qu'il est chargé d'accomplir. Les lésions anatomiques et les perturbations fonctionnelles sont des phénomènes non isolables. Aussi rappellerons-nous sommairement, en italique, la physio- \o^e normale du système nerveux (chap. vu et viii), surtout d'après les recherches récentes moins connues des élèves.
Nous terminons ces Considérations générales en donnant la méthode qui nous paraît utile à suivre dans l'ouverture des cadavres. L'ordre que nous conseillons n'est d'ailleurs pas toujours adopté. Quelques praticiens commencent par la cavité crânienne, parce que les lésions de l'encéphale sont du pi^emier ordre. D'autres abordent en premier lieu le thorax, s'il s'agit d'aiîections thoraciques ; le ventre, quand on attribue la mort à des lésions abdominales.
La PREMIÈRE PARTIE résume les procédés employés pour l'ouverture des cavités splancbniques. C'est la plus importante pour l'élève, dont le rôle est, dans beaucoup de services, réduit à venir, quelques instants avant son chef, ouvrir le thorax, l'abdomen, le crâne (voyez aussi p. 319-322), mais sans toucher aux viscères, en se contentant de préparer les voies d'investigation au maître, seul autorisé à faire ou à surveiller l'autopsie cadavérique, aux termes du règlement (p. U).
Ici, surtout^ nous avons cherché à ne pas être prolixe^ à coercer, selon l'expression de M. Gintrac au congrès de Bordeaux en 1865.
Les méthodes que nous proposons ne sont pas nôtres : on les trouve tout établies dans nos hôpitaux. Seulement, nous l'avons dit, jusqu'ici on n'apprenait aies connaître que par tradition ; aussi avons-nous cru pouvoir apporter à nos jeunes confrères le tribut des observations que nous avons recueillies nous-mêmes peu à peu.
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Nous n'avons indiqué que les procédés et les instniments les plus employés dans notre pays. Ainsi, en Hollande et dans quelques parties de rAllemagne,' nous avons vn ouvrir le crâne par un procédé inconnu en France, mais assez commode. La tête est fixée par une sorte de compas circulaire monté sur deux pieds de 35 centimètres de hauteur, et dont les deux branches courbes, articulées à charnière, peuvent être rapprochées par une vis de pression. La calotte osseuse circonscrite de cette façon est nettement enlevée par une scie circulaire à manivelle.
Ce que nous disons s'applique spécialement à Tadulte. £n effet, Tautopsie cadavérique des enfants très-jeunes et des fœtus est aisée, à cause de la facilité qu'on éprouve à tourner le corps à volonté et à couper les os. Cependant, à l'occasion, nous n'oublions pas, dans notre travail, les cas particuliers aux hôpitaux d'enfants. Les fœtus surtout sont, à Paris, trop négligés des élèves. La plupart de ceux qu'on apporte aux amphithéâtres de dissection ne sont pas ouverts, et ne seront le plus souvent pas disséqués, ni même examinés. C'est là un fait regrettable pour la pathogénie de la vie intra-utérine.
La SECONDE PARTIE, cousacréo à la splanchnotomie et à l'examen des organes, est divisée artificiellement en neuf chapitres, où sont examinés successivement : 1^ l'appareil respiratoire^ le corps thyroïde et le thymus ; 2^ Tappareil vascu* laire; S"" l'appareil digestif et la rate, arbitrairement placée ici au lieu de l'être dans le chapitre précédent avec les glandes vasculaires sanguines (corps thyroïde, thymus, capsules surrénales) ; U"* l'appareil urinaire, l'urèthre de la femme et les glandes surrénales ; 5^ l'appareil génital de l'homme ; 6^ celui de la femme ; T" l'encéphale, auquel nous avons rattaché les nerfs crâniens et, conventionnellement, le bulbe, ainsi que le grand sympathique ; %"" la colonne vertébrale, la moelle et les nerfs rachidlens ; 9"" l'habitus extérieur, la peau, les muscles, les os.
Dans cette seconde partie, complétant la première où sont esquissées les grandes coupes pour la préparation à Tautopsie cadavérique, je donne encore avant tout le modus faciendiy trop négligé par beaucoup d'élèves. Je l'expose au triple point de vue de l'extrlction des viscères, de l'examen extérieur et de l'examen intérieur, à l'œil nu comme au microscrope. L'art de la nécropsie n'est certainement pas un don du ciel ; comme toute opération, la nécropsie doit avoir ses règles, ses
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exigences propres : ce n'est pas tout de suite qu'on apprend à devenir praticien.
Minerve à tous ne départ ses largesses ; Moult savent Tart^ peu savent les finesses.
