‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériques, surtout dans ses applications à l'anatomie pathologiqueChapitre 60 sur 85 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

APPAREIL GENITAL DE l'hOMME.

Les organes génitaux de Thomme se composent : 4<*d*une glande élaboratoire , les testicules , enfermés dans leurs enveloppes; 2° d'un organe excréteur, les canaux déférentSy conduisant le sperme dans un réservoir, les vésicules séminales ^ d*où il sera éliminé par les canaux éjaculateurs ; 3** de Vurèthrey portant définitivement au dehors le liquide fécondant et Turine. A cet ensemble se Irouve annexée la glande prostate, ainsi qu'un appareil d'érection et de copulation, la verqe.

Chacun de ces organes sera l'objet d'un paragraphe spécial, dans lequel nous indiquerons les coupes à faire, et les principales lésions pouvant se rencontrer.

Les organes génitaux de l'homme devraient être l'objet de fréquentes recherches, par suite du nombre et de la gravité de leurs affections; malheureusement, dans nos hôpitaux, cet examen est trop rarement pratiqué. Nous conseillons de se faire une règle de presser entre les doigts, sur tous les cadavres, les bourses et la verge, pour s'assurer s'il n'existerait pas quelque affection passée

observe chez la femme des cas de réunion des bulbes. 11 est donc permis d'admettre qu'il y a chez la femme une portion spongieuse de l'urèthre représentée par le vestibule, les petites lèvres et les bulbes du vagin ; cette portion est une gouttière chez la femme, un canal, chez l'homme : l'hypospadias est, en un mot, normal chez la femme.

On a vu quelquefois l'urèthre de la femme présenter son méat au sommet du clitoris. Or, que se produit- il alors? Le vagin s'ouvre généralement dans ce canal, qui rejette alors non-seulement l'urine, mais encore le sang menstruel. Chacun connaît le cas observé par M. Bouillaud, de cet ouvrier chapelier qui, jusqu'à l'âge de soixantedeux ans, fut considéré comme un homme , marié comme tel, et qui, à l'autopsie cadavérique, se trouva être une femme. Les deux petites lèvres, les deux bords du vestibule, s'étaient accoles, l'urèthre traversait un clitoris démesuré : il n'y avait point de vulve, mais un raphé produit par la soudure des grandes lèvres; point de bourse. La nécropsie révéla l'existence d'un vagin s'ouvrant dans l'urèthre, d'un utérus, de deux trompes, de deux ovaires. — On rapprochera de ce fait celui de la femme à barbe morte à soixante-cinq ans, en 1864, chez M. Horteloup.

170 SPLANCHNOTOMIE ET EXAMEN DBS ORGANES, inaperçue sur le vivant et nécessitant une étude plus attentive, — si, au lieu de fuir sous la main qui le presse, le testicule reste immobile, adhérent à la vaginale, dur, inélastique, empâté ; si 1 épididyme est induré et plus volumineux qu'à l'état normal, etc.

1° Testicule et ses enveloppes.

Bnvblopcbb des. testicules. — La surface externe des bourses sera d'abord examinée. Il faudra noter, s'il y a lieu, la tumé^ faction, les ulcérations, les éruptions, les tumeurs (abcès urineux, éléphantiasis, etc.) dont celte surface est quelquefois le siège (4 ) ; la coloration bronzée qu'elle peut présenter dans la maladie d'Addison, les taches livides bu violettes (ecchymoses], Taspect marbré (hématocèle pariétale), etc. (p. M\). On fend ensuite avec un scalpel les tuniques cutanée ou acrolalc^ dartoïqueou musculaire , communes aux deux testicules (2) , pour arriver ainsi aux enveloppes proprement dites de chaque glande : crémaMer et tuniqiie érythrôide, couche fibreuse ^ tunique séreuse ou vaginale^ cette dernière entourant le testicule, l'épididyme et la ' partie inférieure du cordon.

(1) Parmi les tumeurs les plus rares du scrotum, signalons les monstruosités par inclusion. Voici un cas observé par M. Vclpcau : Un homme de vingt-huit ans portait^ sur le côté droit du scrotum, une tumeur congénitale du volume du poing. La peau qui la recouvrait était blanche, insensible, contrastant ainsi avec celle du scrotum, qui était brune et très-sensible. Dure dans certains points, molle et comme fluctuante dans d'autres, cette tumeur, pressée en arrière, permettait de percevoir une espèce de concrétion osseuse ; elle présentait plusieurs ouvertures flstulcuscs donnant habitucllemicut passage h une matière grasse distincte et du pus et de la sérosité : il en sortit un jour un paquet de poils très-fins. Les testicules, l'épididyme, paraissaient légèrement atrophiés ; le cordon était sain, la fonction génitale parfaite. Cette tumeur fut extirpée : elle rcnCerrafdt, outre dios lamelles et des fibres rappelant les tissus fibreux, ccllulcux et musculaire, de véritables pièces osseuses réunies par des articulations. Parmi ces os, M. Vclpeau crut surtout reconnaître la clavicule, Tomoplate et une portion de l'humérus (Bulletin de V Académie d** médecine, t. ÏV, p. 698, et Leçons de clinique chirurgicale^ t. 111, p. 198). — Voy. encore Verneuil, Inckisions scrotaèes et testicuiaire§ [Arch, de mèd., juin 1855).

(2) Avec M. Sappey [Anatomie^ t. 111, p. 53i), nous considérons h; dartos comme faisant partie du scrotum, appartenant en commun aux deux testicules.

Ces diverses membranes, quelquefois empâtées ensemble, peuvent être le siège d'altérations diverses. Nous citerons Tinfiitration sanguine (4 ) ou gazeuse, les solutions de continuité traumatiques ou pathologiques (fongus du testicule, etc ). D^ns ce dernier cas, les deux feuillets de la tunique vaginale, comme les autres lames qui entourent le testicule, se montrent souvent unis par des tractus mous, filamenteux et reliés également à Tépididyme : on y a rencontré des cristaux analogues à ceux du tissu prostatique, et se dissolvant dans Tacide nitrique (M. Icard, Gaz. méd, de Lyon y 46 mai 4 864). Les fibres du crémaster seront d'autres fois hypertrophiées ; la couche fibreuse peut être épaissie, résistante^ entièrement adhérente au feuillet pariétal de la séreuse vaginale (périorchite) (2). Mais les lésions tuuj* quaires les plus communes intéressent cette séreuse même.

Tunique vaginale en particulier, -^ On séparera les deu^ feuillets de celte séreuse à Taide du doigt ou du manche du scalpel, manœuvre plus ou moins facile selon que ces feuillets sont libres ou adhérents.

