CHAPITRE VIH
Aération.
On entend par aération le renouvellement de l'air dans lequel vivent les vers à soie. Ce renouvellement est indispensable. Nous avons décrit au chap. IF, p. 69, les moyens d'y pourvoir.
En effet, l'air des ateliers peut être altéré de deux manières :
4° Il est usé, pour ainsi dire, par la respiration des animaux qui ont vécu à ses dépens ;
2° Il peut être vicié par le mélange des gaz et des vapeurs plus ou moins délétères qui se dégagent des litières.
Dans le premier cas, les animaux souffrent et meurent par la privation d’air respirable, par la suspension de la respiration.
ET PROCÉDES. 159
Dans le second cas, les animaux meurent empoisonnés.
Il est done évidemment indispensable de renouveler l'air dans lequel vivent les vers à soie, et d’aérer les ateliers. On y parvient par la ventilation. Il ne faudrait pas cependant s'exagérer la nécessité de l’aération, ni croire qu’on a {out fait pour l'hygiène des vers à soie quand on a pourvu au renouvellement de l’air. Des expériences anciennes et nouvelles démontrent que les insectes peuvent vivre dans un air altéré à un degré qui ne permettrait pas aux hommes d’y séjourner une seule minute.
On ne conclura pas de ce fait qu'il faut négliger l'aération des ateliers; mais seulement que cette aération, quelque parfaite qu'elle soit, n’est qu'un des points sur lesquels le magnanier doit porter son attention, et qu'il se verrait exposé aux plus grands désastres s’il en négligeait quelques autres, plus importants peut-être.
Il est, du reste, facile de démontrer la nécessité de l’aération. L’entassement d’un nombre considérable de petits animaux dans un espace très restreint occasionne par le fait de leur respiration une prompte décomposition de l'air. Le gaz respirable est absorbé et remplacé par du gaz acide carbonique.
Les feuilles agissent puissamment par elles-mêmes sur l'air, et, pendant la nuit, dégagent aussi de l'acide carbonique.
J'ai déjà insisté sur la transpiration énorme à laquelle les vers à soie sont soumis par la consommation
d’un aliment très aqueux. II faut que la vapeur de cette transpiration trouve place dans l’air de l'atelier, et celui-ci en serait bientôt saturé s’il n’était pas rénouvelé continuellement.
Les feuilles elles-mêmes, avant d’être consommées, Journissent une grande quantité de vapeur d’eau à l'air, à la température de 25° qu’on entretient dans l'atelier.
Le renouvellement de l'air n'est pas moins nécessaire pour le chauffage régulier de l'atelier. Enfin, s'il y a lieu, au contraire, de rafraîchir, c’est encore en rem-plaçant de l'air trop chaud par de l'air frais qu’on y parvient.
L’aération des ateliers est donc une chose indispensable. Mais pour que cette aération remplisse le but qu'on se propose en l’appliquant, il faut qu'elle puisse être pratiquée à la volonté de l’éducateur, dans l’instant qu'il choisit, dans les proportions qu'il juge convenables, et avec de l'air chaud, froid, humide ou see, suivant les besoins du moment. On y parvient par les procédés de ventilation décrits au chapitre Il, p. 69. Ventilation de la magnanerie.