INTRODUCTION. XXXVII
exigences propres : ce n*est pas tout de suite qu'on apprend à devenir praticien.
Minerve à tous ne départ ses largesses ; Moult savent l'art^ peu savent les Unesses.
Aussi, à côté du modus faciendi (1), avons -nous cru devoir donuer, pour chaque groupe d'organes, et résumer ensuite sous forme de tableaux synoptiques, les principales altérations reconnues jusqu'ici dans les maladies de nos climats spécialement. C'est là un moyeu d'indiquer pour chaque série de cas les particularités dans les recherches à faire , et de rappeler en outre somniairement, à Télève qui aura une ouverture à pratiquer, quelles lésions il pourrait avoir à constater. • De la sorte, notre Manuel devient utile à consulter la veille de Tautopsie cadavérique, aussi bien que durant cette opération, quand Télève se trouve seul en présence de la mort. En effet, avant d'agir par soi-même, il est bon de savoir ce qu'ont fait les autres ; avant d'annoncer ce qui nous paraît une découverte, il est indispensable de connaître ce que la science nous a légué, quel champ est resté libre à la persévérance de nos investigations. Pour le reste, c'est l'usage qui fera lever les mille petites difficultés de la pratique qu'il eut été trop long de prévoir : Non lectione, non meditatione, non disputatione, sed usu fieri artificem et luagistî'um.
Sans nous occuper de l'élégance du style, à laquelle nous ne pouvions sacrifier dans un sujet aussi important, et sans entreprendre un résumé compendieux de tous les incidents de la nécropsie, nous avons donc indiqué quelles principales lésions on peut avoir à relever dans les cas les plus fréquemment observables à l'amphithéâtre : il devait s'agir d'un manuel pratique plutôt que d'un travail didactique et d'érudition.
A cet effet, et bien que nous ayons préalablement posé en
(1) Bien d'autres coupes pourraient être pratiquées que celles indi> quées dans notre manuel. Ainsi pour le larynx (p. 64)^ après l'extrac-* tion de l'encéphale^ on ferait deux coupes obliques partant de l'angple de la mâchoire, en avant de l'apophyse mastoïde, et menées obliquement d'arrière en avaut^ de manière à tomber derrière la selle turcique. On rabat toute la face : le larynx, le pharynx, etc., peuvent être extraits sans que le cadavre soit défigure. — On enlèverait également ces organes après avoir pratiqué un trait de scalpel qui suivît la courbure du maxillaire ijiférieur, les côtés du cou à 2 centimètres du larynx et la fourchette sternale.