La tunique vaginale peut se montrer dure, bosselée, mi-transparente, criante sous le scalpel, privée de son aspect papyracé, noire, lavée, couverte de concrétions fibrineuses ou cartilagineuses, notamment au niveau de Talbuginée. Ces lésions s'observeront, par exemple, dans l'hématocèle vaginale , et quand il existe inflammation de la séreuse (vaginalite), soit dans Torchite aiguë (3). D'autres fois, au lieu d'être hypertrophiés» les feuil-

(1) Dans l'hématocèle pariétale, le sang, se montre coagulé ou sous forme d'un liquide brun chocolat^ de consistance de mélasse, parfois mêlé de pus.

(2) « Chez tous les cryptorchides, l'enveloppe scrotale fait défaut ; chez les monorchides, elle n'existe que du côté où le testicule est descendu.» (Sappey, Anatomie^ t. IIJ, p. 546.) Dans certains cas d'anorchidie, on ne trouve dans l'enveloppe scroto-dartoïque que du tissu aréplaire adipeux (voyez notamment Qazzettà medica provinde Venete, 13 février 1864).

(3) Voyez Rocheux, Du siège et de la nature de la maladie improprement appelée orchite blennoi^rhagique^ in Archives générales de médecine, 1833, 2« série, t. II, p. 51).

« Sur un testicule que j'ai examiné peu de temps après une atteinte d'orchite aiguë, j'ai trouvé la surface interne de la tunique vaginale recouverte d'une exsudation flbrineuse, d'aspect réticulé, analogue à celle qu'on voit souvent sur le péricarde enflammé. Dans un cas d'orchite aiguë consécutive à une orchite chronique, les surfaces opposées de la tunique vaginale étaient réunies par de fausses membranes molles, de couleur rougeâtre et infiltrées de sérosité sanguinolente. La

172 SPLANCHNOTOMIE ET EXAMBN DES 0RGA:NES.

lels de la séreuse sont atrophiés, notamment dans Thydrocèle, c'est-à-dire quand il y a distension de Tenveloppe en question par un excès du liquide destiné, dans les conditions normales, à lubrifier Tespace compris entre les deux feuillets séreux.

Il n'est pas rare de trouver la tunique fournie par le péritoine au testicule se continuant supérieurement avec la séreuse abdominale, d'où, chez l'enfant surtout, l'hydrocèle dite congéni* taie, résultant de la migration des liquides péritonéaux dans la cavité vaginale et qu'il ne faut pas confondre avec la fœtale ou vraie, — d'où encore la hernie vaginale congénitale ( tableau XXIX).

On pourra rencontrer dans la séreuse testiculaire des collections purulentes, des corps étrangers, un liquide rappelant le lait par son aspect (galactocèle de Vidal de Cassis], du sang à divers états. Dans Thématocèle vaginale, ce sang se montrera (4) plus ou moins coloré, quelquefois limpide et citrin : on Ta vu transformé en une sérosité sanguinolente avec ou sans concrétions fîbrineuses, en une matière épaisse, de consistance sirupeuse ou mielleuse, de couleur café, chocolat , lie de vin, enfin en foyers purulents. Il n'est pas rare de rencontrer, dans Ihématocèle vaginale, le feuillet pariétal tapissé d'une coque pseudo-membraneuse chagrinée, qui y adhère assez fortement pour que sa séparation avec le manche du scalpel soit difficile : elle enkyste du sang diversement modifié ou des caillots fibrineux.

Examen extérieur des testicules, — Les testicules mis à nu seront, dès l'abord, examinés extérieurement et sur place. On constatera s'il existe quelque singularité : anomalie de nombre (2),

tunique vaginale était abondamment vasculariséc^ et Ton pouvait^ en deux ou trois points, suivre les vaisseaux qui pénétraient dans les fausses membranes. Dans l'inflammation de la tunique vaginale, répididyme est, en général, plus ou moins tuméfié. » (Curling, Ma- /adies du testicule et de ses annexes^ traduction de M. Gosselin, p. 94, 1857.) — Voy. aussi Ghambaud, thèse de Montpellier, 186A.

(1) Yelpe&u, Leçons orales de clinique chirurgicale, t. II.

(2) Blasius cite le fait d'un homme de trente ans, bien conformé d'ailleurs, qui portait à droite deux testicules de même volume, de même forme que celui du côté gauche ; chacun de ces organes recevait une artère distincte fournie par l'aorte, et de chacun d'eux partait une veine qui se rendait à la veine cave (Obs. med, anat*, obs. xx, p. 28). — 11 peut y avoir anorchidie ou absence complète de testicule (voyez un cas récent àKa%Gazzetta medica provincie Venete^ loc, cit.): cotte anomalie est au reste fort rare, et la plupart des exemples cités pèchent par la brièveté des détails, au point qu'on pourrait croire plu<tût à une migration imparfaite.

vices de confonnation, migration incomplète (simple, ou monorchidie; double, ou cryptorchidie) (4 ], inégalité de volume des deux organes, etc. Il sera tenu compte de la coloration de la face externe de la tunique albuginée (2), ou enveloppe commune de la masse des canalicules dont se compose la glande séminale, de son épaississement hypertrophique où phlegmasique, de son adhérence à la séreuse vaginale, des mamelons, plaques ou granulations syphilitiques, des plaques cartilagineuses (enchondrome) ou même ossiformes qui la recouvriraient, etc.

On notera la flaccidité , Tinduration , et en général la consistance du testicule à la pression, variable avec le degré de tension de la tunique albuginée, — la forme de la glande, sa direction (3), ses rapports, surtout âvec l'épididyme. La position de Vépididyme est fort importante à considérer : c*est seulement en plaçant le bord libre (ou antérieur, ou mince) de cet organe en dehors, et sa grosse extrémité (ou extrémité supérieure, ou tète) en avant et en haut, qu*on pourra distinguer le testicule droit du gauche , après Textraction des deux glandes. Or, Tin version du testicule n'est pas rare (4), et cette anomalie est utile à constater, car elle exposerait, pour les investigations cliniques, à confondre le testicule avec répididyme. Dans cette affection , l'épididyme est situé en avant ou en dehors (bord antérieur ou faces externe et interne) de la glande, au lieu d'occuper toute la longueur de son bord postérieur (ou supérieur). Quand Tépididyme répond au bord

(1) FolUn, Études anatomiques et physiologiques sur les anomalies de position et t atrophie du testicule, in Archives générales de médecine, 1851,4* série, t. XXVI, p. 257, sq.— -Lecomte, Des ectopies congénitales, thèse, 1851, n° 159. — Godard^Étude sur la monorchidie et la cryptorchidie chez l'homme, in Mémoires de la Société de biologie, in-8, Paris, 1857, et thèse Sur la monorchidie^ 1856, — Goubeaux et FolUn, Cryptorchidie, in Mém» Soc. hioL — Legendre, ibid. — Sappey, Anatomie, t. ill, p. 543, sq. Dans les cas d'ectopie simple ou unilatérale, le testicule, répididyme, le canal déférent, tous trois en général atrophiés, seront trouvés ou dans l'abdomen (ectopies rénale, iliaque, sus-inguinale), ou dans le canal inguinal (ectopies inguinales interne, externe, iuterstitielle) , ou dans le sillon cruroscrotal (ectopie cruro-scrotale), ou plus rarement dans l'entonnoir crural ou au périnée.

