‹ Manuel de l'art des autopsies cadavériques, surtout dans ses applications à l'anatomie pathologiqueChapitre 66 sur 85 · C. Isthme de l'encéphale · texte numérisé non relu

C. Isthme de l'encéphale

Sous co terme, avec Ridiey et M. Cruveilbier, nous admetlons la partie rétrécie et cuboïde de la masse encéphalique intermédiaire au cerveau, au cervelet, à la moelle, comprenant la protubérance annulaire ou mésocéphaie (fig. 79, 8 ; fig. 80, 2?), les pédoncules cérébelleux moyens (6g. 88, 5, et 94, 7), dont nous parlerons à propos de la protubérance (p. 423), les pédoncules cérébraux (fig. 94, 8; 81, 3), les tubercules quadrijumeaux (fig. 84 , 9) (3). On devra examiner les deux premières de ces parties avant dépasser au cervelet, ou concurremment; les pédoncules

entre les deux moitiés du cervelet). Voyez Meynert (Mediztniscke Jahr bûcher y 1864, 4® livre). — Sur Tataxie locomotrice, voyez surtout notre chapitre VllI, et quelques lignes au paragraphe du Bulbe^ des Nerfs crâniens.

(1) Dans cette atfection, décrite notamment en France par Landouzy, on observe de la faiblesse dans la déambulation, de la chancelance, de la titubation, un défaut d'équiRbration avec conservation de rénergie musculaire, un peu comme dans Tataxie locomotrice. — On sait au reste que les lésions essentielles de la pellagre sont loin d'être connues : pyo-méningite chronique, etc. (p. 403, note 5).

(2) Inutile de rappeler la tendance de ce vertige à entraîner le siyet vers un côté, en sorte que, si l'étourdissement survient peudant la marche, le malade est obligé de se roidir pour empêcher ce côté de fléchir.

(3; Avec la plupart des auteurs, nous appliquerons le terme moelle allongée comme synonyme de bulbe rachidien. Toutefois il faut dire que cette expression a souvent reçu une plus grande extension. Elle comprendrait le plan inférieur de l'isthme de l'encéphale, dans lequel on fait rentrer le bulbe, la protubérance, les pédoncules cérébelleux moyens, les pédoncules cérébraux : « On a comparé cette moelle allongée à un animal sans tête, dont la protubérance représenterait le corps, le bulbe la queue, les pédoncules moyens les cuisses, les pédoncules cérébraux les bras.» (Fort, Anat, descript., p. 490.) Le plan supérieur de l'isthme, situé entre le ventricule moyen et le cervelet, serait formé par les tubercules quadrijumeaux, la valvule de Vieussens, les pédoncules cérébelleux supérieurs, enfin le ruban blanc de Reil (fig. 88, 3), petit triangle donnant naissance au nerf pathétique (fig. 80, 4) et situé entre le sillon latéral de l'isthme (qui sépare les deux plans de l'isthme) et les tubercules quadrijumeaux postérieurs.

ISTHME DE l'encéphale. U2\

cérébraux sont étudiés généralement en môme temps que le cerveau, ainsi que les éminences testes et nates.

Les pédoncules cérébraux — deux cordons blancs, très-épais, continuant les pyramides antérieures du bulbe , et qui , nés en apparence de la face supérieure (ou antérieure) de la protubérance, vont s'enfoncer dans les couches optiques du cerveau après '. 2 millimètres de trajet, — seront préparés comme les tubercules quadrijumeaux qui recouvrent leur face supérieure. On les étudiera avec les corps genouillés ou les bandelettes optiques (voyez Nerfs crâniens)^ qui limitent et embrassent leur face interne en dehors, et avec l'espace interpédonculaire (rempli par les tubercules mamillaires^ fig. 80, 4 9, et le tuber cinereum, fig. 80, 4 7, et p. 364). A cet effet, il faudra enlever la pie-mère, en cherchant, s'il se peut, à ne pas entraîner avec elle le moteur oculaire commun issu de la face interne des pédoncules (4). En coupant ceux-ci, on sépare le cerveau du reste de l'encéphale.

