CHAPITRE V
ArrAREiL gAnital de l*bommk.
Les organes génitaax de T homme se composent : 4<* d*une glande élaboratoire , les testicules , enfermés dans leurs enveloppes ; 2** d'un organe excréteur, les canaux déférents, conduisant le sperme dans un réservoir, les vésicules séminales, d*où il sera éliminé par les canaux éjaculateurs ; Z° de Vurèthre^ portant définitivement au dehors le liquide fécondant et Turine. Â cet ensemble se trouve annexée la glande prostate, ainsi qu'un appareil d'érection et de copulation, la verge.
Chacun de ces organes sera lobjet d'un paragraphe spécial, dans lequel nous indiquerons les coupes à faire, et les principales lésions pouvant se rencontrer.
Les organes génitaux de l'homme devraient être l'objet de fréquentes recherches, par suite du nombre et de la gravité de leurs affections ; malheureusement, dans nos hôpitaux, cet examen est trop rarement pratiqué. Nous conseillons de se faire une règle de presser entre les doigts, sur tous les cadavres, les bourses et la verge, pour s'assurer s'il n'existerait pas quelque affection passée
observe chez la femme des cas de réunion des bulbes. Il est donc permis d'admettre qu'il y a chez la femme une portion spongieuse de l'urèthre représentée par le vestibule, les petites lèvres et les bulbes du vagin ; cette portion est une gouttière chez la femme, un canal, chez l'homme : l'hypospadias est, en un mot^ normal chez ia femme.
On a vu quelquefois l'urèthre de la femme présenter son méat au sommet du clitoris. Or, que se produit- il alors"? Le vagin s'ouvre nênéralement dans ce canal, qui rejette alors non-seulement l'urine, mais encore le sang menstruel. Chacun connaît le cas observé par M. Bouillaud, de cet ouvrier chapelier qui, jusqu'à l'âge de soixantedeux ans, fut considéré comme un homme , marié comme tel, cl qui, à l'autopsie cadavérique, se trouva être une femme. Les deux petites lèvres, les deux bords du vestibule, s'étaient accolés, l'urèthre traversait un clitoris démesuré : il n'y avait point de vulve, mais un raphé produit par la soudure des grandes lèvres; point de bourse. La nécropsie révéla l'existence d'un vagin s'ouvrant dans l'urèthre, d'un utérus, de deux trompes, de deux ovaires. — On rapprochera de ce fait celui de la femme à barbe morte à soixante-cinq ans, en 1864, chezM. Horteloup.
170 SPLANCHNOTOMlE ET EXAMEN DES ORGANES, inaperçue sur le vivant et nécessitant une étude plus attentive, — si, au lieu de fuir sous la main qui le presse, le testicule reste immobile, adhérent à la vaginale, dur, inélastique, empâté ; si l'épididyme est induré et plus volumineux qu'à Tétat normal, etc.
1*> Testicule et ses enveloppes.
Enveloppes des testicules. — La surface externe des bourses sera d*abord examinée. Il faudra noter, s'il y a lieu, la tuméfaction, les ulcérations, les éruptions, les tumeurs (abcès urîneux, éléphantiasis, etc.) dont cette surface est quelquefois le siège (<); la coloration bronzée qu'elle peut présenter dans la maladie d'Âddison, les taches livides ou violettes (ecchymoses), Taspect marbré (hématocèle pariétale), etc. (p. 4 71). On fend ensuite avec un scalpel les tuniques cutanée ou scrolale^ darto'ique ou musculaire , communes aux deux testicules (î) , pour arriver ainsi aux enveloppes proprement dites de chaque glande : crémasler et tunique érythroïdey couche fibreuse j tunique séreuse ow vaginale y celte dernière entourant le testicule, Tépididyme et la partie inférieure du cordon.
(1) Parmi les tumeurs les plus rares du scrotum, signalons lc> monstruosités par inclusion. Voici un cas observé par M. Velpeaii : Un homme de vingt-huit ans portait, sur le côté droit du scrotum, une tumeur congénitale du volume du poing. La peau qui la recouvrait était blanche, insensible, contrastant ainsi avec celle du scru | tum, qui était brune et très>sensible. Dure dans certains points. nioUe et comme fluctuante dans d'autres, cette tumeur, pressée en ' arrière, permettait de percevoir une espèce de concrétion osseuse; elle présentait plusieurs ouvertures fistulcuscs donnant habitucUeniciit passage à une matière grasse distincte et du pus et de la sérosité : il en sortit un jour un paquet de poils très-fms. Les testicules, l'épididynie, paraissaient légèrement atrophiés; le cordon était sain, la l'onction génitale parfaite. Cette tumeur fut extirpée : elle renfermait, outre des lamelles et des libres rappelant les tissus fibreux, cellulcux et musculaire^ de véritables pièces osseuses réunies par des orticulalions. Parmi ces os, M. Yelpeau crut surtout reconnaître la clavicule. romopUte et une portion de l'humérus {Bulletin de l'Académie d' médecine, t. IV, p. 598, et Leçons de clinique chirurgicalCy t. 111. p. 198). — Voy. encore Yerneuil^ Inclusions scroiales et testiculain" (.4rcA, de méd., juin 1855).
(2) Avec M. Sappey (Anatomie^ t. III, p. 534), nous cousidéroui^ le dartos comme faisant partie du scrotum^ appartenant en couiiiiuu aux deux testicules.