(2) A l'état saih, la tunique albuginée est blanc bleuâtre, lisse et unie. Elle est noire dans l'hématocèle testiculaire.

(3) Normalement oblique de haut en bas, d'avant en arrière. — Dans l'hématocèle vaginale, le testicule est assez souvent aplati, allongé, refoulé par l'épanchement.

(4) Royet, De V inversion du testicule. Paris, 1859.

17ft SPLANCQNOTOAlIfi ET BXAMEN m^ ORGANES.

antérieur du testicule ( inversion antérieure } , et c'est le cas le plus frécpient, sa tète en occupe l'extrémité supérieure (ou antérieure); le canaldéférent, déplacé, est aussi en avant du testicule auquel il adhère. On a mentionné quelques observations d'int;^sion supérieure^ où répididyme devient horizontal copnme la glande, d*oblique6 qu'ils étaient normalement.

Dans beaucoup de cas (hypertrophie , atrophie, etc.) , il sera bon de prendre le poids et les dimensions de l'organe séminipare. Rappelons qu'à Tétat normal (4) elle pèse en moyenne 24 gram*mes (abstraction faite de Tépididyme , dont le poids moyen est de 4 grammes) , et présente les diamètres suivants : longueur (de Tune à l'autre extrémité)» 4 centimètres; largeur (de l'une à Tautre face), 3 centimètres ; hauteur (de l'un à l'autre bord), 3 centimètres.

Examen intérieur du testicule, -^ On fend généralement la glande en deux moitiés, d'avant en arrière, du bord antéro-infé* rieur au bord épididymaire, en suivant le grand axa de l'organe. Mais, en agissant ainsi, il y a danger de prendre pour une affection de répididyme une altération siégeant au bord postérieur du testicule; il vaut mieux disséquer, puis fendre isolément chacune des parties de la glande séminale. Il est d'ailleurs des cas (sarcocèle syphilitique, etc.) où l'épididyme et le testicule ne forment plus qu'une seule masse , dans laquelle il est difficile de reconnaître ce qui appartient à Tune ou à l'autre de ces deux parties, sans s'aider de la position du cordon ; le feuillet vaginal viscéral , l'albuginée et la substance testiculaire peuvent même être confondus en un seul tout.

L'incision de l'albuginée peut faire découvrir entre cette tunique et le parenchyme glandulaire des collections sanguines (hématocèleparenchymateuse), purulentes, tuberculeuse^ L'albuginée peut être, d'ailleurs, amincie, épaissie ainsi que les cloisons qui en émanent (sarcocèle syphilitique), etc.

Quant au tissu testiculaire lui-même , diversement coloré selon ses diverses affections et s'affaissant plus ou moins à la pression, la coupe y révélera quelquefois des noyaux apoplec* tiques, de petits kystes (il suffit souvent de les insufQer pour les ramener à leur forme), des tumeurs autour desquelles les veines se montrent dilatées, disposées en un lacis vaseulaire turges-

(1) Sappey^ Ânatomie^ t. 111, p. 549. — Curling a cité un testicule pesant 70 grammes. On sait que les dimensions du testicule diminuent avec rage, et que le gauche est plus lourd, plus gros, plus souvent atteint de varicocèle et d'épididymite.

APPAllEIt GÉHiTAI. D£ L'BÛIIME. 175

C60t et variqueux. Les tumeurs tuberculeuses sont les plus fréquentes (elles le seraient moins cependant, si l'on tenait compte de la définition du tubercule par Vircbow : voy. chap. YI) : on trouve , au centre ou sur une partie quelconque, plus ou moins étendue, de Torgane, à côté dMlots inaltérés de canaux sémini* fères» de petites masses, allant fréquemment du bord postérieur à l'antérieur, molles, irrégulières, colorées en jaane*mastic par . la prétendue xanthose de Lebert, ayant produit des foyers à suppuration, de vraies cavernes, parfois des abcès avec fistule scrotale. C'est essentiellement le tissu connectif des cloisons interlobulaires et celui reliant les canalicules, qui se trouvent attaqués par une prolifération de leurs cellules plasmatiques (voy. Utérus et Mamelles). — L'épididy me est généralement plus malade encore (p. 4 84 ).

Le tubercule présente aussi la disposition miliaire, granulée, forme sous laquelle son évolution est plus rapide, — ou bien infiltre Torgane, qui ressemble alors à ces ganglions envahis par la tuberculisation et comparés à de la châtaigne cuite (chap. II). Parmi les autres productions sur lesquelles j'appellerai Tatlen-; tion, sont les tumeurs épithéliales (cancer) , rarement ulcérées dans le testicule, et dont je reparlerai plus loin \ les tumeurs de nature conjonctivale (fibro-plastiques ou sarcomateuses) (4), les tumeurs syphilitiques. Ces dernières (sarcocèle syphililique, testicule vénérien, albuginite spécifique), accompagnées d'une augmentation de volume avec induration de la glande et intéressant souvent les deux organes, présentent phis apparente la disposition lobulée due aux cloisons partant de Talbuginée. A chacun de ces tlots, la substance sécrétante, plus jaune qu*à Tétat normal (jaune d'œuf bien cuit), montre au microscope des

(1) Au sujet de ces néoplasmes à corps fusiformes^ je rappellerai l'observation, citée par le Journal de méd, de Lyon (octobre 1864), d'une tumeur fibro-plastique dégénérée sur un testicule situé dans le trajet inguinal. Des cloisons fibreuses divisaient la tumeur eu parties de grand eut et de forme variables : entre ces cloisons existait une substance jaunâtre, granuleuse (reconnue au microscope pour de la graisse), dissociable en lamelles et filaments, ressemblant à la matière phymatoïde de Lebert.

