‹ Manuel de l'educateur de vers a soieChapitre 11 sur 57 · NI TILL · texte numérisé non relu

NI TILL

Figure 17.

On y pénétrera par une porte dont l'emplacement sera choisi suivant les localités.

Plusieurs fenêtres éclaireront les diverses pièces.

$ 3. Chambre d’incu bation, petit atelier, étuve. P

La chambre d'incubation aura 4 mètres de large sur 6 de longueur(N, fig. 45, 17, 18). On y entrera par une porte Q, de À mètre. Elle sera éclairée par deux fenêtres.

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L'ameublement de cette pièce sera fort simple. Un poêle de terre ou de faïence, d, sera placé contre la eloison qui forme passage. La bouche du poële fera face à une ouverture, percée dans cette cloison, de manière qu'on puisse entretenir le feu par le passage z, sans entrer dans la chambre. |

Le tuyau du poële devra se prolonger, dans une position presque horizontale, jusqu'au passage réservé au fond de la pièce. C’est là seulement qu'il se re-

MAGNANERIE. 65 lèvera pour sortir, au moyen d’un second coude, par la partie supérieure du mur. Cette position du tuyau a pour but de répandre la chaleur dans la partie basse de l'atelier et d'éviter que la partie élevée soit seule échauffée.

Dans le milieu de la pièce, on installera deux séries d’échelettes, destinées à recevoir des tablettes mobiles. Ces tablettes (a, à, fig. A7) seront espacées à 0",40 et auront 0",60 de profondeur. Chacune d’elles pourra recevoir une grande feuille de papier. Elles auront sur trois côtés des bords de 0*,02 de saillie.

Les tablettes doivent être mobiles, parce que, le plus souvent, au lieu de faire en place, c’est-à-dire sur les échelettes, la distribution des repas, les délitements et les dédoublements, on prendra chaque tablette à son tour, on la déposera sur une table, devant la fenêtre, et on fera toutes ces opérations avec beaucoup plus de facilité et de perfection.

$ 4. Chambre d’air.

La chambre d'air (C, fig. 45, 46, 17) est une pièce destinée au chauffage et à l’aéralion de la magnanerie. Elle occupe le fond du rez-de-chaussée dans toute la largeur ; elle a 5 mètres sur 8. On expliquera dans un chapitre spécial l’usage de cette pièce pour laération. lei nous ne nous occuperons que du chauffage.

Ainsi qu’on peut le voir dans les figures, la chambre d'air renferme des poêles et communique avecla magnanerie par deux trappes PP, percées dans le plafond. Ces frappes ont chacune une surface de 01,35; ou 4”, sur 0,55.

L'air échauffé par les poêles monte dans la magnanerie et en élève la température ; mais pour que cette circulation s’établisse, il faut que l'air chaud soit remplacé sans interruption par de l'air froid. Plusieurs ouvertures (K, oo et m2 m), y pourvoient suivant les circonstances. Tel est, en résumé, le système de la chambre d'air.

Autrefois on chauffait les ateliers directement, soit avec des cheminées, soit avec des poêles; mais il est faeile de comprendre les inconvénients qui résultaient de ce système. La chaleur était très inégalement répartie ; certaines tables, rapprochées des foyers, se trouvaient exposées à une température trop élevée, tandis que d’autres souffraient du froid.

La chambre d'air remédie parfaitement à ces inconvénients en distribuant l’air chaud d’une manière très uniforme, résultat qu'on atteint surtout par l'emploi des gaines qui seront décrites au chapitre aération. On facilite beaucoup le mouvement ascensionnel de l'air dans la chambre d'air, en établissant avec des briques un faux plafond arrondi, tel qu'il est représenté dans

la figure 45.

$ 5. Chauffage.

Dans un établissement beaucoup plus considérable que celui dont nous nous occupons, il faudrait peutêtre avoir recours à l’un de ces appareils nommés calorifères; mais dans une magnanerie moyenne on peut très bien s’en passer et, éviter la dépense considérable qu'entraine le calorifère le moins compliqué.

Des poëles en fonte, ronds ou carrés, tels qu’on en

trouve dans tous les pays, suffiront parfaitement au chauffage de notre atelier. Ils pourront avoir 0,50 de diamètre et 4 mètre de haut. Il en faudra deux.