APPAREIL GÊfflTAL DE L'HOMME. 171
Ces diverses membranes, quelquefois empâtées ensemble, /viivent être le siège d'altérations diverses. Nous citerons Tinfiltration sanguine (4) ou gazeuse, les solutions de continuité traamatiques ou pathologiques (fongus du testicule, etc ). Dans ce dernier cas, les deux feuillets de la tunique vaginale, comme les autres lames qui entourent le testicule, se montrent souvent QDispar des tractus mous, filamenteux et reliés également à Tépididyme : on y a rencontré des cristaux analogues à ceux du tissu prostatique, et se dissolvant dans Tacide nitrique (M. Icard, Gaz. méd. de Lyon, 4 6 mai 1864). Les fibres du crémaster seront d'autres fois hypertrophiées ; la couche fibreuse peut être épaissie, résistante, entièrement adhérente au feuillet pariétal de la séreuse vaginale (périorchite] (2). Mais les lésions tuniquaires les plus communes intéressent cette séreuse même.
Tunique vaginale en particulier. — On séparera les deux feuillets de celte séreuse à Taide du doigt ou du manche du scalpel, manœuvre plus ou moins facile selon que ces feuillets sont libres ou adhérents.
La tunique vaginale peut se montrer dure, bosselée, mi-transparente, criante sous le scalpel, privée de son aspect papyracé, noire, lavée, couverte de concrétions fibrineuses ou cartilagineuses, notamment an niveau de Talbuginée. Ces lésions s'observeront, par exemple, dans l'hématocèle vaginale , et quand il existe inflammation de la séreuse (vaginalite], soit dans Torchite aiguë (3). D'autres fois, au lieu d'être hypertrophiés, les feuil-
(4) Dans l'hématocèle pariétale, le sang.se montre coagulé ou sous forme d'un liquide brun chocolat^ de consistance de mélasse, parfois mêlé de pus.
(2) « Chez tous les cryptorchides, l'enveloppe scrotale fait défaut ; chez les monorchides, elle n'existe que du côté où le testicule est descendu.» (Sappey, Anatomie, t. III, p. 546.) Dans certains cas d'anorchidic, on ne trouve dans l'enveloppe scroto-dartoïqne que du tissu aréolaire adipeux (voyez notamment Gazzetta medicn provincifi Venete, 13 février 1864).
(3) Voyez Rocheux, Du siège et de la nature de la maladie imjyroprement appelée orchite blennot*rhagtqu€, in Archives générales de médecine, 1833, 2« série, t. II, p. 51).
« Sur un testicule que j'ai examiné peu de temps après une atteinte «l'orchite aiguë, j'ai trouvé la surface interne de la tunique vaginale recouverte d'une exsudation fîbrineuse, d'aspect réticulé, analogue à celle qu'on voit souvent sur le péricarde enflammé. Dans un cas d'orchite aiguë consécutive à une orchite chronique, les surfaces opposées de la tunique vaginale étaient réunies par de fausses membranes •ïiolles, de couleur rougeâtro et infiltrées de sérosité sanguinolente. La
172 SPL/kNCQNOTOMIE ET EXAMEN DES ORGANES.
lets de la séreuse sont atrophiés, notamment dans Thydrocèle. c'est-à-dire quand il y a distension de Tenveloppe en question par un excès du liquide destiné, dans les conditions normales, à lubrifier Tespace compris entre les deux feuillets séreux.
11 n est pas rare de trouver la tunique fournie par le péritoinei au testicule se continuant supérieurement avec la séreuse abdo minale, d'où, chez Tenfant surtout, Thydrocèle dite congéni-j taie, résultant de la migration des liquides péritonéaux dans \ cavité vaginale et qu*il ne faut pas confondre avec la fœtale! ou vraie, — d'où -encore la hernie vaginale congénitale (ta-j bleauXXIX).
On pourra rencontrer dans la séreuse testiculaire des coiJ leclions purulentes, des corps étrangers, un liquide rappelntl le lait par son aspect (galactocèle de Vidal de Cassis], du sangl à divers états. Dans Thématocèle vaginale, ce sang se mon-i trera (1) plus ou moins coloré, quelquefois limpide et citrin : on < Ta vu transformé en une sérosité sanguinolente avec ou sans concrétions fibrineuses, en une matière épaisse, de consistance sirupeuse ou mielleuse, de couleur café, chocolat , lie de vin, enfin en foyers purulents. Il n'est pas rare de rencontrer, dans 1 hématocèle vaginale, le feuillet pariétal tapissé d'une coque pseudo-membraneuse chagrinée, qui y adhère assez fortement pour que sa séparation avec le manche du scalpel soit difficile : elle enkyste du sang diversement modifié ou des caillots fibrineux.
Examen extérieur de$ testicules, — Les testicules mis à nu seront, dès l'abord, examinés extérieurement et sur place. On constatera s'il existe quelque singularité : anomalie de nombre [i],
tunique vaginale était abondamment va^cularisce^ et Ton pouvait^ en deux ou trois points, suivre les vaisseaux qui pénétraient dans les fausses membranes. Dans Tinflammation de la tunique va^nale, l'épididyme est, en général^ plus ou moins tuméfié. » (Curling, Maiadies du testicule et de ses annexes^ traduction de M. Gosselin, p. 94, 1857.) — Voy. aussi Ghambaud^ thèse de Montpellier, 1864.
(1) Yéi^ewk, Leçons orales de clinique chirurgicale, t. II.
(2) Blasius cite le fait d'un homme de trente ans, bien conformi' d'ailleurs, qui portait à droite deux testicules de même volume, de mi'me forme que celui du côté gauche ; chacun de ces organes recevait une artère distincte fournie par l'aorte, et de chacun d'eux partait une veine qui se rendait à la veine cave [Obs. med. anat,^ obs. xx. p. 28). — Il peut y avoir anorchidie ou absence complète de teslicule (voyez un cas récent dan&Gazzetta medica provincie Venete, loc. cit.)' cette anomalie est au reste fort rare, et la plupart des exemples cité'' pèchent par la brièveté des détails, au point qu'on pourrait croire plutôt ùune migrat^n imparfaite.
