ISTHME DE L*ENCÉPHALE
des abcès avec perte de substance plus ou moins étendue. Chez les enfants, les productions dites tubercules ramollis ou crétacés y sont assez communes, et elles empiètent fréquemment sur le bulbe : le plus souvent on aune tumeur grise, bosselée, dure et résistante dans quelques points, fluctuante sur d'autres, parfois à
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Un ganglion spinal vu à un fort grossissemeot. «- A. Racine sensitive, et sur elle un ganglion avec les globules ganglionnaires bipolaires. — B. Racine motrice. — C. Rameau postérieur du nerf de la moelle. — D. Rameau antérieur. (D'après Leydig.).
rétat de granulations jaunes. Au microscope, on trouve des cellules arrondies ou ovoïdes, à contours obscurs, sans noyaux (myélocytes de M. Robin ; p. 388, note 2).
On a signalé des tumeurs de tissu conjonctif (hyperplasie conjonctive) au niveau de la protubérance et du bulbe (1), des anévrysmes capillaires (2).
Enfin, le mésocéphale, comme le bulbe, devra être examiné chez les sujets morts d'ataxie locomotrice (3), de paralysie glossolabio-pharyngée (parai, de la langue, du voile du palais, de Torbiculaire des lèvres, p. 293 ; et plus loin, Bulbe et Nerfs) (4),
(1) Piedvache, BuîîeU de la Soc. anat., 1864. Voyez aussi la monographie des tumeurs de la protubérance par M. Ladame (de Neufchâiel), le mémoire de M. Seux {Union méd. de la Provence , 1866).
(2) Sur ces anévrysmes capillaires, voyez le travail de Heschl {Wiener medizinische Wochenschtnft, 1865, n*»* 71, 72). Il s'agit d'anévrysmes vrais, ampuUaires le plus souvent, d'autres fois fusiformes ou cylindroïdes, mais toujours très- différents des anévrysmes disséquants des petites artères cérébrales. Décrits par Virchow {Archiv fur pathoL Anatomie, t. III, p. 440) sous le nom de nœvi vasculosi, rapprochés plus tard par lui {ibid», t. XXX) des téléangiectasies cutanées, ces anévrysmes ont surtout attiré l'attention depuis les travaux de Schrœder van der Kolk, qui leur a fait jouer un rôle considérable dans l'histoire de répilepsie. M. Heschl, se basant sur l'analyse de seize faits, dont il donne les principaux détails, soutient que ces deux opinions sont également erronées, et qu'il s'agit simplement d'une altération sénile des capillaires, ne donnant lieu à aucun trouble fonctionnel connu, contrairement à ce que nous avons dit page 355.
(3) Dans l'observation d'ataxie locomotrice de MM. Gharcot et Vulpian {Société de biologie, 1862), il existait dans la protubérance des taches grises, irrégulières, au bord desquelles les faisceaux transversaux du pont de Varole étaient interrompus. Ces taches, qui se voyaient aussi sur les pédoncules cérébelleux moyens et le bulbe, semblaient, à l'œil nu, indiquer de la sclérose, mais étaient constituées par une matière amorphe, finement granuleuse, parsemée d'un grand nombre de cellules tri- ou quadripolaires (fîg. 84, 86), contenant des granules et un noyau assez gros, nucléole. Il s'agissait donc de la substance grise normale de la protubérance, mise à nu par une disparition des fibres blanches à ce niveau. Les altérations de la protubérance et du bulbe, dans l'ataxie, paraissent d'ailleurs des lésions de continuité. (Voy. p. 419, chap. VIII, et p. 434, 446, 448.)
(4) « Lorsque le premier malade dont Je vous ai entretenus a succombé à cette paralysie, nous avons examiné avec soin le cerveau, regardé la moeUe, les cordons, les racines avec la plus minutieuse attention, et nous n*avong rien pu trouver. Il en sera probablement de cette maladie comme de l'ataxie locomotrice. U doit y avoir, il y a certainement quelque chose. Il faut que la loupe vienne aider les
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de paralyais agitans (voy. Bulbe) ^ de sclérose en plaques de la moelle épinière (1). (Voyez, pour cette dernière, le paragraphe du Bulbe, p. 437, et le chap. VIII).