Ces poëles seront disposés de manière que leur bouche corresponde exactement à une ouverture évasée T, pratiquée dans le mur qui forme Îa chambre d'air. Cette disposition permettra d'entretenir les foyers sans entrer dans la chambre d'air. De plus, si les poêles venaient à fumer, c’est dans la pièce B, qui sert de magasin, que se répandrait la fumée, et non dans la chambre d'air; elle ne pourrait donc pas pénétrer dans la mapnanerie.

Mais pour qu'il en soit ainsi, et pour qu’on puisse à volonté prendre de divers côtés l'air qui doit venir s'échauffer dans l’étuve avant de monter dans l'atelier, on a réservé plusieurs ouvertures. La porte K offre dans sa partie inférieure une chatière dont l'ouverture peut être réglée à volonté. Elle a au total une surface de 0°*,66, ou deux tiers de mètre,

Au moyen de cette chatière on puise dans le resde-chaussée lui même l'air qui doit circuler dans la chambre d’air.

Quand il y a quelque inconvénient à prendre lair dans ce rez-de-chaussée, on peut fermer la chatière et ouvrir les conduits 00; l'air arrive aux ouvertures V V, et rencontre à sa sortie les deux poêles au contact desquels il s’échauffe. Des flèches indiquent, dans la figure A7, la course de l'air.

Les tuyaux des poëles sont un objet important. Il sera très économique de les faire construire en cuivre. Des

tuyaux de tôle, malgré tous les soins possibles, sont détruits promptement par la rouille, et n’ont plus aucune valeur.

Pour tirer tout le parti possible de la chaleur développée dans les foyers, il conviendra de donner aux tuyaux un grand développement, c’est-à-dire de les faire cireuler dans la chambre d'air en leur faisant décrire divers détours.

Cette disposition entrainera la condensation, dans les tuyaux, d’une grande quantité de liquide empyreumatique; il faut lui ménager une issue. En conséquence, le tuyau aura une pente régulière depuis le poële jusqu'au mur par lequel il sortira. Dans Ja partie la plus basse, on établira un petit tuyau vertical de 07,05 ou 0®,04 de diamètre, qui descendra à quelque distance du sol. L'extrémité inférieure de ce petit tuyau plongera dans un peu d’eau contenue dans un vase quelconque. Cette eau fermera le tuyau et s’opposera à la sortie de la fumée ; le vase se remplira des liquides qui se condenseront dans le grand tuyau.

$ 6. Magasin aux feuilles.

La grande pièce B ({g. 45 et 17), qui sépare Ja chambre d'air de la chambre d’incubation, servira de magasin pour la feuille. Elle sera carrelée. On doit y installer une balance ou une romaine, afin de pouvoir noter exactement le poids des feuilles qui entreront en magasin.

Cette pièce ne suffira pas pour recevoir toute la feuille, surtout vers la fin de l'éducation et quand il faudra entretenir le feu des poëles. On y suppléera par des caves

ou selliers, dont on ne manque jamais à la campagne dans la saison des éducations.

On peut aussi donner beaucoup plus d'importance au magasin des feuilles, en lui consacrant toute la partie du rez-de-chaussée qui n’est pas utilisée pour la chambre d'air. Il suffit pour cela d'installer la chambre d’'incubation ou étuve dans une pièce de la maison de maitre, ou très près de celle-ci; c’est un bon usage, parce que la surveillance de l’incubation et des premiers âges n’en est que mieux assurée.

Par cette suppression, le magasin des feuilles devient très important. On peut même avec avantage le séparer des poêles par une légère cloison qui évite l'influence du peu de chaleur que ceux-ci dégagent de ce côté.

$ 7. Aération et ventilation.

Je démontrerai plus loin (troisième partie, chap. VI) l'importance et la nécessité du renouvellement continuel de l'air dans les ateliers de vers àsoie. Ce renouvellement, appelé aération, est obtenu par des procédés auxquels on a donné le nom de ventilation.

Dans un grand nombre de circonstances, le renouvellement de l'air s'opère de lui-même dans une magnanerie bien construite. L'air est naturellement très disposé à former des courants, et pour peu qu'il existe une différence sensible entre la température intérieure de l'atelier et la température extérieure, il s'établit dans la magnanerie une circulation d’air assez considérable. Tantôt l’air s'échappe par le comble et est remplacé par de l'air qui pénètre par le rez-de-chaussée. Dans ce cas, le courant est ascendant. D’autres fois c’est le contraire

qui a lieu ; l'air s'écoule au dehors, par la porte du rezde-chaussée, en passant par le comble, la magnanerie et les ouvertures PP, /£g. 15, qui mettent cette pièee en communication avec la chambre d’air.