LiQcesde conformation, migration incomplète (simple, ou monor-
' 'e; double, ou cryptorchidie) (4 ), inégalité de volume des deux
poes, etc. II sera tenu compte de la coloration de la face
ne de la tonique alboginée (2), ou enveloppe commune de
) des canalicules dont se compose la glande séminale, de
aississement hypertrophique ou phlegmasique, de son adlié-
1 la séreuse vaginale, des mamelons, plaques ou granula-
ftyphilitiques, des plaques cartilagineuses (eochondrome)
ne ossiformes qui la recouvriraient, etc.
! notera la flaccidité, Tinduration, et en général la consis-
» du testicule à la pression, variable avec le degré de tension
j^tnnique albuginée, — la forme de la glande, sa direction (3),
ntpports, surtout avec Tépididyme. La position de Tépididyme
Ifort importante à considérer : c'est seulement en plaçant le
1 libre (ou antérieur, ou mince) de cet organe en dehors, et sa
«se extrémité (ou extrémité supérieure, ou tôte) en avant et
i baut , qu*on pourra distinguer le testicule droit du gauche ,
ftprès Texlraction des deux glandes. Or, Tinversion du testicule
I n'est pas rare (4), et cette anomalie est utile à constater, car elle
'exposerait, pour les investigations cliniques, à confondre le tes-
^\G,\ile avec Tépididyme. Dans cette affection , Tépididyme est
^itné en avant ou en dehors (bord antérieur ou faces externe et
iolerne) de la glande, au lieu d'occuper toute la longueur de son
l^ord pc^térieur (ou supérieur). Quand Tépididyme répond au bord
(1) FoUin, Études anatomiques et physiologiques sur les anomalies
'déposition et r atrophie du testicule, in Archives générales de méde-
^ne, 4851, 4» série, t. XXVI, p. 257, sq.— Lecomte, Des ectopies con-
i génitales, tbèse, 1851, n° 159.— Godard, jé'^Mcfc sur la monorchidie et
Va cryptorchidie chez l'homme, in Mémoires de la Société dé biologie,
|n-8, Paris, 1857, et thèse Sur la monorchidie, 1856. — Goubeaux et
ToUin, Cryptorchidie y in Mém, Soc, bioL — Legendre, ibid. —
jappey, Anatomie, t. III, p. 543, sq. Dans les cas d*ectopie simple
.unilatérale, le testicule, répididyme, le canal déférent, tous
vs en général atrophiés, seront trouvés ou dans Tabdomen (ecto-
Pv rénale, iliaque, sus-inguinale), ou dans le canal inguinal (ectopies
i&inales interne, externe, interstitielle) , ou dans le sillon cruro-
ptal (ectopie cruro-scrotale), ou plus rarement dans l'entonnoir
Irai ou au périnée.
|(2) A l'état sain, la tunique albuginée est blanc bleuâtre, lisse et lie. Elle est noire dans l'hématocèle testiculaire. [(3) Normalement oblique de baut en bas, d'atant en arrière. — ns l'hématocèle vaginale, le testicule est assez souvent aplati, al- Ingé, refoulé par répanchcment.
(4) Royet, De V inversion du testicule. Paris, 1859.
ilU SPLANCHNOTOMIE ET BXAMEN DBS ORGANES.
antérieur du testicule [inversion antérieure), et c^est le cas le plus fréquent, sa tète en occupe lextrémité supérieure (ou antérieure); le canal déférent, déplacé, est aussi en avant du testicule auquel il adhère. On a mentionné quelques observations d'inversion supérieure^ où l'épididyme devient horizontal comme la glande, d'obliques qu'ils étaient normalement.
Dans beaucoup de cas (hypertrophie , atrophie, etc.) , il sera bon de prendre le poids et les dimensions de l'organe séminipare. Rappelons qu'à l'état normal (1) elle pèse en moyenne 24 grammes (abstraction faite de l'épididyme , dont le poids moyen est de 4 grammes) , et présente les diamètres suivants : longueur (de l'une à l'autre extrémité), 4 centimètres; largeur (de l'une à l'autre face), 2 centimètres; hauteur (de l'un à l'autre bord), 3 centimètres.
Examen intérieur du testicule. — On fend généralement la glande en deux moitiés, d'avant en arrière, du bord antéro-iofé* rieur au bord épididymaire, en suivant le grand axe de l'organe. Mais, en agissant ainsi, il y a danger de prendre pour une affection de l'épididyme une altération siégeant au bord postérieur du testicule; il vaut mieux disséquer, puis fendre isolément chacune des parties de la glande séminale. 11 est d'ailleurs des cas (sarcocèle syphilitique, etc.) où l'épididyme et le testicule ne forment plus qu'une seule masse, dans laquelle il est difficile de reconnattre ce qui appartient à l'une ou à l'autre de ces deux parties, sans s'aider de la position du cordon ; le feuillet vaginal viscéral, l'albuginée et la substance testiculaire peuvent même être confondus en un seul tout.
L'incision de l'albuginée peut faire découvrir entre cette tunique et le parenchyme glandulaire des collections sanguines (hématocèleparenchymateuse), purulentes, tuberculeuses. L'albuginée peut être, d'ailleurs, amincie, épaissie ainsi que les cloisons qui en émanent (sarcocèle syphilitique), etc.