Dans quelques points, la yascularisation était asseï grande pour avoir produit une teinte rosée et des foyers hémorrhagiques. Les tissus morbibes offraient une résistance faible à la traction ; la pression en faisait sortir des grumeaux, pas de suc. Même altération sur Tépididyme, dont la tête et la queue sont séparées par une cloison fibreuse. Au microscope, l'épithélium des canaux glandulaires est remplacé par de la matière granuleuse et des globules graisseui^ ,

matières fibroïdes, des noyaux, des cellules à divers degrés d*allération, des granulations graisseuses mêlées de cristaux de margarine, le tout contenu dans les canalicules spermatiques atrophiés et dégénérés. On trouve souvent aussi, à la coupe, des nodus du volume d'un pois ou d'une cerise, homogènes, durs, jaunâtres, entourés d'un tissu fibreux et vasculaire, analogue au tissu érectile, surtout près du bord épididymaire : ce sont des gommes (Virchow), composées de tissu fibroïde, et près desquelles le stroma fibreux du testicule se montre atteint d'inflammation interstitielle (orchite syphilitique), avec hypergenese, prolifération, d*éléments cellulaires, comme dans l'hépatite des vénériens (p. 4 4 9, sq.), le caractère anatomique de la syphilis étant la tendance générale aux néoplasies de tissu conjonctif. Ainsi que pour le poumon (p. 58), le testicule offre alors à la section une surface rosée, dure, élastique, avec tractus fibreux, blanchâtres et nodules, se détachant sur le fond de l'incision. (Voyez Exam. d'autops, cadav,)

Le tissu testiculaire peut également être infiltré de matière cancéreuse jaune et molle (altération phymatoïde de Lebert), ou d'un liquide blanc d'apparence laiteuse. Dans cette dernière affection, que Vidal (de Cassis) a nommée à iori galactocèle (p. 4 77), on rencontre des kystes dont le contenu présente l'aspect du lait : quand ces kystes galaclotdes (Morel-Lavallée) renferment des spermatozoïdes, ils siègent souvent dans les vasa aberrantia d'Haller (4 ) ou dans le corps d'Highmore.

Il est fréquemment utile de chercher quelle longueur devaisseaux séminifères on serait à même de dérouler avec une pince fine. Cette manœuvre, que facilite une macération dans de l'eau aiguisée d'acide nitrique, ne réussira d'ailleurs pas quand les canalicules auront été réunis par un épanchement plastique. Elle sera, dans tous les cas, plus aisée si l'on saisit les tubes au moment où ils s'engagent dans le corps d'Highmore, c'est-à-dire au point de réunion sur la tunique albuginée des lamelles cellulefibreuses contenant les conduits spermatiques. Dans Thématocèle parenchymateuse, ces vaisseaux font quelquefois hernie à travers une ouverture de la tunique albuginée, et se présentent

* (i) Ces voàù^ ou voies spermatiques collatérales^ s'élèvent de la queue de Tépididyme entre les vaisseaux spermatiques, et se terminent plus haut en cul*de-sac : ils ont été plus récemment étudiés par MM. Gosselin et FoUin. Il est probable qu'ils déversent uu liquide destiné à délayer le sperme et à faciliter sa marche dans le canal déférent."*— « La maladie kystique du testicule siège dans le corps d'Highmore. » (Conchts Jowmal de méd, de Lyon, mai 1865.)

£Ous Taspect de fils noirs, infiltrés de sang,qae I*on peut, avec une pince, étirer suivant une longueur variable.

Examen microscopique. — Il sera fréquemment indispensable de demander au microscope l'état du testicule, et surtout de ses conduits séminifères. Nous en avons déjà donné pour exemple les tumeurs syphilitiques, fibro-plastiques et tuberculeuses, ainsi que rhématocèle : appelons encore l'attention sur quelques affections intéressantes.

Les canaux spermatiques pourront se montrer pleins de granulations graisseuses, par exemple dans l'encéphaloïde et dans cette dégénérescence tuberculeuse nommée phymatoïdâ par Lebert : elles seraient associées à cette matière grasse, jaune orange ou jaune safran que Lebert appelle ocanthose.

Dans l'infiltration dite à tort galactocèle^ les filaments séminipares paraissent déformés, sans contours nets, infiltrés aussi de granulations graisseuses jaunâtres (4 ), avec ou sans spermatozoïdes.

Sur certains testicules syphilitiques ou tuberculeux, le tissu glandulaire peut être entièrement disparu, comme aussi dans la

(.1) Gooper attribuait la matière blanche des kystes galactoïdes du testicule à de la lymphe coagulable. M. Gubler, d'après la même opinion^ nomme ces kystes tumeurs lymphatocèles (Gaz, méd. de Paris, 1854), Les analyses de ce liquide opalescent (Grassi, Regnault, Leconte) ont révélé l'existence d'un peu de matière grasse, fondant à 38 degrés (Leconte, Soc, chir., 27 août 1862), émulslonnée par des substances albuminoïdes ne précipitant pas par la chaleur seule, mais coagulables par la chaleur aidée d'un acide. Cette albumine est tenue en dissolution par des carbonates et phosphates alcalins (Leconte).

Or, la matière grasse ne parait pas du beurre ; là substance albuminoïde est distincte de la caséine, et n'est pas accompagnée, comme celle-ci, par des phosphates terreux. Enfin, quand le liquide de ces kystes réduit les sels de bioxyde de cuivre, il ne paraît pas pour cela contenir de la lactine ou sucre de lait.

L'examen chimique détruit donc l'assimilation établie par Vidal (de Cassis) ; il ne saurait, d'ailleurs , y avoir sécrétion lactée là où manquent les organes galactophores. Enfin, le mot galactocèle avait déjà été donné aux accumulations laiteuses dans les culs-de>sac glandulaires de la mamelle (Jobert, Forgct).

Les kystes galactoïdes ne paraissent pas contenir de pus. Ils offrent parfois de la cholestérine ; ces cristaux rhomboïdaux à reflet brillant, qu'on trouve déposés par la graisse dans toutes les cavités closes contenant des produits adipeux non accessibles à la nutrition, on les reconnaît à ce qu'en présence de l'iode aidé de l'ncide sulfurique, ils deviennent indigo, purs brun jaunâtre.

178 SPLANCHNOTOMIE £T BXAMEN DES ORGANES.

transformation cartilagineuse ou enobondrome (1), souvent accompagnée par l'encéphaloïde.

