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CHAPITRE XII

Ramage ou boisement.

$ 1. Définition.

On donne le nom de ramage, boisement , encabanage, à l'opération par laquelle on présente aux vers à soie mürs des rameaux convenablement disposés pour le placement des cocons.

Le ramage peut avoir lieu de deux manières : 4° sur place, c’est-à-dire sur les tables mêmes et sans transporter les vers;

2° En transportant les vers mürs dans un lieu nommé coconière, où tout est préparé pour faciliter la fabrica- tion des cocons.

$ 2. Ramage sur place.

L'usage de faire monter les vers à soie mürs dans des rameaux qu’on leur présente sur la table même est général et doit être préféré.

Un grand nombre de plantes peut fournir des rameaux propres à cet emploi, et l’on a proposé plusieurs manières de les disposer.

‘Exposons d’abord les règles qui doivent guider lPéducateur dans le choix d’un procédé de ramage :

Les vers aiment à monter. à

Ils recherchent la chaleur.

Ils évitent les courants d'air froid.

Ils se laissent choir quand les rameaux sont trop verticaux ou trop lisses.

Des corps durs ou épineux pourraient les blesser.

Les vers ne doivent pas courir longtemps pour atteindre les rameaux; donc les pieds de ces rameaux doivent être nombreux et rapprochés des vers.

Les vers mürs sont très sensibles aux émanations fétides ; donc il faut que les rameaux ne s'opposent en aucune façon à l’enlèvement le plus prompt de la dernière litière, qui est la plus infecte.

Le ramage doit être abondant, c'est-à-dire offrir aux vers un grand nombre de points d'appui entre lesquels ils puissent choisir pour poser leurs cocons; c’est le plus sûr moyen d'éviter les cocons doubles.

I ne faut pas ramer trop tôt ni trop tard; trop tôt, on encombre les tables, on empèche la cireulation de l'air, on accumule la litière; trop tard, les vers s’épuisent en recherches inutiles, tombent à terre ou deviennent courts, et sont perdus dans les deux cas. 11 faut done que le procédé de ramage soit simple et surtout expéditif, de telle sorte qu’on puisse l'appliquer rapidement au moment même où l’état des vers le réclame.

Les rameaux ne doivent pas empêcher la distribution de la feuille aux vers qui mangent encore.

Enfin le procédé de ramage doit être très économique.

Les plantes qu'on emploie le plus souvent pour ramer sont : la bruyère verte ou sèche, le bouleau, le genèt, le colza, plusieurs variétés des chicoracées, des ar moises, des chèvrefeuilles, des astères, le vélar, ete.

Il suffit d’avoir nommé ces plantes pour faire comprendre que tout rameau touffu et flexible pourra être utilement employé. Dans tous les pays on fait des balais pour les balteurs en grange ; chaque localité emploie à cet usage la plante que lui offre son sol; toutes ces plantes sant bonnes pour ramer les vers à soie.

Les jeunes rameaux de murier, de chêne , d’orme et de plasieurs autres arbres frais ou secs peuvent aussi servir.

L'important est d'avoir une provision de l’une de ces choses. Il sera généralement très facile de se la procurer à l'avance, en donnant quelques sous aux femmes ef aux enfants qui gardent les bestiaux, pour un fagot composé de bruyère, de genêt, de bouleau , de chicorée sauvage, d’escoupette (chondrilla juncea), d'armoise sauvage et autres plantes qu'on rencontre dans les champs, dans les fossés, sur le bord des chemins ou la lisière des bois.

Les rameaux sont d'autant meilleurs qu ils offrent une tête plus forte et plus touffue pour un pied plus petit. A ce point de vue rien n’égale le colza ; il offre aussi l’a vantage d’une entière flexibilité, qui permet aux vers, soit de rapprocher, soit d’écarter à leur volonté les brins dont ils sont entourés. Enfin, la paille de colza n’est pas assez dure pour déchirer les canevas, soit dans le pied, soit dans la tête des balais qu’on fait avec elle.

Cependant on ne trouve pas dans le colza, comme dans le bouleau, la chicorée, l’escoupette, les armoises, une solidité qui permette de l'utiliser plusieurs années de suite, À peine si le colza peut servir deux ans, tindis

249 PRINCIPES GÉNÉRAUX que les plantes que nous venons de nommer peuvent ètre conservées trois et quatre ans.

Nous supposerons donc que léducateur a fait provision de l’une ou de plusieurs de ces plantes. Il s’agit inaintenant de les disposer pour le ramage.

On a publié un grand nombre de procédés, et quelques-uns même ont eu l'honneur du brevet d'invention. Si nous n'écrivions pas un Manuel, nous pourrions donner ici la description de toutes ces nouveautés et faire la part de chacune; mais nous nous écarterions beaucoup du but d'un ouvrage élémentaire. Nous nous bornerons donc aux deux procédés entre lesquels les praticiens sérieux peuvent hésiter, sans toutefois dissimuler nos préférences.

$ 3. Haies.

L'un de ces procédés consiste dans l'emploi de petites haies, dont la longueur est égale à la largeur des tables. On les pose en travers de la table, à 50 ou 40 centimètres de distance, de manière à diviser celle-ci en un cerlain nombre d’allées ou de berceaux. |

Il y a deux moyens de fabriquer ces haies. On peut avoir des tringles de bois demi-rondes (3.57), de 3 à À centimètres d'épaisseur, dans lesquelles on perce un wrand nombre de trous.

Figure 31.

Dans chacun de ces trous on fixe, avec de la colle forte, un rameau de bouleau ou de bruyère ( fig. 38).

ET PROCÉDES. 241

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