L’air se renouvelle aussi avec activité dans l'atelier tant qu’on entretient les poêles. Chauffé par ceux-ci, il s’élève par les ouvertures P P qui lui sont préparées, se répand partout, monte vers le plafond, traverse les trous dont celui-ci est percé, et s'échappe par le comble.

Voilà donc déjà deux circonstances dans lesquelles l’aération s’opère : par les courants naturels et par le courant d’air chaud.

Il arrive souvent, pendant une éducation, que la température extérieure est égale ou à peu près égale à celle qu'il est nécessaire d'entretenir dans l'atelier, c’est-àdire à 25°. Toutes les fois que ce cas se présente, on doit donner un libre accès à l’air en ouvrant toutes les fenêtres de l’atelier. Un vent trop fort pourrait seul empêcher cette salutaire pratique. Dans ce cas, on ouvre du côté opposé au vent et de manière à établir un courant d’air raisonnable. ,

Quelquefois, par un vent fort, il suffit, pour aérer parfaitement la magnanerie, d'ouvrir la porte du rez-dechaussée, ou l’une des trappes 00, fig. A7, qui prennent l'air à l’est ou à l’ouest. Le vent se précipite par l'ouverture qu’on lui présente et circule activement dans l'atelier.

Mais il arrive souvent pendant le cours d’une éducation, surtout dans les départements méridionaux, que l'air extérieur est accablant, et présente ces caractères

MAGNANERIE. 74 particuliers qui ont fait donner à ce phénomène le nom de touffe. On ne saurait plus alors comment pourvoir à l’'aération, si on ne disposait pas de moyens puissants ; et cependant le renouvellement de l’air est devenu plus nécessaire que jamais.

C’est pour cette éventualité qu’on a imaginé ce qu'on appelle la ventilation forcée. Elle consiste en un système d’appareils au moyen desquels on peuttoujours, quelque temps qu'il fasse, déterminer un courant d’air actif dans la magnanerie. Ce courant est obtenu par une machine que font mouvoir un ou plusieurs hommes. Elle agit sur de l'air froid aussi bien que sur de l'air chaud, et par conséquent, dans le cas d’une température excessive, elle donne le moyen de puiser dans un lieu froid de l'air qui porte dans l'atelier une salutaire fraicheur.

C’est dans ce cas seulement qu’on devra faire usage de la ventilation forcée, puisque l’aération s’opère, dans les autres circonstances, soit par l'effet des courants naturels, soit par le fait seul du chauffage.

$ 8. Ventilation forcée.

Après bien des essais, on a reconnu que le meilleur moyen d'établir des courants d’air frais était le tarare soufflant.

I n’y a pas un des lecteurs de cet ouvrage qui n’ait fait fonctionner un tarare à blé. Il a remarqué cette roue à quatre palettes qui attire l’air dans son centre par deux ouvertures latérales et le rejette ensuite avec violence vers la grille sur laquelle glisse le grain.

Supposons qu’il y ait à la place de la grille un conduit

donnant dans une pièce quelconque, dont nous aurons fait une magnanerie; il est clair que le tarare, mis en mouvement, enverra dans cette pièce une grande quantité d’air. Si cet air est puisé par les deux ouvertures latérales dans une pièce fraiche, l'air introduit dans la magnanerie formera un courant d'air frais.

Tel est le problème résolu dans la chambre d’air de notre magnanerie au moyen d’un tarare soufflant dont nous allons donner la description.

$ 9. Tarare soufflant.

Il est bien entendu que nous décrivons ici un tarare qui doit suffire pour une magnanerie de 500 grammes d'œufs. Nous verrons dans un autre chapitre ce qu'il faudrait faire pour des ateliers plus considérables.

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Figure 19.

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Figure 20.

