FIGURES POUR LA MOELLE ÉPINIÈRE
FiG. 92.
Moitié d'une coupe transversale de la moelle {portion cervicale ^ Leydig).
fa. Sillon médian antérieur. — fp. Sillon médian postérieur. — ce. Canal central avec le /I/amen central de l'épendyme. — c . Commissure antérieure avec les fibres nerveuses entrecroisées. — cp. Commissure postérieure. — va. Racines antérieures. — vp. Racines postérieures. — gm. Amas de cellules motrices (fig. 84>) dans les cornes antérieures. — gs. Cellules sensitives (fig. 84) des cornes postérieures. — </»'. Cellules sympatbicnies (fig. 84). — La masse ponctuée en noir représente la section transversale de la siibstance blanche (fibres nerveuses des cordons autérolatéraiix et postérieurs) de la moelle avec ses divisions lobulaires. (12 diamètres.)
Fig. 93.
Coupe transversale de la moelle dans l'atrophie partielle {dégénérescence lobulaire) grise ou gélatineuse,
f. Sillon médian postérieur. — ss. Racines postérieures. — mm. Les antérieures s'insérant dans la substance grise des cornes. — A, Atrophie peu avancée, plus mar-
3uée en 5, visible dans les cordons latéraux, autour du sillon postérieur en /", et ans les cordons latéraux en /. (Grandeiu* naturelle.)
ftSO 8PLAMGHN0T0MIE ET EXAMEN DES ORGANES.
D* Balbe raehldleo. .
Par des raisons topographiques surtout, nous avons^ avec Haller, Boyer, Meckel, pris pour limite supérieure de la moelle le trou occipital et le collet du bulbe , alors que sa limite réelle est le sillon qui sépare le bulbe d*avec la protubérance. Si nous avons placé le renflement supérieur (moelle allongée de Haller) de Taxe rachidien dans le chapitre même de Tisthme de l'encéphale, c'est parce qu'il se rapproche de celui-ci par sa conformation intérieure, ses fonctions spéciales, ses lésions, et qu'on l'examine presque toujours quand Tautopsie cadavérique porte sur les organes contenus dans la boîte crânienne sans être prolongée sur la moelle. Il est, en effet, intimement lié à la protubérance, en haut par sa base, au cervelet en arrière, en bas à la moelle (le collet ou sommet du bulbe est au-dessous de Tentrocroisement des pyramides antérieures, au niveau des condyles de l'occipital). Il n'est libre que par sa face antérieure (ou inférieure)^ sur laquelle on voit \e sillon médian (remplacé parfois par des fibres transversales ou arciformes entourant les pyramides et les olives) (|), En fait, la limite physiologique de la moelle n'est pas déterminée.
(1) De chaque côté de ce sillon, qui se continue avec celui de la moelle (fig. 91, 9, et 92, fa) et se termine au niveau de la protubérance par le trou borgne de Vicq cfAzyr, on décrit neuf points de repère, en allant jusqu'au sillon médian de la face postérieure : 1° pyramide antérieure (p. 305, note 1, et fig. 94, 90, 24), donnant en haut naissance au moteur oculaire externe; 2<* un sillon d'où sort, par dix ou douze racines, le grand hypoglosse ; 3** Votive, audessous de laquelle se voit la tache grise nommée tubercule cendré de Rolando (fig. 94, 4; 80, 23), tandis qu'au-dessus est la fossette sus-olivaire ; 4° un sillon ; 5° le faisceau triangulaire (ou latéral) ou intermédiaire du bulbe, se continuant avec le faisceau iunominé de la protubérance : il est l'origine des racines bulbaires du spinal ; audessus de lui se montre la fossette latérale du bulbe, point d'émergence du facial et de l'auditif; e» le sillon latéral du bulbe, faisant suite au sillon collatéral postérieur de la moelle, et d'où partent le glosso-pharyngien en haut, le pneumogastrique en bas; 7° consécutif au cordon postérieur de la moelle, le corps resti forme (fig. 94, 5), qui se bifurque supérieurement pour constituer, d'une part le pédoncule cérébelleux inférieur, de l'autre pour se porter à la protubérance et au cerveau ; 8° le renflement mamelonné du bulbe ou pyramide postérieure, limitant en haut le plancher du quatrième ventricule ; 9® le sillon médian postérieur, formant supérieurement le calamus (p. 414), inférieurement le sillon postérieur de la moelle (fig. 91, 8 et 92, fp). Chez les enfants, les saillies et dépressions du bulbe sont généralement plus marquées.
BULBE RAGHIDIEN.
On devra quelquefois rechercher si la moelle allongée, ou les nerfs qui en émanent (quatre moteurs, trois sensitifs), sont déviés, aplatis , comprimés par des épanchements sanguins (pouvant notamment provenir des sinus latéraux), par des tumeurs cérébelleuses ou autres, s'ils étaient, dans la gouttière basilaire, baignés par une couche purulente, etc. .
Le? lésions de la superficie bulbaire sont assez rares ; elles portent principalement sur la coloration , la consistance. On
FiG. 94.
Bulbe rachidien et pédoncules du cervelet (d'après Arnold).
1 . Bulbe (face antérieure et collet) embrassé plus haut etlatéralement par le cervelet, et se terminant à la prrjtubérance. — 2. Entrecroisement des pyramides antérieures (continuation des faisceaux latéraux de la moelle) sur la face antérieure du bulbe, andessus du sillon qui se continue en bas avec le sillon médian de la moelle (vovez aussi fig. 80, 25). — 3. Pyramide se prolongeant dans l'épaisseur de la protubérance et se rendant aux pédoncules cérébraux. — 4. Olive séparée de la pyramide correspondante par un sillon d'où partent les racines du grand hypoglosse (ly paire):
. en haut, entre 1 olive et la protubérance, est ime dépression dite foise de remmener olivaire (Vicq d'Azyr) ; au-dessous et en arrière de rolive est le tubercule cendré de Rolando. — 5, Corps restiforme, colonne blanche située sur les faces postérieure et latérale du bulbe, continuant les fibres postérieures de la moelle, circonscrivant avec son similaire l'espace triangulaire dit calamus scriptorius (p. 414), et constituant plus haut les pédoncules cérébelleux inférieurs (le pneumogastriijue et le glosso-pharyngien naissent entre le prolongement supérieur du corps restiforme et le faisceau innominé du bulbe. — 6 et 7. Pédoncules cérébelleux inférieurs (6) et moyens (7). — 8. Pédoncules cérébraux, — 9. Espace ou lame perforée interpédonculaire. — 10. Tubercules mamillaires en avant, desquels serait le tuber cmereuM surmonté de ïinfundibulum (fig. 80, 16). — 11. Bandelette optiçrue contouroont le pédoncule cérébral, et allant avec son opposée former en avant le cniasma.