L'épitbéiium qui tapisse les canalicules se montre exagéré ou transformé en suc crémeux dans les tumeurs épithéliales (cancer) ; les conduits déformés onl perdu leurs parois ou bien leur gatne externe est devenue fibroïde comme sur certains testicules syphilitiques (voy. cbap. Vï, Ulérua),

Une production de la classe des néoplasies épithéliales (comme le cancer, le cancroïde], une des plus curieuses à l'analyse microscopique du testicule, est celle que M. Cruveilhier [Atlai d'anal) a nommée Hstu à forme perlée, et Millier, choléastome. Si j'analyse le travail de M. Poincaré (de Nancy) (2), les tumeurs perlées, qui se rencontrent parfois à la surface des sarcocèles kystiques, et dans lesquelles les bourses forment une tumeur ovoïde, lisse, ayant Taspect d'une bydrocèle, mais sans liquide, — donnent à la coupe : 4° de petits kystes; %"* appendues par de courts pédicules, de petites sphères du volume d'une tête d*aiguille, d'un grain de millet, d'un pois, rarement d*une noix, dures, bien limitées, brillantes commodes perles, pouvant s'apercevoir par transparence à travers l'albuginée ; le tout enfermé dans un tissu fibro-cellulaire taché de graisse et parsemé luimôme de perles plus petites. Fait-on macérer quelques jours dans l'acide acétique étendu, le tissu fibroïde devient une gelée transparente au sein de laquelle tranchent davantage les perles, restées blanches et opaques« Au microscope, cette gelée reproduit les caractères histologiques du tissu fibro-plastique ou tissu conjonctif naissant (faisceaux de fibres celluleuses, les unes rectilignes, d'autres onduleuses, avec beaucoup de cellules plasmatiques et de corps fusiformes). Quant aux perles, M. Robin {Archiv. gén. deméd,, 4 856) les croit pleines de contenu homogène et cellulaire, formées de cellules épithéliales aplaties comme celles de certaines tannes, juxtaposées, imbriquées. M. Poincaré a trouvé, au contraire, qu'elles laissent échapper, quand on parvient à les rompre, une sphère incluse, plus petite, plus opaque, séparée, par un peu de liquide, de la coque mère ou kyste principal ou globe contenant. Celui-ci est constitué de tissu fibreux dense; sa face interne présente seule quelques cellules, différentes de celles qui revêtent l'intérieur du tube séminifère, ovoïdes, grandes, à contours nets, à noyaux et granulations (épitbélium pavimenteux). La paroi de chaque perle contenue ou fille est éga-

(1) Voyez de Gyoux, Enchondrome du iestwûp.

(2) Gazette hehdom., 26 août 1864.

APPAREIL GÉNITAL DE L'flOMM£. 179

lement 6breu8e j elle enveloppe un amas de petites cellules irré* gulières, pleines de granules, assez souvent mêlées de cristaux de cholestérine, pour expliquer Texpression ckoléaslome de MuUer.

Curliog {McUad. du tesiic. , traduct. Gosselin) rapporte Télément perlé au tissu cartilagineux, à rencbondrome : mais cette opinion n*est pas admise en France. Virchow regarde les perles comme des néoplasleô par prolifération d'épitbélium : elles constituent ainsi un épithélioma (chap. YI, f/ieVus), c'est-à-dire une formation de cellules épithéliales normales avec simple aberration de lieu et exagération de production, mais un épithélioma qui ne récidiverait pas. • La simple forme des éléments n'a pas» ' dit Virchow (4), de valeur pour établir la distinction entre la tumeur perlée, qui est bénigne, et les autres néoplasies (de même ordre), qui sont malignes : les propriétés infectieuses varient proportionnellement à la quantité du suo contenu (2). La tumeur perlée a exactement la structure de Tépithélioma (cancer épithéliai ou cancroïde), et ce dernier produit souvent des perles en quantité étonnante (3). Mais on n'a jamais vu la tumeur perlée produire en un autre point éloigné des récidives et se comporter malignement ; elle ne s'accroU que par sa périphérie, fort lentement. C'est utie néoplasie hétérotogue (voy. Troisième Partie, Classific, des tumeurs), mais bénigne. L' épithélioma, au contraire, récidive sur place et se multiplie même k distance. » (Voy. chap. Vï. Utérus,)

Je ne m'arrête pas sur le fongus parenchymateux ou bénin du testicule, tel qu'on Tobserve dans l'orchite blennorrhagique, en

{l) Pathologie cellulaire. — Nous tenons à cet aveu d'un micro* graphe célèbre, pour montrer que le microscope^ dont nous indiquons pourtant la nécessité dans ses recherches microscopiques^ peut être impuissant à se prononcer sur le caractère bénin ou maUu d'une tumeur. (Voy. aussi chap. VI, Mamelles.)

(2) « Ainsi, continue Virchow, le cancroïde rcstc localisé comme la tumeur perlée, tant qu'il est pauvre en suc ; le sarcome ne rcpuUulc sur place ou dans les ganglions que quand son tissu conjonctit est dexnenu riche en cellules, avec un tissu intercellulaire plus liquide ; dans le cancer, la marche locale est rapide et la généralisation précoce. t)c même un myxome (voy. chap. VI, Mamelles) riche en liquide est suspect de récidive ; la tumeur cartilagineuse ou cnchondrom« peut déterminer des métastases internes dans ses formes molle, gélatineuse. » /

(3) Si bien que, pour M. Poincaré, la tumeur perlée est une forme cl non un tissu particulier; c'est une dégénérescence pouvant appartenir au cancer, à l'épithélioma, à l'enchottdrome.

180 SPLANGHNOrOMtE ET EXAMEN DES ORGANES,

dehors de toute spécificité (1). M. Icard le décrit comme présentant ]es canalicules serrés en masses semblables à des bourgeons charnus, altérés dans leur régularité, atrophiés et ratatinés : leurs parois fibro-vasculaires, généralement peu distinctes, manquent dans un bon nombre de tubes, et ces derniers ressemblent plutôt à de simples gatnes épithéliales qu*à de véritables canaux séminifères ; le contenu» moins distinct qu'à Pétat normal, accuse aussi un commencement de dégénérescence granulegraisseuse.

Enfin, je rappellerai que M. Lancereaux (2), en examinant au microscope le testicule flasque, atrophié, intérieurement jaune ou décoloré, des individus atteints d'alcoolisme et ayant eu des accès de delirium tremens^ a vu les cellules épilhéliales de quelques canaliculi granuleuses, déformées ou détruites, et celte altération régressive de Tépithélium des canaux spermatiques s'accompagne d'une disparition presque complète des spermatozoïdes, même dans les vésicules séminales. — Dans les cas d'ectopie, on ne trouve également pas de spermatozoïdes.