Le tarare (fig. 49 et 20) se compose d’une roue à six palettes. L'arbre a b doit avoir 4",20. D'un côté il porte une poulie c, sur laquelles’enroule une corde ‘Cette corde va rejoindre elle-même (en L, fg. 47) une grande roue pareille à celle qui fait mouvoir la meule d’un'coutelier. Un homme, agissant sur la manivelle de cette roue,fmet le tarare en mouvement, On voit, dans les fig. 45 et 47, que le travailleur est placé hors de la chambre d’air dont le séjour pourrait être pénible pour lui.

L'arbre du tarare porte six palettes de 1 mètre de long sur 0,27 de large. Elles sont appliquées sur des raies d, de 0,56 à 0,58, suivant la force de l'arbre ‘de manière que le tout ait un diamètre d d de 0",80. Les palettes étant appliquées à l'extrémité des raies, il reste au centre de la roue, autour de l'arbre, un vide de 0,26.

Tout cela peut être en bois et léger, sauf deux tourillons en fer gh, destinés à la rotation de l’arbre.dans les coussinets qui le supportent.

Le tarare est monté au centre de la chambre d’air ; son ‘arbre doit être à À mètre au moins au-dessus du sol, de manière qu'il reste au-dessous des palettes 0",50. Il n’est pas enveloppé; l'air projeté par la circonférence, en vertu de la force centrifuge, s'échappe librement de tous les côtés.

Maintenant il faut fournir au centre de la roue l'air qu’elle doit porter à sa circonférence. On y parvient très facilement au moyen de deux conduits carrés, en bois (MM, /ig. 17 et 19), de 0,60 de côté, qui établissent la communication entre le {arare etles ouvertures (0 O, ig. AT) pratiquées à l'est et à l’ouest dans le mur. Mais comme il peut être quelquefois utile de puiser l'air dans le rez-de-chaussée lui-même, au lieu de le prendre directement à l'extérieur, on établira deux embranchements (mm, fig. A7) qui viendront, par un relour d'équerre, communiquer avec la pièce B qui sert de magasin aux feuilles.

Rien de plus facile maintenant que de régler l'entrée de l'air dans tout cet appareil au moyen des deux portes qui se trouvent dans chaque conduit. Les portes U et V (fig. AT) sont établies de telle façon qu'en ouvrant un conduit elles en ferment un autre. Examinons les divers cas qui peuvent se présenter :

4° On chauffe au moyen des poêles. Il n’y a aucune raison pour ne pas puiser l'air dans le magasin aux feuilles. On ferme les conduits O O et V V ; on ouvre la chatière K; l'air s'élance par là dans la chambre d'air, s’échauffe et monte dans l'atelier.

2° Les poëles fument; on ne peut plus prendre l'air

dans le magasin. On ferme la chatière K et on ouvre les deux portes V V, en poussant l’une et l’autre vers le tarare. Elles offrent alors un passage à l'air qui vient par les ouvertures latérales O O, et se précipite sur les poêles mêmes, ainsi que l’indiquent les flèches. Les deux conduits m m restent fermés. Voilà pour l'air destiné à la ventilation chaude. Voyons maintenant nos ressources pour /a ventilation froide.

3° L'air extérieur est à une bonne lempérature, mais sans mouvement. Il s’agit d'établir un courant dans l’atelier. On ferme la chatière K, les deux portes UU et les portes V V. Les conduits MM se trouvent libres depuis lesouvertures OO jusqu'au tarare qui, étant mis en mouvement, attire l'air extérieur par les deux conduits, le jette avec force dans la chambre d'air, d’où il s'élève dans l'atelier par les deux trappes PP (fig. 45).

4 Enfin le cas d’une touffe se présente, c’est-à-dire que l'air extérieur est trop chaud ; il est urgent d’envoyer dans l'atelier de l'air frais. On tient fermées les deux portes V V, et l’on pousse les portes U U, de manière qu'elles ferment les ouvertures O O. Par cette manœuvre, on ouvre en même temps les conduits mm, qui établissent une communication du tarare avee le magasin aux feuilles. On profite de la fraicheur de cette pièce.

Il est inutile d'expliquer par quels moyens simples on fera jouer les portes U U. Ou l’on pratiquera de petites ouvertures par lesquelles on passera la main de manière à pousser ou tirer les portes, ou bien on montera ces portes sur un pivot qui aura une poignée extérieure avec laquelle on fera mouvoir la porte dans les deux sens.

$ 10. Distribution de l’air dans l'atelier.

