‹ Manuel de l'educateur de vers a soieChapitre 20 sur 57 · CHAPITRE JL · texte numérisé non relu

CHAPITRE JL

Eempéraiure.

$ 1. Température.

La question de savoir s'il convient d'entretenir la même température pendant tout le cours d’une éducation de vers à soie a été fort controversée.

Si nous cherchions à imiter la nature en tout point, nous élèverions peu à peu le degré de chaleur des ateliers à mesure que l'éducation marche, et c’est précisément le contraire qui a été conseillé par les auteurs les plus reeommandables.

Il n’est pas difficile de se rendre compte de cette apparente contradiction. Des vers abandonnés à euxmêmes sur un arbre éprouvent l’augmentation graduelle de température qui a lieu depuis leur naissance par la marche naturelle de la saison ; mais il n’en résulte pour eux aucun inconvénient. La feuille pousse et mürit proportionnellement à la température ; les vers la consomment à leur aise, toujours fraiche, toujours suceulente, et proportionnent exactement leurs repas à leurs besoins. Là point de fumier, point d'air stagnant ou

infect, point de chaleur artificielle, point d'encombrement.

Dans un atelier, il en est tout autrement ; à mesure que la température augmente par l'effet naturel de la saison, la masse des litières s’accroit aussi dans une effrayante proportion. Si elles ne sont point enlevées à propos, elles peuvent fermenter et jeter dans l'air, imparfaitement renouvelé, des germes de maladie et de mort.

Ne sachant comment se défendre d’un si grand danger, les anciens auteurs n'avaient rien imaginé de mieux qu'un abaissement de la température. Par ce moyen ils espéraient ralentir l’altération du fumier et prévenir aussi la prompte flétrissure de la feuille, En conséquence, ils conseillaient de commencer l'éducation à une température très élevée, parce qu’elle ne leur présentait alors que des avantages, et de l’abaisser peu à peu jusqu'au point qu'on ne pouvait dépasser sans s’exposer à un autre inconvénient : la prolongation excessive de l'éducation.

Mais aujourd’hui, avec les moyens perfectionnés dont nous disposons, surtout pour l'enlèvement rapide des litières, nous n’avons plus à nous préoecuper des dangers qu'elles offrent, et nous devons adopter comme règle générale le maintien, pendant l’éducation, d’une température uniforme.

Mais il est nécessaire de poser à cet égard quelques principes.

- La température doit ètre proportionnée au régime adopté pour les vers à soie; c’est-à-dire que le nombre

420 PRINCIPES GÉNÉRAUX des repas et la quantité de feuilles dont ils seront composés seront proportionnels à la température.

Il est indispensable qu'aucune interruption n’ait lieu dans la distribution des repas ; car dans ce cas il faudrait faire varier la température et la baisser à mesure qu’on réduirait leur nombre.

On a conseillé aussi de faire varier la température suivant les phases de la vie des vers. Par exemple, de la baisser au moment de la mue et de la relever pendant la frèze ; mais pour agir ainsi il faudrait n’avoir dans un atelier qu’une seule série de vers marchant exactement ensemble. Comme cela est impossible, on a dû renoncer à ce système et revenir à l'entretien aussi régulier que possible d’un degré de chaleur moyen et constant.

Il ne s’agit plus dès lors que de déterminer ce degré de chaleur. On a fait à ce sujet un grand nombre d'essais. Il en est résulté que la durée de l'éducation était exactement proportionnelle à la température et d'autant plus courte que la température était plus élevée.

L'expérience a démontré qu'avec 25° de température l'éducation se trouvait accomplie dans une juste limite de 28 à 50 jours.

Comme on a également reconnu qu'il convenait d'élever la température de la chambre d’incubation à 25° pour obtenir une éclosion régulière des vers, on a définitivement adopté cette température pour tout le reste . de l’éducation.

C’est donc à 25°, entretenus le plus régulièrement possible, qu'on fera l'éducation des vers à soie.

ET PROUÉDÉS. 421 $ 2. Du thermomeire.

Tout le monde sait que le thermomètre est l’instrument à l’aide duquel on détermine la température d'un lieu quelconque.

Cet instrument est fondé sur la propriété qu'ont tous les corps d'augmenter de volume quand ils s’échauffent. Profitant de celte propriété, on renferme dans une petite boule surmontée d’un long tube, un liquide coloré ou du mereure. Quand la température s'élève, le liquide augmente de volume et monte naturellement dans le tube. Le contraire a lieu quand la température s'abaisse.

Le thermomètre porte une échelle divisée en deprés. On a adopté pour cette échelle deux termes fixes, dont l'un en est le zéro et l’autre le centième desré.

Le zéro marque le volume du liquide à la température de la glace fondante, ou à peu près le moment de la congélation de l’eau.

Le centième degré marque la température de l’eau bouillante, qui est toujours la même, quand sa vapeur n'est pas comprimée et que le baromètre est à 76 centimètres.

Autrefois l’espace compris entre le zéro et le degré de l’ébullition de l’eau était divisé en 80 degrés seulement ; tel était le thermomètre de Réaumur. Depuis l’adoption générale du système décimal, on a divisé cet cspace de l'échelle du thermomètre en 100 degrés, et le thermomètre nouveau a pris le nom de thermomètre centigrade. On ne doit plus se servir que de celui-ci, et toutes nos indications s'y rapportent.

Du reste, il est facile d'établir le rapport des deux thermomètres. 100 degrés du nouveau thermomètre équivalent à 80 degrés Réaumur, 50 à 40 et 25 à 20.

On trouve dans le commerce des thermomètres à esprit-de-vin qui se vendent 4 fr. 50 pièce ; ils suffisent aux éducateurs. Seulement, comme il convient d'en placer plusieurs dans un atelier afin de s'assurer qu'il n’y a pas de trop grandes différences de température dans ses différentes parties, il faut choisir des thermomètres marchant bien ensemble.

A cet effet, si l’on veut en avoir quatre, par exemple, on prendra huit thermomètres chez le fabricant ; on les placera chez soi, debout sur un meuble, et on les observera pendant vingt-quatre heures. On gardera les quatre qui auront indiqué le même degré le matin, à midi et le soir.

Un éducateur soigneux ajoutera à ces thermomètres placés dans l'atelier, un thermomètre particulier, appelé a minima, qu'il exposera extérieurement à l'abri du soleil. Ce thermomètre lui fera connaitre la température extérieure, et, le matin, lui indiquera à quel degré elle est descendue pendant la nuit.

Un thermomètre du mème genre, placé dans l'atelier dans un cadre grillagé et fermé à clef, donnerait la facilité de s'assurer si la température a été bien entretenue pendant la nuit par les personnes chargées de ce soin.

Dans un établissement bien tenu et dans lequel on veut se rendre compte de toutes les circonstances qui ont pu influer en bien ou en mal sur la végétation des

ET PROCÉDÉS. 125 müriers et sur les vers, on prend note de la température intérieure et extérieure trois fois par jour, à neuf heures du matin, à deux heures de l'après-midi et à dix heures du soir. La moyenne des trois chiffres donne la température moyenne de la journée.

Page 1