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CHAPITRE IV

De l'humidité et de la sécheresse, $ 1. Influence de l’humidité.

L'humidité est, en général , considérée comme uu danger, parce qu'on désigne par cette expression la présence de l’eau en excès. Il faut bien qu'il en soit ainsi ; car sans eau 1l n'y a ni vie animale, ni végétation : l’excès seul peut nuire. Partant de ces principes, nous considérerons ici l'humidité comme circonstance défavorable, c’est-à-dire comme pouvant être la cause d'accidents pendant les éducations de vers à soie.

L'humidité en excès peut se présenter dans plusieurs eireonstances : À° l’année peut être pluvieuse; il en résulte que les feuilles elles-mêmes sont aqueuses, et qu'on les rentre mouillées en magasin ; 2° les müriers ou une partie des müriers peuvent être plantés dans un sol humide ; on récolte alors une feuille sorgée d’eau de végétation; 5° la magnanerie et les tables peuvent être mal disposées et ne pas se prèter à l’évaporation de l'humidité introduite avec la feuille ou de celle qui provient de la transpiration énorme des vers à soie ; 4° enfin l’éducateur peut se trouver dans l'impossibilité d’enle-

ver en temps opportun les litières sur lesquelles gisent

les vers à soie; elles peuvent pourrir et remplir la ma-

guanerie d’une humidité des plus pernicieuses. - Dans ces différents cas, l’éducateur doit s’efforcer

d'écarter l'excès d'humidité qui le menace.

À, Influence d'une année pluvieuse.

Les années pluvieuses sont en général tardives; la végétation marche lentement. Il importe donc en pareil cas de retarder aussi l’éclosion des vers. On laissera les œufs à la cave ou dans la glacière, jusqu’au moment où l'on sera assuré que le développement des feuilles ne pourra plus être arrêté par des froids tardifs.

Quand le printemps est pluvieux, la feuille est aqueuse. On peut éviter l'inconvénient qui en résulte par un retard de quelques jours; la feuille mürit et perd une partie de l'excès d'eau qu'elle contient. Lorsque les pluies sont trop fréquentes pendant une éducation, on est exposé à rentrer en magasin et à donner souvent aux vers de la feuille mouillée. Cette feuille serait sans danger pour eux si l'air intérieur de l'atelier était assez chaud, assez desséchant pour absorber cet excès d'humidité ; mais en pareil cas l'atmosphère elle-même est surchargée d’eau. Deux moyens se présentent pour remédier à cet inconvénient.

Le premier consiste dans l'élévation de la température de l'atelier. Plus cette température sera élevée, plus l'air absorbera d’eau. Il conviendra donc de chauffer davantage quand l’air sera {rès humide. D'un autre côté,

ET PROCÉDÉS. 425 à l'aide d’une ventilation très active, on renouvellera le plus souvent possible l’air de l'atelier.

Si l’on est forcé, par des pluies continues, de donner plusieurs jours de suite aux vers à soie de la feuille mouillée, on pourra éviter en grande partie les mconvénient(s qu’elle présente par les moyens suivants : 4° on secouera la feuille sur le carreau , de manière à faire absorber par celui-ci le plus d’eau qu’il soit possible ; 2 si ce moyen est insuffisant, on mélera à la feuille mouillée une certaine quantité de gros son ou de sciure de bois, si on en a à sa disposition. Cette poudre grossière absorbe beaucoup d’eau , et le ver a soin de lécarter avec son bec à mesure qu’il ronge la feuille ; 5° on aura soin de ne donner que très peu de feuille à la fois, de manière qu’elle soit dévorée tout entière ; 4° enfin, on multipliera les délitements de manière à éviter des litières humides qui fermentent facilement.

On a décrit et recommandé quelques appareils spéclaux destinés à la dessiccation de la feuille mouillée. Ces appareils me paraissent complétement mutiles et même dangereux : il serait très difficile , pour ne pas dire impossible, de s’en servir sans faner et flétrir la feuille; il vaut mieux la donner mouillée, en prenant d’ailleurs les précautions que je viens d'indiquer.

B. Influence de la feuille aqueuse.

L'humidité ou l’eau en excès peut se présenter sous

une autre forme. On peut avoir dans sa plantation un

certain nombre de müriers placés dans un sol humide. Ils donnent alors une feuille aqueuse, dont l'usage pour-

rait devenir dangereux s’il était exclusif et trop prolongé. On prendra soin de réserver les müriers placés dans ces conditions pour les derniers jours de l'éducation. Leur feuille aura le temps de mürir et perdra une bonne partie de son eau de végétation. Si cependant on craignait encore qu’elle causàt des accidents aux vers, où aurait quelque chance de les prévenir en élevant la température de l’atelier de 2 à 5 degrés pendant la consommation de la feuille aqueuse. On activerait aussi la ventilation.

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