Quant au tissu testiculaire lui-même , diversement coloré selon ses diverses affections et s'afilaissant plus ou moins à la pression, la coupe y révélera quelquefois des noyaux apoplectiques, de petits kystes (il suffit souvent de les insuffler pour les ramener à leur forme), des tumeurs autour desquelles les veines se montrent dilatées, disposées en un lacis vasculaire lurges-
(1) Sappey, Anatomie^ t. III, p. 549. — Curling a cité un testicule pesant 70 grammes. On sait que les dimensions du testicule diminuent avec l'âge, et que le gauche est plus lourd, plus gros, plus souvent atteint de varicocèle et d'épididymite.
cêùt et variqueux. Les tumeurs tuberculeuses sont les plos fré-
qnentes (elles le sersient moins cependant, si Ton tenait compte
de la définition du tubercule par Virchow : voy. chap. VI} : on
trouve , au centre ou sur une partie quelconque, plus ou moins
étendue, de Torgane, à côté'dMlots inaltérés de canaux sémini-
fères, de petites masses, allant fréquemment du bord postérieur
àTantérieur, molles, irrégulières, colorées en jaune-mastic par
la prétendue xanthose de Lebert, ayant produit des foyers à
soppuration, de vraies cavernes, parfois des abcès avec fistule
scrotale. C'est essentiellement le tissu connectif des cloisons
interlobnlaires et celui reliant les canalicules, qui se trouvent
attaqués par une prolifération de leurs cellules plasmatiques
(voy. Utérus et Mamelles), — L'épididy me est généralement plus
malade encore (p. 4 84).
Le tubercule présente aussi la disposition miliaire, granulée, forme sous laquelle son évolution est plus rapide, — ou bien infiltre l^organe, qui ressemble alors à ces ganglions envahis par la tuberculisation et comparés à de la châtaigne cuite (chap. II). Parmi les autres productions sur lesquelles j'appellerai Tatiention, sont les tumeurs épilhéliales (cancer) , rarement ulcérées dans le testicule, et dont je reparlerai plus loin ; les tumeurs de nature conjonctivale (fibro-plas tiques ou sarcomateuses) (4), les tumeurs syphilitiques. Ces dernières (sarcocèle syphilitique, testicule vénérien, albuginite spécifique), accompagnées d'une augmentation de volume avec induration de la glande et intéressant souvent les deux organes, présentent plus apparente la disposition lobulée due aux cloisons partant de Talbuginée. A chacun de ces tlots, la substance sécrétante, plus jaune qu*à l'état normal (jaune d*œuf bien cuit), montre au microscope des
(1) Au s^jet de ces néoplasmes à corps fusiformes^ je rappellerai l'observation, citée par le Journal de méd. de Lyon (octobre 1864), (l'une tumeur fibro-plastique dégénérée sur un testicule situé dans le trîyet inguinal. Des cloisons fibreuses divisaient la tumeur eu parties «le grandeur et de forme variables : entre ces cloisons existait une substance jaunâtre, granuleuse (reconnue au microscope pour de 1» graisse), dissociable en lamelles et filaments, ressemblant à la matière phymatoïde de Lebert.
Dans quelques points, la vascularisation était assea grande pour avoir produit une teinte rosée et des foyers hémorrhagiques. Les tissus morbibes offraient une résistance faible à la traction ; la pression en faisait sortir des grumeaux, pas de suc. Même altération sur l'épididyme, dont la tête et la queue sont séparées par une cloison fibreuse. Au microscope, Tépithélium des canaux glandulaires est remplacé par de la matière granuleuse et des globules graisseux ,
malières fibroïdes, des noyaux, des cellules à divers degrés d*allération, des granulations graisseuses mêlées de cristaux de margarine, le tout contenu dans les canalicules speimatiques atrophiés et dégénérés. On trouve souvent aussi, à la coupe, des nodus du volume d'un pois ou d'une cerise, homogènes, durs, jaunâtres, entourés d un tissu fibreux et vasculaire, analogue au tissu érectile, surtout près du bord épididymaire : ce sont des gommes (Virchow), composées de tissu fibroïde, et près desquelles le stroma fibreux du teslicule se montre atteint d'inflammation interstitielle [orchite syphilitique), avec hypergenese, prolifération, d'éléments cellulaires, comme dans l'hépatite des vénériens (p. 4 4 9, sq.), le caractère anatomique de la syphilis étant la tendance générale aux néoplasies de tissu conjonctif. Ainsi que pour le poumon (p. 58) , le testicule offre alors à la section une surface rosée, dure, élastique, avec tractus fibreux, blanchâtres et nodules, se détachant sur le fond de l'incision. [Voyez Exam, d'autops. cadav.)
Le tissu teâticulaire peut également être infiltré de matière cancéreuse jaune et molle (altération phymatoïde de Lebert), ou d'un liquide blanc d'apparence laiteuse. Dans cette dernière aflfection, que Vidal (de Cassis) a nommée à lort gaiactocèle (p. 4 77), on rencontre des kystes dont le contenu présente Taspect du lait : quand ces kystes galacloïdes (IMorel-Lavallée) renferment des spermatozoïdes, ils siègent souvent dans les vasa aberranth d'Haller (4 ) ou dans le corps d'Highmore.
Il est fréquemment utile de chercher quelle longueur de vaisseaux séminifères on serait à même de dérouler avec une pince fine. Cette manœuvre, que facilite une macération dans de l'eau aiguisée d'acide nitrique, ne réussira d'ailleurs pas quand les canalicules auront été réunis par un épanchement plastique. Elle sera, dans tous les cas, plus aisée si l'on saisit les tubes au moment où ils s'engagent dans le corps d'Highmore, c'est-à-dire au point de réunion sur la tunique albuginée des lamelles cellulofibreuses contenant les conduits spermaliques. Dans Thématocèle parenchymateuse, ces vaisseaux font quelquefois hernie à traver.; une ouverture de la tunique albuginée, et se présentent
• (1) Ces vasa^ ou voies spermatiques collatérales^ s'élèvent de la queue de l'épididyme entre les vaisseaux ipermatiques, et se terminent plus haut en cul-de-sac : ils ont été plus récemment étudiés par MM. Gosseliu et Follin. Il est probable qu'ils déversent mi liquide destiné à délayer le sperme et à faciliter sa marche dans le canal déférent. — a La maladie kystique du testicule siège dans le corps d'Highmore. » (Couche, Journal de mèd, fie Lyon, mai 1865.)
