XX. -*- Tableau des lésions de la FiÈtRE typhoïde
(Les lésiorts intestinales siègent surtout vers la fin de l'iléon, près de la valvule iléo-cSecale ; au bord libre ou convexe, c'est-à-dire à la face opposée à l'insertion du mésentère.)
A. Follicules ou glandes vésiculeuses. — a. agminés (plaques de Peyer). 1° Plaques molles de Louis, ou réticulées de Chomel (l),prcmièi'e forme : peu de saillie ; surface liftse , greilue, mamelonnée ; muqueuse ramollie, rosée avec points grisâtres; tissu cellulaire sousmuqueux épaissi et déprimé. 2° Plaques gaufrées de Chomel, ou dures de Louis, deuxième forme (surtout chez l'adulte) : saillie plus considérable, dureté, résistance élastique ; tissu cellulaire sous-muqueux (dans toute rétendue de la plaque), blanc jaunâtre, ferme, sec et cassant, friable, lisse. — 6. Follicules isolés ou clos, du voisinage du cgecum : rouges, blancs, gonflés, épaissis (rarement), ulcérés.
B. Ulcérations succédant (du 9« au 13* jour) aux plaques molles, et, plus tôt encore, aux plaques gaufrées. — a. Forme : ovalaires, elliptiques^ circulaires. — b. Coloration : rouges, brunâtres, gris ardoisé, jaunes. — c. bords : durs, épais, saillants, amincis, réguliers, dentelés; perforations par suite de la destruction de la muqueuse, des tuniques cellulaire et musculaire du péritoine.
(1) Louis {Recherches anatomiques, pathologiques et thérapeutiques sur la fièvre typhoïde, t. I, p. 172, 178); Chomel {Leçons de clinique médicale, p* 98). M. Gruveilhier {Anatomie pathologique) distingue les formes granuleuse, pustuleuse, ulcéreuse, gangreneuse, ganglionnaire, pseudo^fnembraneuse. M. f orgci {entérite folliculeuse, p. 98) reconnaît de son côté sept formes différentes. Enfin, les auteurs du Compendium de médecine décrivent : 1° l'hypertrophie de la muqueuse des plaques ; 2° l'hypertropliie de la plaque avec coloration noire (pointillé noir de Rœderer et Wagner, Traité de la mal. muqueuse, p. 300); 3° le ramollissement rouge de la muqueuse des plaques (plaques réticulées, Chomel) ; 4° l'hypertrophie avec ramollissement rouge des tuniques muquense et cellulaire (plaques molles, Louis) ; 5" l'hypertrophie avec induration et ramollissement successif du tissu propre de la plaque (plaque dure, gaufrée); 6<' l'ulcération des plaques; 7° leur perforatima; 8° leur gangirènc; 9'> les cicatrices intestinales. — Autour dés follicules altérés, la muqueuse peut être saine, ou bien rouge, ramollie (peut être par suite d'imhibition cadavérique, Louis, Compendium),
APPAttEtt DIGESTIF Ë'i BkS A^i5iËXBB. lll
G. GAifotioKS ttÉfife*rrftiitQt'Ès (surtout au VoiiItlÂgc tlu cœcuiii). £^ a. Coloration : rose tendre^ rouge foncé^ grisâtres, brunâtres, violacés. — b. Consistance : ramollis, friables, infiltrés de sang et de pus.
D. Lésions côNCOiiiTANTEs possibles. — Altérations dU sanç (1), péritonite, adénite mésentérique, colite, splénile, hépatite, néphrite, ulcérations laryngées, méningo-encéphalite , eschares, éruption atithracoîde, héttlorrhagies internes^ érysipèle de la face, abcès de la fosse iliaque^ otite;
Après ayetr parlé de rinlestin en général, nous aurions à ap* peler i*aitention sur certaines pot-tions ^n parlicùliet*. Nous po^t*rioDS roeniionner^ par exetnpiei les uiïections du csecum : invagioalion dans le côlon, cancer ^ corps étrangers venus du dehors (monnaies, noyaux et pépins, lombrics), perforations qui en sont fleuvent la suite et qui peuvent déterminer des abcès de la fosse iliaque, et€. -^ Gfette ï»rfbrelion se fait ofrdittéiretnent par Tulcératiofl des glandes folHruleuses du ceeCutid, surtout de celles de la parm postérieure^ là où eette portion du canal est le plus ordinairennent dépourvue de péritoihe', Tulcération se propage fréquemment au tissu celluldire sous-jacent. I^ d^ntfaire a d'aIN leurs été <^ervé ; on a vu des abcès s'outrif dans Tintestin, ainsi des phlegmons rétro-utérins ie faire jour délis le gr^ in* t^tin, et€;
D'autres fois, il ne sera pas nmins utîle d*examinéf attentive- B»ent Tappeiidice caecal ; ses perforations sont des causes fréquentes de péritonite. Cet appendice^ dont la cûnstsuce est lolh d'être absolue, renferme dans certains cas des boulettes f&cales endurcies contenant des noyaux de fruits. On a vu sa surface recouverte complètement de tubercules.
