‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériques, surtout dans ses applications à l'anatomie pathologiqueChapitre 47 sur 85 · XI. Principales lésions des artères · texte numérisé non relu

XI. Principales lésions des artères

A. Inflammation. — Parois épaissies^ amincies, friables j rougeur ccarlate, vineuse; exsudation purulente, albumineuse, fibrineuse; cavité rétrécie, imperméable, pleine de caillots mous, fibrineux et blancs, adhérents à la paroi.

B. Rétrécissement. — Congénital; accidentel par artérite, par pres-

(1) On trouvera dans les Mémoires de la Société de chirurgie (25 février 1863) une intéressante nécropsie faite par M. Péan sur les artère» tjMales, pédieuse et plantaire; ihw9 un cas de m^l perforait du pie(|,

APPAREIL DE LA CIRCULATtON. 87

sion d'une tumeur, par épaississeraent des tuuiques^ par transformation cartilagineuse^ '

C. Dilatation. — Sacciforme, fusiforme^ cylindroïde, cirsoïdc (varice artérielle).

D. Anévrysme. — Unique, lobé; anévrysmcs faux (mixte externe, mixte interne ? interne et externe ? ) ; anévrysme variqueux sans kyste (phlébartéric, Broca; dilatation ampullaire de la veine au niveau de la communication), avec kyste (kyste intermédiaire aux deux veines ; transfixion de la veine, — sac anévrysmal sur la veine ; — de l'artère, — sac anévrysmal sur l'artère).

E. Productions nouvelles. — Dépôts athéromateux , dégénérescence stéatomateuse, dépôts crétacés, ossification complète, embolies

Velhe* (1).

On ouvre les veines comme les artères au moyen de ciseaux très-fins ou du bronchiotome, et en disséquant rapidement selon les procédés ordinaires.

Les veines peuvent être rétrécies ou oblitérées. C'est surtout dans les cas de phlébite, de gangrène spontanée, d 'anévrysme variqueux, quMl y aura intérêt à chercher les altérations des parois ou des cavités veineuses. Il serait également bon d'ouvrir les veines sur un sujet atteint de varices, d'oedème, mort d'embolie pulmonaire, d'infection purulente (diathèse purulente, abcès métastatiques, résorption purulente, pyohémieou puerpérale).

On ne saurait trop multiplier, dans ces deux intoxications inflammatoires, les recherches du pus dans les veines, pour fixer enfin la théorie pathogénique de ces fatales afi'ections, objets cependant de tant de travaux depuis les publications de Monleggia (4843), Ribec (4817), Breschet (4820) sur la phlébite, et les recherches de MM. Velpeau (4 826-1828), Dance et Maréchal (4 828) sur les accidents jusque-là si mystérieux qui succèdent aux grandes opérations chirurgicales. Il faudra, si la dissection fait découvrir des varices, songer qu elles peuvent s'être rompues, enflammées, que leur suppuration a pu devenir la cause de l'empoisonnement général ; on devra examiner les lacis veineux de la racine de la cuisse, fendre la sapbène dans toute son étendue, de haut en bas, ainsi que les sinus utérins ; isoler avec la pointe du couteau, puis ouvrir les veines utéro-ovariennes, le

(1) Nous parlerons plus spécialement^ au sujet du foie, de la ratç ft du rein (cbap, m et IV), des veines porte, splénique et T^n«lf i

plexus vasculaire des ligaments larges, les veines ovariques, — où Ton a parfois nettement observé ( 1 ) des phléboiithes mous et décolorés, appendus aux parois par un pédicule mince, gros comme un grain de millet ou un pois, parfois en suppuration. — Quand le pus n*est pas apparent dans le système veineux, on aura recours aux procédés chimiques, comme Ta fait récemment M. Chatin sur un malade mort dans le service de M. Laugier (voy. Troisième Partie)'.

L'examen nécroscopique portera encore sur les veines dans les cas de pMegmatia atba dolens : on trouve presque toujours alors des caillots ou du pus, soii dans les veines iliaques, soit dans les hypogastriques ou dans un des troncs principaux du membre inférieurs (2). Dans les productions hétéradéniques, les veines sont souvent cancéreuses (Broca).

Nous ne saurions terminer avec les veines sans dire un mot de Texistence de gaz dans le sang veineux, cause de mort subile ou presque subite: Ces gaz peuvent pénétrer par les veines du cou, pendant une opération chirurgicale (3) ; mais ils se montrent également en dehors de ces cas. Ils peuvent être dus à une absorption de Tair atmosphérique en nature à travers les radicules bronchiques, à la suite de ruptures des vésicules pulmonaires, comme Piédagnel Ta montré pour les veines du poumon, dans

(1) Bw//. Soc. a«a^, 1852.

(2) On connaît quelques cas où l'affection intéressa les membres supérieurs. — Le caillot se trouve le plus souvent dans la veine crurale droite : il est du, selon les uns^ à la coagulation du sang par le froid ; pour la majorité, à une phlébite. M. Giordano, de Turin {loc. cit.), le considère comme venu du cœur, à contre-courant, faisant observer que l'affection débute, en général, dix à quinze jours après l'accouchement, quand la femme commence à se lever : mais nous ne croyons pas pouvoir accepter cette origine.

(3) Ce fait a été décrit pour la première fois par Magendie ; l'accident était arrivé à Beauchêne, et il a été rapporté par Piédagnel dans le Journal de physiologie expérimentale, 1829, t, IX, p. 80. Le second cas est de Dupuytrcn (Archives ' générales de médecine, p. 430); le troisième, de Dclpech {Mémorial des hôpitaux du Midi, avril 1830). On trouvera dans V Introduction de Vair dans les veines, par Amussat, de nombreuses expériences faites sur les animaux. La mort aurait lieu par la distension des cavités du cœur et la présence d'un sang spumeux dans l'artère pulmonaire.

Cependant MM. Demarquay et Leçon te, dans les belles recherches qu'ils viennent de faire sur l'action pathologique de l'oxygène (Acadé^ mie des sciences, janvier 1864), ont injecté impunément de ce gaz dans la jugulaire externe de quelques animaux.

les cas d'emphysème pulmonaire. Enfin, M. Hervieux, dans un mémoire récent, publié par T^mon médicale (\), sur la présence des gaz dans le système circulatoire des femmes en couches, a établi que les gaz peuvent s'exhaler spontanément pendant la vie, aux dépens du sang des veines pulmonaires, du cœur, des artères, notamment dans l'élat puerpéral qui amène toujours dans la crase du fluide nourricier des modiScations admises aujourd'hui par tous les auteurs.

InjecUons. — Il serait quelquefois utile, pour bien étudier les veines dans leurs rapports anormaux, d'y pousser une injection coagulable : nous renvoyons, pour ces injections, à notre TroisiàHE Partie, aux pages 439-495 de l'Anatomie de Marjolin, aux p^ges 531, et suiv. du premier volume de VArialomie de M. Sappey.

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