APPAREIL GÉNITAL DB L'HOMME. i77
^U8 l'aspect de fils noirs, infiltrés de sang, que Ton peut, avec une pince, étirer suivant une longueur variable.
Examenmicroscopique. — 11 sera fréquemment indispensable de demander au microscope l'état du testicule, et surtout de ses condoits séminifères. Nous en avons déjà donné pour exemple les tameors syphilitiques, flbro-plastiques et tuberculeuses, ainsi que rhématocèle : appelons encore l'attention sur quelques affections intéressantes.
Les canaux spermatiques pourront se montrer pleins de granulations graisseuses, par exemple dans Tencéphaloîde et dans cette dégénérescence tuberculeuse nommée phymatcUde par Lei»rt : elles seraient associées à cette matière grasse, jaune orange ou jaune safran que Lebert appelle xanthow.
Dans rinfiltration dite à tort galactocèle^ les filaments séminipares paraissent déformés, sans contours nets, infiltrés aussi (ie granulations graisseuses jaunâtres (4 ), avec ou sans spermatozoïdes.
Sur certains testicules syphilitiques ou tuberculeux, le tissu glandulaire peut être entièrement disparu, comme aussi dans la
(1) Gooper attribuait la matière blanche des k)stes g^alactoïdcs du testicule ù de la lymphe coagulable. M. Gubler, d'après la mêrae opinion, nomme ces kystes tumeurs lymphaiocèles {Gaz. méd. de hris, 185&). Les analyses de ce liquide opalescent (Grassi, RegnauU, Leconte) ont révélé l'existence d'un peu de matière grasse, fondant ù 38 degrés (Leconte, Soc, chù\, 27 août 1862), émuJstonnée par des substances albuminoides ne précipitant pas par la chaleur seule, mais coagulables par la chaleur aidée d'un acide. Cette albumine est tenue ^n dissolution par des carbonates et phosphates alcalins (Leconte).
Or, la matière grasse ne parait pas du beurre ; la substance albuminoïde est distincte de la caséine, et n'est pas accompagnée, comme celle-ci, par des phosphates terreux. Enfin, quand le liquide de ces kystes réduit les sels de bioxyde de cuivre, il ne paraît pas pour cela contenir de la lactine ou sucre de lait.
L'examen chimique détruit donc rassimilation établie par Vidal (de Cassis) ; il ne saurait, d'ailleurs , y avoir sécrétion lactée la où manquent les organes galactophores. Enfin, le mot galactocèle avait déjà été donné aux accumulations laiteuses dans les culs-de-sac glandulaires de la mamelle (Jobert, Forgct).
Les kystes galactoïdes ne paraissent pas contenir de pus. Ils offrent parfois de la cholestérine; ces cristaux rhomboïdaux a reflet brillant, qu'on trouve déposés par la graisse dans toutes les cavités closes contenant des produits adipeux non accessibles à la nutrition, on les reconnaît à ce qu'en présence de l'iode aidé de l'acide sulfurique, ils deviennent indigo, puis brun jaunâtre.
178 SPLANGHNOTOMIE ET BXAMEN DBS ORGANES,
transformation cartilagineuse oo enohondrome (4), souvent accompagnée par l'encéphaioîde.
L*6pithélium qui tapisse les canalicules se montre exagéré ou transformé en suc crémeux dans les tumeurs épithéliales (cancer) ; les conduits déformés ont perdu leurs parois ou bien leur gafne externe est devenue fibroïde comme sur certains testicules syphilitiques (voy. chap. Vï, Utérus).
Une production de la classe des néoplasies épithéliales (comme le cancer, le cancroïde), une des plus curieuses à l'analyse microscopique du testicule, est celle que M. Cruveilhier {Allât d'anat.) a nommée tissu à forme perlée, et MùUer, cboléastome. Si j'analyse le travail de M. Poincaré (de Nancy) (2), les tumeurs perlées, qui se rencontrent parfois à la surface des Barcocèles kystiques, et dans lesquelles les bourses forment une tumeur ovoïde, lisse, ayant Taspect d'une hydrocèle, mais sans liquide, — donnent à la coupe : 4*" de petits kystes; V appendues par de courts pédicules, de petites sphères du volume d'une téfe d'aiguille, d'un grain de millet, d'un pois, rarement d*une noix, dures, bien limitées, brillantes commodes perles, pouvant s'apercevoir par transparence à travers l'albuginée ; le tout enfermé dans un tissu fibro-cellulaire taché de graisse et parsemé luimême de perles plus petites. Fait-on macérer quelques jours dans l'acide acétique étendu, le tissu fibroïde devient une gelée transparente au sein de laquelle tranchent davantage les perles, restées blanches et opaques. Au microscope, cette gelée reproduit les caractères histologiques du tissu fibro-plastique ou tissu conjonctif naissant (faisceaux de fibres celluleuses, les unes rectilignes, d'autres onduleuses, avec beaucoup de cellules plasmatiques et de corps fusiformes). Quant aux perles, M. Robin {Archiv. gén, de méd., \ 856) les croit pleines de contenu homogène et cellulaire, formées de cellules épithéliales aplaties comme celles de certaines tannes, juxtaposées, imbriquées. M. Poincaré a trouvé, au contraire, qu'elles laissent échapper, quand on parvient à les rompre, une sphère incluse, plus petite, plus opaque, séparée, par un peu de liquide, de la coque mère ou kyste principal ou globe contenant. Celui-ci est constitué de tissu ûbreux dense; sa face interne présente seule quelques cellules, différentes de celles qui revêtent l'intérieur du tube séminifère, ovoïdes, grandes, à contours nets, à noyaux et granulations (épithélium pavimenteux). La paroi de chaque perle contenue ou nile estéga-
(i) Voyez de Gyoux, Enchondrome du testicule, (2) Gazette hehdom., 26 août 1864.