yeux, et si la loupe ne suffit pas, il faut en appeler au microscope. — Il est impossible qu'un trouble fonctionnel grave et permanent ne réponde pas à des troubles graves dans la texture. Dans quel endroit saisirons-nous enfin cette trace matérielle si obscure? Nous croyons que ce sera là où prennent naissance les nerfs qui animent les parties altérées dans leurs fonctions; ce sera au pont de Varole que se fera la découverte. Une première fois nous n'avons rien vu; une seconde, il nous sera permis d'entrevoir; une troisième, nous verrons clairement, sûrement, indubitablement. Nous saisirons la première occasion qui se présentera pour examiner avec le plus grand soin tous les cordons nerveux émanant du bulbe, ainsi que les plus petites portions des pyramides antérieures ; nous comparerons la matière nerveuse de ces parties à celle prise sur un sujet sain, et il faudra bien peut-être qu'enfin nous reconnaissions l'altération qui devra constituer un caractère de plus pour l'espèce pathologique que nous étudions. » (Trousseau, Clinique,)
(1) Nous résumerons une des observations fort intéressantes publiées sur cette affection par M. Vulpian {Union méd,, 14 juin 1866). II s'agit^d'une femme de quarante-trois ans (hémiplégie à droite, contracture dans les membres droits). Cerveau normal, ainsi que la substance grise même de la moelle. Sur la face antérieure de la protubérance, à 5 centimètres à gauche du sillon médian, tache superficielle gris cendré, arrondie (5 millim. de diam.), un peu plus foncée que la substance cérébrale périphérique. Même lâche s'enfonçant dans le sillon qui sépare le bulbe de la protubérance (1 cent, de hauteur sur 2 de largeur). Sur le pédoncule cérébelleux moyen, tache molle, grise, mi-transparente, en saillie. — Au bulbe, entre l'olive gauche et le sillon antérieur, cette teinte grise se continue. La pyramide gauche est plus étroite que l'autre. Le moteur externe émerge de ces parties sclérosées (ce qui explique le strabisme interne et la diplopie observés). — A la moelle, l'altération de la pyramide gauche se termine à l'entrecroisement. A droite, une bande grise descend le long du faisceau antéro-latéral jusqu'au renflement brachial, et envahit le cordon postérieur. — Dans la pyramide gauche et dans la partie sclérosée (sur la caractéristique de la sclérose, voyez Bulbe) de la moelle, le tissu morbide est gris, mollasse, gélatineux. Il n'a qu'un millimètre d'épaisseur, sauf a la pyramide gauche, profondément transformée. Fibres nerveuses disparues; substance amorphe, finement granuleuse, avec noyaux allongés; quelques éléments fusiformes et amyloïdes. — Quant aux taches de la protubérance et du pédoncule, elles seraient dues à une atrophie des faisceaux blancs transversaux et superficiels de ces parties, avec mise à nu de la substance grise sous-jacente, comme dans l'observation d'ataxie précitée (page 426, note 3 et p. 436, note 1).
7 f fS-
FiG. 91.
Coupe transversale de la moelle et de ses enveloppes à l'état normal. (D'après L. Hirschfeld et Léveillé.)
1 . Dure-mère. — 2. Son prolongement sur les nerfs spinaux. — 3, 4, 5. Arachnoïde.
— 3. Son feuillet pariétal. — 4. Son feuillet viscéral. — 5. Cavité intra-arachnoidienne. — 6. Tissu cellulaire sous-arachnoïdien et pie-mère.— 7. Cordon postérieur.
— 8. Sillon médian postérieur. — 9. Sillon médian antérieur. — iO. Prolongement de la substance grise qui correspond aux racines postérieures. — li. Cordon antérolatéral. — 12. Racines antérieures. — i3. Racines postérieures. — 14. Coupe du ligament dentelé.
Chaque moitié de la moelle est divisée en deux parties : l'une, comprenant les trois quarts antérieurs , répond aux faisceaux (ou cordons) antéro-latéraux ; le quart postérieur aux faisceaux (ou cordons) postérieurs. Les faisceaux médians postérieurs (ou intermédiaires) de la région cervicale sont deux dépendances des faisceaux
})oslérienrs, qui, des côtés du bec du calamus (p. 414), se portent en bas, côtoient a ligne médiane et se perdent insensiblement vers la région dorsale. — On voit (^ue la substance grise de la moelle (semi- transparente, gris nuancé de rose, moins consistante que la blanche, qui est d'un blanc franc uniforme) a presque la forme d'un U. La réunion des deux jambages est la commisstirc grise. Les deux branches antérieures (courtes et renflées) sont les cornes antérieures. La partie blanche interceptée entre les deux cornes postérieures (longues et atteignant la surface) forme les cordons postérieurs. Le reste constitue les cordons antéro-latéraux. On voit que les racines
{•ostérieures, plus volumineuses, surtout au cou, que les motrices, ont un ganglion pur servant de centre nutritif (Waller place ce centre, pour les antérieures, dans la mo«'lle); elles ne se réunissent aux antérieures qu'au delà de ce ganglion, en dehors du repli formé pai* la dure-uu-re. (Ce ganglion est représenté grossi, fig. 90.)