commencera par examiner la face antérieure : pyramide antérieure (fig. 80, 24, et 94, 3) (1),trou borgne, éminences olivaires (Bg. 80,23, et 94, 4). La face latérale, — comprenant, outre l'olive, le tubercule cendré de Rolando, et les bandelettes blanches transversales, dites arciformes supérieures (avan t-pont ou pontieule, en arrière de la protubérance) et inférieures {fibres arciformes de V olive) ^ le faisceau latéral et le sillon latéral, — est rarement le siège d'altérations périphériques. Quant à la face postérieure, elle a déjà dû être étudiée avec le quatrième ventricule (p. i\ 4), dont elle forme en partie la paroi antérieure, ou avec la face correspondante de la protubérance annulaire, qui la continue sans ligne de démarcation :nous avons effectivement mentionné plus haut le calamus scriptorius (p. 44 4), les corps resliformes (fîg. 94, 5) et leurs prolongements antéro-supérieursou pédoncules cérébelleux inférieurs (fig. 94, 6). Le sillon limité entre le corps restiforme et le faisceau innominé du bulbe (placé sous l'olive) devra souvent appeler plus spécialement l'attention, par cela môme qu'il laisse émerger le pneumogastrique et le glosso-pharyngien (2) . Pour les lésions de ces nerfs, voyez plus loin, Nerfs crâniens,
(1) La partie externe de chaque pyramide antérieure non entrecroisée (p. 305, note 1, et p. 315) fait suite aux faisceaux (ou cordons) antérieurs de la moelle (Arnold, Longet) ; les trois quarts internes, qui s'entrecroissent avec les fibres du côté opposé, sur la ligne médiane, continuent les cordons latéraux (Rosenthal) ; enfin, d'après M. Vulpian, ces pyramides contiendraient encore de la substance grise et des fibres des faisceaux postérieurs. Elles sont douées de motricité comme le faisceau moyen (faisceau latéral ou intermédiaire) du bulbe. Elles se rendent en grande partie aux corps striés : aussi s'atrophient-elles secondairement (atrophie descendante, p. 418) comme les cordons de la moelle, dans les lésions de ces corps (Gruveilhier, Ludwig Tm-ck, Vulpian et Gharcot) .—Quant aux corps restiformes, ils sont, bien que sensibles (Longet, Vulpian), constitués en partie seulement par les cordons postérieurs de la moelle, et l'atrophie de ces derniers dans l'ataxie locomotrice (voy. plus loin) les respecte généralement : ils reçoivent encore des faisceaux nés du bulbe au-dessous des olives (fibres de renforcement ou innominées) et les racines descendantes des trijumeaux. Ils contiennent, comme les olives, des amas de substance grise. — Les petites cellules, pigmentées en jaune, de la substance grise du bulbe, seraient sensitives (Jacuboivitch).
(2) Nous avons dit, et l'on ne saurait trop se rappeler, vu l'importance de ces faits, que le bulbe renferme encore les noyaux d'autres nerfs : oculo-moteur externe, facial (p. 415), auditif (id.), hypoglosse, une portion du spinal, racine sensitive ou descendante (la plus importante) du tryumeau (p. 317, note 1). L'origine réelle ou profonde de
BULBE RAGHIDIEN. i!i33
Le bulbe dépouillé de ses enveloppes sera, pour Texamen intérieur, coupé en tranches minces, transversalement et verticalement. Ainsi, on pratiquera une section au niveau de sa jonction à la protubérance, pour intéresser le plancher du quatrième ventricule ; une autre, 5 millimètres plus bas, au sommet du bec du calamus {page 414), portera sur le faisceau restiforme et l'olive ; une troisième, au-dessus de l'entrecroisement des pyramides, montrera les faisceaux sous-olivaires ; une dernière sera menée au-dessous de cet entrecroisement (1).
L'atrophie descendante (pages 407, 41 6, note 4 , 378, note 2, et page 388, note 4], consécutive aux lésions de l'encéphale, porte souvent sur les olives, ou sur les pyramides comme sur les cordons de la moelle. Ludwig Turck, MM. Charcot et Vulpian ont montré que, dans les lésions étendues des corps optiques et surtout striés, la dégénérescence se propage sur le pédoncule cérébral, la protubérance, la pyramide antérieure du côté correspondant et une partie du faisceau antérieur. Dans l'épilepsie symptomatique (page 41 8), on a signalé en particulier une atrophie avec induration (sclérose) du bulbe, notamment des pyramides, montrant, sous le microscope : atrophie des tubes nerveux, disparition de la substance médullaire , dilatation des capillaires, prolifération de ce qu*on nomme (page 436, note 4) tissu conjonctif, et production de nombreux corpuscules amyloïdes (page 392, note) (2).
CCS paires, bien décrites par Stilling^ existe du même côté que Vappa» rente ou superficielle. Les noyaux d'origine des deux nerfs sont reliés ensemble par des fibres commissurales qui assurent leur synergie fonctionnelle. La pathologie porte à croire à un entrecroisement dont on ne connaît pas le siège -précis.
(1) M. Gruveilhier {Anat.y t. lY, p. 2 Ad) conseille aussi^ à l'exemple de Rolando^ quatre coupes pour l'étude anatomique du bulbe : la première au-dessous de l'entrecroisement des pyramides^ la seconde sur le milieu de cette décussation, la troisième au niveau de la partie moyenne des olives (section triangulaire des pyramides et section festonnée des olives)^ la dernière sous la protubérance. « Un filet d'eau facilite l'intelligence de ces coupes^ en avivant leur couleur. »
(2) Toujours est-il que, chez les épileptiques, il faudra examiner le bulbe et la partie supérieure de la moelle : de là émergent les racines du ganglion cervical supérieur (grand sympathique), celui qui régit la circulation cérébrale; or, on admet l'anémie du cerveau dans l'attaque d'épilepsie^ et l'anémie du bulbe, bien décrite par Kussmaui et Tenner (Moleschott, Unters. zur Naturkhre, 111, 1857), est suivie d'accès épileptiformes. M. Delasiauve (Gaz, des MpiUy 19 cet. 1866)
/»34 SPLANGfiNOTOMIE Et EXAMEN DES ORGANES.
Nous avons déjà rappelé que M.Claude Bernard, — enpiqoant le bulbe en arrière, a ^ale distance des racines des nerfs optique, acoustique et pneumogastrique, — est parvenu à sursaturer le sang de glycose, au point que cet excès du sucre est alors excrété par les urii^es. Le bulbe sera donc examiné, avec le quatrième ventricule, chez les diabétiques, et surtout chez les individus qui sont devenus glycosuriques à la suite de chule sur la tète à la renverse ou de fracture des os crâniens (voyez pneumogastrique et grand sympathique). La mort subite dans ces mêmes conditions (voyez fin du § Rocher), ou quand on nepeut découvrir à la nécropsie aucune lésion susceptible de l'expliquer (page 444), devra également appeler l'attention sur la moelle allongée. Chez les pendus, l'apophyse odontoïde de l'axis peut s'être brisée, d'où lésion du nœud vital : ce même point se montrera comprimé chez les sujets atteints de tumeur blanche cervicale et morts subitement dans un mouvement brusque, en se donnant le coup du lapin.
Nous ne devons pas non plus oublier les sujets atteints d'ataxie locomotrice progressive (Duchenne, de Boulogne), ou asynergie musculaire, ou alaxie musculaire (Jaccoud, 4 865), ou tabès dorsalis de Bomberg (4 854), paralysie spinale progressive de Wunderlich (4 852), paralepsie (Remak) , myélite scléreuse des cordons postérieurs, dégénérescence grise de ces cordons, myélophthisie ataxique de M. Marius Carre (4 865). Cette ataxie loco-
cite à la nécropsie d'un épiieptique : ramoUissement chronique à la troisième période de Durand-Fardel (p. 388), avec foyer dans le corps strie, atrophie secondaire d'une pyramide antérieure. Dans ces cas, dit M. Cb. Bouchard, « l'inspection directe permet souvent de saisir certaines particularités qui peuvent mettre sur la voie de raltération. Ainsi, dans les dégénérations descendantes, suite d'affection ancienne de l'encéphale, il n'est pas rare de trouver le pédoncule du c^té malade plus petit que l'autre ; on remarque alors, après avoir arraché ses enveloppes, que sa couleur est modifiée. Il présente, à sa face inférieure, une traînée d'un gris jaunâtre, dirigée dans le sens de ses fibres, plus ou moins large, située tantôt à la partie interne, tantôt a la partie externe, suivant le siège qu'occupe dans l'hémisphère l'al*^/ ration primitive. Il n'est pas rare non plus que la protubérance présente, du même côté, un aplatissement plus ou moins notable. Le bulbe, dépouillé de ses enveloppes, montre aussi une différence tranchée entre les deux pyramides antérieures : celle du côté malade est, comme le pédoncule, petite et jaunâtre. Celte atrophie rend alors l'olive du même côté plus saillante, et pourrait faire croire à une maladie de cet organe. » {Des dégénérations secondaires de la moelle épimèrey p. 19.)