APPAREIL GÉNITAL UË L'HOMML. 179
lémeot fîbreuse ; elle enveloppe un amas de petites cellules irré* ^lières, pleines de granules, assez souvent mêlées de cristaux de cholestérine, pour expliquer l'expression choléastome de Mùller.
Curling [Maîad, du testic. , traduct. Gosselin) rapporte Télément perlé au tissu cartilagineux, à renchondrome : mais cette opinion n'est pas admise en France* Vircbow regarde les perles comme des néoplasies par prolifération d'épithélium : elles constituent ainsi un épilhélioma (chap. VI, £7(eVui), c'est-à-dire une formation de cellules épithéliales normales avec simple aberration de lieu et exagération de production, mais un épithélioma qui ne récidiverait pas. « La simple forme des éléments n'a pas, dit Vircbow (1), de valeur pour établir la distinction entre la tumeur perlée, qui est bénigne, et les autres néoplasies (de même ordre}, qui sont malignes : les propriétés infectieuses varient proportionnellement à la quantité du suc contenu (2). La tumeur perlée a exactement la structure de l'épitbélioma (cancer épithélial ou cancroïde), et ce dernier produit souvent des perles en* quantité étonnante (3). Mais on n'a jamais vu la tumeur perlée produire en un autre point éloigné des récidives et se comporter malignement ; elle ne s'accrott que par sa périphérie, fort lentement. C'est une néoplasie hétérologue (voy. Troisièiië Pabtie» Ciassf/lo. des tumeurs)^ mais bénigne. L'épi thélioma, au contraire, récidive sur place et se multiplie même à distance. * (Voy. chap. VI, Utérua.)
Je ne m'arrête pas sur le fongus parenchymateux ou bénin du testicule, tel qu'on Tobserve dans Torchite blennorrbagique, en
(l) Pathologie cellulaire. — Nous tenons à cet aveu d'un micro- If raphe célèbre, pour montrer que le microscope^ dont nous indiquons pourtant la nécessité dans ses recherches microscopiques, peut être impuissant à se prononcer sur le caractère bénin ou malin d'une tumeur. (Voy. aussi chap. VI, Mamelles.)
(3) « Ainsi, continue Virchow, le cancroïde reste localisé comme lu tumeur perlée, tant quUl est pauvre en suc ; le sarcome ne répuUulc !^ur place ou dans les ganglions que quand son tissu conjonctif est devenu riche en cellules, avec un tissu intercellulaire plus liquide ; ilans le cancer, la marche locale est rapido et la généralisation précoce. De même un myxome (voy. chap. VI, Mamelles) riche en liquide est iiuspect de récidive ; la tumeur cartilagineuse ou enchondrome peut «létel-miner des métastases internes dans ses formes molle, gélati-r neuse. »
(3) Si bien que, pour M. Poincaré, la tumeur perlée est une forme i:t non un tissu particulier ; c'est une dégénérescence pouvant appartenir uu cancer, à l'épithélioma^ à l'euchondrome.
180 SPLANGHNOrOMl£ ET EXAMEN DES OBGANES.
dehors de toute spécificité (I ). M. Icard le décrit comme présentant les caaalicules serrés en masses semblables à des boorgeons charnus, altérés dans leur régularité, atrophiés et ratatinés : leurs parois fibro-vasculaires, généralement peu distinctes, manquent dans un bon nombre de tubes, et ces derniers ressemblent plutôt à de simples gaines épithéliales qu'à de véritables canaux séminifères ; le contenu, moins distinct qu*à Tétat normal, accuse aussi un commencement de dégénérescence grannbgraisseuse.
Enfin, je rappellerai que M. Lancereaux (2), en examinant an microscope le testicule flasque, atrophié, intérieurement jaune on décoloré, des individus atteints d'alcoolisme et ayant eu dss accès de delirium tremens, a vu les cellules épithéliales de quelques canaliculi granuleuses, déformées ou détruites, et celtfi altération régressive de Tépithéhum des canaux sperraatiqwB s*accompagne d'une disparition presque complète des spermatozoïdes, même dans les vésicules séminales. — Dans les cas d'ectopie, on ne trouve également pas de spermatozoïdes.
Kpididtme. — Nous avons déjà parlé (p. 473] des positions que cet appendice est susceptible d'affecter sur le bord antérieur ou sur les faces de l'appareil séminipare. Quand il est situé à la partie antéro-supérieure de la glande, au lieu d'en occuper, comme dans la majorité des cas, les portions postéro-inférieures, le liquide de Thydrocèle, au lieu de s'accumuler en avant, peut se présenter en arrière. Dans l'hématocèle vaginale, Tépididyme est aussi assez souvent déplacé et présente, en outre, des modifications de forme ou de structure.
Les kystes de répididyme ne sont pas rares ; ils contiennent
(1 ) Sur le fongas bénin du teaticule (Lawrence), ou productions et chairs fongueuses sorties du testicule (Samuel Goopcr), ou tumeur granuleuse du testicule (Astley Gooper), ou fongus superficiel, ou hernia testis (Gurliug), hernie du testicule (Deville), voyez Jarjavay (ArchéoL gén. de méd,, 1849), Gurlinî,' (J/w/. du test.), Deville (i/o/iiY. dcx hôp.y 1853), Langlebert (Jtf fl/. syphil.^ 1864), Union méd. (16jan\. 1864). Le mot fongus est impropre parce qu'il donne à penser à des végétations qui u'existeui pas ici. — Sur le fongus malin, consultez Jarjavay {loc. a7.,p. 119). — Sur le fongus syphilitique, RoUet (Sarrncèlc fongueux syphiL) et AUard (thèse de Montp., 1864 : Etude comparât, des fong. testic. simple, tubeixuleux, syphiL). Le sarcocèlc syphilitique peut entrainer une dégénérescence fibreuse, cartilagineuse, ossiforme, mais pas la fonte purulente du testicule.