Aussi, à côté du 7nodus faciendi (1), avons-nous cru devoir donner, pour chaque groupe d'organes, et résumer ensuite sous forme de tableaux synoptiques, les principales altérations reconnues jusqu'ici dans les maladies de nos climats spécialement. C'est là un moyen d'indiquer pour chaque série de cas les particularités dans les recherches à faire , et de rappeler en outre sommairement, à l'élève qui aura une ouverture à pratiquer, quelles lésions il pourrait avoir à constater.
De la sorte, notre Manuel devient utile à consulter la veille de l'autopsie cadavérique, aussi bien que durant cette opération, quand l'élève se trouve seul eu présence de la mort. En effet, avant d'agir par soi-même, il est bon de savoir ce qu'ont fait les autres ; avant d'annoncer ce qui nous paraît une découverte, il est indispensable de connaître ce que la science nous a légué, quel champ est resté libre à la persévérance de nos investigations. Pour le reste, c'est l'usage qui fera lever les mille petites difficultés de la pratique qu'il eut été trop long de prévoir : Non lectione, non meditatione, non disputatione, sed usu fieri artificem et magistrum.
Sans nous occuper de l'élégance du style, à laquelle nous ne pouvions sacrifier dans un sujet aussi important, et sans entreprendre un résumé compendieux de tous les incidents de la nécropsie, nous avons donc indiqué quelles principales lésions on peut avoir à relever dans les cas les plus fréquemment observables à l'amphithéâtre : il devait s'agir d'un mauuel pratique plutôt que d'un travail didactique et d'érudition.
A cet effet, et bien que nous ayons préalablement posé en
(1) Bien d'autres coupes pourraient être pratiquées que celles indiquées dans notre manuel. Ainsi pour le larynx (p. 64), après l'extraction de rencéphale, on ferait deux coupes obliques partant de l'angle de la mâchoire, en avant de l'apophyse mastoïde, et menées obliquement d'arrière en avant, de manière à tomber derrière la selle turcique. On rabat toute la face : le larynx, le pharynx, etc., peuvent être extraits sans que le cadavre soit défiguré, — On enlèverait également ces organes après avoir pratiqué un trait de scalpel qui suivît la courbure du maxillaire inférieur, les côtés du cou à 2 centimètres du larynx et la fourchette sternale.
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principe qu'il faut savoir Tanatomic et la physiologie normales pour comprendre la pathologie, nous rappelons d'abord sommairement, surtout pour les parties les plus délicates (organes génitaux^ encéphale), la forme, le volume , la couleur, souvent même (chap. vu) les fonctions à Tétat sain. Nous donnons en outre des figures empruntées aux traités d'anatomie, figures dont nous avons allongé à dessein les légendes (voy. chap vu), pour rappeler les détails. Ensuite, insistant peu sur les nouveaux rapports d'organes ou les modifications constatables pendant la vie par la vue, le palper, le toucher, ou à travers les orifices naturels, nous indiquons sommairement les hélérotrophies (hypertrophie, atrophie, lé^^ions de consistance, de continuité, de couleur) et les altérations de texture et de structure classiquement enregistrées par les auteurs.
Ces généralités, qui forment partout une partie si abstraite, sont assez succinctement exposées pour suffire à Tétude de l'amphithéâtre, tout en la simplifiant. Nous les avons surtout écourtées pour les deux premiers chapitres, parce que les élèves savent généralement mieux faire l'examen cadavérique des appareils respiratoire et circulatoire que des organes génitaux, du système nerveux, des muscles et des os.
Nous avons néanmoins la triste conviction, surtout pour les chapitres consacrés à ces derniers groupes d'organes, et où nous avons été entraînés par la richesse même du sujet, qu'on nous reprochera d'avoir empiété sur le domaine de l'anatomie pathologique. C'est un écueil que nous cherchions à éviter, en nous limitant humblement au modus faciendi pour les altérations que nous indiquons, et au souvenir de ce précepte d'Horace :
Sumite materiam vestris, qui scrihitis, œquam viribus.
Mais, quand on aborde le premier un champ d'études aussi vaste, il est difficile de ne pas sortir un peu du chemin conventionnellement tracé d'avance, et chaque pas rencontre taiit de points dignes d'intérêt, que vous dépassez infailliblement le nombre de stations que vous vous étiez accordées.
Pour répondre à mon but, j'ai cherché à fondre, avec les connaissances personnellement acquises par un contact journalier avec plusieurs chefs de service, les notions que j'ai pu recueillir en coordonnant et condensant les travaux d'anatomie pathologique les plus récents. J'ai compulsé les ouvrages