Ces pédoncules, parfois atrophiés d'un côté (atrophie descendante, p. 418), peuvent présenter des ecchymoses, — correspondant, sur des coupes transversales ou verticales, à des foyers capillaires hémorrhagiques, — une vascularisation exagérée, des points purulents ou tuberculeux. Sur un épileptique, M. Cornil a trouvé (Gaz. des hôpit..^ 20 sept. 4 864) une atrophie du pédoncule gauche avec tumeur formée de fibrilles fines, flexueuses, à noyau ovotde nucléole, à fibres élastiques et vaisseaux, sans éléments nerveux, comme dans les parties sclérosées du cervelet des épileptiques (p. 44 8, note 3).

Les tubercules quadrijumeaux (fig. 84,9), situés au-dessus des pédoncules cérébraux et de l'aqueduc de Sylvius, en arrière des couches optiques et du troisième ventricule, sont souvent examinés après ablation de la pie-mère, quand le cerveau est encore intact, en plaçant ce dernier sur sa face convexe (p. 364], et le cervelet étant renversé d'arrière en avant, s'il n'a pas encore été entamé. Ces quatre éminences (les antérieures, ou nates, plus

(1) On pourrait étudier les pédoncules av<;c le ventricule moyen, en examinant la commissure grise des couches optiques (fig. Si , 31), qui est assez souvent encore sujette à des anomalies, qui peut manquer ou être double. — Dans la coupe des pédoncules, on devra prêter attention à la tache gris foncé, dite locus niger {crus cerebri, tache de Scemmerring : page 314, note 1; fin de la page 313; page 308, page 288, note 2). On Ta dite plus foncée dans la mélanémie des fièvres palustres, alors que les circonvolutions se montrent plus grises par amas pigmentaires (p. 356, note 3).

FiG. 88.

Tubercules quadrijumeaux ; pédoncules cérébelleux supérieurs ; valvules de Vieussens (d'après Yicq d'Azyr),

1. Face supérieure du cervelet présentant sar la ligne médiane ^obe cérébelleux médian) le vermis superior, — 2. Pédoncules cérébelleux supérieurs réunis sur leur bord interne par la valvîile de Vieussens ; le bord externe de ces processus cerebelli ad testes se confond avec le pédoncule moyen.— 3. Faisceau triangulaire latéral de l'isthme (ou ruban de Reil) aboutissant aux éminences testes et se continuant en dedans avec le faisceau innominé (ou de renforcement) de la protubérance. — > 4. Partie supérieure du pédoncule cérébral. — 5. Partie supérieure du pédoncule cérébelleux moyen. — 6. Partie postérieure du sillon séparant les deux tubercules quadrijumeaux antérieurs (nates) et dans lequel est couché le corps pinéal. — 7. Frein de la valvule de Vieussens, à l'extrémité antérieure de cette valvule, au niveau du sillon qui sépare les deux tubercules quadrijumeaux postérieurs ou éminences testes. — > o. Partie postérieure de la vcdvule recouverte de lamelles de substance grise appartenant à la partie supérieure du vermis superior, — 9. Valvule de Vieussens. — 10. Corps pinéal (glande pinéale). — 11. Ses freins (fig. 81, 11). —