(2) Société médicale d^émulation, ift^H.
APPAREIL GÊMTAL DE l/f10»MË. 181
généralement des spermatozoïdes. M. Gosselin a plus spécialement appelé l'attention sur les grands kystes épididymaires à liquide opaqae, analogues aux tumeurs galactoTdes (p. 476 et 4 77).
Les recherches cadavériques montreront assez souvent des noyaux tuberculeux dans l'épididyme. Bien que cet appendice paisse rester sain dans les plus graves affections organiques de la glande, c est fréquemment par un engorgement de son globus major (têle), ou de son globus minor (queue) que commence la luberculisalion testiculaire. Tel est le cas de ces tuberculisa- (ions à marche lente, dans lesquelles Tépididyme, plus ou moins étalée, présente des masses compactes, assez dures, lobulées, comparables à de la châtaigne cuite. Le tissu cellulaire qui unit les circonvoluiions épididymaires et la tunique vaginale pariétale qui les recouvre, s'épaississent d'abord, d'où une augmentation de volume de l'organe a formant à lui seul les trois quarts de la tumeur testiculaire » (Cruveilhier). Plus tard, le corps d'Highmore est envahi, devient fongueux également à la manière des fongosités synoviales des tumeurs blanches invétérées, se transforme en une masse jaune contenant, comme ces tumeurs, des cellules, des noyaux, des corps fusiformes fibro- plastiques. — Consécutivement au tubercule de l'épididyme, on constatera l'absence de spermatozoïdes (Godard).
De même une bonne partie des dégénérescences cancéreuses du testicule commencent par l'épididyme, et. quand l'envahissement n'est pas encore considérable, on rencontre le testicule atrophié, mais presque sain (sauf peut-être vers le corps d'Highmore) au niveau des tissus dégénérés.
L'épididyme peut offrir les mômes productions syphilitiques que le testicule (p. 475).
Il sera parfois utile d'ouvrir le canal épididymaire, si flexueux normalement (1) : on pourra le trouver distendu, oblitéré, anorr malement vascularisé (épididymite) , atrophié, etc.
Terminons en appelant les recherches sur cette question encore controversée de l'origine des indurations épididymaires, à la suite d'orchite notamment et quand il y avait stérilité.
— Nous résumons, dans le tableau suivant, les principales lésions des bourses et du testicule :
(1)11 part de la tête (grosse extrémité) de l'organe, où il reçoit les vaisseaux issus du corps d'Highmore, pour se continuer, à travers la queue (extrémité postérieure) de l'épidiclyme^ avec le canal déférent. Son diamètre moyen est 0»'°^j35.
18/l SPLANCIINOTOMIE ET EXAMEN DES OR^.A^ES.
iiieiitciises prmluisnnt un (.'loisonneiuent en logcs^ coques psendoinoiiibraneuses enkystant tlu Siinjr, etc. (1).
1^. Testiciles. — «. Vicc'f de con format ion congénitaux ou paikh Ingiffues : Anomalie de nombre; eotopie ou migration imparfaite^ dcpkcément ascensionnel permanent; inversion, atrophie^ hypertrophie.— h. Ij'siom trmimatiqnc^ : Plaies et contusions ; hématocèle tcsticulaire; hernie. — c. I Avions diverses : Inflammation (orchite aiguë ou chronique); abcès (morve aiguë, Vigla) ; dégénérescences tuberculcmei fibro-plastiqne, encéphaloïde ; épithélioma et tumeurs perlées ; sarcocèle et tumeurs pommeuses; fonjrus ; kystes (hydrocèlc enkystéfi hydatides); entozoaires en général; infiltration graisseuse (galactocèk); kystes lymphatiques et galactoîdes; anémie (Gossclin); spermatocèfe; kystes dermoïdes (contenant des poils, des dents, de la graisse, etc.)
2° Ça/iau.r déférents et cordon ; vésicules séminales^ canaux éjnculateurs.
Canal déférent. — On ne saurait se dispenser d^examiner le conduit excréteur du testicule (fig. 52.5), après avoir constaté des altérations dans la glande séminale. Sur son trajet, long de i.-3 centimètres, de répididyme au col des vésicules séminales, ce canal présente assez souvent des altérations utiles à noter.
Nous avons dit (p. 4 73) que, dans Tinversion du testicule, la portion épididymaire du canal déférent, normalement coachée sur le bord citerne de l'épididyme, pouvait se trouver en avant (lu testicule. Dans V inversion dite en anse ou en fronde^ le conduit vecteur du sperme adhère au bord antérieur du testicule, et se réfléchit sous son extrémité inférieure, de façon à embrasser la glande dans sa concavité.
Le canal déférent peut avoir perdu l'épaisseur normale de ses
mtMit, contient en bas le testicule libre et en haut une tumeur (sac vrai) polie à sa surface, se continuant avec l'intérieur du trajet inguinal, incapable de déplissement, sans résistance, moins vasculariséc (lu'uiie anse d'intestin, à pédicule adhérent aux anneaux, à parois d'inégale épaisseur.
J'ai insisté sur cet exemple pour rappeler qu'une hydroccle peut coexister avec une hernie dont le sac restera indépendant, et pour montrer combien il sera important, quand il y aura hernie scrotolc, d'uidiquer avec soin les rapports du sac et du testicule, les adhérences Tunissant sur son trajet, la hauteur jusqu'à laquelle le doigt pourra remonter dans le canal inguinal, etc.
(l) Voyez une observation récente de ces tumeurs de lu tunique vaginale dans la Gaz. des /j(î/>., 30 juin 1863.
APPAREIL GÉNITAL Dl^ I/HOMME. 185
parois; son calibre, qui admel d'ordinaire à peine un slylel trèslin (f), ôlre considérablement augmenté, etc.