Jusqu'à présent je n’ai parlé que des deux trappes (PP) pratiquées dans le plafond de la chambre d'air, comme moyen de distribuer l'air dans l’atelier; mais il est évident que si les choses n'étaient pas autrement disposées, l'air nouveau, arrivant ainsi en masse par deux conduits seulement, pourrait s'élever directement vers le plafond de la magnanerie pour s'échapper, sans avoir cireulé dans les autres parties.

1 y aurait là un double inconvénient : 4° l'air ne serait renouvelé que dans une seule partie de l'atelier; 2° comme la chaleur n’est portée dans l'atelier que par l'air lui-même, une seule partie de la magnanerie serait échauffée, et même beaucoup trop; le reste ne profiterait pas de la chaleur produite dans la chambre d'air.

On a pourvu à tout par un moyen des plus simples. Des gaines en bois (RRR, fig. 45, 46 et 24), percées de

oo!

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trous à leur face supérieure, reçoivent l’air chaud ow

froid qui estamené par les trappes, et le distribuent avec amformité dans toutes les parties de l'atelier.

$ 11. Gaînes.

Les gaines sont des espèces de caisses sans fond, en bois blane de 20 à 25 millimètres d'épaisseur. On les établit par morceaux de 2 mètres de longueur (fig. 22). {es morceaux sont posés sur le plancher, à la suite les uns des autres, sans aucune attache. et sous les tables.

Figure 22.

Les gaines sont au nombre de trois dans notre magnaserie; leur longueur totale est égale à celle des tables.

Elles ont 0”,55 de haut et 0,60 de large. Les trois gaines offrent ensemble une section de 0°:,66, ou deux tiers de mètre, égale à la somme de la section des deux trappes P P.

Elles partent d’un tambour (SS, fig. 24) qui couvre les frappes P P par lesquelles l'air arrive de la chambre d'air. Le tambour occupe tout le passage qui est au fond de T'atelier ; il a, comme les gaînes, 0,50 de haut.

On eonçoit que l'air chassé de la chambre d'air monte par les trappes, se répand dans le tambour, puis se distribue dans les trois gaines qu’il parcourt dans toute leur longueur ; mais il faut maintenant lui préparer des issues. Elles consistent en trous ronds dont sont percées

les faces supérieures des gaines (fig. 15, 21 et 22). Ces trous doivent former ensemble une surface au moins égale à celle de la section des trois gaines, c’est-àdire 01,66. Pour obtenir cette surface d'ouvertures bien distribuées, on procède de la manière suivante : On prend du carton léger et on en coupe une surface de 22 décimètres carrés, c’est-à-dire ce qui doit suffire pour une seule gaine, soit un parallélogramme de 0°,55 sur 0,66. On pèse ce morceau de carton ; son poids sera, je suppose, de 400 grammes. Avec du carton tout pareil, on découpe des rondelles au nombre de trente environ. Les plus petites ont 0,05, les plus grandes 0,10. On en fait, par exemple, quatre de 0w,05, quatre de 0,04, quatre de 0",05, quatre de 0,06, et ainsi de suite. Puis on prend 400 grammes de ces rondelles ; il en faut, je suppose, 28 ou 50. On est sûr d’avoir une surface égale à 22 décimètres carrés. On distribue ces rondelles avec régularité sur la gaine; on trace au crayon les ouvertures qu’elles représentent, et on les fait percer. On aura soin de placer les petites rondelles du côté du tambour et successivementles plus grandes en s'éloignant. La raison de cette disposition est facile à comprendre. Près du tambour Pair est animé d'une vitesse plus grande qu’à l'extrémité de la gaine; il sort avec plus d’abondance ; une ouverture moins grande lui suffit. De plus, il est plus chaud dans cette partie que dans l’autre, car il se refroidit en cheminant dans la gaine. Par cette gradation des trous dont les gaines sont percées, on obtient done une répartition plus uniforme de air et de la chaleur.

On faitla mème opération sur les trois gaines avec les mêmes rondelles.

$ 12. Sortie de l’air.

Il faut pourvoir maintenant à l'évacuation de l'air incessamment remplacé par celui que fournissent les gaines. On y parvient en ménageant dans le plafond de la magnanerie un certain nombre d’ouvertures disposées sur deux lignes, au-dessus des deux passages du centre (fig. A5 et 16).

