‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériquesChapitre 60 sur 84 · XXIV. CUSSIFICATION DES LK8I0NS RÉNALES DANS U VAUDIB · texte numérisé non relu

XXIV. CUSSIFICATION DES LK8I0NS RÉNALES DANS U VAUDIB

Dt BaiGBTi d'apbks m. Rayer.

A. Premier degré (première forme , Rayer ; hypéréfuie^ Martin- Soloa ; eon^e^hon, Christison). ^- Piqueté et gonflement de U substance corticale. Augmentation de volume et de poids.

Giibler, etc.). Le même physiologiste a produit ralbuminurrbée pur la piqûre du plancher du quatrième ventricule^ par l'irritation ou la section des nerfs du rein, — et toute condition physique ou organique capable d'altérer passagèrement le liquide sanguin, de pervertir la modalité du système nerveui cérébro-spinal^ de troubler l'innervation viicérale, serait susceptible d'engendrer momentanément une névrose aibuminurrhéique (!) souvent sans lésion rénale concomitante connue : commotion du cerveau et de la moelle^ suppression de la sueur et perturbation des fonctions cutanées par le froid ou les maladies (Mialbe; Semmola, Acad, de méd>, 37 août iâ61)^ inanition (Rosen- Uial)) alcoolisme^ accès de coliques saturnines, gestation , lièvres d'accès, absorption de substances irritantes, affections chroniques diverses,, cachexie syphilitique, mauvaises conditions hygiéniques, etc. (Voyez trmième partie, eifamen chimique.)

Nous nous faisons, dans tout ce qui précède, l'écho de l'école humoriste ou nervosistc, sans prendre le soin de discuter.

On consultera avec intérêt^ sur la maladie de Bright et sur l'albu^ mlnogenèse, U thèse de M. Xaocoud {i%%0), Conditions pathogéniques (h Vaibuminurie ; la leçon précitée de M* Empia; le mémoire de M. FftVro [Union méd, ç(# ia Provenez y i%^k) intitulé : la lésion rénale cst^elle causQ ou effet dans V albuminurie 7 enfin le livre de M. Germe (1864), sous le titre : Qu'est-ce que l* albuminurie? Ce dernier auteur établit que tous les capillaires de l'économie peuvent, comme les canalicules urinaires, sécréter de l'albumine, et devenir le point de départ d'hydropisics diverses : malheureusement il se refuse à admettre la maladie de Bright comme pouvant avoir son eiistonce propre, indépendante du symptôme albuminurie, fait qui nous semble Cependant péremptoirement démontré. — A l'article Albuminurie du Nouveau Dictionnaire de médecine et de c/M^rgie, M. Jaccoud distingue les albuminuries selon qu'elles sont produites : 1^ (p. 520) par des modifications dans les conditions mécaniques de la eireulation rénale (grossesse, maladies du cœur, fièvre palustre, choléra), 2^ par des altérations du sang (dyspepsies, pyrexies)* S« par ces altérations avec lésions rénales (intoxications, cachexies, rétention des produits excrémentitiels), 4° par des lésions rénales dont elles sont l'exprèssien symptomatique directe.

148 SPLAINCHJNOTOMIE ET E^AMEl^ DkS ORGANES.

B. Deuxième degré (ou deuxième forme). — - L'augmentation de volume persiste^ mais il y* a mélange d'anémie et d'hypérémie. Aspect marbré et injection arborisée de la surface ; teinte pâle avec tacbes jaunes et rouges. Saillies séparées par des sillons décolorés.

G. Troisième degré {dégénérescence jaunâtre; premièt^e forme de Bright; anémie). — L'hypertrophie continue. Décoloration , teinte pale uniforme avec injection par places; granulations et bosselures provenant d'un dépôt de lymphe plastique.

D. Quatrième degré {ovl quatrième forme). — Les reins^ toiy our5 volumineux^ sont pâles; leur surface est parsemée de taches laiteuses^ ^H'anuleuses , étoilées, comparées à des grumeaux crémeux blancs^ et dues au dépôt d'une matière albumino-fibrineuse.

E. Cinquième degré (ou cinquième forme). — Aspect granuleux plus marqué ; irrégularité de la surface des reins.

F. Sixième degré (ou sixième forme ; troisième de Bright). — Les reins ^ parfois plus petits qu'à l'état normal^ sont durs, cartilaginiformeS; inégaux, mamelonnés de petites saillies jaunes ou pourpres.