BULBE RAGfllDIEN. ^35
motrice d^origine médullaire « est, dit M. Topinard (1), un désordre de la fonction qui préside à la progression, à Téquilibralion et autres actes de musculation volontaire (^), désordre non causé par la paralysie, Tatrophie musculaire, une déforma-^ tion du squelette, et différent du tremblement, de la chorée et des convulsions générales ou partielles ». Cet ensemble symptomatologique, dont la marche est rémittente, bionique lentement progressive, pendant un à vingt ans, offre pour lésion anatomique constante une dégénérescence spéciale aux cordons postérieurs (légende de la fig. 94), surtout dans leur diamètre antéro-postérieur, remontant sons forme de deux bandes grises, du bulbe inférieur (renflement sacro-lombaire) jusqu'au bec du calamus (page 414) et à la moitié inférieure du quatrième ventricule, parfois au delà, à la protubérance (pages 419 et 426). La plus constante de ces bandes de la sclérose rubanée (3) longe les faisceaux intermédiaires (légende de la 6g. 91), l'autre suit la ligue d'implantation des racines postérieures. Ces racines ellesmêmes sont grises jusqu'aux ganglions, au moins à l'œil nu, car au microscope les filets nerveux se montrent altérés jusque dans les membres (sciatique , crural , plexus brachial, grand sympathique); elles sont ramollies, atrophiées, réduites au quart du volume des antérieures^ c'est-à-dire au huitième de leur diamètre normal. Bien que le bulbe ne soit guère atteint par rapport à la moelle rachidienne, on peut .observer souvent la môme transformation des pyramides antérieures, des olives, des corps restiformes (obs. 118 de Topinard ), ainsi que des racines nerveuses ( hypoglosse , glossô-pharyngien , pneumogastrique ) (p. 446 et 448). La coloration de toutes ces parties est grise,
(1) De Vataxie locomotrice^ 1864. — Voyez aussi Todd, 1847; Ducheune, Arch, de méd,y 1858; Leyden, Dégénérescence des cordons postérieurs, 1863; Charcot et Vulpian, Atrophie des cordons postérieurs, etc. Consultez enfin la note 3 de nos pages 419 et 426.
(2) L'ataxie locomotrice n*est qu'un symptôme de lésions diverses ; seule, l'ataxie locomotrice de nature médullaire ou progressive parait une entité morbide définie. Dans l'ataxie locomotrice cérébelleuse, il existe aussi des désordres de la fonction de locomotion, mais sans troubles musculaires simultanés^ comme dans l'ataiie progressive ; il y a mouvements insolites^ titubation vertigineuse, trouble du sens d'équilibration (p. 308), mais non titubation asynergique, défaut de coordination des mouvements des membres (voyez l'ouvrage de Topinard, loc. cit., Diagnostic, p. 383, et Duchenne, Gaz. hebdom., 29 juiUet 1864).
(3) Bouchard^ Journal dp médecine de £^on, nov. 1864.
demi-transparente, vitreuse, nuancée çà et là de jaune ambré ; la consistance est gélatineuse. Au microscope (p. 437], les tubes nerveux (fig. 95) sont atrophiés, présentent une série de dilatations et d*élranglements ; ils sont granuleux, vides, privés de leur cylinder axis, La coupe montre une foule de petits points disséminés sur un fond clair formé par la substance intermédiaire, dite généralement conjonctive (4 ), qui est hypertrophiée
(1) Aussi dit-on sclérose spinale postérieure. Dans presque toutes les observations de ce genre^ on lit « la substance nerreuse est infiltrée par une matière amorphe parsemée de noyaux de tissu conjonctif » (Gharcot, Gaz. des hôpit., 25 février 1865). « Il y a, dit-ou, dégénérescence granuleuse d'abord, puis atrophie des éléments nerveux, enfin hyperplasie delà substance conjonctive. » — 11 existe là, ce nous semble, une double erreur. Premièrement, par amour du néologisme actuel, on mésuse du mot sclérose^ qui devrait se réserver à rinfiltration de la substance nerveuse par une matière fibroîde, grisâtre (tissu laraineux à l'état embryonnaire), avec vraies fibres lamineuses, d'ailleurs dense, tenace : d'où l'induration du tissu réellement sclérosé, comme chez certains syphilitiques et épileptiques (p. 387, 391, Al 8), est bien distincte de l'état gélatineux de toutes ces diverses scléroses dont nous parlons d'après les auteurs à propos de bulbe et de la moelle. En second lieu, M. Robin a suffisamment montré que, dans la substance blanche de la moelle et de l'encéphale, la matière séparant les faisceaux de tubes nerveux, formant de minces cloisons entre ces faisceaux, n'est pas du tissu lamineux (ou coigonctif). Grisâtre, molle, finement grenue, semblable à celle qui, dan& la substance grise, s'interpose aux cellules multipolaires, elle n'est pas, comme l'élément connectif, gonflée ni rendue hyaline par l'action des acides acétique ou azotique froid, de l'acide tartrique chaud ; elle ne se dissout pas dans les alcalis concentrés et froids. A aucune époque de son évolution, elle ne passe par l'état de corps fîbro-plastiques ou étoiles, comme le tissu lamineux jeune ', enfin elle n'est jamais fibrillaire comme ce tissu complètement développé (/owr/ia/ (Tanat. de Robin, nov. 1866). En étudiant l'évolution du système nerveux central, on voit dans cette matière amorphe, nommée fort a tort conjonctive^ apparaître des cellules nerveuses, des cylinder axis, des myélocytes ; elle s'atrophie normalement à mesure que se multiplient ces cléments figurés : mais que ceux-ci s'atrophient à leur tour, comme dans toutes les prétendues scléroses médullaires, elle viendra reprendre leur place, et l'on conclura à son hypertrophie, hyperplasie, etc.
La névroglie, dont nous avons parlé page 390, note 1, p. 387 et note 1, n'est encore que ce tissu amorphe se continuant avec le tissu réellement lamineux, à épithélium polyédrique, de la membrane des ventricules. — M. Ordonez {Joum, de Vanat.y 1866, n® 5) divise l'évolution du tissu conjonctif vrai en six phases : blastème primordial, noyaux embryoplastiques, allongement de ces noyaux, leur mul-
BULBE RAGHIDIBN. 437
avec noyaux libres, à nacléoles. Les capillaires ont leur paroi granuleuse , hypertrophiée , en dégénérescence athéromature (Ordonez) ; le long d'eux se voient des corpuscules amyloïdes (p. 214, note 4 ), — colorables en bleu par Tiode, en bleu foncé par riode*et l'acide sulfurique, — des granules graisseux, des corpuscules de Gluge (p. 390) et des royélocytes (p. 388, note 2). Mais les cordons antéro-latéraux (légende de la fig. 91) restent opaques au microscope, car ils sont sains, ainsi que les racines antérieures, la substance grise» le cervelet.