Il nous faut citer aussi les rechet'ches de Ù, Huguier sut ta transposition de TS iliaque à drdte chez le foetus el le irouveauné. Ce fait intéitmiànt et qui n*«st lent au moinft pas censiant, est combattu par M. Gifaldès, M. Verneuilj et quelqties autres cliniclenfi partisans de le inélhode de Littre (opération h gauche) (t). Nous ne saurione trop censeiller de ne pas laisser passer les occasions qui se présenteraient de vérifier les assertions de
. (1) Dans la fièvre typhoïde, il y a défibrination du sang (Andral, hématologie ; Andral el Gavarrét, hecherckes sur quelques modifications de quelques principes du sang^ p. 60 ; Léonard et FoUey, Recueil * Mémoires 'de nOdecim, t. IX, p. â08).
(3) Voyes B^iL Soc. chirurfif.i, ifed> et, pittS i-écemffteM «irn^liè, communication de M. Verncuil, 3 février ig64.
M. Huguier, à cause de leur immense importance dans Topération de Tanus contre nature en cas d'imperforation ou d'absence du rectum.
Ën6n, pour terminer avec Finteslin, rappelons que l'examen nécroscopique pourra porter plus parliculièrement sur le rectum ou Tanus (fig. 15, 4 7, 18), soil à la suite de décès survenu par une affection rectale (cancer, etc.), ou chez un sujet mort d'une autre maladie, mais atteint de quelques lésions du rectum, soit pour constater Tinfluence sur l'extrémité intestinale de désordres des organes voisins (péritonite pelvienne, phlegmon péri-utérin, hématocèle péri-ulérine, dégénérescence cancéreuse de l'uiérus, abcès de la prostate, etc). Dans ces derniers cas surtout, il sera bon de mettre à nu le rectum en relevant les anses intestinales qui remplissent le grand bassin, ou bien en pratiquant la coupe du pubis , dont nous parlerons au sojet de Turèthre (chap. V). Le rectum ouvert sera incisé sur toute sa longueur, et on le Gxera, s'il y a lieu, sur une plaque de liège, pour l'examiner avec plus de soin. On portera spécialement son attention sur la muqueuse qu'on sait normalement très-riche en glandes folliculeuses, mobile sur la tunique musculeuse dans son quart inférieur, et assez fréquemment, surtout vers sa portion anale, plissée en longueur, réticulée, hérissée de colonnes (valvules de Houston; qui rappellent un peu les valvules conni ventes (saillies dues au relief des veines sous-jacentes) et d'élevures, de dilatations circonscrites, grosses comme un grain de millet ou une lentille^ quelques-unes pédiculées. Ces saillies normales, point de départ des tumeurs hémorrhoïdales , se Tencontrent sur le trajet des veines (les veines du rectum sont les hémorrhoïdales supérieures, satellites de Tartère de ce nom, et font partie de la mésentérique inférieure M ), origine première de la veine porte), mais parliculièrement au niveau des points où ces veines, issues du plexus sous-muqueux hémorrboïdal, perforent perpendiculairement ou obliquement la tunique musculaire rectale : ces boutonnières musculaires prédisposent également aux hémorrbpîdes. D'autre part, le développement des quatre, cinq ou six valvules semi-lunaires ou colonnes anales de Morgagni^ du niveau du sphincter interne, permet à des corps étrangers de s'arrêter dans les dépressions à concavité supérieure qu'elles limitent, ou bien d'entraîner une irritation de ces piliers, point de départ d'ulcé-
(1) Nous faisons abstraction des veines hémorrhoïdales inférieures avec lesquelles les hémorrhoïdales supérieures communiquent^ sur le pourtour seulement de l'anus.
APPAREIL DIGESTIF ET SES ANNEXES. 11 .'i
râlions, d'abcès à la marge de l'anus, et de fistules consécutives développées dans le cul-de-sac de ces replis semi-lunaires. Nous parlerons:, dans notre troisième partie, des injections à faire pour Télude des radicules veineuses affectées : une injection par la veine mésentérique inférieure pourrait également servir à faire reparaître des tumeurs hémorrhoïdales effacées depuis la mort.
L'anus devra quelquefois aussi appeler Pattention de l'observa leur sans qu'il soit besoin de pratiquer aucune coupe.