‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériquesChapitre 61 sur 84 · XXV. Principales altérations · texte numérisé non relu

XXV. Principales altérations

A. Du TISSU CELL13LAIRE PÉRiRÉirAL. — Ëpaissi , induré (périné phrite), ou même ossiforme (néphrite chronique), ramolli^ abcédé.

B. De la capsule extra-rénale. — Macérée , ramollie, épaissie, adhérente au rein; plaques fibreuses et taches laiteuses (néphrite rhumatismale, ctc.]«

le rein pourAa présenter :

Déplacement (3) et vices de conformation (4) : atrophie^ hypertrophie ; congestion veineuse (asphyxie, diabète, etc.), inflammation (néphrite), abcès, hydronéphrose, encéphaloïdc, tubercule», calculs,

(1) Docteur Simon, Med.-chirurg. Trans., 1847, etc.

(2) Il faut se rappeler que, chez le vieillard, les vaisseaux du rein peuvent être athéromateux ou calcaires (atrophie sénile).

(3) Eu faisant rentrer dans ce mot les reins flottiuits, et les hernies <hi rein, dont on sait la rareté.

(4) Gastellier a cité des cas d'absence du rein et des organes génitaux, chez un monstre {Ane. Journ,^ t. XXXIX, p. 27). Dans les Bull, Soc, anat. pour 1852, on trouve un exemple remarquable de réunion des deux reins sur la ligne médiane, en avant des vertèbres lombaires : les organes étaient confondus par leur partie inférieure, constituant une sorte de croissant à concavité supérieure. On a d4's exemples de reins multiples,

152 SPr.ÀNGHNOTOMlE ET EXAMEN DES ORGANES.

corps étrangers, dégénérescences graisseuses, amyloïde (1) ; infractus (2) ; cancer hématode, gommes et néphrite interstitielle, syphilitiques (3), kystes hydatiques, nombreuses cellules pleines de liquide, poches renfermant d^ la sérosité pure et citrine, ou du mucus, des débris de fausses membranes, du pus, de l'urine; état granuleux; hémorrhagie. — Oblitération des vaisseaux rénaux, avec ou sans circulation supplémentaire.

L'BXAXBN du REm DEVRA ÊTRE FAIT EN OUTRE QUAXD ON SOUPÇONNE :

Lésions traumatiques (déchirure, contusion, plaie), déchirure pathologique, rétention d'urine, anurie et autres troubles des fonctions uropoétiques, urémie (4), rétrécissement de Turèthre, catarrhe vésical, calculs vésicaux, gravelle et goutte ; maladies du cœur, glucosurrhée (hypertrophie et congestion du rein) , rhumatisme (néphrite rhumatismale) (5), scarlatine (néphrite scarlatineuse), hypochondrie, fièvre typhoïde, infection putride, alcoolisme, cachexie syphilitique, œdème des nouveaux-nés, empoisonnement par le phosphore, l'acide sulfurique, le plomb, grossesse (6), toutes les affections produisant Talbuminurrhée (7).

(1) Notamment dans la syphilis tertiaire (Virchow, Acad. dpR sciences^ 5 déc. 1858). On dit encore : lardacée (Rokitansky), ou cholestérique (Meckel) , ou cérumineuse (Frerichs) ou cireuse. Gomme nous l'avons vu (p. 122, 135), cette transformation peut se rencontrer en général dans d'autres cachexies. La dégénérescence amyloïde, dont Virchow, Bennet, Gornil, etc., font une des formes de la maladie de Bright, est encore assez peu connue pour que l'œil nu puisse avec certitude la reconnaître : la réaction de la teinture d'iode, seule ou avec l'acide sulfurique^ en serait le seul caractère pathognomonique (voy. 3* part., Exam, chim.).

(2) Dans l'mfarctus, il faudra rechercher l'oblitération artérielle et son origine (p. 135).

(3) Lancereaux, ilcflcf. de méd.^ févr. 1864, etc.

(4) A. Wilson, Ghristison, Addison, Bright, Golding Bird, Rayer, Frerichs, ont établi que l'urée se montre en excès dans le sang des individus dont le rein fonctionne insuffisamment (rétention d'urine, pyélo-néphrite, dégénér. amyloïde, etc.). A la suite d'investigations nécroscopiques sur le rein, on pourrait assurer son diagnostic en recherchant dans le système circulatoire l'urée ou le carbonate d'ammoniaque résultant de sa transformation (3® part., Exam. chim.).

(5) Gornil, Soc. hiol., et Gaz. hebd., 1864.

(6) Ghez les femmes enceintes, quand l'albuminurie, généralement passagère, est devenue chronique, les reins ne restent pas intacts, et l'on trouve au microscope les lésions de la maladie de Bright (Leudet, Braun).

(7) Voyez Troisième Partie, Examen chimique. En général, l'action prolongée des substances fortement diurétiques produit l'albuminurie

BaMinêff, eallces et nrelére.

On sait que, dans Texcavation du hile rénal, on observe deux sortes de saillies séparées par des dépressions : les unes, nommées mamelons ou papilles (fig. 51 , 4), sont petites, rouges, conoîdes, percées comme une pomme d'arrosoir (ce sont les soffloels des pyramides do Malpighi); les autres, plus marquées, jaoiies et arrondies, constituent les extrémités des colonnes de Benia (prolongements de la substance corticale). Les calices^ au nombre de huit ou neuf (Gg. 51, 3), sont de petits cylindres membraneux, entourant les mamelons, longs de 4 centimètre, et qui, par leur extrémité interne , se réunissent pour constituer cet entonnoir aplati nommé bassinet (6g. 54, 2).

Il n*est pas rare de trouver la surface interne des calices, à l'état sain unie et blanc bleuâtre, recouverte d'une arborisation inflammatoire se prolongeant sur le bassinet. Tel est le cas de la pyélite aiguë, Taffection la plus commune de cette portion du bile rénal, conséquence souvent de la cystite avec transformation granulo-graisseuse (phymatolde) des leucocytes. Le bassinet peut alorg contenir (pyélonéphrite) une quantité variable de pus, ou de muco-pus mêlé d'urine. La muqueuse des calices et du bassinet se montrera d'autres fois épaissie, grisâtre, brunâtre, ardoisée, plaquée en certains points de fausses membranes, couverte de veines variqueuses.

Dans l'hydronéphrose, les calices, plus larges et plus longs, affectent assez souvent la forme d'entonnoir. Le bassinet peut être distendu au point de dépasser en dedans le hlle, distension (lue, soit à du liquide, soit à des calculs : le parenchyme rénal, refoulé, est alors partiellement détruit (p. 4 A3). Dans la néphrite albofflineuse au dernier degré, avec aihérome des vaisseaux, la substance corticale peut être réduite à 4 millimètre, et, si la médullaire est aussi atrophiée, le bassinet forme un kyste dont le tissu glandulaire est la paroi. On a vu, par contre, chez quelques sujets, le bassinet si petit, que l'uretère paraissait suivre immédiatement les calices ; la science possède même des observations d'absence réelle de cette cavité rénale. Enfin, le bas« sinet et les calices sont parfois méconnaissables par envahissement du processus encéphaloïde.

(Brighl) : cantharides (Bouillaucl, 1848), préparations arsenicales (M. Ollivier) ou saturniqucs, alcool, etc.

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