La sclérose des cordons latéraux (4 ), ou sclérose en plaques de la moelle (2), attaque souvent le bulbe. Il faut alors pratiquer un certain nombre de tronçons, les laisser quelques jours dans Tacide chromique, qui colore les parties saines en gris verdâtre, les sclérosées en jaune ; faire ensuite des coupes extrêmement fines, et passer sur les préparations un pinceau imbibé de solution de carmin ou de fuchsine, ce qui colore plus vivement les parties altérées. Au microscope, il y a atrophie, les fibres nerveuses (6g. 95) ont disparu ; on voit des corpuscules amyloîdes, des vaisseaux en granulations graisseuses (fig. 77); seule la substance intermédiaire, dite conjonctive (p. 48), est hypertrophiée. En prenant de ces parties altérées et les traitant, après dilacération à l'aiguille, par la soude caustique (3), on trouve un certain
tiplication par scission ou interposition, formation des corps fusiformes fibro-plastiques^ atrophie du noyau et développement des appendices fusiformes, fibrilles de tissu conjonctif et fibreux. A aucune de ces phases n'appartient la substance amorphe précitée.
(1) Tùrck, Acad, des se. de Vienne, 1856.
(2) Charcot, Union méd., 11 mars 1865; Vulpian, Union méd,, 1866, p. 541 et 571. « Les membres sont envahis peu à peu par de la faiblesse faisant place progressivement à une contracture permanente, considérable, des quatre membres, avec accès de roideur spasmodique, sans symptômes de lésions de l'encéphale, avec conservation de la sensibilité. » — Voyez notre page 427.
(3) La potasse et la sonde conservent au contenu des tubes sa fluidité, mais ne permettent pas de bien voir le cylinder axis et la quantité de myéline du tube (p. 445, et fig. 95). Pflûger a conseillé le collodion pour reudre manifeste le cylindre-axe. M. Sdj^^e^ {Gazette des hôpitaux, 20 janv. 1863) propose de coaguler la myéline pour en mieux apprécier la quantité ; il fait bouillir le segment attaqué dans un mélange de 4 d'eau et 1 d'acide azotique :. après quelques instants, on le retire, il est devenu jaune ; la trame dite de tissu conjonctif (p. 436) est détruite, il est vrai, mais la myéline est coagulée. Un tronçon mis sur le porte-objet (grossissement de 100 à 300) est traité par quelques gouttes d'acide acétique ou d'alcool pour dissocier les tubes nerveux.
638 SPLÀMGHNOTOIIIE ET fiX AMÏN DES ORGAlïfiS.
nombre de tubes sains, non encore granuleux. A la moeHe, ce sont les cordons latéraux, droit et gauche (légende de la fîg. 94] et les racines antérieures qui sont atrophiés, du bulbe au renflement lombaire : témoin le cas de la femme hyst^que de M. Gharcot. Les cordons antérieurs et postérieurs sont respectés.
Dans la paralysie essentielle de Tenfance, ce sont au contraire les cordons antérieurs qui deviennent gris, avec prolifération de la matière intermédiaire» dite conjonctive (4 ). Les cordons antérieurs sont aussi frappés dans Tatrophie musculaire progressive. Ici, outre Tenyahissement graisseux des muscles (myélomalacie ou malacie musculaire par dégénérescence nécrobiotique, comme dit Virchow), il y a dégénérescence grise non-^seulemenl des cordons antérieurs, mais aussi (cas de Ludwig Meyer) du bulbe et môme (2) du grand sympathique cervical (voyez plus loin). L'affection est- elle primitivement nerveuse? C'est Topinion de M. Duménil et la nôtre, bien que Friedberg (4 858), avecWachsmuth et William Kobcrts(3), rejette Tinfluence de Tallération des racines spinales sur Talrophie des muscles, suite de ce qu'il nomme une inflammation parenchymatense, et localise ainsi le mal dans le système musculaire.
Il faudrait aussi examiner le bulbe chez les sujets atteints d'une affection bien proche de la dernière, la paralysie glossolabio-pharyngienne (page 427) : ils ont présenté quelquefois la sclérose du bulbe (4).
M. Serres a, de longue date, parlé des lésions du bulbe dans le choléra (5). Peul-ôtre dans l'empoisonnement par la digitale
(1) Laborde^ Paralysie essentielle de l'enfance, — Duchenne fils. Paralysie atrophique graisseuse progressive (thèse^ 1864).
(2) Jaccoud, Union rnéd.y 10 janv. 1864 ; et Duménil, Union méd, de la Seine-Inférieure, 1866.
(3) Paralysie atrophique, Will. Roberts, 1858.
(4) La paralysie glosso-laryngée (Duchenne, Archiv. de méd., 1860) paraît actuellement sous la dépendance de l'atrophie des ner£s crâniens (Duménil, Gaz. hebdom», 1861, p. 38^ et Union méd» de Rouen, 15 octobre 1866 ; Trousseau, Union méd., 1863).
(5) Le choléra peut être considéré comme une sidération du système nerveux organique (plexus de l'abdomen^ de la poitrine) et de relation. Cette perturbation est susceptible^ avec ou sans les pustules psorentériques du tube digestif, d'expliquer les cas foudroyants et les perversions fonctionnelles accompagnant ordinairement le diluvium fécal des cholériques, selon l'expression de M. Cloqnei (Âcad. des se, 23 octobre 1865). Ce sont surtout les phénomènes ataxtques de la période de réaction qui appelleront l'attention sur l'axe cérébro-
BtLBE RACHIDÏEN. 439
pourra-l'On examiner le bulbe et le pneumogastrique. Il en serait de même dans l'angine de poitrine, l'asthme (parfois compression du bulbe), la coqueluche, car du bulbe partent les nerfs cardiaques et respiratoires : nous reparlerons de ces cas à propos du pneumogastrique. On aurait également à porter son attention sur le bulbe et la protubérance, Chez les sujets atteints de paralysis agitans (shaking palsy de Parkinson, 4 847 ; Romberg ; Charcot et Vulpian, 4 861), c'est-à-dire de tremblement dans un membre avec affaiblissement de la force musculaire. Trois nécropsies ont montré, dans cette affection encore peu connue, des lésions
spinal. (( Dès 1832/ je signalais chez les sujets morts pendant la réaction un pointillé rouge extrêmement prononcé de la plus grande partie des centres nerveux. En 1849 et 1854, de nouvelles autopsies me révélèrent dans la même période un afflux considérable de sang dans tout le système veineux qui entoure Taxe cérébro-spinal. Les sinus du corps des vertèbres sont également gorgés de sang. Il y a, en quelque sorte, apoplexie méningée du cerveau et de la moelle, mais celle-ci est surtout manifeste dans les environs du centre respiratoire. Cette altération du bulbe a-t-elle quelque relation, par Tintermédiaire de la fonction respiratoire, avec la fluidité du sang, son défaut de plasticité, ainsi qu'avec la vacuité des artères observées dans le choléra ? Il y a là un champ de recherches encore inexploré, et qui promet peut-être une riche- moisson pour la physiologie et pour la médecine, c'est-à-dire pour l'humanité! » (Serres, Acixd, des se, y 30 octobre 1865.) Dans le choléra, il y a « constamment injection violacée de la pie-mère, et, à la surface des coupes, un piqueté trèsfoncé. » (Parrot, Gaz. liebdom., 8 décembre 1865.) — D'autre part, M. de Vauréal {France méd,, sept. 1866), — après.avoir constaté chez les cholériques l'engorgement noir des poumons, du foie, des reins, des sinus, les ecchymoses de la pie-m^re, la teinte rouge des • ganglions nerveux, la lividité des muscles devenus friables, la rougeur du liquide intestinal et céphalo-rachidien, la plénitude de l'oreiUette et du ventricule à droite, la presque vacuité des artères, etc., en un mot les désordres de l'asphyxie accompagnés d'une lésion spéciale du sang et de la psorenterie, — invoque avant tout, comme M. Marey (voyez notre § Grand sympathique, physiologie), la congestion du grand sympathique, expliquant l'hypercrinie du tube digestif, la sueur avec algidité. — D'autres enfin mettent au premier rang l'engorgement de la rate, d'où septicémie et empoisonnement miasmatique du sang (Barbier, Acad. deméd,, 18 septembre 1866). — Y. Addenda des p. 90, 108, 83. M. Potain {Soc, méd, des hôpit., 11 septembre 1866) a présenté le cerveau d'une cholérique ayant présenté des contractures intermittentes des extrémités, et dont le bulbe ofiTrait un fort ramollissement des seules pyramides antérieures ; le quatrième ventricule était sillonné d'arborisations, ainsi que la pie-mère.
liUO SPLAINCHNOTOMIB £T EXAMEN DES ORGANES.