Ces ouvertures peuvent être au nombre de vingt, et offrir chacune une surface de 0" 1,4; au total 01,80. C'est 0"*,14 de plus que la somme des trous des gaines ; mais il est utile qu'il en soit ainsi pour établir une sorte de compensation avec les résistances que l’air rencontre dans sa marche ascensionnelle.

Enfin l'air parvenu dans le comble trouve des issues par les fenêtres qu’on a ménagées. Le plus souvent on n'ouvrira qu’une de ces fenêtres ; celle que le vent ne

frappera pas.

$ 13. Ventilation horizontale et ventilation inclinée.

Dans tout ce qui a été dit précédemment nous avons supposé que le renouvellement de l’air dans la magnanerie aurait lieu par le moyen de courants d'air ascendants ; mais il est facile de comprendre que ces courants s’établiront de préférence dans les passages, et les intervalles des tables seront beaucoup moins ventilés que ceux-ci. On a donc eu la pensée d'établir dans les ateliers des courants d'air horizontaux. Il est évident que si l’on pouvait y parvenir, l'air pur introduit par les ventilateurs

profiterait infiniment mieux aux vers à soie, puisqu'il cheminerait sur les tables mêmes dans toute leur lonsueur, au lieu de s'élever à eôté d'elles dans les passages. Malheureusement on n'a pas encore trouvé un moyen simple et économique d'opérer la ventilation horizontale. La difficulté consiste dans la nécessité de faire marcher sans interruption les ventilateurs; car s'ils s’arrètent un seul instant, la ventilation cesse, ou s'établit dans le sens vertical. On ne pourrait guère établir avec succès la ventilation horizontale que si l’on disposait d’une chute d’eau qui ferait marcher les tarares jour et nuit, sans frais. Dans des circonstances aussi favorables, ce serait, je crois, une excellente chose.

Quant à la ventilation inclinée, elle n’a pas pour but d'extraire l'air contenu dans la magnanerie et de le remplacer par de l'air nouveau, mais seulement de déterminer un courant continuel à la surface des tables ({g. 25).

Po mm ee

Figure 23.

Pour obtenir ce résultat, il suffit de donner aux tables

MAGNANERIE. S1 une inclinaison de 40 à 45 degrés dans le sens de la longueur. La physique nous apprend que l’air ne saurait rester en repos sur une surface inclinée. Il suffira donc de disposer les tables comme dans la fig. 25, pour être assuré que l'air y circulera continuellement. Mais il est frès important de bien comprendre que cette disposition ae sendra pas inutile le renouvellement de l'air de l’atelier par les procédés de ventilation, L'atmosphère de la magnanerle pourrait être complétement viciée, que les courants n'en existeraient pas moins sur les tables inclinées, mais né corrigeraient pas les défauts de l'air devenu impur.

Néanmoins je pense que l’inclinaison des tables, combinée avec une bonne ventilation, constitue un système parfait, par la raison que la circulation de l'air se trouve assurée non-seulement dans l’ensemblede la magnanerie, mais encore sur les tables, autour des vers à soie, dessus et dessous les litières qui les portent.

$ 1. Autres procédés de ventilation.

L'expérience a démontré que le tarare soufflant est l'appareil qui, à forces et à dépenses égales, produit le plus grand effet de ventilation. On a proposé successivement plusieurs autres procédés : des cheminées d'appel, des pompes, des soufflets, des hélices, des tarares aspirants, ete. Tous ces procédés doivent être abandonnés quant à leur application dans l’industrie de la soie; nous n'avons point à nous occuper des services qu'ils peuvent rendre ailleurs.

$15. Grande magnanerie.

Tous les détails qui précèdent s'appliquent à la construction d’un atelier moyen, destiné à l'éducation des vers de 300 grammes d'œufs. Mais comme il se fait dans les pays où l’industrie de la soie est ancienne des éducations beaucoup plus importantes, il est nécessaire de faire connaitre ici le meilleur système de magnanerie pour des exploitations considérables. Ce système est d’ailleurs extrêmement simple et pourra être expliqué en peu de mots.

Supposons d’abord une éducation double de celle dont il a été question jusqu’à présent. On n'aura presque rien à changer aux dispositions prescrites. Seulement le bâtiment, un peu plus que double en longueur, se composera de deux magnaneries accolées l’une à l’autre

(/ig. 24).

Figure 24.