ISTHME DE l'encéphale. k2^

grosses normalement' et pins oblongues que les postérieures, ou testes) se montrent quelquefois le siège dmOammation (chorée, etc.), d'un piqueté jaune d'ocre produit par l'haernaloîdine, de petites tumeurs hémorrhagiques, les érodant et susceptibles d'intéresser simultanément les couches optiques, ou la glande pinéale (p. 376)," qu'on sait reposer dans la dépression séparant les nates des testes. L'induration (chorée) et la suppuration sont ici assez rares. L'atrophie d'un des tubercules a été observée dans certaines amauroses (voyez Nerfs crâniens). M. Gintrac (voyez p. 40 1] a réuAi, sous le nom d'atélie mésocéphalique, des anomalies congénitales de forme ou de volume de la protubérance annulaire et des renûenfients quadrijumeaux, accompagnées, pendant la vie, par des phénomènes spasmodiques, quelques lésions sensoriales et la paralysie du côté opposé à la lésion (p. 312). La protubérance annulaire sera étudiée d'abord extérieurement, le cerveau placé comme pour l'inspection des pédoncules cérébraux, et après l'ablation de la pie-mère, qui peut être à ce niveau injectée, opaque, infiltrée d'épanchements ou de productions diverses comprimant le mésocéphale, le rendant moins saillant d'un côté que de l'autre. La face postérieure (dite parfois supérieure), constituant la paroi antérieure du quatrième ventricule, doit être examinée avec celui-ci et avec les pédoncules cérébraux qui la relient en avant aux couches optiques Les faces latérales, fictives, origines du trijumeau (p. 317, note 1), se confondent avec les pédoncules moyens du cervelet (fig. 88, 51, et 94, 7), — ceux-ci parfois plus aplatis d'un côté, ramollis au point qu'il est difficile d'enlever les méninges, etc. (1). — A la base (face inférieure ou mieux antérieure), l'attention se portera notamment sur les deux ou trois plans de faisceaux blancs transversaux superficiels (pont de Varole proprement dit). L'importance des connexions et des lésions (p. 31 3 et Addenda) du mé-

(1) Pour voir les pédoncules moyens, on pourrait également partir de la face inférieure (ou antérieure) de la protubérance, et couper un peu le cervelet latéralement à ce mésocéphale.

12. Commissure postérieure. — 13. Couche optique. — 14. Traces de la commissure grise du ventricule moyen (fig. 81, 43). — 15. Commissure blanche antérieure (fig. 81, 14). — 16. Lame cornée (épaississement de la séreuse du ventricule latéral) située dans le sillon intermédiaire au corps strié et aux couches optiques. — 17. Piliers antérieurs du trigone formant l'écorce blanche des tubercules mamillaires, et s'écartant ensuite des deux côtés de la commissure blanche. — 18. Corps strié représenté en noir et situé en dehors de la couche optique (on a omis de mettre le n* 18) : entre ces deux renflements se voit le sillon intermédiaire, contenant, de haut en bas, les plexus choroïdes, la lame cornée, la veine du corps strié, le taenia wmi-circularis. — 19. Septum htcidum.

socéphale explique le soin qu'il faudra concéder à son étude : des apoplexies 1res -limitées, qui auraient un retentissement médiocre dans le cerveau, sont susceptibles d'ofiFrir ici les plus graves conséquences.

Pour l'examen intérieur, on pratiquera des coupes verticales anléro-postérieures el transversales. Elles peuvent montrer dans la protubérance, isolément ou en communication avec les organes voisins, des foyers hémorrhagiqiies , des lacunes analogues à celles des corps striés (p. 378), du ramollissement (assez rare).

Coupe transversale de la moelle (schéma d'après Owsjannikow). — A. Sillon antérieur. — B. Le postérieur. - C. Canal central revêtu de l'épendyme (p. 391) avec épithélium à cellules rondes. — P. Tissu conjonctif entourant ce canal, puis envoyant des prolongements dans les sillons A et B. — E. Fibres de la racine antérieure, pénétrant dans la moelle comme la postérieure, qu'on devrait voir aboutir a des cellules de mouvement, généralement multi- ou quadripolaires, volumineuses. Bidder et Volkmann les croient à tort plus grosses que les fibres sensitives. — F. Fibres commissurales. — G. Fibres de la racine postérieure se rendant à des cellules de sensibilité, généralement tripolaires, petites, fusiformes, — H. Tissu intermédiaire, amorphe et ù noyau, dit ù tort conjonctif (voyez Ataxie) ù propos du bulbe). — 1. Fibres nerveuses de la substance blanche coupées transversalement. — ^.Capillaires coupés de même. — L. Cellules ganglionnaires de la substance grise.

Page 1