EpioiDYME. — Nous avons déjà parlé (p. 473) des positions que cet appendice est susceptible d'affecter sur le bord antérieur ou sur les faces de l'appareil séminipare. Quand il est situé à la partie antéro-supérieure de la glande, au lieu d'en occuper, comme dans la majorité des cas, les portions postéro-infèrieures, le liquide de Thydrocèle, au lieu de s'accumuler en avant, peut SQ présenter en arrière. Dans l'hématocèle vaginale, l'épididyme est aussi assez souvent déplacé et présente, en outre , des modifications de forme ou de structure.

Les kystes de l'épididyme ne sont pas rares ; ils contiennent

(1) Sur le fongus bénin du testicule (Lawrence), ou productions et chairs fongueuses sorties du testicule (Samuel Gooper), ou tumeur granuleuse du testicule (Astley Gooper), ou fongus superficiel, ou hernia testis (Curling), hernie du testicule (DeviUe), voyez Jarjavay (ArchéoL gén. de méd., 1849), Curling (3/a/. du test.), Dc\i[[e {Monit. des hop,, 1853), Langlebert (Jlf a/. syphiL, 1864), Union méd. (IGjanv. 1864). Le mot fongus est impropre parce qu'il donne à penser à des végétations qui n'existent pas ici. — Sur le fongus malin, consultez Jarjavay {loc. cit., p. 119). — Sur le fongus syphilitique, Rollet (Sarcocèle fongueux syphil.) et Allard (thèse de Montp., 1864 : Etude comparât, desfong, testic. simple, tuberculeux, syphil,). Le sarcocèlc syphilitique peut entraîner une dégénérescence fibreuse, cartilagineuse, ossifornie, mais pas la fonte purulente du testicule.

(2) Société médicale (t émulation, 1864.

APPAREIL GÉNITAL DE L*HOMMe. 181

généralement des spermatozoïdes. M. Gosselin a plus spécialement appelé l'attention sur les grands kystes épididymaires à liquide opaque, analogues aux tumeurs galactoTdes (p. 476 et 477).

Les recherches cadavériques montreront assez souvent des noyaux tuberculeux dans Tépididyme. Bien que cet appendice puisse rester sain dans les plus graves affections organiques de la glande, c'est fréquemment par un engorgement de son globus major (tète), ou de son glohus minor (queue) que commence la tuberculisalion lesliculaire. Tel est le cas de ces tuberculisatiens à marche lente, dans lesquellesl*épididyme, plus ou moins étalée, présente des masses compactes, assez dures, lobulées, comparables à de la châtaigne cuite. Le tissu cellulaire qui unit les circonvolutions épididymaires et la tunique vaginale pariétale qui les recouvre, s'épaississent d'abord, d'où une augmentation de volume de l'organe « formant à lui seul les trois quarts de la tumeur lesticulaire » (Cruveilhier). Plus tard, le corps d'Highmore est envahi, devient fongueux également à la manière des fongosités synoviales des tumeurs blanches invétérées, se transforme en une masse jaune contenant, comme ces tumeurs, des cellules, des noyaux, des corps fusiformes iibro-plastiques. — Consécutivement au tubercule de l'épididyme, on constatera l'absence de spermatozoïdes (Godard).

De même une bonne partie des dégénérescences cancéreuses du testicule commencent par Tépididyme, et. quand l'envahissement n'est pas encore considérable, on rencontre le testicule iatrophié, mais presque sain (sauf peut-être vers le corps d'Highmore) au niveau des tissus dégénérés.

L'épididyme peut offrir les mêmes productions syphilitiques que le testicule (p. 4 75).

Il sera parfois utile d'ouvrir le canal épididymaire, si flexueux normalement (1) : on pourra le trouver distendu, oblitéré, anormalement vascularisé (épididymite) , atrophié, etc.

Terminons en appelant les recherches sur cette question encore controversée de l'origine des indurations épididymaires, à la suite d'orchite notamment et quand il y avait stérilité.

— Nous résumons, dans le tableau suivant, les principales lésions des bourses et du testicule :

(1) Il part de la tête (grosse extrémité) de Torganc^ où il reçoit les vaisseaux issus do corps d'Highmore^ pour se continuer^ à travers la queue (extrémité postérieure) de l'épididyme^ avec le canal déférent. Son diamètre moyen est 0'""',35.

182 SPLA^CHNOTOMIE ET EXAMEN DES ORGANES.

Tableau XXIX.

rr A. Enveloppes du testicule. — a. Enveloppes extra-vaginales. Plaies et contusion ; coloration par ecchymose^ par maladie d'Addison ; infiltration urineuse des bourses et du pli de l'aine ; phlegmon et abcès ; inflammation érysipélateuse (intcrtrigo) ; œdème (hydrocèlc par infiltration) ; hématocèle pariétale, par infiltration ou par épanchemcnt ; gangrène ; tumeurs gommeuses du scrotum et ulcérations consécutives ; tumeurs fibreuses sous-cutanées (1) ; tumeurs graisseuses, tumeuri urinaires; kystes dermoïdes; inclusions fœtales; élépbantlasis; fistules et fissures (2). — B. Tunique vàgiiîALB. 1° Lésions gênéraies : Inflammation (vaginalite aiguë et chronique), suppuration ; kystes appendus à la tunique, kystes hydatiques ; hématocèle yaginale (traumatique ou spontanée) ; déchirure ; hydrocèle proprement dite ', diverticules de la tunique autour de l'épididyme formant des hydrocèles enkystées qui coiffent le testicule (3) ; communication avec le péritoine (hydrocèle congénitale) ; oschéocèle et hernie â sac intrnvaginal (4) ; cystocèle dans la tunique vaginale ; tumeurs ostéo-carti-

(1) M. Morel-Lavallée a communiqué récemment (avril 186A) à la Société de biologie un cas intéressant de ces fibromes du scrotum : « La tumeur présente une surface lisse, grisâtre, avec une légère teinte jaune. Elle cric sous le scalpel. En la raclant avec un scalpel, on obtient un liquide constitué par des globules sanguins, des débris de fibres. En la fendant longitudhialcment, on constate une disposition fibréc. En la pressant, on en fait sortir un liquide blanchâtre rappelant celui du squirrhe. Sur des coupes minces, on voit des fibres s'cntrccroisant dans toutes les directions, transparentes, parfois élastiques, contenant des noyaux volumineux, granulés. »

(2) « Les hermaphrodites mâles sont des cryptorchides (voy. p. 173) dont le scrotum, privé de son contenu, présente, vers sa partie moyenne, une fissure percée par l'orifice du canal et donnant aux bourses l'aspect des grandes lèvres. » (Bcraud et Robin, Physiologie^ 1856, t. II, p. 356.) On connaît cependant, comme exception, les hermaphrodites bisexucls imparfaits, par exemple le cas de Jean Dupin, et celui de Dorothée Perrier, qui présentait une verge, une prostate, un testicule droit, un utérus avec deux trompes, un ovaire gauche, un vagin. — Sur l'hermaphrodisme, \oyez Vulve et page 168.