(induration) du bulbe, du pont de Varole, de la partie supérieure de la moelle. — Nous en dirons autant de la chorea festinans de Sauvages, dans laquelle le malade obéit à une irrésistible obligation de se porter en avant et de courir {chorea procursiva de Bernt, sclerotyrbe festtnans) (4 ]«
Nous avons dit ailleurs (pages 34 6 et 298) le rôle attribué par Schrœder van der Kolk à la moelle allongée comme centre coordinateur des mouvements nécessaires à la parole et à la déglutition. Enfin, il existe quelques exemples de cysticèrques du bulbe.
E. MERFS CBAMIEllS JET GRAliD «SYMPATHIQUE.
Les recherches nécroscopiques sur les nerfs crâniens, soit à l'amphithéâtre, soit après macération dans i eau aiguisée d'acide azotique ou chromique, devraient être plus multipliées qu'elles ne le sont dans nos hôpitaux. Il est vrai que ces préparations sur le cadavre même exigent un soin et un temps dont on ne peut toujours disposer, qij'il s'agisse de disséquer le sinus caverneux ou qu'il faille suivre les nerfs jusque dans leurs pertuis osseux, soit à l'aide du marteau et de la gouge, soit en sculptant i os avec le ciseau (2). Mais il y aurait certainement de ce côté bien des faits nouveaux à relever.
En enlevant l'encéphale/ on aura dû couper successivement les douze paires crâniennes (nous adoptons la classification de Sœmmering). Pour les étudier, il faut avoir conservé intacte la dure-mère de la base du crâne que perforent tous ces troncs, et souvent aussi une partie des autres méninges (les bandelettes optiques et le chiasma sont entourés par la seule pie-mère : Virchow rapporte (3) le cas d'un homme dont l'arachnoïde basi-
(1) il y a souvent ici tremblement des membres, comme si les deux affections n'en faisaient qu'une, et M. Topinard (Gaz. des hôpit,, 20 février 1866) a signalé en outre des illusions optiques, de la glycosurie, des douleurs à la nuque, l'intégrité de la force musculaire, de l'intelligence et des fonctions recto-vésicales de nutrition, de sensibilité. Il faudrait peut-être distinguer de ces deux affections la chorée (ou tremblement) sentie : tremblement, diminution des forces, conservation de l'intelligence, accès paroxystiques ; quand l'affection se généralise, les muscles du cou se prennent, la tête devient branlante, l'intelligence s'altère.
(2) Les mêmes soins sont d'ailleurs indispensables lorsqu'il faut suivre certaines artères crâniennes. Quant à la méningée moyenne (sphéno-épineuse), elle sera étudiée sous la dure-mère, dans l'épaisseur de laquelle elle est contenue.
(3) Die Krankhaften Geschwûlste, 1853, p. 121.
NERFS CRANIENS. UUi
lairé présentait des tumeurs mélanotiques (4) entourant le nerf optique, le ganglion de Gasser et plusieurs autres nerfs encépbalorachidiens). Enfin, il est nécessaire de se rappeler que les trous de cette base, sur lesquels il est toujours bon de jeter un coup d'œil, sont tout autrement répartis dans ce cas que sur une tête de squelette privée de sa méninge externe. Il n'est, par exemple, pas possible d'arriver au ganglion de Gasser (ou du trijumeau) sans fendre la dure-mère, car elle recouvre la dépression que tous les traités d'anatomie signalent sur la face antérieure du rocher.
Le microscope deviendra, dans ces études délicates, d'un secours indispensable. Nous parlerons donc un peu de la physiologie» de l'histologie et (p. 444) des préparations des nerfs, renvoyant aussi, pour ce dernier sujet, à VAnatomie de M. Sappey (l. II, p. 39), parce qu'elle est entre toutes les mains.
Nous croyons à peine utile de rappeler le rôle des nerfs crâniens moteurs. .Parmi ceux de l'œil, le pathétique (4® paire) anime le grand oblique, et sa paralysie donne le strabisme interne ; l'oculo -moteur (6® paire) fournit au droit externe ; le commun (3® paire) se distribue à tous les autres muscles de l'orbite. Quant au spinal (tl® paire), il va au pharynx, par le récurrent aux muscles du larynx (si bien que sa section abolit la voix), enfin au sterno-mastoïdien et au trapèze ; le grand hypoglosse (12® paire) donne le mouvement aux muscles de la langue et de la région sous -hyoïdienne. Reste le facial (7® paire), dont dépendent tous les peauciers situés au-dessus de la clavicule et les muscles qui protègent les organes des sens ; il est sensible par le nerf de Wrisberg. — Pour ce qui est des nerfs de sensibilité générale, le trijumeau (5* paire) régit la sensibilité de la peau faciale et le mouvement des muscles masticateurs ; du glossopharyngien (9° paire) relève la sensibilité du tiers postérieur de la muqueuse linguale; quant au pneumogastrique (10® paire), nous en parlerons plus loin à part. Ces nerfs ont sur leur trajet mi ganglion : ainsi le ganglion de Gasser sur le trajet des racines sensitives ou
(1) Sous ce nom de mélanome les Allemands confondent toutes les tumeurs à granulations colorées, sans s'occuper si ces granules diffèrent du pigment cutané et choroïdien par leur composition immédiate, leur mode de production, leur rôle physiologique. Les granulations rouillées qu'on trouve chez les sujets âgés, dans les grosses cellules ganglionnaires et dans les cellules nerveuses en général Cp. 357, note 1), sont insolubles dans les alcalis et les acides concentrés, colorables en bleu par l'acide sulfurique, décolorables par l'acide nitrique, solubles dans Téther, l'alcool absolu, le chloroforme ; elles paraissent être une graisse non saponiûable, rouge (R. Buchholz).
grosses de la 5* paire. — Restent enfin les trois nerfs de sensibilité générale : olfactif (!'• paire), optique (2« paire), auditif (8« paire).
Chaque nerf est formé d'une enveloppe extérieure, le névrilème, se continuant avec la pie-mère, en tissu lamineux, c'est-à-dire susceptible de faire gelée avec l'acide acétique, — plus de faisceaux de tubes. Tout faisceau est entouré d'un périnèvre, qui n'est pas plus (Robin) de nature lamineuse que le myolemme des fibres muscidûres, contrairement à l'assertion de Virchow (1) et de la miyorité des auteurs (2). Ce périnèvre manque autour des tubes (ou fibres) du du névraxe et des trois nerfs de sensibilité spéciale. Ces derniers d'ailleurs ont un névrilème, envoyant, comme pour les autres nerfs.
FiG. 95.