Les 'oeines rénales présentent souvent des modifications intéressantes dans la néphrite albumineuse ; leurs parois sont épaiss'iQS, leur cavité contient des caillots plus ou moins décolorés et solides (\). Terme général , il sera bon, dans leç recherches sur le rein , de constater Tétat des veines et artères rénales , ainsi que des organes voisins. Il n'est pas d'ailleurs très-rare d'observer des anomalies dans les vaisseaux qui se rendent aux glandes urinaires: par exemple, plusieurs artères ou veines rénales (2).

Examen microscopique. — L'étude faite à l'œil nu devra souvent être complétée ou contrôlée par l'inspection microscopique, aidée ou non, soit d'injections (3), soit de macérations préalables ou de durcissement des coupes dans l'acide chromique (maladie de Bright). Cette inspection est spécialement indispensable dans la maladie de Bright (4). On soumettra au microscope les coupes

(1) Sur la phlébite rénulc en général, voyez M. Rayer {Traité des maladies du rein, t. Il, p. 269, et 1. 111, p. 592), une note du docteur Gossy {Gazette médicale, 18A6), de M. Delaruelle {Bull. Soc. anat., t. XXI), etc.

(2) On a cité des cas où le rein recevait , indépendamment de l'artère que lui fournit l'aorte, une, deux ou trois branches émanées des troncs vasculaires plus ou moins voisins, de l'iliaque primitive par exemple {Bull. Soc. anat., 1852).

(3) Pour l'injection des tubes urinaires, voyez ïAnatomie de M. Sappey, t. m, p. 472.

(4) Nous extrayons le passage suivant du rapport de M. Heuret sur

APPAREIL UBINAIRB. 1&9

faites sur la glande, pour constater, par exemple, THaldes condoits urinaireSy ou tubes de Bellini, divisés chacun en un grand nombre de rameaux qui constituent dans leur ensemble une pyra* mide de Perrein, Les cellules de la tunique épithéliale de c^s conduits pourront se montrer distendues par des gouttelettes osseuses, au point d'avoir déterminé l*atrophie ou Toblitération daUibe correspondant. Cette altération, qui se manifeste à rœil Basons respect de plaques ou de granulations d*un blanc jaunâtre, coïncide avec le passage habituel de Talbumlne du sang diDs Turine et constitue un excellent caractère histologique de la maladie de Bright, — comme, en général, de la dégénérescence

on mémoire de M. Pavy (alors prosecteur à l'hôpital de Guy), intitulé Étude histologique de la maladie de Bright {BulL Soc, anat,, sept. 1853) :

R Le premier degi*é, celui de l'iaflummation simple et de l'exsudation commençante, se caractérise par la congestion des glomérules de Malpighi, congestion qui donne quelquerois lieu à de petites hémorfbagies partielles, à la compression du parenchyme sécréteur environnant, et, par suite, à la gêne de la sécrétion. On trouve alors, dans l'intérieur des canaux urinifères , des dépôts de fibrine cylindriques , snt lesquels se détachent les cellules épithéliales avec leurs noyaux, plus ou moins éloignée» les unes des autres. La fibrine contenue dans l'intérieur des canalicules urinifères est blanche, se gonfle et devient transparente au contact des acides ou de la potasse, comme les dépôts récents de fibrine. A côté de ces dépôts de fibrine, les canalicules urinifères contiennent fréquemment encore des globules sanguins. Quelquefois déjà, dans cette période, la capsule des corpuscules de Malpighi, les parois des vaisseaux sont rendues un peu plus opalines par la formation d'une matière finement granuleuse ; enfin, suivant Reinhards, déjà dans cette période les vaisseaux qui forment le glomérule sont partiellement oblitérés, lésion que Frerichs ne rattache qu'au deuxième degré de la maladie.

» La deuxième période, celle de l'infiltration graisseuse, oflfre les caractères suivants : Les dépôts fibrineux contenus dans les canalicules urinifères sont plus brillants, réfractent mieux la lumière (paraissent blancs à la lumière réfléchie, noirs à la directe) et résistent plus longtemps à l'action des acides ou des alcalis. L'épithélium s'altère de deux manières : ou bien il s'infiltre de graisse granuleuse et même vésiculeusd, ou bien il s'atrophie. Les canalicules urinifères deviennent plus gonflés, variqueux; enfin les glomérules de Malpighi sont troubles, leurs houppes vasculbires oblitérées par un dépôt granulo-graisseux survenu dans les capsules.