La chambre d’air sera placée au centre. Cette chambre

aura quatre poëles et deux tarares, disposés absolument comme ceux qui ont été décrits précédemment,

Au-dessus de la chambre d’air on aura une pièce qui servira de petit atelier.

Le rez-de-chaussée, divisé en trois grandes parties, offrira une chambre d'incubation et de vastes magasins pour la feuille.

L'inspection seule de la planche qui représente cette grande magnanerie suffit pour en faire comprendre toutes les dispositions.

Quant aux propriétaires qui voudraient donner à leur établissement des développements plus grands encore, ils devront, non pas construire un bâtiment plus considérable que celui-ci, mais en faire plusieurs. On pourrait citer un propriétaire qui a fait élever, sur un vaste terrain très bien exposé, quatre magnaneries de 600 grammes chacune.

Ce système de division est de beaucoup préférable à la réunion dans un même atelier d'une immense quantité de vers à soie. La surveillance, les soins y deviendraient extrêmement difficiles sur une masse pareille. Le moindre accident, un oubli, une négligence, une maladie pourraient avoir des conséquences terribles. L'incendie même détruirait infailliblement la récolte entière avec le bâtiment.

Par la division on évite ces inconvénients. On y trouve d’ailleurs un avantage précieux. Chaque atelier peut être placé sous la direction d’une personne spéciale ; il s’établira entre les divers contre-maitres une louable émulation, qui contribuera au succès général.

Le

$ 16. Magnanerie économique. Après avoir décrit la grande magnanerie, je ne puis me dispenser de donner des conseils au propriétaire modeste, au petit éducateur qui élèvera les vers de 50 à 420 grammes d'œufs. Il disposera sans doute d’une petite maison sans étage et sans cave (fig. 25) qui devra

Figure 25.

d’ailleurs, après l'éducation, servir de grange, de cellier ou à tout autre usage.

Il pourra convertir ce local en magnanerie par des moyens très simples et très économiques.

L'appareil de ventilation devient inutile ; les fenêtres et des ouvertures ménagées dans le plafond y pourvoient. Quant aux moyens de chauffage, ils sont indispensables; mais au lieu de placer un poêle dans l'atelier même, on l'établira dans un petit appentis A (fig. 25) qu'on fera construire au pied du bâtiment.

Cet appentis devra être en contre-bas, de manière que Pair chaud puisse passer tout naturellement dans la gaine de la magnanerie. La toiture couvrira l’excavation dans laquelle l’appentis aura été construit, pour éviter que l’eau de la pluie s'y rassemble.

Après l'éducation, on enlèvera les gaines et les tables et surtout les tuyaux du poêle qui seraient promptement détruits par la rouille. Le poêle lui-même, s'il est en fonte, pourra être facilement démonté, et les deux locaux pourront être utilisés jusqu’à la saison suivante.

Je ne pense pas que, sans ces dispositions, on puisse entreprendre utilement des éducations de 400 à 450 grammes d'œufs.

Quant aux éducations de 50 grammes et moins, on peut les faire dans une pièce quelconque, chauffée par un poêle (P, fig. 26 et 27).

Figure 26.

On aura soin seulement d’éloigner celui-ci le plus possible des tables A B et de faire passer son tuyau dans

une cheminée qui restera ouverte; il s’y établira un courant d’air constant qui entretiendra la salubrité de la pièce. Les figures 26 et 27 représentent une pièce

ji | W)

N S K Figure 27.

de 5 mètres sur 4 et 5 de hauteur, convertie en magnanerie.

Elle sera meublée avec deux travées de tables AB, ayant chacune 5°,55 de longueur, 4 mètre de largeur, et portées par six poteaux. En mettant 0",50 de distance entre chaque table, il y en aura cinq dans la hauteur. Les dix tables formeront une surface totale de 55 mètres carrés, qui sont précisément ce qu’il faut pour élever convenablement les vers de 31 grammes d'œufs. Il restera entre les tables des passages de 0",66 et un passage de 4 mètre du côté de la porte. C’est dans ce dernier qu’on établira le poêle P. |

On pourra faire le service des deux tables basses sans le secours d'aucune échelle. Pour les trois autres, on aura un marchepied. Son usage, qui aurait de grands inconvénients dans un atelier d’une certaine importance, n’en aura aucun dans une petite magnanerie.

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