A. a. Fibres à bords foncés, larges, ou de la vie animale. — 6. Les mêmes, devenues variqueuses par résorption de leur myéline. — B. Fibres à bords p&les, ou de Remak (voyez Grand sympathique) j ù enveloppe homogène, nucléaire et à masse intérieure finement granuleuse. — C. Defré d'évolution intermédiaire entre ces deux genres de fibres (3).
des prolongements coujonctifs dans sa cavité ; mais celui de l'olfactif est très-peu dense, d'où la faible consistance de ce nerf rappelant celle de l'auditif et de la pulpe encéphalique : la gaîne de l'optique est trèsépaisse, au contraire, ainsi que les cloisons le divisant en lobules;
(1) Pathologie cellulaire, p. 234. Voyez page 436, note sur la nature non conjonctive de lanévroglie, d'après M. Robin.
(2) C'est une substance homogène, à noyaux allongés et finement granuleux, se gonflant et devenant plus claire avec les acides acétique et sulfurique, se plissant et paraissant plus ferme avec l'acide nitrique.
(3) D'après Leydig, Traité d'histologie, comme les fig. 90 et 92.
STRUCTURE D£S I4ERFS GRANIEISS. Uk^
elle est même doublée d'ui^e tunique, externe^ prolongement de la dure-mère qui, topographiquement au moins, se continue avec la sclérotique. Enfin, chaque tube nerveux large ou à double contour ou des nerfs de la vie animale, se compose (fig. 95, A) : 1<> d'une enveloppe externe, finement plissée, à tort dite lamineuse et parfois nommée gaine de Schwann, bien qu'elle ait été indiquée avant cet auteur ; 2° de myéline ou substance médullaire, ou substance de Schwann, graisseuse, s'échappant en ruban quand on coupe ou déchire le nerf, se striant dans l'eau en absorbant ce liquide, visqueuse, opaque et réfléchissant fortement la lumière ; d'où le double contour du nerf dessiné par les faces externe et interne de la myéline, et son aspect blanchâtre, devenant (p. 427 et A 36) gris et transparent, gélatineux, quand, par atrophie, diminue ou disparût son contenu amorphe; 3<* d'un filament central ou cylinder axis, noyé dans la myéline, non réfringent, albuminoïde, continu.
Les fibres du nerf olfactif sont pâles et finement granuleuses ; elles perdent souvent de la myéline à leur terminaison périphérique, pour se rapprocher des fibres de Remak (fig. 95, G). Elles naissent, comme celles des deux autres nerfs sans périnèvre, l'optique et l'auditif, de petites cellules à fines granulations. Quant aux autres nerfs crâniens, issus de grosses et petites cellules, ils ont chacun de leurs fascicules (ou faisceaux primitifs de fibres) isntourés, comme pour les autres nerfs de la vie animale, par un périnèvre qui commence à l'origine apparente et cesse au niveau des ganglions (1). Ces ganglions, annexés uniquement aux nerfs de sensibilité générale et leur servant de centre nutritif (les nerfs cardiaques sont les seuls moteurs en présen • tant sur leur trajet), sont caractérisés par la présence de cellules nerveuses (fig.84,85et 90) servant de modificateur à l'influx nerveux, cellules dont l'enveloppe se relie à ceUe du tube et où se perd le qflinder axis de celui-ci pour reparaître à l'autre extrémité (dans les cellules bipolaires, fig. 84, G, et 90, A). La gaîne générale se continue avec le névrilème et envoie des prolongements intérieurs.
On étudiera les nerfs, soit sur le frais, soit après macération de plusieurs jours dans l'acide chromique ou le perchlorure de fer dilués, en portant au microscope des coupes longitudinales et trans-
(1) Les nerfs, purs conducteurs, ne présentent aucune différence histologique importante, qu'ils soient moteurs ou sensitifs ; ii« ak ai également influencés par les excitants et les poisons; mêmes phénomènes électro-moteurs, mêmes lois de la dégénération et de la régé- 'nération; l'excitation des uns peut se transmettre librement aux autres. Leur neurilité (Leeves; Vulpian, Cours, 1864), ou modification spéciale subie par l'excitation, reste distincte de leur motricité ou de leur sensitivité ; elle n'est liée qu'à l'intégrité de leur structure et de leur nutrition, indépendante -de l'axe cérébro-spinal. Les nerfs ne diffèrent donc que par leur fonction, et ces différences sont dues à leurs diverses connexions centrales ou périphériques.
UiiU^ SPLANGHNOTOMIE ET EXAMEN DES ORGANES.
versales faites avec un discotome (fig. 96-99)^ ou mieux encore avec
FiG. 96.
Discotome de Lebert. ou couteau à double tranchant de Valentin (note i de la p. 229). Les deux lames s ouvrent parallèlement et peuvent, par la vis A, être écartées ou rapprochées graduellement. Manche d'ivoire uni.
une sorte de rasoir nommé tranchoir (ûg, 100), ou enfin avec un microtome quelconque (pour ces soins, voyez § du Grand sympa-
FiG. 97 et 98.
Discotome dont les deux tiges sont assemblées à tenon, en C, et peuvent affecter un écartement grjuiué à volonté, grâce aux vis de pression A et B.
thique). Les matières colorantes employées pour faciliter l'étude sont :
FiG. 99.
Discotome de MM. Robert et Colin. Entre les deux lames existent deux disques mobiles ou écrous A, A, ayant pour but d'écarter les lames et efisuite de les fixer à 1 écartement voulu. En dehors de la lame mobile, il y a des boutons, si bien que cette lame est fixée entre l'écrou interne et le bouton externe. L'avantage de cet instrument est l'immobilisation de la lame aux deux bouts, d'où perfection de la coupe, qui ne saurait présenter de biseau. Une fois l'écartement des lames obtenu, on peut faire un nombre de coupes illimité. L'écartement summum est un centimètre ; le maximum de rapprochement est le contact immédiat.
PRÉPARATION DES NERFS CRANIENS. Ub5
l'acide chromique^ qui colore en jaune les matières albuminoïdes^ et isole, comme le sublimé corrosif, le cylindre-axe d'avec la myéline; la solution d'iode dans l'eau contenant de Tiodure de potassium; le soluté ammoniacal de carmin (p. àliB), qui fait ressortir le cylinder axis et ne colore pas la myéline, matière qui prend par contre l'aspect amorphe et grenu dans les pièces préparées au baume de Canada (Mauthner, de Vienne, prétend que la cochenille colore différemment le noyau des cellules motrices et des sensitives); la fuchsine dissoute dans la glycérine et teignant en lie de vin le cylindre-axe (p. 437) ; la préparation alcoolique d'aniline, qui fait virer au bleu.
Quant aux agents chimiqties employés pour aider la dilacération à Faillie, ce sont les acides sulfurique concentré, azotique, acétique, les alcalis, le sublimé et l'alcool. Par le premier, les tubes et les
FiG. 10(f.
Tranchoir de Strauss, avec manche d'ébène.
cellules se gonflent ; celles-ci deviennent transparentes, leurs noyaux disparaissent; ceux-là se montrent variqueux (fig. 95, b ), plus volumineux et se colorent en jaune, puis en brun. L'acide nitrique, déjà mentionné page d37, note 3, rétracte la paroi des globules et des tubes, en chasse la myéline, sans attaquer le cylindre-axe. L'acide acétique gonfle les éléments lamineux, les transforme en gelée. La potasse et la soude gonflent et pâlissent les éléments ganglionnaires ; le sublimé et l'alcool durcissent l'enveloppe des éléments nerveux et rétractent le contenu.
On a signalé, dans les ganglions des nerfs crâniens affectés à la sensibilité générale (ganglion de Gasser, etc.), des corps amyloïdes, des productions cancéreuses, etc. ; mais ces lésions sont peu connues encore.