.(3) Voy. Béraud, Archiv. méd., Kystes de la tun. vagin, et du cordon, {à) Dans la hernie inguinale externe ordinaire, le sac se trouve en rapport immédiat avec les couches sous-cutanées de la région des bourses, le testicule restant isolé de l'intestin et dans sa tunique vaginale. Sous CCS conditions, comme à l'état normal, la séreuse vaginale ne forme qu'une cavité exiguë entourant la glande séminale, se réQéchissant sur Tépididynie et la partie inférieure du cordon, enfin en rapport antérieurement et extérieurement avec les enveloppes mé-

APPAREIL GËMTAL D£ J^'ilOMME. 183

lagineuses ; cancer de la tuoique; corps étrangers ; gaz. — 2" Surface interne en particulier : Aspect réticulé, vascularisalion ; infiltration ilc sang; de pus, de sérosité; exsudations fibrincuscs; adhérences fila-

diates du testicule. — Mais quand le canal inguinal reste ouvert après la descente du testicule, la vaginale remonte jusqu'à Tanneau ombilical, pour se continuer avec la cavité du péritoine, dentelle devient un simple diverticule (p. 172). Qu'il se produise alors une hernie, l'intestin n'aura absolument pour paroi que la tunique vaginale ; la hernie sera congénitale. Terme vicieux, parce qu'elle n'existe presque jamais à la naissance, ou bien possède alors (Giraldès, Huguicr, Morel-Lavallée) un sac isolé séparant l'intestin du testicule ; elle se produit au contraire à tous les âges, jusqu'à la plus extrême vieillesse. Il vaudrait mieux dire hernie vaginale, ou, avec M. Malgaigne, hernie à sac ouvert. L'expression congénitale n'est, en d'autres termes, pas meilleure ici qu'appliquée aux hydrocèles : beaucoup d'hydrocèles datent de la naissance, coïncident avec l'oblitération du cannl inguinal, comme dans le cas de notre ami le docteur Legendre, et d'autre part la non-obstruction de ce trajet est loin d'être fatalement bi cause d'hydrocèle dans les premiers temps de la vie. — Enfin, l'orifice de communication des deux séreuses peut (Malgaigne, Traité d*anai, chir. , 1. 11, p. /^05, 1850) s'oblitérer au niveau seulement de l'anneau abdominal, de façon que la tunique vaginale, ne communiquant néanmoins plus avec le ventre, remplit encore une grande partie des bourses et tout le trajet inguinal jusqu'à l'ouverture supérieure de ce dernier. Dans ce cas, qu'une hernie survienne chez un sujet, par exemple dont la cavité de la séreuse testiculaire est déjà dilatée par du liquide, le sac péritonéal viendra proéminer dans cette cavité même. Ce sont les hernies enkystées de la tunique vaginale^ mieux nommées hernies à double aac, ou a sac intra^vaginal, par M. Bourguet (d'Aix), dont je vais analyser le mémoire {Gaz. hebd., 4 noT.*9 déc. 1864), La cavité vaginale agrandie, mais ne communiquant pas avec l'abdomen, remontant seulement jusqu'à l'anneau inguinal, contient le sac herniaire distinct de la séreuse testiculaire et sous forme de tumeur isolée, ovoïde, à parois minces et lisses, renfermant une anse intestinale parfois gangrenée. Après l'incision des téguments et de la tunique vaginale, on rencontre une cavité qui est précisément la cavité vaginale. Aussi, quand le liquide sera écoulé, le doigt pourra pénétrer, par le trajet inguinal, dans le ventre, ce qui était impossible avant, et l'on ne trouvera ni intestin ni épiploou ; mais le testicule sain, tout à fait à découvert à la partie interne et inférieure, se montrera au contact d'une tumeur susceptible, au reste, d'adhérer à la vaginale par quelques tractus fibreux, tumeur qui constitue le vrai sac, l'expansion du péritoine où l'intestin est renfermé. La nature de cette hernie accidentelle, non congénitale, non primitive, est le plus souvent méconnue avant la nécropsie, même s'il y a eu opération. Prenant, en effet, la vaginale pour le sac herniaire, on refoule le vrai sac sans l'ouvrir, sans observer, d'ailleurs, que la cavité ouverte est close supérieure-

18^ SPLANCUNOTOiMlE ET EXAMEN DES ORGANES.

menteuses produisant un cloisonnement en loges, coques pseudomembraneuses enkystant du sang, etc. (1).

B. Testicules. — a. Vices de conformation congénitaux ou patho^ logiques : Anomalie de nombre; ectopie ou migration imparfaite, déplacement ascensionnel permanent; inversion, atrophie, hypertrophie. — b. Usions traumatiques : Plaies et contusions ; hématocèlc testiculaire; hernie. — c. Lésions diverses : Inflammation (orchite aiguë ou chronique); abcès (morve aiguë, Vigla) ; dégénérescences tuberculeuse, fibro-plastique, encéphaloïde ; épithélioma et tumeurs perlées; sarcocèle et tumeurs gommeuses; fongus ; kystes (hydrocclc enkystée, hydatides); entozoaires en général; infiltration graisseuse (galactocèle) ; kystes lymphatiques et galactoïdes; anémie (Gosselin), spermatocèle ; kystes dermoïdcs (contenant des poils, des dents, de la graisse, etc.)

2° Canaux déférents et cordon ; vésicules séminales, canaux éjaculateurs.

Canal déférent. — On ne saurait se dispenser d'examiner le conduit excréteur du testicule (6g. 52,5), après avoir constaté des altérations dans la glande séminale. Sur son trajet, long de 15 centimètres, de l'épididyme au col des vésicules séminales, ce canal présente assez souvent des altérations utiles à noter.

Nous avons dit (p. 4 73) que, dans Tinversion du testicule. la portion épididymaire du canal déférent, normalement couchée sur le bord externe de l'épididyme, pouvait se trouver en avant du testicule. Dans Vinversio7i dite en anse ou en fronde^ le conduit vecteur du sperme adhère au bord antérieur du testicule, et se réfléchit sous son extrémité inférieure, de façon à embrasser la glande dans sa concavité.

Le canal déférent peut avoir perdu l'épaisseur normale de ses

ment, contient en bas le testicule libre et en haut une tumeur (sac vrai) polie à sa surface, se continuant avec l'intérieur du trajet inguinal, incapable de déplissement, sans résistance, moins vascularisée qu'une anse d'intestin, à pédicule adhérent aux anneaux, à parois d' inégide épaisseur.

