‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériques, surtout dans ses applications à l'anatomie pathologiqueChapitre 58 sur 85 · LE REIN POURRA PRÉSBNTIR · texte numérisé non relu

LE REIN POURRA PRÉSBNTIR

Déplacement (3) et vices de conformation (4) : atrophie^ hypertrophie ; congestion veineuse (asphyxie, diabète, etc.), inflammation (néphrite), abcès, hydronéphrose, encéphaloïde, tubercules, calculs,

(1) Docteur Simon, Med^-chirurg. Trans.^ 1847, etc.

(2) Il faut se rappeler que, chez le vieillard, les vaisseaux du rein peuvent être athéromateux ou calcaires (atrophie sénile).

(3) En faisant rentrer dans ce mot les reins flottants, et les hernies Ju rein, dont on sait la rareté.

(4) Gastellier a cité des cas d'absence du rein et des organes* génitaux, chez un monstre {Ane. Journ.^ t. XXXIX, p. 27). Dans les BwW. Soc. anat. pour 1852, on trouve un exemple remarquable de réunion des deux reins sur la ligne médiane, en avant des vertèbres loinbaires : les organes étaient confondus par leur partie inférieure, constituant une sorte de croissant h concavité supérieure. On a des exemples de reins multiples,

152 SPLilNGHNOTOMlË ET EXAMEN DES ORGANES.

corps étrangers^ dégénérescences graisseuses, amyloïde (i); infractus (2) ; cancer bématode, gommes et néphrite interstitielle, syphilitiques (3), kystes hydatiques, nombreuses cellules pleines de liquide, poches renfermant de la sérosité pure et citrine, ou du mucus, des débris de fausses membranes, du pus, de l'urine ; état granuleux ; hémorrhagie. — Oblitération des vaisseaux rénaux, avec ou sans circulation supplémentaire.

L'EXAHEX du REIff DEVRA ÊTRE FAIT EN OUTRE QUAND ON SOUPÇONNE .*

Lésions traumatiques (déchirure, contusion, plaie), déchirure pathologique, rétention d'urine, anurie et autres troubles des fonctions uropoétiques, urémie (4), rétrécissement de l'urèthre, catarrhe vésical, calculs vésicaux, gravelle et goutte ; maladies du cœur, glucosurrhée (hypertrophie et congestion du rein) , rhumatisme (néphrite rhumatismale) (5), scarlatine (néphrite scarlatineuse), hypochondrie, fièvre typhoïde, infection putride, alcoolisme, cachexie syphilitique, œdème des nouveaux-nés, empoisonnement par le phosphore, l'acide sulfurique, le plomb, grossesse (6), toutes les affections produisant Talbuminurrhée (7).

(1) Notamment dans la syphilis tertiaire (Virchow, Acad. des sciences y 5 déc. 1858). On dit encore : lardacée (Rokitansky), ou cholestérique (Meckel) , ou cérumineuse (Frerichs) ou cireuse. Goilime nous l'avons vu (p. 122, 135), cette transformation peut se rencontrer en général dans d'autres cachexies. La dégénérescence amyloïde, dont Virchow, Bennet, Gornil, etc., font une des formes de la maladie de Bright, est encore assez peu connue pour que l'œil nu puisse avec certitude la reconnaître : la réaction de la teinture d'iode^ seule ou avec l'acide sulfurique, en serait le seul caractère pathognomoniquc (voy. 3* part., Exam. chim.).

(2) Dans l'infarctus, il faudra rechercher l'oblitération artérielle et son origine (p. 135).

(3) Lancereaux, ilcacf. de méd,^ févr. 1864, etc.

(4) A. Wilson, Ghristison, Addison, Bright, Golding Bird, Rayer, Frerichs, ont établi que l'urée se montre en excès dans le sang des individus dont le rein fonctionne insuffisamment (rétention d'urine, pyélo-néphrite, dégénér. amyloïde, etc.). A la suite d'investigations nécroscopiques sur le reio, on pourrait assurer son diagnostic en recherchant dans le système circulatoire l'urée ou le carbonate d'ammoniaque résultant de sa transformation (S'^ part., Exam, chim.).

(5) Comil, Soc. biol., et Gaz. kebd., 1864.

(6) Gbez les femmes enceintes, quand l'albuminurie, généralement passagère, est devenue chronique, les reins ne restent pas intacts, et l'on trouve au microscope les lésions de la maladie de Bright (Leudet, Braun).

(7) Voyez Troisième Partie, Examen chimique. En général, l'action prolongée des substances fortement diurétiques produit l'albuminurie

Bassinet, calices et aretere.

On sait que, dans Texcavation du hile rénal, on observe deux sortes de saillies séparées par des dépressions : les unes, nommées mamelons ou papilles (fig. 51 , 4), sont petites, rouges, conoïdes, percées comme une pomme d'arrosoir (ce sont les sommets des pyramides do Malpighi); les autres, plus marquées, jaanes et arrondies, constituent les extrémités des colonnes de Berlin (prolongements de la substance corticale). Les calices^ au nombre de huit ou neuf (fig. 51, 3), sont de petits cylindres membraneux, entourant les mamelons, longs de I centimètre, et qui, par leur extrémité interne, se réunissent pour constituer cet entonnoir aplati nommé bassinet (fig. 51, 2).

Il n'est pas rare de trouver la surface interne des calices, à l'état sain unie et blanc bleuâtre, recouverte d'une arborisation inQammatoire se prolongeant sur le bassinet. Tel est le cas de la pyélite aiguë, l'affection la plus commune de cette portion du hile rénal, conséquence souvent de la cystite avec transformation granulo-graisseuse (phymatoîde) des leucocytes. Le bassinet peut alors contenir (pyélonéphrite) une quantité variable de pus, ou de muco-pus mêlé d'urine. La muqueuse des calices et du bassinet se montrera d'autres fois épaissie, grisâtre, brunâtre, ardoisée, plaquée en certains points de fausses membranes, couverte de veines variqueuses.

Dans l'hydronéphrose, les calices, plus larges et plus longs, affectent assez souvent la forme d'entonnoir. Le bassinet peut être distendu au point de dépasser en dedans le hile, distension due, soit à du liquide, soit à des calculs : le parenchyme rénal, refoulé, est alors partiellement détruit (p. 4â3). Dans la néphrite albumineuse au dernier degré, avec athérome des vaisseaux, la substance corticale peut être réduite à i millimètre, et, si la médullaire est aussi atrophiée, le bassinet forme un kyste dont le tissu glandulaire est la paroi. On a vu, par contre, chez quelques sujets, le bassinet si petit, que l'uretère paraissait suivre immédiatement les calices ; la science po&sède même des observations d'iibsence réelle de cette cavité rénale. Enfin, le bassinet et les calices sont parfois méconnaissables par envahissement du processus encéphaloïde.

(Bright) : cantharides (Bouillaud, 1848), préparations arsenicales (M. OHivier) ou saturniqucs, alcool, elc.

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