Dans les affections tuberculeuses du testicule, le canal spermatique montre fréquemment sur son trajet des renQemenls fusiformes irréguliers, des bosselures (e'mt monili forme), A Tincision, — pratiquée avec des ciseaux effilés, souvent à Taided^une sonde cannelée, — on trouve dans Tinlérieur, sur la muqueuse dégénérée elle-même, un suc caséeux, avec ou sans spermatozoïdes, mélangé de cellules épithéliales et de nombreux globules graisseux.
Le tissu cellulaire environnant est épaissi et parfois transformé en un nouveau canal communiquant avec le conduit primitif ou avec le trajet inguinal.
On a cité des cas d'absence du conduit spermiducte avec ou sans conservation des vésicules séminales (John Hiinter, MM. Velpeau, Gosselin), notamment chez les anorchides.
Il sera quelquefois utile de pousser une injection dans le canal déférent pour constater si le liquide pénètre dans Tépididyme, si les voies spermatiques sont encore pern.éables dans toute leur élendue.
Cordon. — Il comprend la portion funiculaire et presque verticale du canal déférent, les artères spermatique (branche de l'aorte ou de la rénale], funiculaire (branche de Tépigastriqup) , déférentielle d'Astley Cooper (branche de la vésicale inférieure); des rameaux de l'obturatrice et de Tépigastrique ; les veines correspondantes ; des lymphatiques et des nerfs (notamment du plexus spermatique du grand sympathique) ; enfm des mailles connectives se prolongeant avec le tissu cellulaire sous-péritonéal. Il présente trois enveloppes ; le fascia superficialis, les fibres du crémaster, et une expansion tubiforme du fascia ironsnersalis (ùg, 46, p. 103).
Ces divers éléments se montrent assez souvent disséqués par des épanchements (purulents et autres) ; d'aulres fois ils sont tellement unis, qu'il est impossible de les isoler avec le manche du scalpel. Dans le varicocèle (affection siégeant surtout à gauche), et dans quelques phlébites funiculaires, certaines veines modifiées, à parois épaissies, et dont la section reste béante comme celle dune artère ou des vaisseaux variqueux des membres, acquièrent une résistance, une dureté, qui auraient pu les *faire confondre avec le cordon, au grand préjudice du malade.
{i) Son diamètre moyen normal est de 2 millimètres.
186 SPL\NCHNOTOMIE ET EXAMEN DES OHGANES.
Dog tumeurs développées dans le tissu cellulaire du cordon ont été prises plusieurs fois pour des hernies. Tel est le cas d'une masse fibro-plastiquo, présentée par M. Dubois (d'Abbeville)» en janvier 1864, à la Sociélé de chirurgie, et au centre de laquelle existait un point ramolli, infiltré de granulations graisseuses, comme on en rencontre ordinairement dans les productions semblables de date ancienne.
Parmi les tumeurs du cordon (I), nous mentionnerons encore les hydrocèles funiculaires, dont le liquide est clair ou trouble, jaune, verdâtre, rougeâire, limpide ou de consistance mielleuse; les hématocèles funiculaires (par rupture de veines ou d*artèrcs); les abcès, les hernies (2) ; les tumeurs cancéreuses, tuberculeuses, syphilitiques, adipeuses, hydatiques. Le cordon acquiert parfois, par le fait de ces tumeurs, le volume du pouce ot même plus. Dans le cancer du testicule, !e cordon se montre souvent dur, parsemé de nodosités, par suite de dégénérescence de son tissu cellulaire.
On a obs:;rvé des cas do plaies et de contusion du cordon. Dans l'empoisonnement par le phosphore, il n'est pas rare do trouver des ecchymoses sur le trajet funiculaire (3).
Le cordon te?ticuIairo peut adhérer aux anneaux du canal inguinal, — et ici je pourrais rappeler les affections qu'on est susceptible de rencontrer dans ce canal, près du cordon (p. 1 02) ; testicule atrojjhié, étranglé, arrêté sur les pubis par un rétrécissement de l'anneau on)bilical (Devillanova,Desault; exslr^phiede vessie); kystes hydatiques, hernies, hydropîsio herniaire (dans une cavité abandonnée par les viscères antérieurement hernies, | ou dans un sac diveriiculaire ayant perdu toute communication avec le péritoine) ; vaisseaux lymphatiques assez dilatés pour avoir fait conclure à une ht mie (4), hernie existant dans la gaine du cordon, et non au devant d'elle; etc.
— Au sujet des hernies étranglées, je ne saurais trop recom- | mander leur dissection, afin de préciser le siège de l'étranglement. On sait que MM. Chassaignac et Velpeau croient encore à j rôtranglement par les anneaux fibreux, et débrident sur ces I
(4) Voyea Tumeurs du cordon, thèse de concours, Malgaigne, 1848.
(2) En cas de hernie, on notera soigneusement si les cléments du cordon se ti'cuvcnt en avant ou en arrière du sac.
Appelons surtout l'attention sur les hernies congénitales funicu' Inires (Malgaigne), arrêtées sur le trajet du cordon, ù quelque distaïu'O (lu testicule. — Voyez Ligament rond, note sur le canal de Nuck.
(3) Brauet, thèse, 1803.
(Vt VnyozïiTlat. So". dt' cfi{rftrf/}(\ 14 spptombi'O 1801.
anneaux, bien que, depuis la thèse de M. Demeaux et les travaux de M. Malgaigne, la majorité des auteurs admette Tétrangiement par le collet du sac dans les hernies inguinales, et, dans les crurales, par les orifices du fascia cribriformis. M. Chassaignac Société de chir., 25 janv. 1865) prétend, en outre, que l immense pluralité des hernies dites étranglées est mal diagnostiquée, qu*on ignore encore les véritables caractères constitutifs de l'étranglement, — et nous faisons, en conséquence, avec lui, appel aux recherches nécroscopiqu^s futures pour éclairer ces questions controversées.