Pour ce qui est des nerfs eux-mêmes, ils peuvent être tous ou à peu près simultanément affectés. Témoin Tobservation précitée de Virchow et celle de M. Nélaton [\). Dans cette abolition graduelle de la coordination des mouvements accompagnée de divers troubles de la sensibilité et de l'intelligence,
(1) Bulletins de la Société anatomique, 1833. Il s'agit d'un homme ayant perdu progressivement tous les sens : à la nécropsie, on constate des petites tumeurs de 2 à 3 millimètres de diamètre à l'origine de la plupart des nerfs encéphaliques.
kUà SPLANCraiOTOMIE £T EXAMEN DBS ORGANES.
que nous esquisskms plus haut (p. 435) sous le nom d'ataxie locomotrice progressive, presque tous les nerfs crâniens sont attaqués, œdématiés, fragiles, atrophiés, gris (pages 443 et 448), bien que la lésion porte plus fatalement sur Toptique, puisque Tamaurose est ici permanente, alors que le strabisme, la diplopie, la* paralysie de la paupière supérieure, l'embarras de la parole peuvent se montrer temporairement. On a noté chez les alaxiques la dégénérescence grise du grand hypoglosse (obs. 200 de Topinard, loc. cit.), des moteurs oculabes eiiterne et commun, du pathétique (obs. 490). Le microscope a montré Tolfactif, sain à Tœil nu, criblé de corps amyloldes (obs. 300). Il serait bon, pour ce nerf, de regarder les extrémités périphériques, alors qu'on se contente généralement d*examiner le bout central : en effet, ces lésions, qui se développent sur place dans le nerf, laissent longtemps intacte l'insertion médullaire. Le facial, Tauditif, le trijumeau, le glosso- pharyngien, le spinal, présentent sans doute aussi des altératipns, puisqu'ils offrent des troubles fonctionnels sur le vivant.
Les nerfs qui naissent, soit de la base du cerveau, soit du bulbe, peuvent être rompus traumatiquement, plus ou moins altérés dès leur origine, atrophiés (atrophie des principaux nerfs de la base crânienne dans la paralysie générale progressive, Tataxie locomotrice progressive, etc., et p. 357, note 2), réduits à leur névrilème, atteints d'inflammation de cette enveloppe (névrite rhumatismale), ramollis surtout à leur émergence, comprimés vers leur point de départ par des exostoses ou des tumeurs (4 ), siège eux-mêmes de tumeurs ou névromes analogues à ceux des nerfs rachidiens (2), absents congénitalement, etc. Ainsi, Schneider, Haller, Valentin , Rosen-Miiller, Cerreli, Pressât, ont constaté, sur des individus privés d'odorat depuis leur enfance, l'absence congénitale de la première paire (3) : la
(1) Les nerfs peuvent au reste traverser intacts des parties enflammées ou dégénérées, à cause de la résistance et du peu de vitalité de leur névrilème.
(2) Voyez Journ. (Tanat. de M. Robin, mars 1864, mémoire de M. Gornilsur les névromes encéphaloïdes ou tumeurs épithéliales des nerfs : productions d'alvéoles cancéreux visibles à l'œil avec leurs papilles vasculaires {q/lindroma), aux dépens du névrilème et du périnèvre. Sur les névromes en générai^ voyez Ànat, pathol. gén. de Gruveilhier^ t. Ill^ p. 753^ sq. : ce sont le plus souvent des tumeurs fibreuses ou fibro-plastiques dissociant et comprimant les filets nerveux.
(3) Il y a alors anosmie congénitale. On a vu de même le nerf auditif
NSRF FACIAL. Ukl
destruction ou la conoprewion de ces nerfs expliqueraient rabolition de ladile faculté : ainsi robserve-tnon assez souvent dans les amauroses cérébrales (p. 449). De même, les oculo-moteurs présenteront parfois leurs tubes parsemés de granulations grisâtres ou n'offrant plus leur double contour normal, les muscles qu'ils animent auront perdu leur coloration rouge. Nous allons prendre, comme principal exemple, le facial, Toptique, le pneumogastrique ou vague, par cela seul qu'ils ont été l'objet d'observations intéressantes. Quant au grand sympathique, nous en renvoyons Félude à la fin de ce paragraphe VU, comme appendice.
Facial. — Les lésions de la septième paire sont importantes à constater dans beaucoup de cas de paralysie faciale, rapportés tous indistinctement à une altération matérielle de la pulpe encéphalique avant la découverte des fonctions du facial par Ch. Bell. Elles siègent principalement, soit sur le trajet du nerf dans le bulbe (4 ) ou dans Taqueduc de Fallope, soit à sa sortie par le trou stylo-mastoïdien (voyez § du Rocher).
Une tumeur de nature dite tuberculeuse ou autre, développée dans le cerveau, est également susceptible (2) de comprimer le nerf à son origine, avant son entrée dans Taqueduc, et d'entraîner ainsi une hémiplégie faciale (voyez aussi § du Rocher),
Nebf optique. — De tous les nerfs crâniens, c'est la seconde
manquer chez les sourds-muets de naissance (Nuhn^ Dissertatio de vitiis quœ surdo-muti subesse soient, Heidelberg, 1841). — Les anomalies des nerfs se lient presque toujours à des malformations congénitales. Ainsi le cas de MM. Robin et Davaine {Soc, de bioL, 1849) : monstre rhinocéphale^ deux yeux dans une seule orbite, un seul nerf optique^ un lobe cérébral unique au lieu de deux hémisphères^ pas de mâchoire inférieure ni de langue.
(1) Le facial tire son origine apparente de la partie la plus externe de la fossette sus-olivaire (p.432, note 2)^ en dedans du nerf acoustique. Pour trouver le facial dans l'aqueduc^ il faut fendre le rocher avec la gouge (fig. 30-33) et le marteau (fig. 34); un moyen plus commode, mais plus long^ consiste à faire macérer Tos dans l'acide azotique étendu. Toutes ces préparations sont fort difficiles et délicates : la mise à nu de la corde du tympau demande une macération de plusieurs mois, qu'on abrégerait d'ailleurs en introduisant un tube dans la carotide interne et en faisant tomber d'une certaine hauteur de l'acide
. azotique dilué.
(2) Voyez notamment H. Roger^ Gazette des hôpitaux, 7 mai 1863.
paire qui est le plus constamment lésée dans Tataxie locomotrice progressive (40 cas sur 4 2, d'après Topinard, p. 326), et, dès la première période, on note déjà l'amblyopie, qui deviendra bientôt amaurose. Le travail morbide décrit page 435, et dont les trois phases sont ici encore, déformation, dissociation, transformation grise (régression), commence même souvent par ce nerf avant de se déclarer dans les cordons postérieurs, puis dans les racines postérieures. Lenerf estvascularisé, ramolli, atrophié, transformé en cordon fibreux. A la coupe, il se montre gris, semitransparent, surtout à la périphérie. IL y a hypergenèse de la matière amorphe (dite tissu conjonclifou lamineux, p. 436) séparant les tubes nerveux, et abondance de corps amyloïdes (état cirrbotique des Allemands, p. 214, et Addetidaée p. 435). La lésion commence à la papille, gagne la rétine, et marche alors vers le chiasma, sans dépasser généralement les bandelettes optiques : il y a simplement hypérémie des tubercules quadrijumeaux (4 ). Pour constater ces lésions, on peut, comme le conseille à propos de la moelle M. Bouchard (2), faire macérer le nerf quelques semaines dans Tacide chromique étendu, pratiquer des coupes perpendiculaires à Taxe, et verser sur les surfaces de section quelques gouttes d'une solution ammoniacale de carmin. Presque immédiatement les parties sclérosées se teignent en beau violet, les saines conservant leur teinte première. Enfin, sur les segments durcis, on enlève de minces lamelles qui, examinées dans la glycérine, môme à un faible grossissement, montrent en clair les parties malades, avec des points opaques là où les tubes n'ont pas été détruits encore. On plonge ensuite les préparations dans le baume de Canada.