» La troisième période , celle d'atrophie, présente une diminution de calibre, un resserrement des canalicules urinifères, et une oblitéralion simultanée des ramifications vasculaires afférentes. »

Virchow admet aussi trois formes histologiques : néphrite paren-

150 SPLANGHNOTOIflfi 8T EXAMBN DES ORGANES. graisseuse du rein, assez fréquemment observable pour la néphrite syphilitique et diverses autres cachexies. Dans Tenvahissement graisseux du rein, tel qu on l'observe sur les sujets empoisonnés par des pâtes phosphorées (p. H 5) ou Tacide sulfurique (Leyden et Munck, Wagner, Mannkopf, Lôwer), les tubes* urinifères contiennent un détritus gris , constitué par des granulations adipeuses ; les cellules épithéliales de ces tuhuli se montrent déformées ou détruites.

Chez les nouveau-nés, les tubuli sont dessinés au microscope, sous forme de pinceaux, par la poussière d'acide urique contenue, caractère important pour les recherches d'infanticide (p. 20). Mais le fait, ici normal, peut exister pathologiquement. Dans la gravelle des nouveau-nés (1 ) , la substance médullaire présente des aigrettes jaune-orange constituées par unepoudre Bne d'urate de soude répandue dans les tubes urinaires. M . Leroy (d'Ëtiolles) a trouvé chez l'adulte de petits calculs produits dans un de ces canalicules même et affectant la forme d*un clou, d'une dent à deux racines. La goutte présente parfois une néphrite albumineuse (Bright, Biackall, Andersen), dont M. Rayer a constitué sa néphrite goutteuse, et dans laquelle, au microscope, les substances corticale et tubuleuse sont parsemées de petits grains jaunes ou rouges(acide urique). M. Castelnau (Arch.dê med., 4^ série, t. III, p. 28) a môme signalé un autre état pour le rein goutteux , des dépôts d'urate de soude analogues à ceux des articulations : a Tous les cônes tubuleux qui n'étaient pas envahis par la dégénérescence graisseuse renfermaient des dépôts de matière blanche comme émail, partout disposée en stries très-fines affectant la direction des tubes urinifères et semblant être contenues dans Tintérieur de ces tubes mêmes. » Ces faisceaux de prismes aciculaires dans le rein des goutteux ont été constatés aussi par Garrod (On gout^ 1863, p. 236).

Enfin, M. Namias, de Venise [Comptes rendus de V Institut,

chymateuse, néphr. amyloïde (p. 152), néphr. interstitielle {Pathol. celluL). Telle est à peu près aussi la classification de M. Gornil [Journal de Robin, janvier 1865).

Parmi les auteurs qu'on pourra consulter sur les altérations histologiques dans la maladie de Bright, je citerai : en France, MM. Lebert et Robin, Gornil; en Angleterre, Corrigan, Stokes, Williams Quain^ Todd^ Johnson, dont les divisions de la néphrite sont encore classiques, Parkey, Begbie, Tripe; en Allemagne, Henle, Simon, Hellers, Scherer, Gluge, Canstatt, Reinhards, Nasse, Vogel, Virchow, Gaîrdner, Frerichs.

(1) Henrieux, Gazette des hôpitaux, 16 février 1864.

îmi 186i), dans un travail sur Tinfection du sang par la bile, faisait remarquer qu'à l'œil nu, et surtout à la loupe, on peut troQver les canalicules du rein, au sein de la substance médullaire notamment, obstrué» par la cholépyrrhine, chez les sujets, par exemple, où cette entrave à Texcrétion urinaire a pu produire rorémie.

D*autres fois, le microscope fera reconnaître Toblitération des vaisseaux sanguins propres aux corpuscules de Malpighi (4 ), leur (MgéDérescence atbéromateuse ou amyloïde (maladie de Bright confirmée) (2), une congestion veineuse des mailles vascul aires eotoorant les pyramides de Ferrein {étoiles de Verheyen), ou bien des vaisseaux afférents et efférents des glomérules (empoi^on* nement par le phosphore, etc.), Tatrophiede ces appendicesavec épaississement de leur trame conjonctive (syphilis, Lancereaux, Gaz, h^d.j 30 septembre 4 864, obs. xiit], leur dilatation en kystes, etc. Virchow a vu la membrane vasculaire des glomérules bleu noirâtre chez un épileptique ayant fait un long usage d'azotate d'argent.

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