J'ai insisté sur cet exemple pour rappeler qu'une hydrocèle peut coexister avec ime hernie dont le sac restera indépendant, et pour montrer combien il sera important, quand il y aura hernie scrotale, d'indiquer avec soin les rapports du sac et du testicule, les adhérences l'unissant sur son trajet, la hauteur jusqu'à laquelle le doigt pourra remonter dans le canal inguinal, etc.

(1) Voyez une observation récente de ces tumeurs de la tunique vagiuale dans la Gaz. des hop. y 30 juin 1863.

APPAREIL GÈJSITAL DE J/HOMMë. 185

parois; son calibre, qui admet d'ordinaire à peine un slylel trèsfin (1), êlre considérablement augmenté, etc.

Dans les affections tuberculeuses du testicule, le canal spermatique montie fréquemment sur son trajet des renflements fusiformes irréguliers, des bosselures (éf/ai moniliforme), A Tincisioii, — pratiquée avec des ciseaux effilés, souvent à Taide d'une sonde cannelée, — on trouve dans Tinlérieur, sur la muqueuse dégénérée elle-môme, un suc caséeux, avec ou sans spermatozoïdes, mélangé de cellules épithéliaies et de nombreux globules graisseux.

Le tissu cellulaire environnant est épaissi et parfois transformé en un nouveau canal communiquant avec le conduit primitif ou avec le trajet inguinal.

On a cilé des cas d'absence du conduit spermiducte avec ou sans conservation des vésicules séminales (John Hunter, MM. Vçlpeau, Gosselin), notamment chez les anorchides.

Il sera quelquefois utile de pousser une injection dans le canal déférent pour constater si le liquide pénètre dans l'épididyme, si les voies sperma tiques sont encore pemnéables dans toute leur étendue.

Cordon. — H comprend la portion funiculaire et presque verticale du canal déférent, les artères spermalique (branche de l'aorte ou de la rénale), funiculaire (branche de répigastriqu*>), déférentielle d'Astley Cooper (branche de la vésicale inférieure); des rameaux de l'obturatrice et de Tépigastrique ; les veines correspondantes ; des lymphatiques et des nerfs (notamment du plexus spermatique du grand sympathique) ; enfin des mailles connectives se prolongeant avec le tissu cellulaire sous-péritonéal. Il présente trois enveloppes : le fascia superficialis, les fibres du crémaster, et une expansion tubiforme du fascia Irans versalis (Gg. 46, p. 103).

Ces divers éléments se montrent assez souvent disséqués par des épanchemenls (purulenis et autres) ; d'au 1res fois ils sont tellement unis, qu'il est impossible de les isoler avec le manche du scalpel. Dans le varicocèle (affection siégeant surtout à gauche), et dans quelques phlébites funiculaires, certaines veines modifiées, à parois épaissies, et dont la section reste béante comme celle d'une artère ou des vaisseaux variqueux des membres, acquièrent une résistance, une dureté, qui auraient pu les faire confondre avec le cordon, au grand préjudice du malade.

(i) Son diamctro moyen normal est de 2 millimètres.

180 SPLANCBNOTOMIE ET EXAMEN DES OUGANES.

Des tumeurs développées dans le tissu cellulaire du cordon ont été prises plusieurs fois pour des hernies. Tel est le cas d'une masse fibro-plastique, présentée par M. Dubois (d'Abbeville), en janvier 4 864» à la Société de chirurgie, et au centre de laquelle existait un point ramolli, infiltré de granulations graisseuses, comme on en rencontre ordinairement dans les productions semblables de date ancienne.

Parmi les tumeurs du cordon (1), nous mentionnerons encore les hydrocèles funiculaires, dont le liquide est clair ou trouble, jaune, verdâtre, rougeâtre, limpide ou de consistance mielleuse; les hématocèles funiculaires (par rupture de veines ou d*artères); les abcès, les hernies (2) ; les tumeurs cancéreuses, tuberculeuses, syphilitiques, adipeuses, hydatiques. Le cordon acquiert parfois, par le fait de ces tumeurs, le volume du pouce et mémo plus. Dans le cancer du testicule, le cordon se montre souvent dur, parsemé de nodosités, par suite de dégénérescence de son tissu cellulaire.

On a observé des cas de plaies et de contusion du cordon. Dans Tempoisonnement par le phosphore, il n'est pas rare do trouver des ecchymoses sur le trajet funiculaire (3).

Le cordon testiculairo peut adhérer aux anneaux du canal inguinal, — et ici je pourrais rappeler lôs affections quon est susceptible de rencontrer dans ce canal, près du cordon (p. 1 02) : testicule atrophié, étranglé, arrêté sur les pubis par un rétrécissement de Panneau ombilical (Devillanova,DesaUlt; exslrophiede vessie) ; kystes hydatiques, hernies, hydropîsie herniaire (dans une cavité abandonnée par les viscères antérieurement hernies, ou dans un sac diverticulaire ayant perdu toute communication avec le péritoine] ; vaiëseaux lymphatiques assez dilatés pour avoir fait conclure à une hernie (4), hernie existant dans la gatne du cordon, et non au devant d^elle; etc.

— Au sujet des hernies étranglées, je ne saurais trop recommander leur dissection, afin de préciser le siège de Tétranglement. On sait que MM. Chassaignac et Velpeau croient encore à rétranglement par les anneaux fibreux, et débrident sur ces

(1) Voye» Tumeurs du cordon, thèse de concours, Malgaigne, 1848.

(2) En cas de hernie, on notera soigneusement si les éléments du cordon se trouvent en avant ou en arrière du sac.

Appelons surtout l'attention sur les hernies congénitales fUnicu-îaires (Malgaigne), arrêtées sur le trajet du cordon, à quelque distance du testicule. — Voyez Ligament rond^ note sur le canal de Nuck.

(3) Branet, thèse, 1863.

(4) Voyez Trélat, Sor. de chirurgie^ 14 soptombro 1864.

anneaux, bien que, depuis la thèse de M. Demeaux et les travaux de M. Malgalgne, la majorité des auteurs admette Tétranglement par le collet du sac dans les hernies inguinales, et, dans les crurales, par les orifices du fascia cribriformis. M. Chassaignac [Société de chir., 25 janv. 4 865) prétend, en outre, que Timmense pluralité des hernies dites étranglées est mal diagnostiquée, qu'on ignore encore les véritables caractères constitutifs de l'étranglement, — et nous faisons, en conséquence, avec lui, appel aux recherches nécroscopiques futures pour éclairer ces questions controversées.

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