Quant aux bandelettes optiques (fig. 94, n^ 4 4 , 80, et p. 454 ), elles peuvent être comprimées, dissociées, ramollies. Le nerf optique apparaît dans quelques cas injecté à sa surface (3), gris rosé, jaune d'or, coloration que nous avons constatée une fois sur le nerf olfactif. Il sera, chez d'autres sujets, ramolli, des corps genouillés (fig. 4 04, d) jusqu'à son entrée dans l'orbite; ou bien, sur une étendue plus ou moins grande de son parcours, il se montrera ratatiné, presque réduit à son névrilème par la disparition de la pulpe intérieure, aplati sous la compression exercée
(1) Bourdon, Ataxie locmiotrice, 1863.
(2) Joum. de méd. de Lyon^ nov. 1864.
(3) Gayet, Joum, de méd, de Lyon, févr. 1865 : amaurose par méningite, rougeur des deux nerfs depuis leur entrée dans Torbite 'nsqu'à la rétine.
NERF OPTIQUE. Iik9
par quelques petites granulations grises, grosses comme des pois, de nature encépbaloïde ou (p. 396) luberculeuse (p. 400, note 4 ) (4 )' atteint lui-môme de tumeur, par exemple de myxomes (cellules très-grandes, claires, à noyau rond, dispersées dans un tissu gélatineux), de tumeurs cancéreuses ou mélanotiques (p. 441 , note 1 ) implantées sur sa gaine, etc. Les altérations bistologiques peuvent porter sur ses éléments nerveux ou sur son tissu cellulaire interstitiel : d'où la variété des amauroses avec la lésion et ia cause ; d'où également les faits d'altération évidente des nerfs optiques sans amaurose (Duménil, Charcot, Vulpian), etd'amaurose complète avec lésions du nerf paraissant insuffisantes, par cela que, dans le premier cas, les couches périphériqueis sont uniquement atteintes et que le centre est seul altéré dans le second. C'est principalement dans l'amblyopie (affaiblissement de la vision) et Tamaurose (perte complète) cérébrales (symptomatiques de lésions du nerf optique ou du cerveau, du delirium tremensj parfois aussi produites par les narcotiques, peut-être par l'abus du tabac à fumer, bien que Carter et Huber nient cette étiologie, etc.), que la deuxième paire s'est montrée atrophiée, ramollie, convertie en une matière jaune, quelquefois transparente et assez analogue à de la gelée de pomme (*2). Au
(1) Pour de Graefe, la névro-rétinite compliquant les tumeurs cérébrales est due à la conipression du sinus caverneux, d'où amaurose par gêne de circulation dans les yeines rétiniennes. Cette hypérémie mécanique paraît produire également Tinflammation de la papille. M. Bouchut admet aussi que^ dans les maladies du cerveau ou des méninges^ tout obstacle à la circulation sanguine empêche le sang noir de l'œil de revenir au sinus caverneux : d'où lésions de circulation^ de sécrétion et de nutrition constituant une nouvelle sémiotique des maladies de l'encéphale^ dont nous parlerons plus loin et qui tend à permettre de voir à travers l'œil certains états pathologiques du cerveau comme à faire enfin rentrer l'étude des maladies de Tœildansia pathologie proprement dite. — On lira avec intérêt l'examen nécropslque de l'œil fait par M. Derby dans un cas de névro-rétinite (Boston med. and. surg. Journal, vol. LXXIT, p. 21); le cas d'amaurose par tumeur de la base du crâne, rapporté dans le Med, Times and Gaz,, 1865, p. 626 ; le fait d'amaurose par néoplasme tuberculeux du pont de Varole et des tubercules quadrijumeaux^ relaté dans Klinische Monatsblâtter fur Augenheilkunde , 1865, p. 159-164; celui An Journal de médecine de Lyon, janvier 1866 (fille aveugle de naissance^ tumeur par myélocytes sur le plancher du troisième ventricule; chiasma détruit, nerf optique dégénéré).
(2) On trouvera une observation de ce genre dans les Bulletins de la Société anatomique y 1853. Nous rappellerons, surtout le mémoire
450 SPLANGHNOTOMIE ET BXAM£N DES ORGANES.
microscope, on a vu (Lancereaax) répaississement de sa trame conjonctive, l'adhérence de son névrilème à la palpe, ses tubes, granuleux et friables, remplacés par des granulations longitudinalement disposées ; ou bien les bandelettes optiques, se déchirant sous la plus faible traction, présentaient des globules granuleux, des fibres nerveuses petites, brisées pour la plupart. Par les corps genouiliés (4), le nerf optique est en relation avec les tubercules quadrijumeaux, qui sont ses noyaux d'origine
de M. Lancereaux (1864) : De l'amaurose liée à la dégénérescence des nerfs optiques dans les cas d'altération des hémisphères cérébraux (Archives générales de méd,, 1864). Il montre que l'amaurose se rattache à des lésions organiques de l'appareil optique orbitaire (papille petite, vaisseaux papillaires disparus, etc.) et cérébral. Il établit la coexistence de l'amaurose avec des kystes dans les lobes antérieurs, les corps striés, les couches optiques, avec l'atrophie consécutive des corps genouiliés, des tubercules quadryumeaux, des bandelettes et nerfs optiques, du pédoncule cérébral et de la protubérance (sur le même côté que l'hémisphère lésé), enfin du faisceau médullaire àntéro-latéral (sur le côté opposé) ; au microscope, diminution du volume, avec état régressif (granuleux) de l'élément nerveux et exubérance de la trame conjonctive.
(1) M. Longet a montré que chaque nerf optique prend naissance par trois racines, une grise (fig. 80, n<* 15), et deux blanches distinctes, provenant des corps genouiliés, petits tubercules situés sur la face inférieure de la couche optique. De ces deux dernières, l'une, externe, vient du corps genouillé externe ; l'autre, interne, plus grêle, part du corps genouiUé interne. Les racines blanches se réunissent ensuite pour former la bandelette optique (fig. 80), -» ruban aplati, blanchâtre, contournant le pédoncule cérébral qui lui envoie des filets de renforcement, et venant concourir avec la bandelette opposée, au devant du tuber cinereum, au bas du plancher antérieur du troisième ventricule, pour former le chiasma. Dans cette dernière commissure quadrilatère, les fibres de chaque bandelette se divisent en deux moitiés (WoUaston, Béclard) : l'une, externe, se rendant directement à la partie externe de la papille et de la rétine dans l'œil correspondant ; l'autre, interne, allant, après l'entrecroisement, à la partie interne de l'œil opposé, La décussation, qui rappelle tout à fait celle des pyramides, n'est donc que partielle, n'ayant lieu que pour les faisceaux internes (fig. 101, c). Une affection siégeant dans le corps genouillé externe d'un côté n'atteindra dès lors que l'œil du même côté, et seulement même la partie externe de la rétine et de la papille, en sorte que le champ visuel sera restreint en dedans. L'entrecroisement explique cependant l'action croisée des tubercules quadryumeaux. — Vésale, Valsalva, Lœsel, disent que les nerfs optiques ne s'entrecroisent pas chez les sujets doués d'une excellente vue.