GRAND SYMPATHIQUE
laire en paralysant ce uerf (Cl. Bernard). Pour la glande sous-maxillaire, les filets de la corde du tympan (nerf-moteur) seraient dilatateurs, contrairement aux filets venus du ganglion cervical supérieur ; la sécrétion salivaire se produirait par action réflexe, ce que prouve l'excitation du lingual (nerf de sensibilité). Ces expériences classiques de M. Cl. Bernard sont partout citées pour montrer que les ganglions sympathiques (le sous-maxillaire au moins) peuvent se comporter comme des centres distincts d'action réflexe, comme la moelle, ce que supposait aussi Bichat. Mais M. Scbiff récuse, sinon ces conclusions, au moins l'expérience : d'après lui, notre grand physiologiste n'aurait pas coupé tous les filets du lingual chez les chiens mis en expérience ; en les sectionnant, il n'y aurait plus trace de salivation.
Des expériences de MM. Cl. Bernard et SchifT, il résulte que les lésions du vaso-moteur entraînent, dans les organes correspondants, de la congestion, de l'hypérémie, de l'hypertrophie, conséquences premières de la paralysie des parois vasculaires, puis un arrêt de la nutrition, une cirrhose en quelque sorte, car il semble que la trame de l'organe disparaisse étouffée par le tissu cellulaire. Le sympathique a donc une grande influence sur la nutrition eu général et sur celle de chaque organe en particulier ; nerf nutritif, il veille aux phéno* mènes d'assimilation et de désassimilation, il entretient la rénovation organique incessante..
Ajoutons enfin que, si l'on coupe au cou le grand sympathique, il y a rétrécissement de la pupille du côté correspondant, et, quand on galvanise le bout supérieur, dilatation, toujours avec augmentation de la vascularisation et de la calorification de l'œil (symptômes oculopupillaires). Ici le trisplanchnique ne serait que conducteur, car l'action sur les fibres radiées de l'iris aurait pour centre le centre cilio-spinal, région de la moelle étendue de la première à la sixième dorsale (Waller et Budge, 1851).
Nos connaissances sont peu avancées sur les altérations da grand sympathique (4). Yirchow (2) parle de la pigmentation des cellules ganglionnaires de ce système dans la fièvre typhoïde, pigmentation normale chez le vieillard quand elle est faible (p. 857, note 4). On a mentionné des névromes du plexus solaire (3), du ganglion cervical supérieur, etc. Nous conseillerons les recherches sur le trisplanchnique dans les fièvres intermittentes, le choléra, Tatrophie musculaire progressive, Tataxie locomotrice progressive, le gotlre exophthalmique (ou
(1) Peut-être paraîtra-t-il à la fin de cette année quelque beau travail en réponse à cette question posée par l'Académie de médecine pour le prix Portai : Faire Vanatomie pathologique des nerfs dans hs principales affections viscérales,
(2) Pathologie cellulaire, p. 88.
(3) Robin, Société de biologie, 1854 (avec figures).
U16 SPLAMCHNOTOMIE ET EXAUEIf DES ORGANES.
maladie de Graves, de Basedow). Nous avons déjà appelé ratteotion sur les plexus cardiaques pour Tangine de poitrine (p. i74j.
Dans ces derniers temps, on a fait jouer au système nerveux de la vie organique un rôle pathogénique important. Nous citions à l'instant (p. 476) l'opinion de M. Marey (1) sur les troubles des filets vaso-moteurs dans les fièvres pernicieuses. Nous avons vu (p. 439, noie, et 476) le môme auteur attribuer (2), après Chossat, Scipion-Pinel, M. Auzoux (4 832), les désordres de la calorification, dans le choléra, aux mêmes nerfs qui régissent la contraclilité des petits vaisseaux et de l'intestin ; Talgidité serait due à Faction exagérée du trisplanchnique, et la réaction (stade de chaleur) à Tépuisement de ce nerf produisant un relâchement des tissus qu'il anime. La diarrhée serait sous la môme influence, ainsi que la psorenterie ; celle-ci d*ailleurs, effet souvent de la diarrhée, n'a pas toujours un rôle principal, car on l'a notée avec des flux non cholériques, et elle peut manquer dans le choléra. Déjà, dans Tépidémie de 1832, les médecins de Vienne, cherchant à la nécropsie l'état des nerfs et des ganglion s "du sympathique, y rencontraient plusieurs fois des épanchanents sanguins.
Nous avons vu (p. 438) que, dans Tatrophie musculaire progressive, il peut y avoir des lésions du grand sympathique (Schneevogt de la Haye, Jaccoud, Duménil). Dans les cas de M. Jaccoud (3), on trouva, concurremment à l'atrophie des racines antérieures de la région cervicale, le cordon cervical du Irisplanchnique transformé en « tissu fibro-conjonctif étalé en lames plus ou moins larges constituant des anses, des faisceaux, ondulés : il y avait prohfération de tissu conjonctif, dépôt de graisse, atrophie des tubes. Le ganglion cervical supérieur en était à la première phase de ce travail morbide x» . Dans cette affection, où Ton tend à voir aujourd'hui une lésion primitive de rinnervation, Je grand sympathique peut être atteint, soit dans ses racines intra-spinales^ soit dans ses rameaux anastomotiques, soit encore dans le cordon limitrophe ou dans les rameaux efférents. Il faudra examiner, non-seulement les gaii-
(1) Physiologie, 1863. Dans ses Liçâo clinica sobre alguns symptomas da diabète^ le professeur Jordâo (de Lisbonne) explique aussi (1863) le diabète et les fièvres intermittentes par la paralysie du sympathique.
{2)^èmePhysiologiey Qi Gazette hebdom» y 2k novembre, i*^ décembre 1865.
(3) Gaz. des hôpit., U janv. 1865. Voyez Union méd. de la Seine- Inférieure, 15 janv, 1866, art. de M. Duménil.